angel of death 2

Genre : horreur, gore, trash, extrême, pornographie (interdit aux - 18 ans)
Année : 2007
Durée : 1h45

Synopsis : (1) Faire du stop n'est plus une activité très sûre de nos jours. Janette en fera la triste expérience puisqu'elle sera violée par un individu qui, une fois contenté, cachera de la drogue dans l'intimité de la demoiselle ! La justice, toujours bienveillante, condamne alors Janette à plusieurs années de prison dans un établissement de haute sécurité nommé « Prison Island ». Malheureusement, la mère maquerelle ? Heu, excusez ? la directrice des lieux, Mademoiselle Steel, est une femme d'une incroyable perversion qui fait subir à ses prisonnières les pires dégradations. Janette et l'équipe de commandos venue la délivrer en feront bien entendu les frais (1).  

 

La critique :

Avec l'Italie, l'Allemagne reste sans doute la nation européenne la plus fructueuse et la plus éloquente en termes de cinéma underground et extrême. Si la nation transalpine peut s'enhardir d'ériger plusieurs noms sérénissimes du cinéma gore et horrifique (entre autres, Dario Argento, Lamberto Bava, Lucio Fulci, Mario Bava, ou encore Ricardo Fredda), le pays germanique affiche arrogamment une colorimétrie beaucoup plus transie par le trash et les diverses érubescences. Aujourd'hui, c'est le cryptonyme de Marian Dora (Melancholie Der Engel, Cannibal, Debris Documentar, Carcinoma et Reise Nach Agatis) qui fait figure de mentor somptuaire.
Les épigones du cinéaste allemand ne sont, in fine, que d'honnêtes artisans du cinéma bis et surtout, les chantres de l'impudence et de l'outrecuidance.

Ainsi, Olaf Ittenbach ((Black Past, The Burning Moon et Premutos : Falling Angel), Timo Rose (Barricade et Fearmakers), ou encore Andreas Schnaas (la franchise Violent Shit, Anthropophagous 2000 et Zombie '90 Extreme Pestilence) s'illustrent dans un cinéma trash souvent amateuriste, à la fois émaillé par la gaudriole, le pittoresque, les zombies putrescents, la torture ad nauseam, la nécrophilie en catimini et l'anthropophagie de rigueur. Vient également s'agréger un certain Andreas Bethmann, une autre figure tutélaire du cinéma underground germanique. 
Le metteur en scène allemand, souvent acteur pour l'occasion, n'a jamais caché son extatisme, ni son effervescence pour le cinéma bis horrifique. Ses principales références se nomment Jesùs Franco et Joe d'Amato.

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Andreas Bethmann se distingue par cette passion indéfectible pour le cinéma de série B. Hélas, le metteur en scène est loin de posséder l'irrévérence d'un Jesùs Franco. Ce dernier peut au moins se targuer de quelques titres voluptuaires, notamment L'horrible Docteur Orloff (1962), Les Nuits de Dracula (1970), Eugénie de Sade (1970), Les Expériences érotiques de Frankenstein (1973), ou encore La Comtesse Noire (1974). Tous ces films luisent et transparaissent dans une filmographie certes inégale, mais d'une indubitable munificence.
En revanche, le style d'Andreas Bethmann s'accointerait davantage avec celui de Joe d'Amato, un autre parangon du cinéma bis, à la fois porté par la pornographie grivoise, le gore et les séries B (les séries Z...) potaches.

Des longs-métrages tels que La nuit fantastique des morts-vivants (1977), Les plaisirs d'Hélène (1980) ou encore Porno Holocaust (1981) ne plaident guère en sa faveur. A contrario, Blue Holocaust (1979), Anthropophagus (1980) et Horrible (1981) restent sans doute des oeuvres un peu trop mésestimées, alors qu'elles manifestent quelques relents de finauderie, de nonchalance et de perspicacité. Il n'est donc pas étonnant qu'Andreas Bethmann se réclame et se perçoive comme un avatar, voire un disciple énamouré de Joe d'Amato.
De facto, Andreas Bethmann est souvent associé, voire larvé par le sceau lubrique de réalisateur spécialisé dans le "porno gore", un qualificatif qui ne manque pas de condescendance. Ainsi, les longs-métrages du cinéaste germanique obéissent toujours, peu ou prou, à la même ritournelle.

Une jeune gourgandine est malmenée, rudoyée, vitupérée et violée par la gente masculine. Atrabilaire, cette dernière, après avoir essuyé les pulsions satyriasiques de ses bourreaux, finit par prendre sa revanche tout en s'adonnant à des parties d'agapes et de priapées. Un oxymore. Les amateurs patentés d'Andreas Bethmann (mais enfin, qui sont-ils ?) citeront notamment Der Todesengel (1998), Demon Terror (2000), Rossa Venezia (2003), Exitus Interruptus (2006), Exitus 2 - House of Pain (2008), Help Me I Am Dead (2013), Terror Creek (2014), ou encore K3 - Prison of Hell (2003) parmi les oeuvres les plus notables et éventuellement notoires.
Vient également s'additionner Angel of Death 2 - The Prison Island Massacre
, sorti en 2007, une pellicule qui corrobore toute l'appétence du réalisateur pour les sensations extrêmes et les parties de débauche et de lascivité. 

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Pour souvenance, K3 - Prison of Hell mettait déjà en exergue une île transformée en geôle et en diverses bacchanales circonstanciées. En ce sens, Angel of Death 2 - The Prison Island Massacre apparaît comme une sorte de remake, voire de séquelle de K3 - Prison of Hell. On prend donc les mêmes (ou presque...) et on recommence les inimitiés ! A l'origine, K3 - Prison of Hell ne brillait guère par sa perspicacité, ni par son continuum scénaristique. Pis, le gore était curieusement le grand absent de toutes ces animosités finalement peu rougeoyantes.
A l'aune de cette série B, c'est surtout l'incapacité d'Andreas Bethmann à transiger entre le trash et l'impudicité qui culminait comme carence primordiale. Angel of Death 2 sera-t-il apte à rattraper les bévues, les omissions et les impondérables de son sinistre devancier ?

Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose d'Erich Amerkamp, Christian Bau, Heiko Bender, Andreas Bethmann (donc à la fois devant et derrière la caméra), Jesùs Franco, Carsten Frank et Jens Hammer. Bien conscient de son incompétence crasse, voire outrancière, Andreas Bethmann fait appel à l'érudition d'Olaf Ittenbach pour diligenter les saynètes rutilantes. Mutin, le metteur parvient même à s'adjoindre la participation de Jesùs Franco à travers une séquence élusive. Pour la faribole superfétatoire, le long-métrage est aussi connu sous l'intitulé d'Angel of Death 2 - Women Behind Bars. Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse d'Angel of Death 2 - The Prison Island Massacre ! Attention, SPOILERS ! 
(1) Faire du stop n'est plus une activité très sûre de nos jours. Janette en fera la triste expérience puisqu'elle sera violée par un individu qui, une fois contenté, cachera de la drogue dans l'intimité de la demoiselle ! 

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La justice, toujours bienveillante, condamne alors Janette à plusieurs années de prison dans un établissement de haute sécurité nommé « Prison Island ». Malheureusement, la mère maquerelle ? Heu, excusez ? la directrice des lieux, Mademoiselle Steel, est une femme d'une incroyable perversion qui fait subir à ses prisonnières les pires dégradations. Janette et l'équipe de commandos venue la délivrer en feront bien entendu les frais (1). Reprenons l'intégralité du titre de cette nouvelle forfaiture, soit Angel of Death 2 - The Prison Island Massacre.
Bon, on peut ouïr les aspects insulaires et de claustration, mais pour ce qui est du massacre promis et encensé par son intitulé ordurier, Angel of Death 2 pourra revoir sa copie ! Autant l'annoncer sans ambages.

A l'instar de la filmographie d'Andreas Bethmann, Angel of Death 2 est "presque" d'une modicité abyssale. Je dis bien : "presque" car la conclusion finale, certes en apothéose et régentée par les soins d'Olaf Ittenbach, relancera quelque peu les belligérances. A l'aune de cette prévarication sur cette pellicule, on serait légitimement en droit d'intimer Andreas Bethmann d'obliquer exclusivement vers la pornographie tant le réalisateur se montre pingre en termes de sensations un tant soit peu sanguinolentes. Certes, par certaines corrélations, le scénario (un terme vraiment à guillemeter et à minorer) n'est pas sans rappeler les ignominies commises et professées par Ilsa (la tigresse du goulag !) en son temps. Angel of Death 2 réactive, bon gré mal, les relents faisandés de la Nazisploitation, l'acerbité, l'âpreté et le trash en moins. Certes, pour ce qui est de l'aspect pornographique, Andreas Bethmann nous invective derechef de sa litanie de fellations, d'objets fétichistes et sadomasochistes et de scènes saphiques dont il a malencontreusement le secret.

Hélas, le cinéaste est incapable de diriger un casting pourtant cachectique et nanti d'expressions monolithiques. D'une durée académique d'une heure et quarante-cinq minutes, Angel of Death 2 compte au moins une heure de trop, ce qui en dit long sur sa fastidiosité. C'est donc l'ennui quasi pélagien qui transparaît lors de cette pellicule amorphe et largement dévoyée par ses interminables facondes et logorrhées. Heureusement, Olaf Ittenbach appose sa signature ostensible lors des vingt dernières minutes et sauve, in extremis, cette production de l'indigence totale. 
Sans la participation et la prodigalité d'Olaf Ittenbach, qui vient donc prêter main forte pour les effets spéciaux et les maquillages du film, Angel of Death 2 se résumerait uniquement à un porno joliment désuet et surtout dénué de la moindre petite goutte d'hémoglobine, un comble pour une pellicule qui nous promettait toute une débauche de turpitudes ! Par mansuétude, nous ne qualifierons pas cette production de navet avarié, mais c'est sans doute trop clément, beaucoup trop clément...

 

Note : 06/20

sparklehorse2 Alice In Oliver