MV5BMTAyNzQyNTcwNjVeQTJeQWpwZ15BbWU3MDAwOTQ4Nzk@

Genre : Thriller, action

Année : 2013

Durée : 2h11

 

Synopsis :

Membre de la police du Capitole, John Cale vient de se voir refuser le job dont il rêvait : assurer la protection du président des États-Unis. Espérant éviter à sa fille une déception lorsqu’il lui apprendra la nouvelle, il l’emmène visiter la Maison-Blanche. C’est à ce moment qu’un groupe paramilitaire lourdement armé attaque le bâtiment. Alors que le gouvernement américain sombre dans le chaos, Cale va tenter de sauver sa fille, le président, et le pays tout entier.

 

La critique :

Tôt ou tard, il fallait que je revienne aux fondamentaux, à savoir le cinéma qui me faisait vibrer quand j'étais un adolescent insouciant vénérant les récits spectaculaires à grand renfort d'explosions. Ayant toujours eu en moi, même encore maintenant, un petit faible pour les récits catastrophe où tout est cassé et détruit, il fallait que je tente une approche en chroniquant, et je vous jure que je ne vous mens pas, un film de mon ancien réalisateur préféré. Oui, vous avez bien lu ! Je parle bien de celui qui est l'auteur de Le Jour d'Après, d'Independence Day et de 2012 qui était mon ancien film préféré également. Nous étions alors en l'an 2010 où j'avais 16 ans et où j'avais eu la chance de le voir au cinéma après une bande annonce qui m'avait spolié 99,9% des séquences catastrophe.
Mais qui est-il cet homme ? Non, ce n'est pas le ponte du cinéma "boum boum" toujours cité en premier, en la personne de Michael Bay mais bien l'un des "chéris" du Hollywood énervé (façon de parler) qui est Roland Emmerich. Que ce soit le réalisateur susmentionné ou lui-même, ils déchaînent autant les passions d'un côté comme de l'autre. Le premier côté concernant les spectateurs classiques adeptes du simple divertissement. Je précise d'emblée apprécier un bon divertissement décérébré de temps à autre. Preuve en est avec sa filmographie qui reste toujours un plaisir coupable à mes yeux. Et de l'autre côté, les cinéphiles plus exigeants qui tancent et semoncent ces deux individus, les accusant de ne pas fournir de cinéma digne de ce nom et ne se reposant que sur des effets spéciaux, ainsi qu'un scénario qui tiendrait sur un quart de feuille de rouleau de PQ. Et ils n'ont pas tort non plus ! Je me situe alors à la lisière, partagé pour mon amour toujours prégnant pour les explosions et événements destructeurs titanesques et de l'autre, mon exigence développée. 

Exigence qui s'est aussi caractérisée par une lecture plus analytique de la construction et la détection, désormais trop facile, de toutes les ficelles standard et resucées plus que jusqu'à la moelle. Mais je reviendrai à tout cela plus tard. Etant donné que les métrages d'intérêt ont été et seront présentés sur le blog, je tenais à apporter ma petite pierre à l'édifice que pètera Emmerich dans son prochain film. Voici White House Down, sorti en 2013 et pouvant se proclamer "plus vieux film possédé et pas encore vu jusqu'hier soir". J'avais envie d'un petit film pour me brûler quelques neurones et ce film me vint en tête. C'est après prospection que je le trouvais dans mon tout premier dossier qui symbolisait mes premiers balbutiements très timides dans le monde du cinéma.
Je remarquais qu'il patientait depuis 5 ans, poussiéreux, en attente de visionnage, perdu pendant un long moment jusqu'à ce que je le ressortisse le 20 avril 2019. Alors que je l'avais téléchargé quelques mois après sa sortie, c'est un tout petit peu plus que 6 ans plus tard que je le fis tourner. Je lâchais un petit rictus involontaire en réalisant ça. Mais bon, mieux vaut tard que jamais comme l'a dit un jour un sage très perspicace. Le visionnage de White House Down ne reflétait pas seulement un moyen de se vider l'esprit, mais toute une symbolique derrière, vu que Roland Emmerich a encore cette aura qui plane sur moi, quand bien même, j'ai pu visualiser le vide de ses projets après une époque où je trouvais presque normale la présence du président dans un avion de chasse à se battre contre des aliens dans Independence Day, les étoiles dans les yeux à chaque "Boum", "Bam" et autres "Sbroooom". Qu'en est-il de ce projet ?

white-house-down-picture01

ATTENTION SPOILERS : Membre de la police du Capitole, John Cale vient de se voir refuser le job dont il rêvait : assurer la protection du président des États-Unis. Espérant éviter à sa fille une déception lorsqu’il lui apprendra la nouvelle, il l’emmène visiter la Maison-Blanche. C’est à ce moment qu’un groupe paramilitaire lourdement armé attaque le bâtiment. Alors que le gouvernement américain sombre dans le chaos, Cale va tenter de sauver sa fille, le président, et le pays tout entier.

