Sadistic+Tragedy+of+Blue+Rose+Mansion+01

Genre : Horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)

Année : 2016

Durée : 1h23 (épisodes 1 et 5) et 1h29 (épisode 4)

 

Synopsis :

Dans un environnement à la lumière tamisée, une maîtresse gothique soumet de jeunes nymphes à des actes avilissants de tortures sans le moindre trucage. Oubliez les effets spéciaux car tout est authentique. La souffrance à l’état pur se mêle aux facultés de ces filles de savoir repousser leurs limites, tout comme le spectateur pris au piège de cette « roseraie » où la chair est malmenée et humiliée.

 

La critique :

Je me suis longuement questionné sur les premiers mots que je pourrais mettre pour débuter cette chronique. Une mise en valeur presque condescendante me vantant que je suis devenu un jeune homme de 25 ans téméraire et courageux n’ayant plus peur de m’attaquer à du très haut niveau dans l’ultra violence ? Une introspection ponctuée de lamentations me demandant comment j’en suis arrivé à accepter de me frotter à de tels sommets de débauche ? Une joie palpable de vous présenter sur un plateau d’argent une compilation inédite sur la Toile française, renforçant l’avant-gardisme de Cinéma Choc qui n’est plus à prouver ? Peut-être un peu de tout cela au fond mais faut-il s’en étonner au vu de mon évolution qui m’a vu être à l’origine de la rédaction de textes axés sur du porno émétophile, du porno scatophile, du bondage, du torture porn, du simili snuff movie et même du death movie/shockumentary. L’envie de diversifier mon travail n’est pas étranger à cela mais tout de même j’ai quand même été très fort sur ce coup-là en m’attaquant à de l’inédit dans mon travail produit jusqu’à ce jour : le film de tortures.

Mais attention, pas la torture retransmise via des effets spéciaux plus ou moins foutus mais la torture réelle, non simulée où les saignements, ecchymoses et plaies diverses ne tiennent pas du bluff. J’en vois qui ont décidé d’arrêter la lecture à ce niveau et j’en conviens très bien mais quoi de mieux que de vous faire partager mes impressions sur cette première expérience riche en rebondissements ? Pourtant, par le passé, le blog vous a présenté les monstrueux GSKD et Pain Gate Scrum qui ne déméritaient pas pour écrabouiller l’âme du cinéphile aventurier au point qu’il devait se rendre au confessionnal après la séance pour tenter de regagner sa place au paradis. Moi-même ai eu comme brillante idée pour fêter ma 100ème chronique de me jeter sur la pentalogie Sadi-Scream.
Un beau fiasco car, non content d’être, disons-le clairement, nul à chier sur tous les plans, la majeure partie des tortures étaient ni plus ni moins que du fake. Mais cette petite bévue est enfin réparée aujourd’hui car c’est au tour de Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion, aussi mentionné sous l’appellation WBTK, de faire son entrée pour le moins fracassante sur votre blog préféré.

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Autant dire que parvenir à visionner ce « précieux » Saint-Graal s’est apparenté à un véritable chemin de croix qui m’aura fait suer sang et eau en termes de recherches mais aussi causé des énervements et même le recours au piratage pour tenter de contourner les barrières du « pour télécharger, il faut que vous soyez membre premium ». Allais-je devoir me résoudre à lâcher la bagatelle de 15$ sur le site malsain Putrid Productions pour voir cette chose qui m’intriguait fortement ? Une telle idée ne pouvait se finaliser que par la négative. Pendant un temps, je me suis résigné sur la chose au point de croire que jamais cette anthologie ne se retrouverait sur Cinéma Choc.
Toutefois, ces derniers jours se sont déroulés sous de meilleurs auspices ! Sans trop savoir comment, je tombais sur le site louche Unusual Porn qui m’offrait les segments 04 et 05 en plusieurs fichiers séparés parce qu’il fallait être premium sur ce pu**** d’hébergeur. Hélas, la fatalité « corrupt files » s’abattit sur moi. Qualité visuelle pas géniale et film se coupant 10 minutes avant la fin. C’était toujours mieux que rien mais ne me focaliser que sur deux chapitres aurait été bien mince. Il m’en fallait obligatoirement un troisième.

