Violent_Shit_II_Mother_Hold_My_Hand

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 18 ans lors de sa sortie, interdit aux - 16 ans aujourd'hui)
Année : 1992
Durée : 1h23

Synopsis : L’adolescence violente et tourmentée de Karl Berger Jr. sous la houlette de sa mère adoptive aussi dépravée que lui. 

 

La critique :

En l'espace de trois décennies, le cinéma gore et trash germanique s'est allègrement imposé dans le paysage cinématographique underground. Les thuriféraires de ce sous-registre du cinéma bis et d'exploitation n'omettront pas de stipuler les travaux de Timo Rose (Mutation, Space Wolf, Barricade, Game Over et Fearmakers), Olaf Ittenbach (The Burning Moon, Premutos : The Fallen Angel, Beyond the Limits, Black Past et Dard Divorce), Heiko Fipper (Ostermontag et Das Komabrutale Duell), ou encore Marian Dora (Cannibal, Debris Documentar, Melancholie Der Engel, The Profane Exibit et Reise Nach Agatis). Toutes ces pellicules inconvenantes et outrecuidantes ont fait le bonheur des thuriféraires d'un cinéma gore et déviant.
Vient également s'additionner Andreas Schnaas, une autre figure tutélaire et proéminente du cinéma d'horreur germanique.

A l'instar de ses augustes citérieurs, le cinéaste s'est amplement affirmé dans le cinéma underground. Dès son tout premier essai, sobrement intitulé Violent Shit (1989), Andreas Schnaas doit se colleter et se départir avec une censure sévèrement courroucée pour l'occasion. Censuré, banni, honni, voué à l'opprobre et aux gémonies, Violent Shit devient subrepticement cet OFNI (objet filmique non identifié) à molester, à décrier et à abattre. Paradoxalement, toutes ces acrimonies concourent à ériger et à édifier la notoriété de cette série B (série Z...) condescendante et impécunieuse.
L'air de rien, Andreas Schnass vient de créer et d'inventer une nouvelle figure iconique du slasher et du cinéma d'horreur : Karl the Butcher, soit Karl le boucher dans la langue de Molière. Le psychopathe écervelé s'est dévoyé dans le primitivisme et le satanisme.

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Sous la caméra scopophile d'Andreas Schnaas, l'individu écervelé mutile, estampe et étrille des victimes d'infortune à coup de tronçonneuse. Après avoir commis d'abominables forfaitures, le psychopathe s'abandonne allègrement, dans le cannibalisme, la nécrophilie les équarrissages ad nauseam. Il n'en fallait pas davantage pour satisfaire l'appétit pantagruélique des aficionados du cinéma trash et underground. Contre toute attente, ces derniers s'arrachent Violent Shit lors de son exploitation dans certains vidéoclubs. Grisé par ce succès inopiné, Andreas Schnaas poursuivra et s'échinera dans cette voie sulfureuse et transgressive. Il suffit de prendre sa filmographie pour s'en rendre compte.
Ainsi, Zombie '90 - Extreme Pestilence (1991), Goblet of Gore (1996), Anthropophagous 2000 (1999), Demonium (2001), Don't Wake the Dead (2007), ou encore Unrated - The Movie (2010) ratifient et corroborent l'omnipotence d'Andreas Schnaas dans le cinéma underground germanique.

Entre temps, le metteur en scène allemand affine et étaye les tribulations de Karl the Butcher via plusieurs chapitres consécutifs et subalternes. Violent Shit 2 - Mother Hold My A Hand (1992), Violent Shit 3 - Infantry of Doom (1999), Nikos The Empaler (2003) et Karl the Butcher Vs Axe (2010) édifient et magnifient (si j'ose dire...) les tribulations du célèbre barbare sadique et échevelé. Aujourd'hui, c'est le cas de Violent Shit 2 - Mother Hold My Hand qui fait l'objet d'une chronique dans les colonnes éparses de Cinéma Choc. Via le premier chapitre, Andreas Schnaas avait déjà exploré les affres et les méandres du cinéma ésotérique et expérimental, laissant transparaître une oeuvre clairsemée et souvent nébuleuse. Certes, les dévotions sataniques étaient de mise, mais cette idolâtrie était évidemment factice. En outre, le réalisateur prise et affectionne davantage les gauloiseries et les gaudrioles.