Mais avant toute chose, quelques caractéristiques liées à la production se doivent d'être précisées. Outre le fait que le budget du métrage n'est estimé seulement qu'à 150 millions de dollars, les chiffres ne furent pas vraiment au rendez-vous. Ce fut même une véritable déception aux USA avec un chiffre d'affaire d'à peine 70 millions au bout de cinq semaines d'exploitation. Cet état de fait n'avait, alors, jamais été vu pour un film de Emmerich qui avait le don d'exploser le taux d'audience. De nos jours, j'avoue n'avoir aucune idée de si oui ou non le film a été rentabilisé et honnêtement, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre. Maintenant se pose aussi la question de ce projet plus novateur pour son cinéaste qu'il n'en a l'air vu que White House Down pourrait presque flirter avec une sorte de huis clos vu que la très grande majorité de la séance se déroule dans la célèbre Maison Blanche, emblème incontournable des Etats-Unis où siège l'excentrique Donald Trump de nos jours.
Rajoutez à cela le patriotisme pathologique des américains qui auraient sans doute rechigné à ce que l'on maltraite à ce point le gouvernement et vous avez tous les hypothétiques et potentiels arguments qui auraient pu être à l'origine de tout cela. Ceci est mon ressenti personnel donc à prendre avec de grosses pincettes. Mais peut-être aussi que tout ça résulte du vide abyssal que symbolise ce White House Down qui nous subjugue par son traitement osé et totalement assumé d'un Emmerich qui n'a plus que jamais été en forme dans le ridicule qu'en 2013. A ce sujet, le président volant dans un avion de chasse passerait presque pour un événement recherché du script. 

Il est vrai que Roland Emmerich n'a jamais caché son extatisme pour les USA qu'il vénère. Son patriotisme affiché dans ses films n'est en soit pas choquant mais visiblement, il avait besoin de libérer tout son amour qu'il condensa en un simple et unique film qui flirterait presque avec de la propagande tant les clichés sont là, bien ancrés dans le scénario. On nous présente déjà en perso principal un garde du corps totalement voué au président qu'il rêve de protéger. Evidemment, vous n'échapperez pas au poncif du classique papa divorcé ayant une fille qui ne l'aime pas beaucoup parce qu'il a oublié le fameux concours de talents de son école. Du Emmerich tout craché donc nous avons ce privilège attendu d'être en terrain connu. De son côté, le président, à peine inspiré de Barack Obama par sa coolitude, est forcément représenté en sauveur qui veut faire la paix avec tout le Moyen-Orient dont il tient à retirer toutes ses troupes. Ses laïus intempestifs à la TV au début sur le fait qu'il faut plus que tout ramener la paix sont là. Evidemment, il n'est empêtré dans aucune affaire secrète. Il n'est en lien avec aucune activité douteuse et il ne sait rien de ce qui se trame en interne. On fait ça pour que l'on s'attache bien à lui. Et quand vient l'assaut des terroristes sur la Maison Blanche, préparez-vous à un film d'action "survitaminé", donc "Emmerichien".

1372268045000-AP-FILM-REVIEW-WHITE-HOUSE-DOWN-56699359

A tout point de vue, les clichés sont retranscrits avec une maestria légendaire. Une petite fille je-sais-tout insupportable qui va filmer l'assaut pour diffuser sur la Toile et qui empêchera la frappe de bombes sur la Maison Blanche en agitant un drapeau. L'élimination systématique de tous les gardes par les paramilitaires qui se feront, pour ainsi dire, presque tous descendre par John Cale. Un président qui survit aux explosions, à un gros bout de verre lui ayant ouvert le vendre et qui abattra avec succès un mastodonte à la mitrailleuse. Une voiture présidentielle qui survit à 45 000 balles de gatling. Des paramilitaires tous plus clichés les uns que les autres à savoir un fou dangereux qui veut lancer une frappe nucléaire sur les villes importantes du Moyen-Orient par "vengeance", deux suprémacistes blancs n'aimant pas trop les noirs, un autre qui veut se venger des USA et de Cale qui a abattu son meilleur homme.
Allez, quelques derniers pour la route. On parlera du terroriste qui ne tuera bien sûr pas la fille de Cale alors qu'elle a fièrement affiché sur la Toile leurs visages. Et puis, comment ne pas oublier le commandement militaire américain de fière allure ou le guide abattant un militaire surentraîné avec... une horloge. Mais le top du top, ce sont bien ces chefs militaires accusant directement les islamistes de l'attentat. Et dites-vous bien que je suis loin d'avoir tout dit mais un paragraphe est suffisant. 

