Red_Spell_Spells_Red

Genre : Horreur, fantastique (interdit aux - 12 ans)

Année : 1983

Durée : 1h33

 

Synopsis :

Durant un tournage à Malacca, une équipe de reporters de Hong Kong libère le fantôme du nain rouge de sa tombe. Ils continuent à Bornéo pour rester avec une tribu locale. C'est là que le fantôme commence à les tuer un à un.

 

La critique :

Oui je comprends tout à fait ce que vous vous dites, "Encore de la Cat III sur le blog. Qu'est-ce qu'il fait c*ier Taratata avec ça !". Il est vrai que je ne sais pas ce qu'il s'est passé dans ma tête pour avoir l'idée saugrenue de vous faire un modeste cycle sur la Cat III, et surtout la pré-Cat III qui est la grande star du moment. Mais votre chroniqueur doit vous confier qu'il commence à en avoir un peu marre d'évoluer dans ce genre où les chefs d'oeuvre se comptent peut-être sur les doigts de deux mains, et encore ! Une autre raison est qu'il a surestimé la disponibilité des titres, croyant les trouver sans trop de problèmes. Une sacrée gageure ! Et puis, le manque évident de la qualité de l'image eut raison de sa baisse considérable d'intérêt. Mais bon, il n'empêche que je tiens toujours à finir ce que j'ai commencé, donc autant y aller une avant-dernière fois avant que Gunmen ne clôture le tout en apothéose, je l'espère. Parce qu'on ne peut pas dire que la séance d'aujourd'hui ne se soit déroulée sous les meilleurs auspices.
Une énième fois, c'est du côté de la pré-Cat III que nous allons obliquer pour vous parler du seul et unique métrage qu'a réalisé le dénommé Titus Ho et dont le nom a semble-t-il été conçu sous LSD. Voici Red Spell Spells Red qui est un véritable régal à prononcer. 

A dire vrai, l'individu s'est surtout démarqué en tant que producteur de films que comme réalisateur. Ainsi, sortit en 1983, Red Spell Spells Red qui, visiblement, a pu s'enorgueillir d'une certaine réputation dans son pays natal. Mais fallait-il le préciser ? De notre côté, il ne semblerait y avoir aucune exploitation du titre au moins en VOSTFR. C'est donc un nouveau billet sur un film inédit qui, je suis sûr, vous rend tout joyeux à la lecture. Pour souvenance, la Cat III s'assimile à une interdiction aux moins de 18 ans dans son pays natal, correspondant à une interdiction aux moins de 16 ans chez nous. Toujours la même antienne ! Toutefois, difficile de savoir si cette ultime animadversion frappe aussi la pré-Cat III. Visiblement non ou pas toujours, en témoigne certaines créations plus timorées qui ne pourraient prétendre à être frappées du sceau fatal. Une fois de plus, c'est grâce à la générosité de YouTube que cette chronique existe, sans quoi il n'aurait jamais eu cette chance inouïe d'être présenté sur Cinéma Choc. Mais reste à voir si ce fut une bonne idée qu'il le mette gratuitement à disposition dans son entièreté et avec VOSTA de rigueur s'il vous plaît !

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ATTENTION SPOILERS : Durant un tournage à Malacca, une équipe de reporters de Hong Kong libère le fantôme du nain rouge de sa tombe. Ils continuent à Bornéo pour rester avec une tribu locale. C'est là que le fantôme commence à les tuer un à un.

Il est vrai qu'à l'époque le thriller ensorcelé faisait fureur dans un paysage cinématographique HK alors en pleine mutation. Mutation véhiculée par la population hong-kongaise voulant défier l'autoritarisme établi. Le cinéma d'exploitation naquit et avec lui toute une pléthore de pellicules aussi extravagantes qu'irrévérencieuses dont la Shaw Brothers en fut l'un des plus éminents artisans. Rien de nouveau sous le soleil ! Clairement, le scénario de Red Spell Spells Red ne vole pas bien haut par son originalité et son audace ne valant pas un rond. Une enquête sur une sorcière, on ouvre une tombe libérant l'esprit d'un nain rouge qui va ensuite semer la terreur à Bornéo, alors que sa tombe était en Malaisie. Le fantôme, très badass, a donc cette possibilité de traverser la mer pour rejoindre un autre pays. Et à partir de cet instant, tout va partir en vrille face à cet ectoplasme ayant envie d'en découdre avec ceux qui l'ont libéré de son repos éternel. Les membres de notre bande de joyeux lurons, cons comme une ampoule, vont donc être envoyé ad patres dans de fâcheuses situations, tandis qu'une malédiction à base de scorpions émerge (clin d'oeil évident aux giallos italiens) et que le tout débouche sur un interminable exorcisme se finissant aussi brutalement qu'une fin de giallo. 

Au sein de cette histoire peu convaincante, quelques menues révélations s'y ajoutent sans, à aucun moment, solliciter la flamme du spectateur et son désir d'être bercé par un récit devenu vite basique, bancal, insipide et sans réelle excitation. Si l'on se montrera satisfait devant l'efficacité des meurtres, le reste manque un peu de patate dans les confrontations assez approximatives. Seulement, il y a un autre problème et, en l'occurrence, un énorme problème. Vous abhorrez à juste raison les tueries sur animaux ? Alors, un bon conseil, ne faites pas la même erreur que moi de le visionner avec insouciance. Au programme, combat de coqs, égorgements de sympathiques mammifères aquatiques, une poule éventrée par un homme lui dévorant ses organes (voir la pochette).
Car si je dis ça, c'est que tout est réel donc le regard de désespoir de ces animaux avant de se faire trancher la gorge n'est pas simulé. Ce choix est d'ailleurs très mal venu car il fait passer ces peuplades primitives pour d'obscurs barbares alors que cette mise à mort ne résulte que du désir de Titus Ho de les tuer pour les besoins du film. Nous avions déjà eu peu ou prou la même chose avec Calamity Of Snakes qui, disons-le ouvertement, massacrait des dizaines et des dizaines de serpents sauf que là on parle quand même de mammifères dotés d'une conscience et de sentiments. Ca rajoute encore au malaise déviant sur un sentiment de rejet total, entièrement justifié, de ce qu'il se trame à l'écran !

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Une lumière dans cet imbroglio est, néanmoins, la beauté des paysages tropicaux. Titus Ho a au moins eu le mérite de mettre en valeur les décors environnants via des plans aérés à plusieurs reprises pour un résultat satisfaisant. Seulement, le symptôme de la conservation médiocre a fait son oeuvre et à l'instar d'autres pellicules chroniquées par mes soins, c'est plus à un calvaire visuel que devra se frotter le cinéphile. Image trouble, sous-titres blancs incrustés dans l'image (ce qui pose de gros désagréments pour la compréhension si on ne pige pas un mot de cantonais) avec décalage possible ou coupés à mi-écran. On n'accusera pas le cinéaste mais plutôt le travail de cochon de l'édition doublé d'un manque total de respect. La composition musicale reste d'un classicisme tel que l'on n'y fait même pas attention. Par contre, le fou rire en entendant un chant chrétien alors que se déroule un exorcisme chamanique était à noter. Les acteurs, eux, sont fidèles à eux-mêmes et à un grand nombre de pellicules de pré-Cat III. En bref, ça joue mal, sans charisme derrière, sans qu'il ne se crée un minimum d'attachement envers eux. Dans mon infinie mansuétude, j'en citerais quelques-uns : Ken Tong Chun Yip, Poon Lai-Yin, Stanley Tong Gwai-Lai, Ju Fang et Jackson Ng.

Pour une fois, je dois bien reconnaître avoir été fainéant et pas réellement inspiré par le fait d'offrir une chronique à ce film douteux. Seulement, laisser ça sans suite m'aurait amené à trouver qu'avoir visionné Red Spell Spells Red n'aurait servi à rien si aucun retour n'avait été d'application. D'un autre côté, dur de pondre un article étayé et élaboré sur une oeuvre de pré-Cat III aussi peu intéressante. En soi, nous aurions pu faire l'impasse sur la débilité du scénario, une mise en scène en dents-de-scie, des choix peu judicieux et des acteurs à jeter car ce ne sont pas ça qui interpellent le plus. Ce qui pose un réel problème est la vilenie de Titus Ho envers les animaux car rien ne justifiait d'en tuer quelques-uns pour rien de plus que du vent. Des tueries gratuites, honteuses et sans fondement rendant Red Spell Spells Red totalement indéfendable sur ce point. L'envie de transgresser les règles ?
Il y a suffisamment d'autres moyens de le faire sans tuer des bêtes innocentes et sans défense. Là n'est pas mon objectif de passer pour un militant de PETA mais j'ai vraiment du mal à accepter que l'on en vienne à ce niveau de déshumanisation pour accoucher d'un film même pas bon, ni savoureux au final. Car en essayant tant bien que mal de fermer les yeux là-dessus, Red Spell Spells Red n'a rien à offrir si ce n'est le dégoût envers son géniteur dont la meilleure idée qu'il ait pu prendre de son existence aura été de stopper la réalisation de films.

 

Note : 07/20

 

 

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