C’est là que l’espoir ressurgit car un concours de circonstances me fit atterrir sur le site de torrent Pornolab où les segments 01, 04 et 05 m’attendaient sagement et en un seul fichier. En revanche, il était strictement impossible de trouver sur le Net par toutes les combines possibles les segments 02 et 03. Néanmoins, avec 3 des 5 choses au compteur, il y avait de quoi en faire une chronique à mon sens. Sans surprise, l’appréhension me guettait avant d’enclencher la séance. Personne aux alentours ne devait voir que je regardais une telle infâmie. Ainsi, caché du regard de tous, j’entamais mon périple aux confins de la neurasthénie mentale de ce Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion qui n’avait aucun réalisateur mentionné après quelques recherches.
Mais croyez bien que je n’ai pas poussé davantage l’investigation, ce WBTK m’ayant trop fait perdre de mon temps et de mon énergie. Pour souvenance, seul le métrage inespéré et ultra rare, que je voulais absolument, de la réalisatrice danoise Bodil Ipsen que vous verrez bientôt sur le blog m’a procuré un tel effort avant de l’obtenir via Qwant que j’avais installé spécialement pour arriver au bout de mon objectif. Mais trêve de bavardages dignes des bistrots du coin et entrons dans le vif du sujet !

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ATTENTION SPOILERS : Dans un environnement à la lumière tamisée, une maîtresse gothique soumet de jeunes nymphes à des actes avilissants de tortures sans le moindre trucage. Oubliez les effets spéciaux car tout est authentique. La souffrance à l’état pur se mêle aux facultés de ces filles de savoir repousser leurs limites, tout comme le spectateur pris au piège de cette « roseraie » où la chair est malmenée et humiliée.

Si la finalité de tout ceci obéit peu ou prou à la même ritournelle, il convient de parler dans les grandes lignes des diverses parties de cette mystérieuse pentalogie. A chaque reprise, si l’on excepte le segment 02 où c’est au tour d’un homme de tomber sur le sadisme de la Madame affublée de bottes en cuir et d’une robe en dentelle, ce sont des filles généralement assez jeunes, à qui l’on ne donnerait même pas 25 ans. Le montage est décomposé en différentes parties avec une séance de tortures bien particulière. Passons maintenant aux hostilités ! Dans le premier segment, une fille dont nous ne connaissons pas le nom sera ligotée au sol pour être fouettée. Après quoi, l’utilisation d’aiguilles de bonne taille qui seront plantées un peu partout sur le corps (seins, cou, ventres, jambes, bras).
Ces aiguilles sont la grande marque de fabrique de la franchise que l’on verra dans chaque segment et qui serviront à attacher toutes sortes de choses sur le corps par l’intermédiaire d’un fil traversant les chairs. S’ensuit un épanchement impressionnant de cire bouillante sur la fille avant qu’elle ne se fasse planter au niveau des côtes des petites boules « décoratives ». D’autres aiguilles pour attacher de beaux colliers seront utilisées par la suite avant qu’elle ne se fasse coudre les lèvres et recouvrir d’une toile blanche en guise de clap de fin.

Pour le 4ème segment, les morsures débutent avant qu’une séance classique de bondage ne prenne le relais. La fille étant saucissonnée façon « rôti de dinde ». Coincée entre deux plaques métalliques, elle goûtera au plaisir des cendres brûlantes de cigarette avant de voir sa poitrine être piétinée par le poids de la Madame et ses fameuses bottes en cuir. La forme des seins à ce moment-là en décontenancera probablement plus d’un. Vient les fameuses aiguilles de bonne taille formant un trou d’une taille suffisamment adéquate pour faire passer de très fins fils d’acier inoxydable.
On en arrive à la partie la plus folle où la jouvencelle aura droit à une robe sur mesure grâce à de belles épingles à nourrice incrustées dans son corps. Pour finir, elle sera reliée au décor (plafond, murs, sols) par de longs fils plantés dans la chair, le tout avec des aiguilles dans la bouche. L’état des lèvres valant le coup d’œil.

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S’ensuit déjà à votre grand dam le dernier chapitre que j’ai eu la « chance » de voir. Ce 5ème segment commence de manière plus atypique dans un club SM avec divers personnages faisant la fête dans la joie et la bonne humeur. On voit que les bourreaux et les victimes sont des gens comme les autres qui ont juste une passion effrénée pour les pratiques sadomasochistes. Ils parlent et rigolent comme vous et moi. C’est aussi la seule partie où nous verrons une victime parler ou tout du moins communiquer avec des petits cris juvéniles. Si nous nous autorisons une comparaison, ce dernier chapitre est le plus varié en termes de supplications. Lèvres cousues, simulation d’étouffement avec du papier film alimentaire, cire chaude répandue sur le corps, aiguilles plantées, liaison au décor environnant avec des fils, morsures et même une dégustation de crème glacée avec une langue transpercée d’aiguilles. Un homme au piano fera son apparition, jouant une mélodie sans le moindre faux pas alors que les coups de martinet pleuvent sur lui sans oublier les mutilations avec une lame de cutter et le plantage de punaises dans le dos.

