anal trance

Genre : pornographie, trash (interdit aux - 18 ans) 
Année : ?
Durée : 1h25

Synopsis : Un long-métrage pornographique servi par la verve salace et habituelle de Tohjiro. Le metteur en scène, aujourd'hui considéré comme le plus grand réalisateur de films pornographiques au monde", nous propose Anal Trance qui, comme le stipule son intitulé, se polarise sur la cavité située entre les flexuosités du postérieur. Anal Trance se fragmente en trois rounds bien distincts et propose une production intempestive qui louvoie entre la pornographie classique et graveleuse. 

 

La critique :

Lorsque l'on évoque l'univers corseté de la pornographie, il convient justement de distinguer deux grands mouvements dans cette industrie cinématographique. Certes, dans le documentaire Polissons et Galipettes (2002), les réalisateurs Michel Reilhac et Cécile Babiole rappellent que la pornographie existait déjà de façon officieuse via plusieurs courts-métrages tournés dès les premiers balbutiements du noble Septième Art. Mais ce n'est qu'à partir de l'orée des années 1970 que la pornographie actera - cette fois-ci de façon officielle - sa naissance. La lubricité, la débauche, les bacchanales et les parties d'agapes et de priapées débarquent dans une époque qui souhaite s'affranchir du diktat d'une société que certains individus jugent beaucoup trop impérieuse et rigoriste.
Conjointement, les femmes proclament les dernières absoutes du patriarcat et s'emparent du désir masculin.

Ainsi, certaines figures proéminentes du mouvement féministe deviennent les régentes absolutistes du milieu pornographique entre les années 1970 et 1980. La plupart des productions pornographiques, qui sont réalisées entre la lisière des années 1970 et le milieu des années 1980, mettent en exergue un couple épris de libertinage, et qui s'adonne sans sourciller aux polissonneries, au dévergondage, au triolisme, à l'échangisme, au saphisme et au candaulisme ; le tout sous la complicité incongrue du conjoint ou de la conjointe. Finalement, ce premier mouvement, issu de la pornographie, correspond à une sorte de délire orgiaque et fantasmatique.
Rien de bien méchant en somme. Puis, vers le milieu des années 1980 et avec l'ascension des vidéoclubs, l'industrie pornographique connaît une tangente rédhibitoire.

Il n'est plus seulement question de badiner, de butiner (si j'ose dire...) ni de batifoler, mais de proposer des productions de plus en plus arrogantes et aventureuses, quitte à côtoyer les firmaments de l'indécence, du trash et de l'extrême ; un peu à la manière du Marquis de Sade en son temps à travers le manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome. Non, la pornographie moderne et contemporaine n'a rien inventé et s'inspire, in fine, des pratiques fétichistes et sadomasochistes déjà en vogue dès le XVIIIe siècle. Corrélativement, le féminisme a permis le divorce de masse, ainsi que l'égalitarisme à tous crins. Hommes et femmes se retrouvent amalgamés et sont finalement des figures analogiques, un didactisme qui dénature et gangrène la genèse du désir.
Le phallus, ce curieux objet d'abandon et de dépravation, n'est plus cette figure de fascination archaïque de jadis.

Le public satyriasique réclame en catimini des productions pornographiques de plus en plus âpres et sulfureuses. Leur requête sera davantage ouïe par les producteurs via l'explosion d'Internet et de sites pornographiques qui pullulent sur la Toile. Indubitablement, en l'espace d'une quarantaine, voire d'une cinquantaine d'années, la pornographie a connu des fluctuations irrépressibles ; un mouvement qui profite à certaines figures prévalentes et autocratiques, dont Tohjiro fait partie. Ce n'est pas la première fois - loin de là - que ce cryptonyme impétueux apparaît dans les colonnes éparses de Cinéma Choc. Pour souvenance, le blog s'est déjà attelé aux chroniques outrecuidantes de The Ultimate Torture of Kaname Flower (2018, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2018/10/09/36754677.html), Vomit Enema Extasy (2009, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/05/08/33740739.html), Vomit Enema Extasy 2 (2010, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/08/14/34175396.html) et Kuso Limitless (2011, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2017/08/19/35587913.html).

Autant l'annoncer sans ambages. A travers ces pellicules impertinentes, la pornographie coudoie allègrement les précipices du stupre et de l'abjection via des performances qui font voeu d'obédience et d'allégeance à la scatologie et l'émétophilie, entre autres. Paradoxalement, cette surenchère dans l'impudicité n'a pas empêché Tohjiro de s'arroger la couronne sérénissime du chantre de la pornographie, en particulier dans le "bondage". Il faut aussi préciser que ce personnage énigmatique sévit dans l'industrie cinématographique depuis les années 1990, et louvoie impunément entre certaines productions plus traditionnelles et autres pellicules infames et turpides, mais qui se sont soldées par un succès mirobolant lors de leur sortie en vidéo.
Dans tous les cas, quelle que soit l'orientation de ces productions, Tohjiro propose de revenir à cette genèse fantasmagorique.

