annabelle

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans) 
Année : 2014
Durée : 1h38

Synopsis : John Form est certain d'avoir déniché le cadeau de ses rêves pour sa femme Mia, qui attend un enfant. Il s'agit d'une poupée ancienne, très rare, habillée dans une robe de mariée d'un blanc immaculé. Mais Mia, d'abord ravie par son cadeau, va vite déchanter. Une nuit, les membres d'une secte satanique s'introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple, paniqué. Et ils ne se contentent pas de faire couler le sang et de semer la terreur – ils donnent vie à une créature monstrueuse, pire encore que leurs sinistres méfaits, permettant aux âmes damnées de revenir sur Terre : Annabelle… 

 

La critique :

Entre le milieu et la fin des années 2000, les phénomènes parasychologiques effectuent leur résurgence sur nos écrans et via le support vidéo. Contre toute attente, Paranormal Activity (Oren Peli, 2009) culmine au box-office américain et harangue des productions beaucoup plus soyeuses et dispendieuses. Le long-métrage désargenté s'ébaudit du food fountage et utilise "l'oeil" scopophile de la caméra pour sonder et scruter la moindre trace, même évanescente, d'un esprit retors et parapsychologique. Pas besoin de recourir à des effets spéciaux somptuaires pour faire tressauter les spectateurs de leur siège. Il suffit de jouer, avec finauderie, sur les bonnes vieilles peurs et recettes de naguère. L'achluophobie, l'agoraphobie ou encore l'acrophobie restent d'une actualité saisissante.
Et c'est ce qu'a parfaitement cerné Oren Peli. Grisés par ce succès pharaonique et inopiné, les producteurs réitèrent ces frousses archaïques et ancestrales via plusieurs suites soporitives et consécutives.

Ainsi, Paranormal Activity 2 (Tod Williams, 2010), Paranormal Activity 3 (Henry Joost et Ariel Shulman, 2011), Paranormal Activity 4 (Henry Joost et Ariel Shulman, 2012) et Paranormal Activity 5 : The Marked Ones (Christopher Landon, 2014) corroborent la nouvelle omnipotence de la saga sur le cinéma d'épouvante. Pas pour longtemps... Entre temps, de nouvelles productions horrifiques tentent de faire ciller l'hégémonie rogue de la franchise Paranormal Activity. Qu'ils se nomment Grave Encounters (Colin Minihan et Stuart Ortiz, 2011), Sinister (Scott Derrickson, 2012), Mama (Andrès Muschietti, 2013), Intruders (Juan Carlos Fresnadillo, 2011), Atrocious (Fernando Barreda Luna, 2011), ou encore Dark Skies (Scott Charles Stewart, 2013), tous ces longs-métrages subalternes ne sont, in fine, que des palimpsestes de La Maison du Diable (Robert Wise, 1963), un vieux film d'épouvante qui reste la figure prédominante et tutélaire.

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Dans cette concurrence apoplectique, James Wan, le réalisateur de Saw (2004), n'a jamais caché son engouement ni son effervescence pour le vieux cinéma d'horreur. En outre, le metteur en scène n'a pas vraiment pour velléité de poursuivre les forfaitures de Jigsaw, son affreux psychopathe qui châtie et supplicie ses victimes dans de nouvelles suites soporatives. James Wan prise et affectionne davantage l'épouvante à l'ancienne, celle qui frappe, happe et rudoie subrepticement les habitants en déveine d'une vieille bâtisse. C'est ainsi qu'en 2007 James Wan s'attèle au tournage de Dead Silence, une série B d'épouvante qui passe relativement inaperçue lors de sa sortie en salles.
Que soit. Le film va trouver son public au fil des années. James Wan réédite cette fascination pour les esprits oniriques et démonologiques via Insidious (2011) et Insidious : chapitre 2 (2013).

Conjointement, Conjuring : les dossiers Warren (2013) toise à son tour les firmaments du box-office américain. En l'espace de quelques années, James Wan s'est donc arrogé la couronne sérénissime du nouveau maître de l'épouvante. Il avalise et ratifie cette nouvelle proéminence via un inévitable Conjuring 2 : le cas Endfield (2016). Corrélativement, il scénarise, supervise et s'affaire à d'autres productions peu ou prou analogiques, notamment Demonic (Will Cannon, 2015), Dans le Noir (David F. Sandberg, 2016), La Nonne (Corin Hardy, 2018), ou encore La Malédiction de la Dame Blanche (Michael Chaves, 2019). Vient également s'additionner Annabelle, réalisé par la diligence de John R. Leonetti et évidemment produit par James Wan en 2014.
Via cette ixième production horrifique, on peut légitimement invoquer un univers cinématographique lié et affilié à Conjuring.

