7 cités atlantis

Genre : fantastique, aventure
Année : 1978
Durée : 1h36

Synopsis : 1896, le professeur Aitken et son fils Charles partent en expédition sur un navire américain afin de tester une cloche expérimentale inventée par un ingénieur nommé Greg Collinson, qui fait également parti du voyage. Après avoir subi l'attaque d'un monstre marin préhistorique, c'est finalement une pieuvre géante qui va les entraîner dans les profondeurs jusqu'à Vaar, l'une des 7 cités enfouies d'Atlantis. Tout l'équipage va alors être réduit en esclavage par les habitants d'origine extra-terrestre du continent submergé afin d'aller combattre les monstres gigantesques qui livrent une guerre sans merci à la cité. Seul l'un d'entre eux, grâce à son intelligence supérieure, sera utilisé à d'autres desseins...

 

La critique :

Sur la thématique des dinosaures et d'un monde perdu et inconnu de l'homme, le cinéma fantastique propose et regorge de longs-métrages peu ou prou exemplaires. Pour déceler la genèse de ce registre cinématographique, il faut remonter aux années 1920 via le susdénommé Le Monde Perdu (Harry O'Hoyt, 1925), une production dispendieuse qui, pour la première fois dans l'histoire du cinéma, arbore des diplodocus, des tyrannosaures et autres reptiles gargantuesques sur le grand écran. Les spectateurs éberlués assistent alors à la résurgence de l'ère paléontologique dans les salles obscures, un prodige diligenté par l'érudition de Willis O'Brien, le concepteur démiurgique de la stop-motion (image par image). Presque dix ans plus tard, le scénario de Le Monde Perdu génère un nouvel homologue, un certain King Kong (Ernest B. Schoedack et Merian C. Cooper, 1933).

Willis O'Brien officie toujours derrière les effets spéciaux du film et affine les gros plans acérés sur le faciès robuste du gorille cyclopéen. En outre, King Kong baguenaude dans le même sillage et continuum que Le Monde Perdu. Là aussi, il est question d'une expédition scientifique qui amène des héros d'infortune sur un territoire hostile et inexploré par l'homme. Une fois sur place, nos aventuriers découvrent une jungle tropicale encore auréolée par les stigmates de la Préhistoire. Après moult tribulations, ils parviendront à capturer le roi Kong pour le transporter sur nos terres occidentales, provoquant ainsi l'ire et les furibonderies de l'animal.
Une fois débarrassé de ses chaînes, la créature ravage la cité et ses autochtones. Pourtant, nonobstant les apparences, c'est bien King Kong qui arbore un visage humain, s'énamourant d'une jolie blondinette. 

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D'un point du vue politique et idéologique, cette version de 1933 préfigure cette crise pécuniaire et sociologique de 1933, la créature simienne symbolisant cette société alors en plein marasme et bientôt menacée par l'avènement du nazisme dans l'Europe toute entière. Après la sortie de King Kong, tous les films d'aventure fantastique obliqueront vers le film d'aventure fantastique. Qu'ils se nomment Godzilla (Ishiro Honda, 1955), Gamera (Noriaki Yuasa, 1965), Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993), Them ! - Des Monstres attaquent la Ville (Gordon Douglas, 1954), Le monstres des temps perdus (Eugène Lourié, 1953), La planète des monstres (Jun Fukuda, 1967), ou encore Gorgo (Eugène Lourié, 1961), toutes ces productions clinquantes et rutilantes ne sont que les rejetons analogiques de King Kong et, in fine, de Le Monde Perdu.

En l'occurrence, toutes ces pellicules ne peuvent pas s'enhardir d'un budget dispendieux, loin de là. Certaines doivent même composer avec des finances faméliques. Le cinéaste, producteur et scénariste britannique, Kevin Connor, ne le sait que trop bien, lui qui a réalisé une pentalogie en hommage au monde perdu et à son florilège de stégosaures et autres reptiles affamés. Pour souvenance, le metteur en scène est l'auteur, presque thaumaturgique, de Le Sixième Continent (1975), Centre Terre, Septième Continent (1976), Le Continent Oublié (1977), Les 7 Cités d'Atlantis (1978) et Le Trésor de la Montagne Sacrée (1979). Evidemment, avec une telle carte de visite, Kevin Connor apparaît comme le chantre de la série B impécunieuse. Hormis toutes ces bisseries désargentées, on lui doit également des oeuvres telles que Frissons d'outre-tombe (1973), la série télévisée Cosmos 1999 (1975), Nuits de cauchemar (1980), La Maison des Spectres (1982), ou encore le feuilleton Nord et Sud 2 (1986). 

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Aujourd'hui, c'est le cas de Les 7 Cités d'Atlantis qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes. Pour mémoire, Cinéma Choc s'est déjà attelé aux chroniques de Centre Terre, 7e Continent (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2017/02/20/34233528.html) et de Le Continent OubliéPour la faribole superfétatoire, Les 7 Cités d'Atlantis fait partie des chroniques pittoresques et truculentes de Nanarland, un site d'érudits qui répertorie le métrage de Kevin Connor parmi les oeuvres, certes sympathiques, mais finalement obsolescentes (Source : http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-septcitesdatlantis-les-sept-cites-d-atlantis.html). 
Reste à savoir si le film mérite de tels sarcasmes et de telles invectives. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique...

En l'occurrence, Les 7 Cités d'Atlantis ne restera pas dans les annales du noble Septième Art, loin de là ! A contrario, cette série B adventice ne mérite pas non plus de figurer parmi les longs-métrages ubuesques et racoleurs, nonobstant sa pléthore de carences et de défectuosités. La distribution du film se compose de Dough McClure, Peter Gilmore, Shane Rimmer, Lea Brodie, Michael Gothard, Hal Galili, John Ratzenberger, Derry Power, Donald Bisset, Ashley Knight et Robert Brown. Attention, SPOILERS ! 1896, le professeur Aitken et son fils Charles partent en expédition sur un navire américain afin de tester une cloche expérimentale inventée par un ingénieur nommé Greg Collinson, qui fait également parti du voyage. Après avoir subi l'attaque d'un monstre marin préhistorique, c'est finalement une pieuvre géante qui va les entraîner dans les profondeurs jusqu'à Vaar, l'une des 7 cités enfouies d'Atlantis. 

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Tout l'équipage va alors être réduit en esclavage par les habitants d'origine extra-terrestre du continent submergé afin d'aller combattre les monstres gigantesques qui livrent une guerre sans merci à la cité. Seul l'un d'entre eux, grâce à son intelligence supérieure, sera utilisé à d'autres desseins... Cette fois-ci, le susdit monde perdu ne se situe pas sur une île abandonnée, ni au centre de la Terre, ni encore à la lisière de l'Arctique ou de l'Antarctique, mais au milieu de l'Océan Atlantique. En outre, Les 7 Cités d'Atlantis bouffe (si j'ose dire...) un peu... beaucoup... énormément à tous les râteliers. Si la métaphore avec le didactisme du monde perdu est évidemment de mise, le film renâcle également du côté de l'invasion extraterrestre. Evidemment, un choix narratif aussi funambulesque a le mérite de décontenancer les thuriféraires originels, qui affectionneront davantage le matériel initial.

C'est sûrement pour cette raison que Les 7 Cités d'Atlantis figure sur Nanarland, à cause - entre autres - de son scénario fantaisiste et digressif, et qui mélange sans fard des aliens anthropomorphes, des dinosaures décrépits, des aventuriers en déveine et des décors en carton-pâte hélas ostensibles sur l'écran tremblotant. Spécieux et obséquieux, nos extraterrestres de pacotille fomentent de vils desseins et réitèrent carrément les plans machiavéliques du Troisième Reich. Rien que ça ! Sur la forme comme sur le fond, Les 7 Cités d'Atlantis s'approxime à une sorte de salmigondis filmique. De surcroît, il sied de notifier que les créatures ne sont pas vraiment des dinosaures, mais des monstres qui ont subi des mutations génétiques. Sur ce dernier point, le métrage peut s'enhardir d'un bestiaire faste et exhaustif via un diplodocus en mousse, une créature tentaculaire et une sorte de poisson plantureux qui semble sourdre de nulle part ; si ce n'est de l'imagination fertile de Kevin Connor. 

Côté interprétation, la pondération est elle aussi de mise. En mode pilotage automatique, Dough McClure se contente de suivre béatement les inimitiés. Les autres protagonistes ne présentent, eux aussi, qu'un intérêt assez relatif. La palme de la calamité échoit sans doute à Peter Gilmore. Le comédien, affublé des oripeaux de scientifique, est sélectionné par les extraterrestres parmi les individus "alpha", autocratiques et appelés à revêtir de plus hautes prérogatives. En vérité, la cité d'Atlantis n'est que la première étape d'une guerre sans merci que nos aliens ourdissent en secret contre les habitants de la Terre... On croit fabuler... Vous l'avez donc compris. 
Kevin Connor ne recule devant aucune excentricité. En dépit de ses lacunes et de ses imperfections apoplectiques, Les 7 Cités d'Atlantis reste un divertissement probe et honorable, à condition justement de fermer les mirettes sur son florilège d'approximations et d'impondérables. Allez, par miséricorde, le film mérite au moins la moyenne...

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver