arquivos da morte black

Genre : Shockumentary, death movie, "Mondo", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans/interdit aux - 21 ans dans certains pays)

Année : 2007

Durée : 59 minutes

 

Synopsis :

Après avoir chroniqué Arquivos Da Morte Corpos, Cinéma Choc vous propose un nouveau segment, cette fois-ci intitulé Arquivos Da Morte Black. La mort, le trash, l'âpreté et le barbarisme sont ici repoussés jusqu'au bout de leur primitivisme pour arborer un programme putride et nimbé par toute une litanie de cadavres... Ou lorsque l'horreur a rendez-vous avec la putréfaction...

La critique :

Vous l'avez sans doute subodoré : la déviance, l'extrême, le gore, l'expérimental et l'underground sont en pleine effervescence depuis plusieurs semaines, voire depuis quelques mois sur Cinéma Choc. En l'occurrence, le blog s'est allègrement polarisé sur le "Mondo", le death movie et le shockumentary. Récemment encore, le site prodiguait comme offrandes impudentes des titres tels que The Act of Seeing With One's Own Eyes (Stan Brakhage, 1971), Death Faces - Dying Last Seconds Of Life (Steve White, 1988), Traces of Death 4 - Resurrected (Damon Fox, 1996), Africa Ama (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1971), Mondo Magic (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1975), ou encore Faces of Snuff (Shane Ryan, 2016) parmi les shockumentaries les plus véhéments et outrecuidants.
Hélas, les plus vils contempteurs de Cinéma Choc seront derechef furibonds puisque le cycle consacré aux "Mondo" et aux death movies adventices se poursuit, inexorablement...

Que soit. Pour ceux et celles qui suivent quotidiennement l'actualité du blog, ils connaissent désormais la genèse du "Mondo" et du death movie. Pour le "Mondo", c'est le bien nommé Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962) qui acte et officialise la naissance de ce pur produit du cinéma horrifique et d'exploitation. La trame narrative obéit toujours, peu ou prou, à la même ritournelle et consiste à scruter et à discerner les us et les coutumes de peuplades oecuméniques à travers le monde. Tantôt virulentes, tantôt pittoresques, tantôt iconoclastes, les saynètes s'enchevêtrent pour former une sorte de salmigondis filmique et de périple transgressif.
Bien des années plus tard, John Alan Schwartz réitérera le même syllogisme régressif et dénotatif via Faces of Death, soit Face à la Mort (1978).

Le death movie est né et le "documenteur" vérité (un oxymore...) de John Alan Schwartz va évidemment inspirer et engendrer de nombreux épigones. Qu'ils se nomment Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), German Concentration Camps Factual Survey (Sidney Bernstein et Alfred Hitchcock, 2004), War Atrocities - The Horrors Of War (Geof Bartz, 1983), True Gore (M. Dixon Causey, 1987), ou encore Orozco The Embalmer (Kiyotaka Tsurisaki, 2001), tous ces death movies prennent pour prétexte la dame faucheuse afin de mettre en exergue la déréliction, la scopophilie et la paupérisation d'une société hédoniste et agonisante.
En vérité, ce registre cinématographique se nourrit et se sustente lui-même de ce même eudémonisme pour afficher arrogamment un spectacle résolument âpre et outrancier.

Tel est le principal leitmotiv du death movie. Cette obédience est également l'antienne mortuaire de la série des Arquivos Da MortePour souvenance, l'auteur Taratata, dans son omniscience teintée de panégyrisme, avait déjà chroniqué Arquivos Da Morte Corpos (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/05/11/37258846.html#c75921477) dans les colonnes de Cinéma Choc et décrivait un death movie d'une rare fulgurance, dans lequel s'empilaient de véritables floraisons de cadavres décharnés, disséqués, atrophiés, putréfiés et anatomisés. Rappelons que cette expérience cinéphilique et singulière dénotait par l'absence de tout réalisateur derrière la caméra... Tout du moins, ce dernier restait curieusement anonyme ; ce qui opacifiait cette sensation d'étrangeté et surtout de documentaire "vérité".

En l'occurrence, Arquivos Da Morte Black, sorti en 2007, ne déroge pas à la règle. Quel cinéaste, ou plutôt quel trublion, se tapit derrière cette production mystérieuse ? Encore une fois, ce sont le mutisme et la circonspection qui font office de piètres réponses. Seule certitude, la série des Arquivos Da Morte est issue du circuit asiatique et underground, et n'est pas sans rappeler la franchise consacrée à Death File, une saga qui, elle aussi, se focalisait sur toute une litanie d'anecdotes morbides et de macchabées atrophiés. Pour la faribole superfétatoire, tous les segments stipulés et frappés par le sceau "d'Arquivos da Morte" sont interdits aux moins de 18 ans dans nos contrées occidentales, mais il semblerait que certaines de ces productions aient même écopé d'une interdiction aux moins de 21 ans !
Rien que ça ! En outre, Arquivos Da Morte Black a même été banni, honni et voué aux gémonies dans plus d'une quarantaine de pays.

Telle est, par ailleurs, la mention mortifère et scandée par l'oriflamme de cet objet filmique non identifié (OFNI). Mais ne nous égarons pas et revenons à ce qui nous intéresse, soit à l'exégèse d'Arquivos Da Morte Black. Attention, SPOILERS ! Après avoir chroniqué Arquivos Da Morte CorposCinéma Choc vous propose un nouveau segment, cette fois-ci intitulé Arquivos Da Morte Black. La mort, le trash, l'âpreté et le barbarisme sont ici repoussés à leur paroxysme pour arborer un programme putride et nimbé par toute une litanie de cadavres... Ou lorsque l'horreur a rendez-vous avec la putréfaction... Sinon, c'est tout ? Non, cette fois-ci, ce n'est pas tout... 
En tout cas, pas seulement... Dès le préambule, le narrateur annonce solennellement les animosités. Toutes les saynètes présentées ne sont ni truquées, ni falsifiées, ni galvaudées ; mais à contrario la triste réverbération de la réalité...

En l'occurrence, Arquivos Da Morte Black se fractionne en plusieurs sections bien distinctes. Ici, la mort, sous ses aspects les plus méphitiques, transparaît à travers des assassinats, des suicides, des enfants estropiés, voire des nourrissons victimes de malformations et d'excroissances et, in fine, des accidents routiers d'une rare brutalité. Les supplices animaliers viennent aussi agrémenter les tristes réjouissances. Pour ceux qui abhorrent et exècrent les forfaitures et les tortures pratiqués sur la faune, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates ! Dans ce registre outrancier, Arquivos Da Morte Black regorge de toute une myriade d'anecdotes putassières, notamment lorsque des individus affamés procèdent à l'équarrissage de chiroptères pour mieux les tortorer à postériori. Ensuite, ce sont des enfants, à l'appétit insatiable, qui se sustentent et se délectent de la chair de modestes rapiats. 

Si sur notre continent occidental, le rat est intrinsèquement larvé à l'inoculation de la peste ; dans les contrées orientales, il fait figure à contrario de met sapide. Le paragraphe consacré aux accidents de la route est probablement le plus impressionnant et sans doute le plus malaisant, surtout lorsque la police intervient pour sortir le cadavre écrabouillé d'un individu totalement méconnaissable après avoir accidentellement atterri sous la roue plantureuse d'un camion. L'inhumation du corps se déroulera sous les cris d'orfraie et les sanglots stridulants. En l'état, difficile d'en dire davantage...
En concomitance, Arquivos Da Morte Black se pare d'une introspection élusive sur notre archaïsme primitif. Ramenés et avilis à leur état sauvage, les hommes se comportent comme de véritables animaux hégémoniques, surtout lorsqu'ils dominent éhontément les firmaments de la chaîne alimentaire. Ils tueront et massacreront des animaux, ils extermineront et étrilleront la faune et la flore pour dépeupler notre planète, ils commettront des déprédations, des viols, des crimes et des félonies pour assouvir leur besoin intarissable de meurtrir. Vous l'avez donc compris. 
Si, antérieurement, Cinéma Choc a déjà chroniqué des avanies et des abjections encore plus répugnantes, Arquivos Da Morte Black mérite néanmoins de figurer dans le Top 250 des films trash, extrêmes et scandaleux diligentés par Inthemoodforgore (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/03/18/37177484.html). Dans la lignée des Death File et autres Mondo Magic, Arquivos Da Morte Black reste donc réservé à un public extrêmement averti. 

Note : 12.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver