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Genre : Shockumentary, death movie, horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans/interdit aux - 21 ans dans certains pays)

Année : 2007

Durée : 1h20

 

Synopsis :

La série des Arquivos Da Morte revient pour un nouvel épisode où meurtres, accidents, suicides et autopsies se succèdent à cadence industrielle en se polarisant sur le sexe féminin. Tous sont le témoignage d'une mort non naturelle, sans effets spéciaux ou quelconque trucage. Elle expose la mort véritable à un cinéphile qui ne retrouvera son souffle qu'arrivé au bout du tunnel.

 

La critique :

Alors que les shockumentaries et autres death movies déferlent sur Cinéma Choc depuis quelques mois, une question me taraudait : Allais-je moi aussi apporter ma petite pierre à l'édifice de ce genre sulfureux qu'il n'est plus nécessaire de présenter vu que le boss du blog s'en est chargé plus d'une fois ? Ayant réfléchi plus d'une fois à cette éventualité, ma curiosité et ma scopophilie ressortirent gagnantes en jetant mon âme dans les tréfonds d'une noirceur présente depuis des temps immémoriaux : la mort. Hantant l'inconscient collectif, elle est tout aussi bien source de terreur que source d'envie pour ceux n'aspirant plus à une vie qui les a délaissés à la suite d'échecs ou de malheurs indépendants de leur volonté. Me jeter dans un tel projet ne devait pas se faire sans suite car il eut été plus que nécessaire de vous faire partager mes impressions face à l'innommable. Au détour du prestigieux top 250 construit par les soins d'Inthemoodforgore (Inthemood pour les intimes), un nom retint mon attention.
Confidentialité record, pas de réalisateur connu, pas de chronique en français donc tout ce qu'il fallait pour susciter mon appétence envers le mystérieux. Avec Arquivos Da Morte Corpos, je pénétrais dans une des franges les plus austères du Septième Art, mettant de côté mon restant d'âme, ma raison et mon éthique pour me livrer face à la définition de la terreur psychologique. Seulement, ce genre multipliait les prouesses de médiocrité et de banalité. Pas évident de trouver une chrestomathie de qualité. Un certain nombre d'anthologies mortuaires décrites avec érudition par Alice In Oliver (Bad Cops, Inhumanities 2 : Modern Atrocities entre autres) ne convainquirent pas.

Cependant, avec une présence très bien classée dans le top 250, nous partions avec une valeur sûre et excessivement trash de surcroît. Nul besoin de dire que Arquivos Da Morte Corpos fut une expérience éprouvante à plus d'un titre de par sa barbarie hors norme et sa froideur à même de congeler de l'azote liquide. Les très rares courageux à s'y être jetés décrivent un métrage profondément choquant. Néanmoins, pour ceux qui voudraient voir "s'il n'y a pas moyen de", sachez que cet opus est présent dans son intégralité sur YouTube. Par la suite, Alice In Oliver s'attaqua, dans toute son érudition teintée de panégyrisme, aux segments Black et Guerra, qui n'y allaient pas avec le dos de la cuillère. Alors, pourquoi b**del de m**de Taratata se retrouve une seconde fois derrière la chronique d'un death movie, et en particulier d'un des nombreux recueils de cette série ?
Je vous rassure. Je n'en ai pas la moindre idée. Il est vrai que la qualité de Corpos fut plus qu'au rendez-vous (si, si ! Ce n'est pas une blague !) et, visiblement, une voix intérieure me disait de retenter le coup. Mais je vous préviens d'entrée de jeu que ça sera potentiellement la dernière fois que je jouerais dans cette cour. Je mets potentiellement car je suis devenu tellement imprévisible depuis le début de l'année qu'il vaut mieux ne pas tirer de conclusions hâtives sur la chose.

Mulheres 2

ATTENTION SPOILERS : La série des Arquivos Da Morte revient pour un nouvel épisode où meurtres, accidents, suicides et autopsies se succèdent à cadence industrielle en se polarisant sur le sexe féminin. Tous sont le témoignage d'une mort non naturelle, sans effets spéciaux ou quelconque trucage. Elle expose la mort véritable à un cinéphile qui ne retrouvera son souffle qu'arrivé au bout du tunnel.

