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Genre : Fantastique, science-fiction, expérimental 

Année : 1987

Durée : 45 min

 

Synopsis :

Un jeune ado se voit rejeter par ses camarades suite à la pousse d’une barre de métal dans son dos. Affublé de cet étrange appendice, Hikari, aka Denchu-Kozo (littéralement, le garçon au pylône électrique), se propulse 25 ans plus tard dans un futur menacé par des vampires cyborgs. Avec l’aide d’une femme coiffée d’un livre, le jeune héros tentera de sauver la planète.

 

La critique :

Bien qu'ayant déversé un OFNI cyberpunk de tout premier ordre, il y a 3 jours, une envie irrépressible de continuer le délire s'est éveillé en moi. Mais d'abord, le laïus de base d'introduction lors de chacune de ces curiosités nippones. En effet, vous n'êtes pas sans savoir avec le temps que le Japon peut se targuer d'être la nation la plus jusqu'au-boutiste dans son cinéma. A peu de choses près, aucune limite ne semble être de mise, pas seulement dans le cinéma mais dans les arts en général. Les esquisses anciennes, le jeu vidéo, les mangas et même les publicités ne se privent pas de verser dans le délire le plus stratosphérique. Impensable pour nos sociétés occidentales plus timorées à ce petit jeu. Mais le psychédélique et l'hyperactivité ne sont pas les seuls points d'importance puisque le Japon est maître aussi dans l'art du trash, de l'extrême, de l'innommable, si bien qu'il a acquis, avec le temps, la prestigieuse réputation de référence de l'horreur graphique. Rédiger une liste exhaustive prendrait trop de temps et ne servirait à rien mais je me permettrai de réitérer ma suggestion de vous diriger dans la section "cinéma asiatique" du blog qui continue à balancer à intervalles plus ou moins réguliers des pellicules bien gratinées, risquant fort bien de causer une très mauvaise séance aux cinéphiles les plus assagis.
Il y a 3 jours, Sogo Ishii débarquait sur Cinéma Choc avec l'époustouflant Electric Dragon 80 000 V, nanti d'une grande célébrité dans le milieu underground. Mais je me vois au regret de le mettre temporairement de côté pour revenir avec Shin'ya Tsukamoto.

Ca faisait plus que longtemps que vous ne l'aviez plus revu celui-là, n'est-ce pas ? Et pour cause, il faut remonter en 2017 quand je me décidais à me lancer dans un petit cycle dédié à ce cinéaste haut en couleurs. Cet événement verra la naissance d'un entrain inexplicable pour rédiger davantage de chroniques, alors que dans les premiers temps de Cinéma Choc, on pouvait compter sur une à deux chroniques (voire trois quand j'étais en forme) maximum par mois de ma part. Pour les intéressés, cette série spéciale Tsukamoto comprenait Tetsuo, Tetsuo 2 : Body Hammer, Haze, Hiruko The Goblin et A Snake of June. Indubitablement, Tsukamoto est une fameuse pointure, allant même jusqu'à être un incontournable des cinéastes japonais. Véritable passionné et cinéphile chevronné, il n'a jamais cessé de travailler son propre style, expérimentant divers scénarios comme en atteste les métrages susmentionnés. Il n'aura pas fallu longtemps pour qu'il se distingue grâce à son oeuvre la plus célèbre nommée Tetsuo. Un monument phare du cinéma underground comme l'ont défini les critiques.
Expérience éprouvante et dérangeante, incarnation de l'innovation ou encore délire épileptique, les qualificatifs manquent pour décrire une pellicule qui n'a pas mis longtemps pour s'ériger au rang de film culte et même de grand classique du cinéma japonais. Mais, malgré tout cela, on lui attribue souvent à tort la paternité d'oeuvre fondatrice du genre cyberpunk. 

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ATTENTION SPOILERS : Un jeune ado se voit rejeter par ses camarades suite à la pousse d’une barre de métal dans son dos. Affublé de cet étrange appendice, Hikari, aka Denchu-Kozo (littéralement, le garçon au pylône électrique), se propulse 25 ans plus tard dans un futur menacé par des vampires cyborgs. Avec l’aide d’une femme coiffée d’un livre, le jeune héros tentera de sauver la planète.