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Changement de tonalité pour Violent Shit 2, dont le seul objectif est de contenter et de satisfaire les amateurs patentés de barbaques et de tripailles ! Reste à savoir si Violent Shit 2 remplit - ou non - son office. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de cette seconde forfaiture se compose d'Andreas Schnaas lui-même (et toujours dans le rôle de Karl le boucher), Anke Prothmann, Alexander Jurkat, Claudia von Bihl, Maik Kaninck, Marc Trinkhaus, Sven Peterson, Winni Holl, Giang Le, Lars Brinkmann, Isabel Ottermann et Jan Boberg. Attention, SPOILERS ! Plus de vingt ans se sont écoulés depuis les exactions abominables de Karl Berger.
Certes, le forcené est trépassé depuis belle lurette, mais son fils est bien décidé à reprendre le flambeau, toujours guidé par des forces lucifériennes et inexpugnables.

Un journaliste d'Hambourg, Paul Glas, enquête sur une série de meurtres qui s'apparentent aux vilenies sanguinolentes proférées par Karl Berger vingt ans plus tôt. Le reporte découvre, hébété, que Karl Jr. a reçu de sa matriarche une machette ensanglantée le jour de son anniversaire. Le sociopathe est donc dépêché par sa propre marâtre pour étriller de nouvelles victimes. Le théâtre sanglant ne fait que commencer... Autant l'annoncer sans ambages. A ce jour, Violent Shit 2 reste probablement le chapitre le plus désappointant d'une franchise en déliquescence.
Bien conscient des limites et des écueils de son tortionnaire, Andreas Schnaas affuble son psychopathe d'un masque de fer. C'est presque la seule nouveauté au menu des tristes réjouissances ! En l'occurrence, le metteur en scène germanique a toutes les peines du monde à planter un décor plutôt frugal (essentiellement de verts pâturages), ainsi que des personnages anomiques.

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Il faudra donc faire preuve de longanimité et patienter un long moment avant d'assister à un véritable délire orgiaque, ainsi qu'à toute une litanie d'agapes et de priapées. La principale carence de Violent Shit 2 repose, entre autres, sur son scénario atone et exsangue. Le syllogisme de cette suite sporadique repose essentiellement sur cette filiation généalogique et donc sur cette psychopathie immanente entre une mère et son fils atrabilaire. On se contrefout impérieusement de la relation incestueuse qui se noue (se dénoue...) entre un maniaque du bistouri et sa maternelle acariâtre.
Pis, faute d'idées, Andreas Schnaas nous inflige plusieurs salves flashbacks et de réminiscences qui consistent à réitérer les bassesses et les infamies de son illustre devancier. Que les esprits les plus réfractaires se rassérènent.

La relève sera assurée par un fiston plutôt philanthrope lorsqu'il s'agit d'écharper et de mutiler des victimes en déveine. A l'instar de son antécesseur, Violent Shit 2 accumule et multiplie les fulgurations sanguinolentes via toute une pléthore de décapitations et de fellations pratiquées sur plusieurs crânes de femmes guillotinées. Seul bémol et pas des moindres, Andreas Schnaas nous avait déjà invectivé des mêmes turpitudes lors de Violent Shit premier du nom. Pour le reste, merci de fermer gentiment les mirettes sur l'inanité abyssale des effets spéciaux et des maquillages. Ici, les mannequins en mousse et les organes postiches sont légion.
Tout d'abord interdit aux moins de 18 ans lors de son exploitation en vidéo, Violent Shit 2 est désormais soumis à une "simple" réprobation aux moins de 16 ans. Cette suite soporative n'est donc pas ce déluge d'impertinence et d'hémoglobine qu'elle prétend être, loin de là... Factice, ce second opus n'enjôlera que les louangeurs de longue date, et encore... 
On comprend mieux pourquoi Andreas Schnaas, probablement insatisfait de sa besogne, réalisera un troisième volet paroxystique (Violent Shit 3 - Infantry of Doom) et beaucoup plus éloquent que cet épisode alternatif et adventice. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

 

Note : 07.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver