faces of death millenium

Genre : Shockumentary, death movie, "Mondo", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)

Année : 1996

Durée : 1h18

 

Synopsis : Le nouveau millénaire est arrivé. Nous continuons inlassablement de nous meurtrir. Manifestement, nous n'avons pas retenu les leçons des deux guerres mondiales qui ont émaillé le siècle citérieur. Que pouvons-nous craindre du XXIe siècle à venir ? Une question à laquelle tente de rétorquer Faces of Death - The Millenium, soit une compilation abominable des nombreuses abjections et vilenies commises durant le XXe siècle. 

La critique :

Oui, je sais... En ce moment même, j'imagine aisément votre dépit, votre désarroi, ainsi que votre amertume circonstanciée. Encore un shockumentary, transi de death movie sur Cinéma Choc ! Oui, je corrobore votre désappointement, ainsi que vos scansions bilieuses. Que les esprits réfractaires se rassérènent. Via cette nouvelle chronique, je ne commettrai pas l'offense de procéder derechef à l'exégèse du "Mondo", puis du death movie. Certes, il apparaît néanmoins opportun de stipuler que c'est bel et bien Faces of Death, soit Face à la Mort (John Alan Schwartz, 1978, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/04/21/31830383.html) dans notre langue de Molière, qui fait figure de long-métrage prodrome, à défaut d'être réellement novateur. Autant l'annoncer sans ambages.
Via ce "documenteur" vérité (un oxymore...), John Alan Schwartz n'a strictement rien inventé et reprend sans sourciller le syllogisme - déjà harangueur - de Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962).

Pour souvenance, ce shockumentary actait et officialisait la naissance du "Mondo" en se polarisant sur les us et les coutumes séculaires de peuplades oecuméniques à travers le monde entier. Tantôt truculentes, tantôt véhémentes, tantôt outrecuidantes, les saynètes transportaient le spectateur éberlué dans un périple souvent mortifère. En outre, John Alan Schwartz réitérera un syllogisme peu ou prou analogue via Faces of Death, toutefois en se centrant davantage sur la faucheuse et en proposant toute une litanie d'accidents routiers ou sportifs, de forfaitures outrancières pratiquées par une secte méphistophélique ; et même en explorant les coursives ténébreuses de la sentence capitale.
Cependant, à l'instar de Mo
ndo Cane en son temps, la majorité des séquences de Faces of Death sont erronées, tronquées, falsifiées et galvaudées. 

"Quand la mort n'est pas du cinéma !", scande péremptoirement l'oriflamme rougeoyante du film. Pourtant, encore une fois, tout est factice et savamment fomenté par un John Alan Schwartz opportuniste. Bien des années plus tard, le cinéaste spécieux et mercantiliste révèlera les duperies matoises dans Faces of Death : fact or fiction ? (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/05/01/37220761.html), un documentaire de 45 minutes qui dévoile les arcanes ineffables de la célèbre franchise. Toutefois, il sied également de préciser que le death movie n'est pas né avec le "documenteur" de John Alan Schwartz, mais avec The Act of Seeing with One's Own Eyes (Stan Brakhage, 1971, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2019/06/10/37295602.html).
En outre, le death movie diligenté par Stan Brakhage propose des autopsies bien réelles et fait désormais office de véritable bréviaire dans le cinéma extrême et underground.

Paradoxalement, c'est bien le film de John Alan Schwartz qui va rapporter le pactole et de précieuses pécunes à son auteur démiurgique. Mutin, le metteur en scène transmute le premier chapitre en une saga fastidieuse et interminable. Ainsi, Faces of Death 2 (1981), Faces of Death 3 (1985), Faces of Death 4 (1990), Faces of Death 5 (1995) et Faces of Death 6 (1995) s'agglomèreront dans la foulée ; sans compter le fameux Faces of Death : fact or fiction ?, déjà notifié dans cette chronique. Evidemment, la popularité de cette franchise virulente inspire toute une pléthore d'épigones.
Qu'ils se nomment Traces of Death (Damon Fox, 1993), Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), T
rue Gore (M. Dixon Causey, 1987), ou encore Inhumanities (Harvey Keith, 1989), tous ces death movies adventices baguenaudent dans le sillage et le continuum de Face à la Mort.

Vient également s'apposer Faces of Death - The Millenium, réalisé par les soins d'un certain Morenzo Lunoz Jr. en 1996. A fortiori et selon nos informations élusives, ce death movie ne s'affilie pas à la saga régentée par John Alan Schwartz, même s'il emprunte un cryptonyme quasi analogique. De facto, John Alan Schwartz ne sévit pas derrière cet ixième "documenteur". En l'occurrence, il faut se rendre sur le site IMDb (Source : https://www.imdb.com/name/nm1540485/?ref_=tt_ov_dr) pour glaner quelques informations approximatives sur Morenzo Lunoz Jr.
A priori, le metteur en scène connaît bien le monde étriqué du shockumentary puisqu'on lui doit The Ultimate Death Experience (1996), Paramedics (1997) et Paramedics 2 (1997). Pour la faribole superfétatoire, Faces of Death - The Millenium est également sorti sous le monogramme de Facez of Death 2000.

Selon toute vraisemblance, Faces of Death - The Millenium et Faces of Death 6 seraient des death movies peu ou prou similaires. Pour souvenance, le sixième chapitre de la saga Faces of Death se délestait de tout narrateur ostensible et se contentait d'une voix-off et monocorde, ce qui est également le cas de Faces of Death - The Millenium, un shockumentary qui se contente du service minimum. En l'état, il m'est difficile, voire impossible de corroborer les contiguïtés entre les deux death movies puisque je n'ai pas vu Faces of Death 6. Mais trêve de verbiages et revenons à l'exégèse de Faces of Death - The Millenium ! Attention, SPOILERS ! 
Le nouveau millénaire est arrivé. Nous continuons inlassablement de nous tarabuster, de nous réprimander et de nous meurtrir.

Manifestement, nous n'avons pas retenu les leçons des deux guerres mondiales qui ont émaillé le siècle citérieur. Que pouvons-nous craindre du XXIe siècle à venir ? Une question à laquelle tente de rétorquer Faces of Death - The Millenium, soit une compilation abominable des nombreuses abjections et vilenies commises durant le XXe siècle. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout... Ou presque... Sur la forme comme sur le fond, Faces of Death - The Millenium s'apparente à un curieux maelström entre divers death movies accessoires.
Ainsi, le "documenteur" de Morenzo Lunoz Jr. reprend sans fard certaines saynètes déjà entrevues dans Traces of Death, Inhumanities et Shock X-Treme Vol. 1 Snuff, entre autres. 
Nous avons donc affaire à une compilation minimaliste et oisive qui démarre péniblement durant sa première section.

Après un préambule en guise d'admonition ("Shocking the reality of life and death"), les animosités martiales peuvent enfin débuter ! Ainsi, lors de cette première segmentation, Faces of Death - The Millenium amalgame des séquences illisibles sur un écran opaque. De facto, la première partie est au mieux soporifique et insipide. Heureusement, ce death movie retrouve un peu de verve et de luminescence lors de son second paragraphe. Dès lors, bienvenue en enfer ! Le death movie atteint véritablement son paroxysme lorsqu'il se focalise sur toute une série d'homicides proférés dans des pays d'Afrique et du Moyen-Orient. Derechef, ce shockumentary réédite ces images fulgurantes et saisissantes de victimes abattues sur le peloton d'exécution en Afrique du Sud. 
Faces of Death - The Millenium a au moins l'ingénieuse idée d'éluder le snuff animalier.

La troisième et ultime section se polarise sur toute une kyrielle de macchabées, d'un Afro-Américain opéré au niveau du cervelet, jusqu'au faciès disséqué d'un nourrisson en disgrâce. Bref, toutes ces tristes réjouissances auront pour écueil de provoquer quelques nausées circonstancielles. Malencontreusement, toutes ces impudicités ne sont que des reprises éhontées de Traces of Death premier du nom. Vous l'avez donc compris. Faces of Death - The Millenium s'adresse avant tout aux néophytes qui souhaitent découvrir le death movie dans toute son âpreté et son barbarisme. Ces derniers se laisseront aisément dévoyer par ce shockumentary en disgrâce qui ne cesse de piller ses homologues déjà subalternes. En filigrane, ce "documenteur" peut au moins s'enorgueillir d'une once de discernement en étayant une introspection succincte sur les turpitudes de l'âme humaine.
Toujours la même antienne... Pour les thuriféraires de ce registre trash et underground, ils pourront aisément obliquer vers d'autres déviances rutilantes. In fine, Faces of Death - The Millenium ne soutient aucunement la métaphore avec la franchise prodiguée par John Alan Schwartz en son temps. On finirait presque par quémander le retour du "cinéaste" tant ce Faces of Death - The Millenium suinte le truisme, la vacuité et l'inanité.

Note : 07/20

sparklehorse2 Alice In Oliver