cibo di violenza

Genre : Shockumentary, documentaire, trash, "Mondo", death movie (interdit aux - 18 ans)

Année : 2015

Durée : 12 minutes

 

Synopsis : Ce court-métrage, apparenté à un "Mondo", voire à un shockumentary, relate la consommation de fétus et de nourrissons mort-nés en Asie, au Libéria et un peu partout à travers le monde. Ce commerce morbide et éhonté se trouve désormais dans certains produits de consommation courante, et notamment dans certains additifs de marques désormais populaires. Voilà la thématique, pour le moins spinescente, que tente de discerner Cibo Di Violenza, ou Food Of Violence, selon les sources qui répertorient ce court-métrage sulfureux et forcément ignominieux.

La critique :

Cela dure, s'étale et s'égrène depuis plusieurs semaines, voire depuis plusieurs mois sur Cinéma Choc. Dans son opportunisme et son outrecuidance, le blog vous impose et vous assomme de death movies, de "Mondo" et de shockumentaries dans ses colonnes éparses. Hélas, cet épiphénomène n'est pas prêt de s'estomper, au grand dam de nos contempteurs avisés. Certes, à juste titre, ces susdits dépréciateurs pourront clabauder, tonner et maronner après des registres redondants qui relatent peu ou prou des thématiques analogiques, en général la mort, les suicides, les homicides et les accidents routiers et sportifs, le tout corseté avec beaucoup de complaisance et de scabrosité.
La genèse du "Mondo" et du shockumentary remonte à l'orée des années 1960. Le susdénommé Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962) estourbissait durablement les persistances rétiniennes en son temps en s'ébaudissant de cette frontière cachectique entre la fiction et la réalité.

Quinze ans plus tard, le syllogisme harangueur de Mondo Cane se transmutait subrepticement en un antre de la mort et de la déréliction via Faces of Death, soit Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978) dans nos contrées hexagonales. L'horreur, l'abomination et les impudicités franchissaient un seuil supplémentaire dans la l'ignominie, la décadence et la dépravation. Qu'ils se nomment Traces of Death (Damon Fox, 1993), Shocking Asia (Rolph Olsen, 1974), Inhumanities (Harvey Keith, 1989), Africa Ama (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1971), Mondo Magic (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1975), ou encore Africa Addio (Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1966), toutes ces productions transgressives ne sont que des reliquats, voire des palimpsestes conjugués de Mondo Cane et de Faces of Death.
Dans cette litanie d'abjections concentrées sur pellicule, on relevait tout de même quelques exceptions notables.

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Par exemple, Stan Brakhage se démarquait par le terrible et l'infame The Act of Seeing With One's Own Eyes (1971), un shockumentary cette fois-ci bien réel, qui nous entraînait dans les couloirs clos et putrescents d'une morgue, soit l'endroit idoine pour tout étudiant en médecine et transi par l'odontologie chirurgicale. En outre, le death movie se parait d'oraisons ésotériques et expérimentales pour arborer des dissections pratiquées sur toute une floraison de macchabées. Via Cibo Di Violenza, sorti en 2015, le cinéaste Bazz Hancher imprime une nouvelle déclinaison au death movie et au shockumentary, déjà parce qu'il s'agit d'un court-métrage de douze minutes, presque une première pour ce registre cinématographique issu du circuit underground et indépendant.
Pour la faribole superfétatoire, ce court-métrage est également connu sous plusieurs intitulés, notamment Food Of Violence et Fetus Eaters.

Quant à Bazz Hancher, le cinéaste a essentiellement signé des courts-métrages et des documentaires, entre autres Number 50 Peel Street (2006), Liquid Sadness (2008), The Lemon Rose (2011), Darkest Secrets - The Life of Ray Korvax (2013), White Noize : Jesus Saves (2014), ou encore White Gods (2018), par ailleurs inconnus au bataillon et inédits dans notre pays hexagonal. Court-métrage oblige, Cibo Di Violenza n'a évidemment pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures, mais a visiblement écumé les séjours des festivals.
C'est dans ce contexte qu'il va se forger et s'ériger une réputation sulfureuse, notamment sur la Toile et les réseaux sociaux, écopant par la même occasion de l'ultime réprobation, soit d'une interdiction aux moins de 18 ans.

Les amateurs de sensations sanguinolentes trouveront aisément ce shockumentary puisque Cibo Di Violenza est disponible et visible intégralement sur YouTube. Selon certains thuriféraires du cinéma trash et extrême, Cibo Di Violenza serait "le" shockumentary le plus âpre et le plus rédhibitoire de ces dernières années. Reste à savoir si ce documentaire "vérité" mérite autant de dithyrambes et de flagorneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Indubitablement, Cibo Di Violenza peut s'enorgueillir d'un sujet aussi polémique que spinescent.
Voilà de doux euphémismes pour qualifier de telles scélératesses condensées sur douze petites minutes de bobine ! Mais ne nous égarons pas et revenons à l'exégèse de ce shockumentary. Attention, SPOILERS ! Ce court-métrage, apparenté à un "Mondo", voire à un shockumentary, relate la consommation de fetus et de nourrissons mort-nés en Asie, au Libéria et un peu partout à travers le monde. 

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Ce commerce morbide et éhonté se trouve désormais dans certains produits de consommation courante, et notamment dans certains additifs de marques désormais populaires. Voilà la thématique, pour le moins rutilante, que tente de discerner Cibo Di Violenza, ou Food Of Violence, selon les sources qui répertorient ce court-métrage sulfureux et forcément ignominieux. Vous l'avez donc compris. Le didactisme du film Soleil Vert (Richard Fleischer, 1974) est devenu notre sinistre réalité. Pour souvenance, le long-métrage d'anticipation de Richard Fleischer relatait un monde en décrépitude, les terres étant devenues infertiles. En guise de maigres subsides, la population affamée devait se sustenter d'une pastille verdâtre et confectionnée à base de chair humaine.
Si Cibo Di Violenza n'évoque pas le cas de Soleil Vert, il s'appuie sur quelques extraits de films anthropophagiques à succès, notamment Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980), Cannibal Ferox (Umberto Lenzi, 1981) et Anthropophagous (Joe d'Amato, 1980).

Dans ces longs-métrages érubescents, le spectateur médusé assistait à l'équarrissage d'êtres humains et notamment à la naissance de nouveau-nés sacrifiés, puis tortorés par une tribu cannibale. Ces activités déviantes et nécrophages ne sont plus seulement l'apanage de la fiction et en particulier de certains films gore et déviants, mais un marché mercantiliste et lucratif qui a connu sa quintessence au Libéria et dans certains pays du continent asiatique. Pour mémoire, le film Nouvelle Cuisine (Fruit Chan, 2004) traitait déjà de cette thématique avec néanmoins une certaine frilosité.
La consommation de fétus décharnés était davantage suggérée. Cibo Di Violenza met en exergue cette nécrophagie comme une réalité et pis, comme un produit de consommation courante. Toujours la même antienne... 

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A fortiori, certaines marques notoires (que nous éluderons de notifier dans ses lignes) contiendraient (une information néanmoins à guillemeter et à mettre au conditionnel) des extraits de fétus décédés. Pourquoi cette denrée peu reluisante connaîtrait-elle un tel succès sur certains territoires asiatiques et africains ? A priori, les fétus seraient particulièrement riches et plantureux en protides et en lipides. Surtout, ils seraient les vecteurs, voire les promoteurs d'une nouvelle forme de jouvence, voire de félicité sexuelle, en activant nos zones archaïques transies par les martialités et les belligérances. Pour certains guerriers et dictateurs retors, en consommant et en arborant des fétus décédés, l'objectif est aussi d'ériger des trophées macabres destinés à impressionner leurs principaux ennemis et antagonistes.
En ces temps de consumérisme et de globalisation exponentielle, le marché de l'agroalimentaire a littéralement explosé et n'hésite pas à massacrer à satiété, et dans des conditions insalubres, des équidés et des bovidés. 

Pis, certaines marques populaires falsifient éhontément la barbaque. Ainsi, les viandes de cheval, de porc et de boeuf sont parfois accompagnées par des extraits de chair de canidés, eux aussi estropiés pour satisfaire l'appétit pantagruélique du consommateur lambda. Sur ce dernier point, Cibo Di Violenza propose plusieurs saynètes de snuff animalier. Pour ceux qui exècrent et abhorrent - à juste titre - les mutilations et les exactions pratiquées sur des animaux, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates. En seulement douze minutes, Cibo Di Violenza cogne, rudoie et estomaque là où ça fait mal. Cependant, le court-métrage n'est pas exempt de tout grief. 
En raison de son format élusif, on peut justement regretter que ce shockumentary, aux exhalaisons anthropophagiques, ne peaufine pas davantage son sujet. Pour une fois, on aurait apprécié un death movie avec un bien meilleur étayage. 
In fine, Cibo Di Violenza n'élude pas les écueils habituels du death movie en jouant la carte de l'outrance, de l'indécence et de l'inconvenance. Nonobstant certaines omissions et défectuosités, nul doute que l'on reparlera et que l'on dissertera longuement sur ce court-métrage, aussi polémique que discourtois.

Note : 13.5/20

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