Tous ces films, qu'ils soient classiques ou fallacieux, se polarisent sur de jolies gourgandines suppliciées, malmenées et rabrouées par une gente masculine libidineuse et concupiscente. Evidemment, Anal Trance n'échappe pas à ce syllogisme irrécusable. Pour la faribole superfétatoire, j'ai tenté vainement de déceler quelques informations, même succinctes, sur cette nouvelle forfaiture pornographique. Malencontreusement, mes recherches se sont révélées infructueuses puisque la date de sortie de ce long-métrage reste énigmatique. A fortiori, Anal Trance daterait au moins du début des années 2000, mais cette information est à prendre avec beaucoup de circonspection.
En sus, pour trouver une image ou au moins l'affiche du film, la seule source élusive se trouve sur le site Twistedanger qui vend le métrage pornographique en DVD.

Mais trêve de verbiages et revenons à l'exégèse du film. Attention, SPOILERS ! Anal Trance est un long-métrage pornographique servi par la verve salace et habituelle de Tohjiro. Le metteur en scène, aujourd'hui considéré comme le "plus grand réalisateur de films pornographiques au monde" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tohjiro), nous propose Anal Trance qui, comme le stipule son intitulé, se polarise sur la cavité située entre les flexuosités du postérieur. Anal Trance se fragmente en trois rounds bien distincts et propose une production intempestive qui louvoie entre la pornographie classique et graveleuse. Pour ceux qui avaient prisé et affectionné les délires salaces des Vomit Enema Extasy et autres Kuso Limitless, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates. Non, Anal Trance n'a pas du tout pour aspérité de s'inscrire dans ces tropismes licencieux, scatologiques et émétophiles.

Comme le spécifie son intitulé, il est donc question ici de la cavité anale, scrutée, doigtée et explorée à travers trois sections divergentes. Enfin... divergentes... Pas tant que ça puisque les saynètes restent curieusement homogènes, en dépit de quelques dissimilitudes matoises. Autant l'annoncer sans fard. Sans le monogramme de Tohjiro, Anal Trance n'aurait sans doute pas sa place sur Cinéma ChocOn pourrait même logiquement invoquer une production digressive dans les lignes et les colonnes diffuses du blog, nonobstant l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans.
Avant chaque nouvelle segmentation, une femme japonaise est interviewée et exhortée à s'exprimer par un caméraman. 
Concernant les lignes de dialogue, il m'est difficile, voire impossible de vous révéler ce que les protagonistes marmonnent et jargonnent puisque les commentaires sont en japonais et délestés de tout sous-titre compréhensible.

La première section voit une sorte de courtisane aux prises avec un homme robuste et convoiteux. Les trois parties obéissent toujours - ou alors peu ou prou - à la même ritournelle. Tout d'abord, le performeur doigte et masturbe copieusement la cavité anale de sa partenaire. Après avoir amplement lubrifié cette zone érogène, le "comédien" peut enfin copuler joyeusement avec la ravissante demoiselle jusqu'à atteindre les firmaments orgasmiques. Pas grand-chose à signaler lors de ce premier round, si ce n'est que la partie de jambes en l'air se déroule de façon triviale et bestiale. 
C'est aussi ce même primitivisme archaïque qui parsème et qui semble être le principal apanage d'Anal Trance. De facto, les rounds 2 et 3 baguenaudent dans le même sillage et continuum, à la seule différence que la deuxième section se transmue en partie de triolisme. Vous l'avez donc compris. Via Ana Trance, Tohjiro signe et réalise un long-métrage pornographique lambda et surtout minimaliste. Hormis quelques anecdotes outrageantes et futiles, j'avoue ne pas avoir grand-chose à déclamer sur cette production adventice, si ce n'est qu'elle accrédite l'appétence du metteur en scène pour le vice ad nauseam, le tout avec l'assentiment d'une performeuse.
L'osmose et l'atteinte orgasmique sont les éléments consécutifs et inhérents à une exploration anale dans la moindre de ses rugosités et de ses anfractuosités. 
Pas de note donc, puisqu'il s'agit d'une production mineure dans la filmographique foisonnante et exhaustive de Tohjiro. En résumé, vous pouvez aisément vous en dispenser...

Note : ?

sparklehorse2 Alice In Oliver