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Pour souvenance, le premier film mettait en exergue une grande pièce de collection contenant plusieurs objets nantis d'un ou plusieurs esprits diaboliques, dont une poupée au regard macabre et injecté de sang. Nonobstant des critiques plutôt négatives, Annabelle reçoit à contrario les plébiscites et les satisfécits de l'audimat. Le public euphorique se précipite toujours dans les salles. Le premier volet se transmue logiquement en trilogie lucrative avec Annabelle 2 : La Création du Mal (David F. Sandberg, 2017) et Annabelle 3 : La Maison du Mal (Gary Dauberman, 2019). Quant à John R. Leonetti, le cinéaste est bien connu des thuriféraires du cinéma bis.
On lui doit, entre autres, Mortal Kombat : Destruction Finale (1995), L'Effet Papillon 2 (2006), Wolves at the door (2016), ou encore I wish : faites un voeu (2017).

Vous l'avez donc compris. On tient là un véritable petit tâcheron dans l'univers foisonnant et exhaustif du noble Septième Art, ce qui n'inaugure rien de bon pour AnnabelleA ce titre, le film est considéré comme une préquelle de Conjuring premier du nom. La distribution de ce long-métrage d'épouvante se compose d'Annabelle Wallis, Ward Horton, Tony Amendola, Alfre Woodard, Kerry O'Malley, Brian Howe et Eric Ladin. Attention, SPOILERS ! John Form est certain d'avoir déniché le cadeau de ses rêves pour sa femme Mia, qui attend un enfant. Il s'agit d'une poupée ancienne, très rare, habillée dans une robe de mariée d'un blanc immaculé. Mais Mia, d'abord ravie par son cadeau, va vite déchanter. 
Une nuit, les membres d'une secte satanique s'introduisent dans leur maison et agressent sauvagement le couple, paniqué. 

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Et ils ne se contentent pas de faire couler le sang et de semer la terreur – ils donnent vie à une créature monstrueuse, pire encore que leurs sinistres méfaits, permettant aux âmes damnées de revenir sur Terre : Annabelle… Il est curieux, voire incompréhensible qu'Annabelle ait été retirée de plusieurs salles françaises pour avoir déclenché toute une litanie de rixes et de bagarres entre adolescents lors de la sortie du film. D'un point de vue formel, Annabelle baguenaude dans le sillage et le même continuum que la saga Conjuring. Aux yeux de James Wan et de ses fidèles prosélytes, il apparaissait sans doute opportun de se centrer sur la genèse de la poupée méphistophélique, un choix plutôt malencontreux à l'aune de cette préquelle falote et d'une vacuité pélagienne.
En l'occurrence, John R. Leonetti se contente de vulgariser les deux premiers films consacrés aux dossiers des époux Warren.

Annabelle s'approxime à un film d'épouvante objectal. Ici, la poupée n'est pas cet automate qui assaille sans crier gare une famille américain lambda, un peu à la manière d'un Chucky, mais apparaît plutôt comme une sorte d'artéfact permettant à une étrange secte satanique de faire ressurgir les démons de naguère. Sur ces entrefaites, John R. Leonetti se contente de plagier ses augustes citérieurs, toutefois avec beaucoup moins de diligence et de méticulosité. C'est la principale carence d'Annabelle. Lors du générique final, on se demande quel est l'intérêt de cette nouvelle aventure tant elle n'apporte rien, si ce n'est quelques informations fugaces, sur la poupée machiavélique.
Certes, on pourra notifier, çà et là, quelques saynètes de frousse savamment fomentées qui raviront peut-être les néophytes, ainsi que les esprits pudibonds, mais guère davantage.

C'est d'autant plus regrettable que l'on décèle dans cette poupée un véritable pouvoir d'incantation et de fascination. Indubitablement, cette marionnette au regard comminatoire exerce sur le spectateur une menace ineffable. Pour le reste, la réalisation se montre plutôt probe et correcte. Sous les précieuses instigations de James Wan, John R. Leonetti remplit le minimum syndical. Même remarque concernant l'interprétation. Toutefois, rien de sensationnel non plus et rien qui vaille le déplacement ou même un regard laconique. A l'instar de ses concurrents apoplectiques, Annabelle nous affuble de jump scares, une mode usitée dont les producteurs auraient pu aisément se dispenser.
Vous l'avez donc compris. D'une vacuité sidérale, Annabelle se dispense de verbiages ou d'interminables palabres. Dans le genre paranormal, on a vu largement pire, mais heureusement on a vu aussi beaucoup mieux !

Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver