comedown

Genre : horreur, gore, épouvante (interdit aux - 16 ans)
Année : 2012
Durée : 1h30

Synopsis : Six amis s’introduisent par effraction dans un immeuble désaffecté de leur enfance pour y établir leur squat. Mais un psychopathe y a déjà élu domicile et ne laissera aucun d’entre eux lui voler sa place. Traqués, torturés et bloqués au dernier étage de l’immeuble, pour s’en sortir ils n’ont qu’une solution : descendre... 

 

La critique :

Cela faisait un petit moment que Cinéma Choc ne s'était pas attelé à la chronique d'un torture porn, préférant par ailleurs se polariser sur les vagues, presque concomitantes, du "Mondo", du death movie et du shockumentary. Certes, lorsque l'on invoque le torture porn, le thuriféraire lambda déclamera sans sourciller les productions horrifiques produites et réalisées entre l'orée des années 2000 et le milieu de la décennie 2010. Exempt les cas des franchises amorcées par Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006) en leur temps, le torture porn peut aussi escompter sur d'autres figures proéminentes, entre autres Wolf Creek (Greg McLean, 2005), La Maison des 1000 Morts (Rob Zombie, 2003), The Devil's Rejects (Rob Zombie, 2005), Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2006), See No Evil (Gregory Dark, 2006), ou encore Broken (Simon Boyes et Adam Mason, 2006).

A toutes ces productions rutilantes, viennent également s'agréger certains remakes notables et éventuellement notoires, entre autres Massacre à la Tronçonneuse (Marcus Nispel, 2003), La Dernière Maison sur la Gauche (Dennis Iliadis, 2009), ou encore La Colline A Des Yeux (Alexandre Aja, 2006). Pourtant, tous ces torture porns "récents" (un terme à guillemeter et à minorer puisque certains de ces films comptent déjà quinze solides années au compteur) s'inscrivent dans le sillage et le continuum de toute cette vague de productions indépendantes et issues du cinéma bis qui ont pullulé durant la décennie 1970. De facto, le spectateur hébété est légitimement en droit de s'interroger sur l'arrivée massive de séries B adventices qui prolifèrent via le support DTV (direct-to-video).
Comedown, réalisé par la diligence de Menhaj Huda en 2012, appartient à cette dernière catégorie relatée.

comedown_blu-ray_le_test_3

Production indépendante oblige, le long-métrage n'a évidemment pas connu les ferveurs et les faveurs d'une sortie dans les salles obscures. Quant à Menhaj Huda, le metteur en scène et producteur britannique est issu du circuit du cinéma indépendant. On lui doit notamment des oeuvres telles que Kidulthood (2006), Everywhere and Nowhere (2011), Is Harry on the boat ? (2001), ou encore West 10 LDN (2008). A fortiori, le cinéma proposé par Menhadj Huda ne partage aucune corrélation avec le torture porn. Mais peu importe... A l'heure actuelle, ce genre érubescent continue de rapporter sa pléthore de capitaux et de prébendes. Reste à savoir si Comedown est apte (ou non) à faire ciller l'hégémonie, presque véhémente, de Saw, Hostel et leur panoplie de succédanés.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique...

En l'occurrence, Comedown n'a pas vraiment attiré les plébiscites ni les satisfécits sur la Toile et les réseaux sociaux. Pour certaines critiques effarouchées, ce torture porn se démarquerait surtout par son opacité et son aspect beaucoup trop timoré. La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Jacob Anderson, Jessica Barden, Adam Deacon, Sophie Stuckey et Duane Henry ; mais j'en doute... Attention, SPOILERS ! (1) Sous prétexte d'installer une antenne pour une radio pirate dans leur ancien immeuble désaffecté, une bande de jeunes trous du cul en profite pour faire la bringue. Evidemment, nos losers s'empressent de boire et d'avaler diverses substances hallucinogènes. Petit détail : l'immeuble est devenu le domaine d'un psychopathe qui l'a transformé en chausse-trappe, et dont le principal loisir est de disséquer les rats.

téléchargement (1)

Autre détail croustillant : notre tueur va s'avérer être l'ancien concierge devenu fou. Et comme il est de notoriété publique que les relations entre les concierges et les jeunes ne sont pas toujours au beau fixe, les chances de survie du petit groupe risquent de fondre comme neige au soleil (1). Vous l'avez donc compris. A l'aune de cette exégèse, Comedown ne se distingue pas, ou alors peu ou prou, des torture porn habituels. Seule dissimilitude et pas des moindres, le film met en exergue des jeunes frondeurs issus de la plèbe se colleter avec un maniaque du bistouri et du scalpel.
Nous voici donc devant un torture porn urbain qui s'apparente à une série de supplices se déroulant dans un huis clos austère et se fractionnant en plusieurs étages. En l'occurrence, c'est un immeuble en désuétude qui devient le terrain de chasse et de déprédation d'un serial killer écervelé.

Ainsi, Comedown se segmente en deux parties bien distinctes. La première s'appesantit allègrement sur des protagonistes subsidiaires et dont on se gausse éperdument. Ainsi, la première section du film louvoie entre quelques causeries fastidieuses et une série de festivités émaillées par la consommation de stupéfiants. Sur ce dernier point, le cinéaste, Menhadj Huda n'élude pas certains archétypes habituels. Ainsi, il faudra se contenter d'un oaristys amoureux dévoyé par une révélation d'infortune (la dulcinée de Lloyd, le héros principal du film, a lutiné jadis avec l'un des trublions de la bande), d'une jeune rebelle qui aguiche ses congénères satyriasiques et de quelques zonards un peu trop avinés.
Premier constat, Comedown ne peut guère escompter sur ses divers protagonistes, tous plus patauds et faméliques les uns que les autres. 

comedown-2

Et le psychopathe de service dans tout ça ? Ce dernier traîne péniblement son museau (si j'ose dire...) et il faudra faire preuve de longanimité avant de percevoir la moindre once d'une lame ou d'un couteau sur l'écran étrangement opaque. Les belligérances démarrent réellement après une petite heure de bobine. C'est la seconde partie de Comedown. Si, par certaines corrélations, le film de Menhadj Huda n'est pas sans réitérer les moments d'effroi de Wolf Creek (déjà stipulé dans cette chronique), la métaphore s'arrête bien là. Contre toute attente, le long-métrage se montre plutôt pingre en termes de barbaque et de tripailles rutilantes. Rarement, le torture porn aura connu un croquemitaine aussi falot et adynamique. Ainsi, Comedown tergiverse continûment entre le slasher, le huis clos acéré et le torture porn, mais ne parvient jamais vraiment à obliquer vers la direction idoine.
Ce périple à la lisière des ténèbres ne passionne guère sur la durée, pourtant élusive (à peine une heure et demie de bobine, générique y compris) ; et la mise en scène se montre beaucoup trop policée pour susciter l'appétence sur la durée. 
Seule la dernière demi-heure, par ailleurs en demi-teinte, sauve cette production indigente du néant pélagien. A la rigueur, seuls les néophytes se laisseront peut-être fourvoyer par cette série B subalterne et incapable de faire chanceler une concurrence apoplectique en la matière. Saw, Hostel et leurs consortiums peuvent sereinement s'assoupir sur leurs deux oreilles. Chronique évasive aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

Note : 07.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/1767-comedown