Kyoko-vs-Yuki-2000-movie-Daisuke-Yamanouchi-14

Genre : horreur, gore, trash, érotique (interdit aux - 18 ans)
Année : 2000
Durée : 45 minutes environ

Synopsis : (1) Kyôko est une tueuse qui travaille pour une organisation dont on ne saura rien. Après avoir fait ses preuves en battant au combat à mains nues un adversaire qu'on lui opposait, on lui confie une mission : localiser un mafieux et récupérer sa mallette remplie d'argent et de drogue. Pas de chance pour elle, l'homme en question s'est fait rouler par Yuki qui, après l'avoir assommé puis "obligé" à assister à ses ébats saphiques avec sa copine, s'enfuit avec la valise. Kyôko retrouve l'homme, et après l'avoir torturé se lance à la poursuite de Yuki en dézinguant tout le monde sur son passage. Seulement Yuki aussi sait se battre... (1)  

 

La critique :

Il y avait bien longtemps que Cinéma Choc n'avait pas été frappé par le sceau de Daisuke Yamanouchi dans ses colonnes éparses. Le metteur en scène asiatique provient directement du circuit indépendant, et plus précisément du cinéma underground. Son premier long-métrage, Mu Zan E (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/08/24/32181321.html) préfigure déjà les belligérances ambiantes. A travers l'enquête puis les pérégrinations d'une journaliste un peu trop téméraire, Daisuke Yamanouchi nous entraîne dans les tréfonds de la dépravation et amalgame sans fard gore, supplices, déviances, éviscérations et pornographie pour une production qui va subrepticement devenir une référence ; tout du moins aux yeux des laudateurs du cinéma trash.
Ses réalisations suivantes corroborent son appétence pour le rape and revenge, l'âpreté, les lubricités et même les yakuzas.

Dead A Go ! Go ! (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2018/04/16/36321591.html), Girl Hell 1999 (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/04/08/33606263.html), Red Room (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/04/02/33560158.html), Red Room 2 (2000, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/03/03/33410881.html), ou encore Blood Sisters (1999, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/07/07/32288544.html) sont autant de productions transgressives tournées dans la foulée.
Pourtant, curieusement, Daisuke Yamanouchi va subrepticement minorer ses ardeurs pour se polariser davantage sur des séries télévisées à postériori. Manifestement, le cinéaste nippon s'est lassé de toutes ces bacchanales et de ces parties d'agapes et de priapées, pour notre plus grand désarroi !

F158JF173_b

Mais ceci est un autre sujet... Toujours est-il que le réalisateur se montrera particulièrement fastueux et productif entre la fin des années 1990 et l'orée des années 2000. Désormais, son nom fait référence et même voeu d'obédience dans le cinéma underground. Chez Daisuke Yamanouchi, on affectionne plus particulièrement ces adulescentes ingénues et en dissidence après avoir subi le courroux et les satyriasis de la gente masculine. Impression accréditée par Kyoko Vs. Yuki, soit Saikyô Joshikôsê Densetsu de son titre originel, et sorti en 2000.
En l'occurrence, il s'agit d'un moyen-métrage d'une durée de 42 minutes et que vous pourrez glaner, à condition de déverser l'intégralité de votre pécune sur le site Twistedanger.  Voilà pour la faribole superfétatoire ! Vous l'avez donc compris.

Kyoko Vs. Yuki fait partie de ces objets rarissimes et confidentiels, activement prisés et recherchés par certains collectionneurs avisés. Hélas, un tel syllogisme n'est pas forcément gage de qualité. En outre, Daisuke Yamanouchi ne s'est jamais réellement distingué pour ses convenances ni ses bienséances. Evidemment, Kyoko Vs. Yuki ne déroge pas à cette règle fatidique. Pis, selon certains contempteurs, Kyoko Vs. Yuki fait même partie des crus mineurs de Daisuke Yamanouchi. Reste à savoir si ce moyen-métrage mérite ou non nos appétences, voire nos congratulations dans nos colonnes. Sait-on jamais... Et réponse à venir dans les lignes de cette chronique...
La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Kinako Satô, Kyôko Fujikawa, Kajitsu Miura, Yôko Satomi, Natsumi Harada, Hiroshi Kitasenju et Salmon Sakeyama ; mais j'en doute... 

Kyoko-vs-Yuki-2000-movie-Daisuke-Yamanouchi-10

Attention, SPOILERS ! (1) Kyôko est une tueuse qui travaille pour une organisation dont on ne saura rien. Après avoir fait ses preuves en battant au combat à mains nues un adversaire qu'on lui opposait, on lui confie une mission : localiser un mafieux et récupérer sa mallette remplie d'argent et de drogue. Pas de chance pour elle, l'homme en question s'est fait rouler par Yuki qui, après l'avoir assommé puis "obligé" à assister à ses ébats saphiques avec sa copine, s'enfuit avec la valise. Kyôko retrouve l'homme, et après l'avoir torturé se lance à la poursuite de Yuki en dézinguant tout le monde sur son passage. Seulement Yuki aussi sait se battre... (1)
Pour ceux et celles qui s'attendent à un déluge de gore, dans la grande tradition des Red Room et autres Mu Zan E, merci de quitter gentiment votre siège et de retourner prestement dans vos pénates !

Parmi les films trash de Daisuke Yamanouchi, Kyoko Vs. Yuki est sans doute la production la plus pondérée. Certes, ce moyen-métrage a écopé de l'ultime réprobation, soit d'une interdiction aux moins de 18 ans. Mais cette animadversion prévaut essentiellement pour une saynète élusive de nécrophilie. Après avoir découvert le cadavre tuméfié de sa fiancée, Yuki décide de copuler une dernière fois avec cette énamourée d'infortune. Pour le reste, Kyoko Vs. Yuki s'approxime davantage à une sorte de salmigondis filmique qui incorpore, sans sourciller, le film de yakuzas, une once de trash et de gore, l'érotisme hard et la pornographie soft. Les habitués du cinéma underground ne risquent pas d'être ulcérés par ce moyen-métrage finalement plutôt inoffensif, en dépit de certains apparats matois. 
Seuls les néophytes seront éventuellement impressionnés, voire médusés, par quelques séquences de barbarie savamment fomentées. 

260px-Kyoko_vs_Yuki

Toutefois, on a vu Daisuke Yamanouchi beaucoup plus virulent et acariâtre par le passé. Cette relative sobriété s'explique sans doute par un budget famélique, voire dérisoire. D'un point de vue formel, Kyoko Vs. Yuki s'apparente à une course poursuite effrénée entre deux jolies demoiselles. Daisuke Yamanouchi nous propose donc un périple laconique dans l'univers cupide des yakuzas ! Voilà pour l'allitération de circonstance ! Entre quelques martialités et pugilats curieusement pusillanimes, le métrage prodigue quelques scènes saphiques et plusieurs jolies jeunes femmes allègrement dépoitraillées. A l'instar de Blood Sisters en son temps, Kyoko Vs. Yuki met en exergue deux icones féminines.
Bilieuses, les deux gourgandines ne manquent jamais une occasion de se tancer et surtout de se gausser de la gente masculine, et plus précisément d'un pénis désormais en détumescence.

Après une première partie plutôt falote, le moyen-métrage retrouve enfin un peu de sa verve et de sa superbe lors de sa dernière demi-heure en apothéose. Hélas, la première confrontation entre Kyôko et Yuki (c'est même l'intitulé du film !) est plutôt déconcertante. Certes, momentanément, Daisuke Yamanouchi retrouve une once de luminescence via une main atrophiée, puis décapitée. Mais niveau gore, le cinéaste se montre étrangement pingre et frugal, en tout cas beaucoup plus timoré qu'à l'accoutumée ! Indubitablement, la seconde partie du film est largement supérieure à la première et permet de fermer les mirettes sur l'inanité et la vacuité de cette production soporifique. 
Par miséricorde et munificence, on accordera une mention passable à cette pellicule adventice. Pour les amateurs patentés du cinéma underground et de Daisuke Yamanouchi en particulier, mieux vaut se focaliser sur Mu Zan E et le diptyque consacré à Red Room

Note : 10/20

(1) Synopsis du film sur : http://www.devildead.com/forum/viewtopic.php?f=1&t=18070

 

sparklehorse2 Alice In Oliver