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Genre : Thriller, policier (interdit aux - 18 ans à Hong-Kong/interdit aux - 16 ans chez nous)

Année : 1979

Durée : 1h24

 

Synopsis :

Un jeune prétendant perd sa petite amie au profit d'un riche homme d'affaires. Au début, il est en colère. Puis, dans une crise de dépression, il se rend au bord de la mer où il trouve des lézards qu'il met immédiatement dans un sac pour les ramener à la maison. Ces petits reptiles deviendront ses soldats dans sa bataille personnelle contre les femmes.

 

La critique :

Non, non, non ! Vous ne fabulez pas et vous n'hallucinez pas ! Ma charmante petite rétrospective sur le cinéma d'exploitation HK se poursuit à intervalles très réguliers avec une appétence toute particulière pour les pellicules rarissimes et parfois même inexistantes sur l'Internet français. Officiellement démarrée avec Centipede Horror (bien que certains aient été abordés bien avant), vous avez pu voir à quel point les chinois peuvent être sacrément défoncés du bulbe quand il s'agit de libérer toute leur folie créatrice. A croire qu'il n'y ai pas que les japonais à détenir la palme du cinéma WTF. Mais si vous vous étiez déjà montrés pour le moins désappointés, vous et vos neurones à la lecture de mes lamentables billets, alors je me vois bien forcé de m'excuser d'avance.
Parce que, mes chers amis, ce que j'ai eu le malheur de visionner, par pure curiosité, pourrait bien s'apparenter à l'un des objets les plus dégénérés, les plus indéfinissables, les plus... Les mots me manquent, mais croyez-moi que mes propos ne sont nullement exagérés. Pour ne rien changer, nous naviguons toujours dans la joie et la bonne humeur dans, ce que l'on appelle, la Vague pré-Cat III où officiaient déjà des pellicules impudentes et saugrenues défiant la censure étatique, témoignage d'une révolution morale des hong-kongais désireux de bousculer l'ordre établi.

Initiée avec l'impensable Camp d'Amour pour Chiens Jaunes (déjà chroniqué pour les quelques fous qui ne l'auraient pas encore lu), une avalanche de métrages ont suivi dans la foulée pour former un melting-pot dédié au mauvais goût, un conglomérat de violence décomplexée où nanars et navets kitsch sont légions. Au sein de ce salmigondis, j'eus la désastreuse idée d'écouter ma petite voix intérieure me disant de m'intéresser de plus près à Lewd Lizard (bêtement appelé Chong dans sa version d'origine). Vous ne le connaissez pas ? C'est normal car parvenir à dénicher des informations dessus reviendrait à dénicher une aiguille dans une bonne centaine de bottes de foin.
Les deux sinistres personnages derrière ce projet sont Norman Chu et Yung Ling Wang. Derrière cette production, l'obscur firme Lex Video. Et à part ça, on ne sait guère autre chose si ce n'est qu'il s'auréole d'une aura mystique auprès des aficionados de la Cat III. Condamné à la plus totale confidentialité, la version DVD-R serait un simple bootleg d'une VHS fort mal en point. L'underground dans son jusqu'au boutisme le plus indécent que vous pourrez toutefois trouver en version complète sur Youtube mais croyez bien que mes rétines ne se sont toujours pas remises du choc. Mais trêve de bavardages !

 

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ATTENTION SPOILERS : Un jeune prétendant perd sa petite amie au profit d'un riche homme d'affaires. Au début, il est en colère. Puis, dans une crise de dépression, il se rend au bord de la mer où il trouve des lézards qu'il met immédiatement dans un sac pour les ramener à la maison. Ces petits reptiles deviendront ces soldats dans sa bataille personnelle contre les femmes.

Vous ne serez alors pas étonnés de voir que votre blog préféré Cinéma Choc est le premier site français à s'y jeter corps et âme. D'ailleurs, je trouve bon de préciser que les images proposées dans cette chronique, et je suis très sérieux, sont les seules à peu près présentables que j'ai pu trouver. Les autres se montrant beaucoup trop floues, voire même s'apparentant à une indécente bouillie de pixel. Quant à la pochette du film, c'est la seule trouvable sur le Net. On savait que HK n'était pas l'endroit qui était le plus soigneux de la conservation de ses oeuvres mais tout de même, il y a de quoi être interpellé. A titre de comparaison, seul Tales Of Naked Humiliation faisait pire.
Ce qui n'est pas rien ! Après une préalable exposition de mes yeux à une bonne dose de collyre, il était temps de s'y jeter. Alors, je ne suis pas le genre de chroniqueur qui aime spoiler à outrance mais dans ce cas précis, il faut le voir pour le croire. Une question me démangeait durant la projection et me démange encore. Avec quelle(s) substance(s) ont tourné nos deux compères durant la création de ce projet ? Du jus de culottes féminines sales ? Pourquoi je viens d'écrire ça ? Vous allez vite comprendre quand je vous raconterai ce périple plus que singulier.