Et Emmerich oblige, nous en arrivons à son petit dada qui est la catastrophe. A ce niveau, nous ne serons pas perdus. Ca canarde à tout va, il y aura de gros "boum boum" au rendez-vous dont un particulièrement plaisant voyant Air Force One se faire abattre comme un oiseau en plein vol par un missile sol-air. Par contre, pour les CGI, on repassera. On multiplie le spectaculaire, l'invraisemblable ad vitam aeternam pour accoucher d'un White House Down sans le moindre pet de temps morts. Autrement dit, malgré le vide scénaristique complet, il se passe toujours quelque chose. Il y a de l'intensité, il y a même de bonnes intentions. Et si le film se montre particulièrement honteux à ses débuts, c'est le syndrome de Stockholm qui nous frappe. A force d'être tellement risible et lamentable sur de nombreux points dans ses ficelles beaucoup trop faciles, White House Down en devient fascinant. Comment un réalisateur peut-il imaginer que toutes ces formules connues sont crédibles et de qualité ?
Réponse 1, il a le QI d'une huître et est persuadé que c'est "du lourd". De 2, il a conscience qu'il fait un film super limité mais du moment que ça marche, pourquoi arrêter ? On ne pourra écarter l'influence de Hollywood derrière tout ça. Mais reste qu'il faut se rendre à l'évidence que, en dépit de recettes faiblardes, le modus operandi est encore et toujours dans le cahier de charges et je dirais même qu'il y est plus que jamais. Au moins, on ne pourra risquer de s'emmerder si l'on se prend au jeu.

arton6819

Et voilà, on en arrive sur un autre point très intéressant qui concerne tout l'aspect technique de la chose. Bon déjà, mais c'est pisser dans un violon que de le dire, le film n'a pas été tourné dans la véritable Maison Blanche. Celle-ci vit le chef décorateur Kirk M. Petruccelli et son équipe recréer la véritable résidence du président. Trente-deux designers furent sollicités pour travailler pendant 7 semaines sur l'architecture du bâtiment. Professionnalisme oblige, de nombreux objets furent acquis sur eBay pour rendre le tout le plus réaliste possible. De plus, Richard Klein, consultant spécialiste à la Maison Blanche, s'est constitué d'une équipe pour réunir le plus de détails possibles. Au moins, reconnaissons qu'ils n'ont pas fait les choses à moitié et que le résultat final est très bien foutu.
Mais ça s'arrête là, le rythme très énervé ne vous fera pas apparaître de plans sur la reconstitution et les détails qui seront de toute façon explosés en peu de temps. Il fallait s'en douter, ceci dit mais apprécions l'effort déployé. Et pour la bande son, ça reste du rudimentaire avec ses passages intenses à d'autres plus calmes. Rien de neuf sous le soleil. Et cette fameuse interprétation des acteurs ne saura pas non plus échapper aux clichés. Un Channing Tatum qui cabotine, un Jamie Foxx peace and love, un Jason Clarke bien méchant, une Maggie Gyllenhaal avec son air de chien battu, une Joey King pleurnicharde et bien chiante, un James Woods tout sauf crédible. On fera exception sur Jimmi Simpson dans la peau de Skip Tyler dont les oripeaux d'informaticien à la tête de psychopathe lui vont à merveille mais ça reste infinitésimal. 

En conclusion, comme il est hallucinant de voir qu'il y a tant de choses à dire sur ce White House Down reposant sur un script aussi prévisible que laconique, à un point que l'on connaît presque tout à l'avance. John Cale embauché par le président et se réconciliant avec sa fille entre autres et toute une série de péripéties se déroulant dans un faux suspens car on sait ce qu'il en adviendra. Non, jamais, la fille ne se fera abattre. Non, le président qui se fait tirer dessus ne décèdera pas. Non la grosse explosion ne tuera pas Cale et le président. Je me demande encore comment en 2019 certains peuvent encore tomber dans le panneau mais bon c'est bien pour ça que Hollywood continue sur cette lancée. Pourquoi changer une recette qui, globalement, fonctionne ? On a tendance à décharger notre bile un peu trop facilement sur ce représentant majeur du Septième Art mais si ça continue, c'est qu'il y a un public et les têtes pensantes auraient tort de se priver de cet apport financier facile.
White House Down symbolise à merveille le film con, l'archétype de la stupidité cinématographique. Un condensé tellement grossier de tous les clichés possibles et inimaginables qu'il en devient presque génial. Il manquait juste Cale se remettant avec son ex-femme et je crois que nous avions tout. Quelle déception ! C'est sur base de toutes ces observations que je me dois de vous dire que White House Down est un incontournable de la connerie hollywoodienne qui se doit d'être visionné juste pour un intense moment de malaise, seul, définitivement seul, pris au piège de ce salmigondis explosif. Un brillant témoignage de l'imbécilité régnante qui en devient hilarant par sa médiocrité. Et ça, ça n'a pas de prix car jamais encore Roland Emmerich n'avait été aussi loin !

 

Note : Nanar de haute voltige

 

 

orange-mecanique