Comment, avec un synopsis pareil, s'imaginer que cette chose allait échapper à l'oeil avisé de Cinéma Choc ? Je vous présente donc The Adventure of Denchu Kozo, sorti 2 ans avant Tetsuo. Compte tenu de ce point d'importance, c'est à lui que revient le titre honorifique de "père du cyberpunk" posant les bases que reprendra Tetsuo pour les améliorer en profondeur. Etonnant d'ailleurs qu'il ne soit pas plus souvent mis que ça en avant dans sa filmographie. Peut-être peut on lui imputer sa condition de moyen-métrage, mais sans certitude. Tout ce que je suis en mesure de dire avant de rentrer un peu plus dans le vif du sujet est : Par quoi commencer ? Comment aborder avec un minimum de qualité une chose pareille ? Tsukamoto s'est-il amusé à se cuisiner une omelette à la Salvia avant de passer à l'écriture du script ? Au moins, on ne pourra pas dire que les idées ne sont pas là.
En parallèle, n'espérez pas à être face à une dissertation à connotation freudienne ou nietzschéenne. The Adventure of Denchu Kozo n'a pas de tels objectifs car son seul et unique est de procurer du fun, du fun et rien que du fun. Divertissement écervelé dans le plus pur esprit manga. Création fauchée tournée à l'amusement et à la rigolade. On se trouve bien loin de la maturité, des dénonciations et des questionnements de Tetsuo sur notre société urbaine gangrénée par la technologie qui amènera à la civilisation à sombrer dans la folie. 

Un garçon rejeté devenu super-héros, des ennemis insolites et un univers fantasque où désolation et post-apocalyptique règnent. Plus d'humanité, tout semble s'être évaporé pour ne laisser place qu'à la mort sous un magnifique ciel aux CGI indéfinissables. Prenez le tout, mélangez vigoureusement et vous obtenez l'imbroglio fantastico-futuriste qu'est The Adventure of Denchu Kozo. Autant dire que les inconditionnels de scénarios et de mises en scène logiques ne tarderont pas à couper la projection tant le tout est volontairement confus. A peu de choses près, on saisit ce qu'il se passe, mais c'est sans compter sur un Tsukamoto très en forme que le tout va distordre nos charmants petits neurones laminés de long en large par une mise en scène épileptique qui enverra nos yeux dans tous les sens, tentant de savoir ce qu'il se passe à l'écran. Tout va très vite.
On enchaîne les plans ultra rapides, les accélérations supersoniques. Je défie quiconque de bien alcoolisé de savoir encaisser les courses poursuites dans les ruelles délabrées sans foncer à la toilette la plus proche. Les combats sont... enfin je vous laisse juger. 

 

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On ne peut cacher, néanmoins, ce sentiment d'amateurisme transpirant à travers tous les pores de la peau de The Adventure of Denchu Kozu. Le fait bien sûr de ne pas toujours comprendre ce qui se trouve à l'écran pourra en plomber plus d'un. L'image ne bercera pas vos rétines en dépit d'effets de lumière convaincants. On verse parfois dans une image tantôt trop floue, tantôt trop sombre et parfois même les deux. La bande son respecte la norme des sonorités industrielles, quoique Tsukamoto ne se privera pas de nous balancer des musiques aussi étranges que le titre lui-même. Enfin les acteurs sont assez particuliers à juger. D'un côté, ils versent dans l'interprétation de qualité série B à fond, de l'autre on apprécie la cocasserie de leurs expressions se prêtant au jeu délirant.
On peut citer Kei Fujiwara, Nobu Kanaoka (qui interprétera deux ans plus tard la monstrueuse femme du début dans Tetsuo), N. Senba, Tomoro Taguchi, ainsi que Shin'ya Tsukamoto en personne.

Malheureusement pour vous, malheureusement pour moi, c'est ainsi que s'achève déjà cette chronique merdique ayant un goût de trop peu. Mais sincèrement, je me vois bien être dans l'incapacité de vous décrire davantage cet OFNI de compétition qui ne démériterait pas à se retrouver parmi les pellicules les plus cht'arbées du système solaire. N'y voyez pas de fainéantise due à une longue et harassante journée au labo ! Simplement que, oui, tout a été dit. The Adventure of Denchu Kozo est un croisement entre manga dégénéré, simili dimension horrifique qui n'en est pas une et de nombreux codes cinématographiques que reprendra Tsukamoto pour son mémorable Tetsuo.
Que dire de plus honnêtement ? Ah oui ! Pour les quelques intéressés qui auraient réussi à être conquis malgré les 8 lignes et demie de ma chronique, sachez que le film est disponible intégralement sur YouTube dans sa version originale avec sous-titres coréens. De quoi rendre service aux 0,00000001% des lecteurs de Cinéma Choc qui ont quelques menues connaissances de la langue. Un billet transpirant l'incompétence crasse, mais peu importe car il aurait été impensable que cet annihilateur de perception cérébrale ne se retrouve pas dans nos colonnes. Du coup, je vous prierai d'avance de m'excuser pour ce billet qui ne raconte que peu de choses car tenter d'expliquer l'inexplicable n'est guère chose aisée. Dans ces moments-là, on ne lit pas, on regarde, on bave et on bégaie car tel est ce qui se passera si vous avez l'envie d'appuyer sur l'option "Play" de The Adventure of Denchu Kozo.

 

Note : Capture-15-854x524

 

 

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