Parce qu'on ne va pas se le mentir ! On serait bien tenté de voir en Lewd Lizard le produit irrécupérable de deux arriérés en pleine crise de misogynie qui eurent l'idée de génie de transmettre la guerre des sexes en pré-Cat III. Ont-ils été cocus par leur femme ? Ont-ils été menés en bateau ou se sont-ils mangés un râteau qu'ils n'arrivent pas à digérer ? Les doutes m'assaillent. Au début, tout démarre plus ou moins normalement avec une douloureuse séparation d'un couple qui batifolait. Rien à signaler ! Pour David, le héros principal, la journée commençait déjà mal et ce n'est pas son tabassage dans la rue par un petit gang avec à sa tête une femme qui arrangera les choses.
David en a plein le c*l des femmes ! C'est officiel, il les déteste et refuse de laisser passer la dégradation mentale qu'il a subi en ce jour néfaste. Sa rencontre avec des lézards en bord de mer va changer sa vie et là mes chers lecteurs, nous rentrons dans le plus grand n'importe quoi, à un point tel que Lewd Lizard s'immiscerait sans sourciller parmi les OFNI les plus inimaginables du cinéma asiatique. Vous croyez encore que j'exagère ? Bande de petits naïfs ! Notre David, sans raison apparente, va développer une véritable fascination pour les culottes sales en les reniflant. Un acte de fétichisme banalisé au Japon pour la petite info ! Une obsession qui l'amènera à en voler quelques-unes pour mettre son terrible plan à exécution.

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Une recette de cocktail que n'auraient pas reniés les plus grands barmen. En mélangeant le jus des sous-vêtements avec un composé "agressif" spécial de sa composition, il obtient un cocktail détonant qu'il injecte ensuite aux lézards. Ces charmants reptiles gonflés à blocs seront ses plus fidèles amis. Quoi de mieux que de tuer une femme par l'orgasme ? Un orgasme si fort qu'elle en vient à crever purement et simplement, rendue folle par l'extase sexuelle au-delà de l'imaginable. Et pour ça, il lui suffira d'écarter les jambes de la demoiselle sans défense pour permettre à ces petites créatures de rentrer dans leur vagin. Peut-on parler d'un viol sachant que son phallus est bien au chaud dans son pantalon et que le seul tumulte dans l'histoire est l'armée de lézards qui parviennent sans trop que l'on ne sache comment à propulser ces donzelles dans les bras de Thanatos ?
Visiblement, un arrêt cardiaque serait le plus probant à toute cette histoire. Et voilà ! Satisfait de ce que vous avez lu ?  

Nanti d'un scénario complètement débile où le même processus de viol reptilien est réitéré ad nauseam, on reste là pantois, dévoré par la honte de regarder une telle chose et encore plus attristé pour ceux qui ont pris part dans le plus grand sérieux à ce projet. Visiblement, la Lex Video a dû trouver que ce script extraterrestre était une bonne idée puisque le film a abouti. Grand bien leur en fasse, mais diantre que c'est mauvais ! L'impression de ne pas éprouver la moindre once d'intérêt pour un scénario à deux balles qui n'en est pas un est une réalité. Certains ne s'étonneront pas de regarder un peu trop souvent leur montre en priant pour que le carnage ne se finisse, le noeud coulant de la corde déjà fait. L'essentiel de l'histoire se résumant à suivre David faisant son petit caca nerveux en s'attaquant à toutes les femmes avec l'enquête policière en toile de fond. Les non-sens scénaristiques s'accumulent, alors que la qualité infâme de l'image n'arrange rien pour sauver le naufrage.
Autant vous inciter à jouer au loto, vous aurez plus de chance de gagner que de tomber sur une copie valable. Les sous-titres gravés sur l'image en blanc sont un manque total de bon sens car je vous laisse imaginer ce qu'il y a à lire quand ils sont sur un fond blanc. Oui, on ne voit absolument rien ! Et, tant qu'à faire, pourquoi ne pas les faire complètement disparaître durant près de 13 minutes dans le premier tiers du film ? 

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Lewd Lizard est une création absolument indéfendable et moralement douteuse. Même quand on croit avoir tout vu, il y en a toujours un ou deux pour pousser le bouchon un peu plus loin en nous contaminant de leur indéboulonnable folie. Comment songer que des producteurs eurent confiance en nos deux charlatans et y ont cru ? Au moins, la Lex Video pourrait presque se voir comme l'antithèse de Hollywood et autres studios jouant la carte de la sécurité à l'overdose quitte à constamment faire du prémâché. En l'occurrence, il n'y a pas la moindre infime particule d'équivalent cinématographique pour soutenir la comparaison avec Lewd Lizard. Aussi bidon scénaristiquement que visuellement, cultivant une bande sonore de pornos de série Z et nous offrant des acteurs ridicules et exaspérants, rien ne peut sauver ce spectacle ordurier, pas choquant pour un sou, en ce qui concerne son interdiction ! Dans le fond, tamponner comme un bourrin la mention "Navet" serait tout ce qu'il y a de plus logique, mais quand on en arrive à un tel niveau de médiocrité et d'imbécilité, l'enchantement est roi.
Lewd Lizard a réussi ce pari de nous ensorceler au point de bégayer quand on vous demande ce que vous avez pensé de tout ce gloubi-boulga. Mais la conclusion de cette farce m'amène à dire qu'il y aura un avant et un après Lewd Lizard sur votre blog favori. Car il se passe toujours quelque chose sur Cinéma Choc !

 

Note : Non ! Non ! Non !

 

 

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