Faites donc place à Arquivos Da Morte Mulheres et sa splendide affiche dont on détecte quelques subtiles accointances avec l'affiche de la dernière comédie mainstream française ! Après un rapide petit tour sur Google Traduction version portugais-français, il apparaissait que ce spicilège allait se centrer, comme le titre en anglais le disait, sur les femmes mortes. Les mauvaises langues diront que c'est une façon comme une autre de promouvoir le féminisme. Ce charmant sexe allait donc avoir droit aux honneurs, façon de parler, d'une compilation les mettant en valeur dans toute leur beauté la plus morbide. Nous retrouvons alors toute la polémique engendrée qui frappa les Arquivos Da Morte avec une effroyable censure les ayant bannis de 40 pays et une interdiction aux moins de 21 ans qui toucha certains endroits. Pas de trace de ça au niveau de l'Hexagone ou, dans mon cas, de la Belgique.
Les renseignements sont tout ce qu'il y a de plus inaccessibles, un peu à l'image de Mulheres qui fut un calvaire à obtenir sur la Toile en version gratuite, en comparaison de certains autres que l'on retrouvait sans mal sur YouTube. Certains le trouveront sur le site dédié mais garde à vous car on tombe sur une version raccourcie d'un tout petit peu moins de 40 min mais qui ne piquait pas de nez pour vous envoyer une déflagration de violence hors norme. En tombant sur un site désormais introuvable, j'eus la joie de l'obtenir moyennant quelques sueurs froides de peur de tomber sur une avalanche de malware. Il n'en fut heureusement rien.

Avec une gargantuesque joie et histoire de clôturer la journée sous une note de douceur, j'enclenchais vers 1h45 du matin précises le visionnage après en avoir parlé à ma copine, ma foi fortement ouverte d'esprit. De là à ce qu'elle regarde, il y a un ravin qu'elle ne franchira sans doute jamais. Il faut dire que peu de personnes sur Terre accepterait de tâter la vision de leur propre hantise. Une vision leur rappelant que tout ce qu'ils ont bâti, tous leurs souvenirs, leurs rires, leurs rêves et leurs ambitions peuvent s'évaporer à jamais en une fraction de seconde.
On ne le dira jamais assez mais la vie est fragile. On ne sait pas ce qu'il peut advenir de nous dans un an, un mois, une heure ou même une minute. Parvenir à ce constat déclencherait pour beaucoup une drastique cassure de leur optimisme durant un temps X. Car n'oublions pas que la seule chose que ne saura jamais dompter l'Homme est la Grande Faucheuse qui nous emportera tous tôt ou tard sans que nous ne puissions rien y faire. Voilà pour la petite mise en bouche ! Et si vous ne vous êtes pas défénestrés entre temps ou que vous n'ayez pas couru jusqu'à la pharmacie la plus proche pour vous gaver de benzodiazépines, vous serez ravi de pouvoir entrer un peu plus dans le vif du sujet pour un nouveau voyage en enfer. Un enfer beaucoup trop réaliste car il est le seul enfer sur Terre.

 

Mulheres 1

Sous cette délicieuse image, je me vois dans l'obligation de vous dire que ce qui va suivre à présent risque de provoquer quelques sueurs froides aux plus aventureux ou tout simplement de belles nausées aux personnes les plus impressionnables. Car pour me répéter, TOUT est absolument réel ! Oubliez les Faces of Death et consorts car aucun CGI ne sera d'application. Et tout ce que je peux dire est que les femmes passeront un sale quart d'heure dans cette anthologie d'une effroyable violence tant visuelle que morale. Il serait vain de faire un inventaire détaillé de toutes les vidéos amateurs prises, dévoilant avec panache l'abominable à l'écran dans toute sa plus horrible réalité. Meurtres, accidents et suicides se suivent sans discontinuer, tandis qu'une autopsie sur un corps de femme sera pratiquée en parallèle, faisant office d'interlude entre les mini films.
Un processus qui fait toujours son effet de déstabilisation, d'autant qu'il est filmé avec précision sous toutes les coutures. Evoluant dans un milieu médical, je me dois de vous avouer que ce fut ce qu'il y a de plus "light", façon de parler, dans Mulheres. Pour le reste, vous prendrez cher et quand je dis cher, c'est vraiment cher ! Disloquées, désarticulées, écrasées, massacrées sans raison apparente, coupées en deux ou décapitées, il y en aura pour tous les goûts. En comparaison de Corpos affichant les corps putréfiés, Mulheres traite des cadavres frais et ne masquera pas le sang résultant d'une mort non naturelle.

Bien que le carnage de la situation n'évolue pas en intensité, chaque segment choque en raison de la contemplation d'un vrai mort face caméra. La mort d'une femme qui avait une vie, des amis, des projets de vie, un homme. Solliciter son empathie serait bien la dernière des choses à faire histoire de réfréner (un petit peu) le choc que l'on se ramasse en pleine poire. Le trait choquant sera subjectif à tout un chacun. Certains seront horrifiés de l'autopsie tandis que d'autres seront marqués par les suicides. En ce qui me concerne, les suicides et les accidents de la route ont été les trucs vraiment très durs à encaisser. Par exemple, difficile d'oublier la vue atroce de cette femme dont la tête est passée sous la roue d'une voiture (voir deuxième image). Difficile d'encaisser la vision de cet homme pendu (mais ça tient surtout de raisons personnelles) qui a, semble-t-il, tué sa famille. Je ne développerai pas plus en détails cette femme broyée par une camionnette. Ou quand l'horreur graphique repousse les frontières de l'impensable. De là à dire si oui ou non Mulheres est plus trash que Corpos, il y a un pas que je ne franchirai pas. En revanche, Mulheres a un peu trop tendance à ratiociner dans sa mise en scène.
Pour faire court, le narrateur parle trop alors que les faits parlent d'eux-mêmes. Pas besoin de l'ouvrir pendant 2 min alors que se taire aurait pu rendre l'atmosphère davantage plus lourde. Une erreur assez fâcheuse que l'on ne retrouvait pas dans Corpos.

Mulheres 3

Maintenant, si nous nous risquons d'aborder l'esthétique de la chose, on pourra décemment dire que Mulheres ne brillera pas par la beauté de son image. Surprenant n'est-ce-pas ? Mais nous ne pouvons que saluer le professionnalisme de la qualité des vidéos superbement bien filmées, ne nous épargnant rien du tout, alors que les court-métrages flous sont légions dans le monde du shockumentary. On a un aspect documentaire relativement bien foutu. Pour la bande son, on rechignera à juste raison sur des musiques pas toujours adaptées à la tonalité des lieux.
Des musiques rythmées avec un mort en face, c'est une fameuse erreur. Et pour les acteurs, que pouvons-nous dire de plus qu'il n'y en a forcément aucun ? On retrouve toujours la vision de la vie paradoxale de la population contemplant la mort avec dégoût sans pourtant ne détourner les yeux. Encore une fois, une dénonciation de la scopophilie de l'humanité admirant ce qui la fait fuir quand elle se rapprochera d'elle.

En conclusion, une fois n'est pas coutume, Arquivos Da Morte Mulheres remplit son objectif de malmener à son paroxysme le courageux cinéphile qui ne fera que contenir sa respiration dans un voyage au bout de l'enfer qu'il n'est pas prêt d'oublier. Le mystérieux compositeur n'y va pas de main morte dans l'horreur graphique en annihilant une grosse partie du monde du death movie par sa bestialité ahurissante mâtinée d'un réel travail de fond et de structure. Ce qui est suffisamment rare pour être souligné. De là à dire que j'ai aimé, ne nous mentons pas que je serai tout à fait incapable de vous répondre. Maintenant, mon analyse m'oblige à dire que nous avons là un bon produit qui tentera les laudateurs patentés de ce cinéma ma foi fort peu goûteux moralement.
Dès lors, une nouvelle empreinte malfaisante s'est déversée sur Cinéma Choc par la rédaction d'un billet d'un death movie inédit sur la Toile française. Le tout avec un sourire démoniaque que vous ne retrouverez probablement plus jamais. Probablement, car avec 2 death movies au compteur, il se pourrait que le vieil adage "jamais 2 sans 3" ne se concrétise. Mais ça, vous le saurez dans le futur ! 

 

Note : 11/20

 

 

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