En comparaison de ce que notre emblématique Inthemood (pour les intimes…) vous a infligé, donc je rappelle GSKD et Pain Gate Scrum, il est vrai que Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion n’est pas celui qui bouleversera réellement vos estomacs, tout du moins les estomacs les moins indélicats. Pour les plus impressionnables, là c’est une autre paire de manches car on peut décemment dire que le réalisateur n'y va pas avec le dos de la cuillère dans les démonstrations de performance. L’étonnement, mais surtout la fascination sont de mises en voyant ces femmes endurer une souffrance atroce pour le commun des mortels. Elles en viennent parfois à geindre avec des épanchements de larmes, de bave et de morve (désolé pour ce dernier détail) se mélangeant aux gouttes de sang dégoulinant de leur corps rudoyé sans pour autant se débattre, convulser ou faire de gestes brusques.
Elles restent calmes, ne bougeant pas d’un pouce, soit toute l’antithèse de certains joueurs de football s’effondrant en criant parce qu’un joueur leur a tordu un poil de bras ou qu’ils ont trébuché sur un brin d’herbe.

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Se pose maintenant la question du pourquoi tout ça. Certains contempteurs pourront pester sur ces individus en déchargeant sur eux moult quolibets, les traitant de fous, de malades mentaux, de sadiques dépravés et j’en passe. Certains voudront analyser sociologiquement ce monde interlope. Pourtant, il n’y a rien à dire de plus si ce n’est que le SM est une passion chez ces gens qui se plaisent dans un rapport consentant bourreau-victime. N’oublions pas qu’il n’y a aucune obligation morale à cela, que les femmes ont accepté pleinement les termes et ne sont pas torturées sous la contrainte durant le tournage. Certains pourraient émettre des doutes concernant ce dernier point en raison des larmes, de la bave et de la morve mais ces flots de substances corporelles ne sont peut-être tout simplement qu’incontrôlables. Certains diront aussi que c’est l’occasion pour ces filles de briller sur la Toile mais avec une distribution aussi confidentielle, on en vient à émettre de sérieux doutes sur cette dialectique.
Où se situe la normalité ? Est-elle plus située sur les personnes collectionnant alcoolisées les coups d’un soir ou se situe-t-elle plus sur une relation de confiance lors de pratiques SM sans qu’il n’y ait acte de pénétration sexuelle ? Nous sommes en droit de nous interroger sur ce qui est considéré comme normal par la société ou non.

Les questionnements se posaient aussi au départ sur toute la dimension artistique. Allions-nous nous retrouver devant des vidéos amateures, mal torchées, destinées uniquement à flagorner un public en manque de sensations ? Fort heureusement non car c’est même la stupéfaction qui est reine. Le réalisateur-dont-on-ne-connaît-pas-le-nom avait de réelles ambitions qu’il a intégré dans son travail pour un résultat final très plaisant. Les décors ont une identité à part entière, contribuant à la création d’une ambiance mystique, quasi chaleureuse.
Le travail sur les lumières est superbe en tout point. Dans le chapitre 4, il y a même certaines affiches du théâtre français qui sont accrochées au mur. De quoi régaler les laudateurs de ce genre d’expérimentations très très particulières. Pour la composition musicale, il n’y a rien sauf au générique de fin plutôt séduisant par ailleurs. Bon, pour les acteurs, je n’ai rien à redire de plus. Tout a été dit avant sur nous, pantois face à ces performeuses.

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En conclusion, il serait superfétatoire que de dire que Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion et autres métrages dans la même veine susciteront un incoercible débat entre les tenants du politiquement correct et ceux plus ouverts d’esprit. Peut-on parler de cinéma à ce niveau ? Bien que je ne sois pas dans ce délire, je m’avancerais à un oui car il y a une réelle démarche visuelle, du travail sur les décors et une atmosphère assez séduisante. Preuve que le cinéaste n’est pas un manche et qu’il a voulu faire quelque chose d’ambitieux et de respectueux en comparaison des imbéciles qui te sortent une daube avec 3 bouts de ficelle et une caméra à gerber. Je me risquerai même à dire que j’ai détecté une certaine douceur dans les pratiques perpétrées. On sentait presque que sous cette avalanche de performances invraisemblables pour le commun des mortels un respect du corps humain était de la partie.

Bref, un cahier des charges a été effectué et c’est tout à l’honneur de son géniteur qui a accouché d’une pentalogie qui ravira à n’en point douter les adorateurs du SM en dépit d’une certaine redondance dans les pratiques, à mon goût bien sûr. Pour finir, je me dois de vous dire que ce billet était censé célébrer ma 400ème chronique mais c’est sans compter sur un concurrent de dernière minute qui a pris avec aisance la place qui était attribuée à Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion. Autant vous dire qu’arrivé à ce stade, c’est sur une violence au-delà de l’inimaginable pour moi que je m’embarquerai en pulvérisant en atrocité tout ce que j’ai pu faire auparavant. Alors préparez-vous bien car ici nous n'en sommes qu’à la 394ème chronique.

 

Note : Je ne sais pas 

 

 

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