I-never-left-the-white-Room

Genre : horreur, gore, trash, extrême, expérimental, inclassable (interdit aux - 18 ans)
Année : 2007
Durée : 1h15

Synopsis : Jeffrey, un patient ayant des visions inquiétantes se fait suivre par son psychiatre. Il entraîne ce dernier dans un séjour hallucinatoire en enfer qui permettra également de se libérer de sa cellule de psychiatrie...  

 

La critique :

La folie reste un thème récurrent dans le noble Septième Art. Pour souvenance, toute une pléthore de longs-métrages se sont attelés à sonder et à scruter l'aliénation mentale sous ses différents travers, que ce soit sous l'angle de la quérulence, de la claustration, de la discordance, de l'anosognosie, ou encore d'hallucinations irrépressibles. Dans tous les cas, ces divers éléments psychopathologiques requièrent souvent l'incompréhension d'une société dite "normalisée" et régulée par l'éthique et la morale. Afin de discerner la primauté des troubles, il faut sans doute procéder à un travail psychanalytique et à l'analyse des éléments anamnestiques du patient et/ ou de l'individu détraqué.
Tel serait sans doute le diagnostic péremptoire d'un expert chevronné, en particulier d'un psychiatre sagace et avisé.

En outre, il faut se rendre sur le site SensCritique et en particulier sur le lien suivant : https://www.senscritique.com/top/resultats/Les_meilleurs_films_sur_la_maladie_mentale/979200 pour déceler le top 50 des meilleurs films sur la maladie mentale. Les thuriféraires de ce registre pour le moins singulier n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Vol au-dessus d'un nid de coucou (Milos Forman, 1975), Psychose (Alfred Hitchcock, 1960), Shutter Island (Martin Scorsese, 2010), Santa Sangre (Alejandro Jodorowsky, 1989), Black Swan (Darren Aronofsky, 2010), Donnie Darko (Richard Kelly, 2001), le méconnu Shock Corridor (Samuel Fuller, 1963), Birdy (Alan Parker, 1984), American Psycho (Mary Harron, 2000), ou encore Fight Club (David Fincher, 1999) parmi les films notables et éventuellement notoires.

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Evidemment, la dissociation mentale ne pouvait pas escarper au cinéma horrifique via des oeuvres sérénissimes, entre autres Shining (Stanley Kubrick, 1980), L'Antre de la Folie (John Carpenter, 1995), ou encore L'échelle de Jacob (Adrian Lyne, 1990). Indubitablement, I never the white room, réalisé par la diligence de Michael Todd Schneider en 2007, ne joue pas du tout dans la même cour voluptuaire et pour cause... Puisque le film de Michael Todd Schneider appartient à cette mouvance du cinéma underground et indépendant, banni en salles et qui a, par ailleurs, écopé de l'ultime réprobation ; à savoir une interdiction aux moins de 18 ans.
Il faut se rendre sur le site IMDb (Source : https://www.imdb.com/name/nm1617216/?ref_=tt_ov_dr) pour dénicher quelques informations élusives sur Michael Todd Schneider.

A fortiori, la carrière du metteur en scène démarre vers l'orée des années 2000 via un court-métrage, A tribute to sanity (2002), inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales. A postériori, le cinéaste va enchaîner avec ...And then i helped (2003), Our devil's night (2011), Double dose of terror ! (2011), Let's make a horror movie (2012), une participation à The Profane Exibit (2013) via le segment "Manna", ou encore His Devil's Night (2013). Dans le cas de I never left the white room, ce film gore et indépendant est le fruit d'un travail vétilleux et méticuleux et agencé sur plusieurs années, puisque le long-métrage est tantôt référencé à l'année 2000, tantôt stipulé en 2007. En vérité, il aura fallu sept longues années à Michael Todd Schneider pour monter et mettre en boîte (si j'ose dire...) ce long-métrage cérémonieux. 

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Autant dire que I Never Left The White Room ne partage presque aucune accointance avec tous les métrages antérieurement mentionnés. En vérité, le film de Michael Todd Schneider lutinerait et s'acoquinerait davantage avec les élucubrations érubescentes, lubriques et émétophiles de Lucifer Valentine. Certes, dans I Never Left the White Room, il n'est nullement question d'émétophilie, ni de jeunes éphèbes subrepticement atteints par une sorte de démence inextinguible. Mais, à l'instar de Slow Torture Puke Chamber (Lucifer Valentine, 2010) et sa floraison de succédanés (entre autres, Slaughtered Vomit Dolls), I never left the white room revisite à sa manière les élucubrations psychiques et mentales et propose, lui aussi, un curieux périple dans les plus profondes anfractuosités de notre psychisme en dissonance. Cette dissymétrie et cette prégnance des troubles restent des sujets alambiqués, nébuleux et aventureux pour des films nantis de budgets anémiques.

Reste à savoir si, avec I Never Left The White Room, Michael Todd Schneider parvient (ou non) à remplir cet office périlleux. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Eric Boring et Tom Colbert. Pour la faribole superfétatoire, c'est le réalisateur lui-même, donc Michael Todd Schneider (au cas où vous n'auriez pas suivi...) qui tient le rôle principal. Attention, SPOILERS ! Jeffrey est un schizophrène assujetti à des troubles récurrents.
Suivi par un psychiatre, le jeune homme se perd régulièrement dans des fantasmagories mortifères. Hélas, son médicastre se laisse à son tour emporter et flagorner par toutes ces consécutions de divergences et de disparités mentales, entraînant le praticien à la lisière de l'indicible.

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Vous l'avez donc compris. A travers cette exégèse succincte, résumer un film tel que I never left the white room relève de la véritable gageure, voire de l'énigme impossible à résoudre. Et autant l'annoncer sans ambages. Lors du générique final, le spectateur éberlué n'aura pas plus de réponse, mais à contrario encore davantage d'interrogations. Pour ceux et celles qui prisent et recherchent un film conventionnel et au scénario rudimentaire, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates ! Via certaines analogies éloquentes, le cheminement ébouriffé de I Never Left The White Room n'est pas sans réitérer les syllogismes, eux aussi sibyllins et ésotériques, du cinéma de David Lynch et d'Andrey Iskanov. Ainsi, I Never left the White Room réédite les fulgurances insolites et transgressives d'Eraserhead (1977) pour David Lynch et de Nails (2003) et Visions Of Suffering (2006) pour Andrey Iskanov.

A l'instar de ses fidèles prosélytes, Michael Todd Schneider revisite à sa manière les tréfonds et les géhennes inexplicables de notre psychisme imprévisible. C'est donc une épopée trash, en forme d'autoscopie mentale, que nous propose Michael Todd Schneider. Certes, le metteur en scène se montre particulièrement philanthrope lorsqu'il s'agit d'extirper, de saccager et de dilacérer les divers organes humains, que ce soit à travers des délires satanistes, anthropophages et lascifs. On comprend mieux pourquoi I Never Letf The White Room figure et culmine à la 121e place du Top 250 des films trash, extrêmes et scandaleux diligenté par Inthemoodforgore (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/03/18/37177484.html). Hélas, cette frénésie et cette débauche sanguinolentes sont continûment tarabiscotées par une mise en scène incohérente, comme si Michael Todd Schneider s'échinait à suivre mordicus les dérives cérébrales de son personnage prédominant.
Hélas, le spectateur médusé finira par se lasser et maronner devant cette litanie d'abjections hétéroclites, éparses et rutilantes, concentrées sur une heure et 15 minutes de pellicules. 
Si cet effort mérite quelques congratulations circonstanciées, I never left the white room reste aussi audacieux que déconcertant. 

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver