Fearmakers

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans ou interdit aux - 18 ans selon les sources) 
Année : 2008
Durée : 1h15

Synopsis : (1) Une série de meurtres particulièrement horribles trouble la tranquillité habituelle d'une petite ville allemande. Les victimes sont toutes retrouvées atrocement mutilées et la police ne dispose d'aucun indice permettant de remonter jusqu'à l'assassin. C'est dans ce climat de terreur que vient pourtant enquêter Sarah, une jeune et belle américaine qui est victime d'hallucinations macabres depuis le viol et le meurtre dont sa soeur a été victime dans cette même ville. La jeune femme espère trouver des réponses aux visions qui la hantent et découvrir ainsi la vérité sur le meurtre toujours non élucidé de sa soeur. Ce qu'elle va découvrir va la conduire au paroxysme de l'horreur et de la terreur... (1) 

 

La critique :

Si on l'explore avec méticulosité, on trouve de tout, mais surtout n'importe quoi dans le cinéma underground germanique. Le plus bel exemple se nomme probablement Andreas Bethmann, un metteur en scène prétendument impudent, qui s'est autoproclamé comme le chantre du "pornogore". Ce néologisme consiste donc à amalgamer supplices, nécrophilie et diverses lubricités, généralement coalisées dans un pénitencier de haute surveillance. En témoigne une filmographie peu probante. Les thuriféraires d'Andreas Bethmann (mais enfin, qui sont-ils ?) n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Der Todesengel (1998), Demon Terror (2000), K3 - Prison of Hell (2009), Exitus Interruptus (2006), Angel of Death 2 - The Island Prison Massacre (2007), Exitus 2 - House of Pain (2002), ou encore Rossa Venezia (2003).

Hélas, nonobstant leurs intitulés, toutes ces pellicules se montrent étrangement timorées et s'approximent davantage à des films pornographiques. Andreas Bethman ne possède pas la virulence ni l'outrecuidance d'un Andreas Schnaas (la saga Violent Shit, Goblet of Gore, Zombie '90 Extreme Pestilence, ou encore Anthropophagous 2000) ou d'un Olaf Ittenbach (The Burning Moon, Premutos - The Fallen Angel, Beyond The Limits et Black Past). Dans ce manque cruel d'âpreté et d'irrévérence, on relève également le cryptonyme de Timo Rose.
La carrière cinématographique du metteur en scène débute vers la fin des années 1990 via Mutation (1999), un premier chapitre qu'il transmute en une franchise opportuniste et mercantiliste. 
Ainsi, Mutation 2 - Generation Dead (2001), Mutation 3 - Century of Dead (2003) et Mutation - Annihilation (2006) seront réalisés dans la foulée. 

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Viennent également s'additionner Space Wolf (2003), Lord of the Undead (2004), Beast (2008), ou encore Game Over (2009). Timo Rose fait donc partie de ces auteurs dénotatifs puisqu'il renâcle, de temps à autre, vers la science-fiction, avant d'obliquer vers l'horreur et les morceaux de tripaille ad nauseam. Preuve en est avec Barricade (2007), un film gore et déviant qui s'apparente à un avatar de La Colline A Des Yeux - le remake (Alexandre Aja, 2006). Nonobstant son budget impécunieux, Barricade reste probablement le film le plus barbare et le plus véhément de Timo Rose. Pour le reste, ces autres travaux manquent singulièrement d'éloquence.
A l'instar d'Andreas Bethmann, Timo Rose fait beaucoup trop preuve de frilosité et de pusillanimité... Il faut dire que l'on attendait beaucoup de Fearmakers, sorti en 2008, une oeuvre prétendument acerbe, à l'image de son oriflamme à consonance morbide.

L'affiche du film arbore sans fard le corps décharné et cadavérique d'une jeune femme, que l'on devine suppliciée et sacrifiée par un vil tortionnaire et/ou par des forces comminatoires. Une belle entrée en matière. Malencontreusement, c'est tout ce que l'on retiendra (ou presque...) de Fearmakers. Le long-métrage fait également partie de la sélection Uncut Movies, un distributeur indépendant qui s'est érigé une certaine notoriété auprès des amateurs patentés du cinéma underground. Seul bémol et pas des moindres, cette sélection, en dépit de ses raretés éditées à un petit millier d'exemplaires, contient aussi toute une pléthore de "navetons" avariés ; une catégorie à laquelle vient (hélas...) s'affilier FearmakersA juste titre, Fearmakers est souvent considéré comme l'une des productions les plus horripilantes de Timo Rose. En raison de sa confidentialité et de quelques saynètes élusives d'hémoglobine, Fearmakers est interdit aux moins de 18 ans. 

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Mais sur d'autres sites, c'est la réprobation aux moins de 16 ans qui prédomine. Autant l'annoncer sans ambages. A moins d'être totalement réfractaire à la moindre gouttelette ensanglantée, ce n'est pas Fearmakers qui devrait vous faire tressaillir de votre siège ! Via Fearmakers, Timo Rose se hasarde sur le chemin escarpé du paranormal, avec pour objectif de réaliser une oeuvre nihiliste et viscérale. La distribution du film se compose de Debbie Rochon, Joe Davison, Andreas Pape, Thomas Kercmar, André Reissig, Sabrina Brencher, Timo Rose lui-même (donc à la fois devant et derrière la caméra), Timm Bock, Manoush et Tanja Karius. Debbie Rochon est donc le seul nom populaire de cette distribution famélique. La comédienne est une artiste bien connue du cinéma bis, en particulier des productions Troma (Tromeo et Juliet, Terror Firmer et Citizen Toxie - The Toxic Avenger 4).

Mais trêve de facondes et verbiages et revenons à l'exégèse de Fearmakers ! Attention, SPOILERS ! (1) Une série de meurtres particulièrement horribles trouble la tranquillité habituelle d'une petite ville allemande. Les victimes sont toutes retrouvées atrocement mutilées et la police ne dispose d'aucun indice permettant de remonter jusqu'à l'assassin. C'est dans ce climat de terreur que vient pourtant enquêter Sarah, une jeune et belle américaine qui est victime d'hallucinations macabres depuis le viol et le meurtre dont sa soeur a été victime dans cette même ville.
La jeune femme espère trouver des réponses aux visions qui la hantent et découvrir ainsi la vérité sur le meurtre toujours non élucidé de sa soeur. Ce qu'elle va découvrir va la conduire au paroxysme de l'horreur et de la terreur... (1).

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Certes, à fortiori, Fearmakers se pare d'un scénario sagace et pertinent. Contrairement aux autres films distribués par Uncut Movies, Fearmakers ne tangente pas vers le torture porn, ni la production lascive et/ou pornographique. Ne vous fiez surtout pas aux images sanguinolentes qui ornementent cette chronique ! En dépit d'une certaine once de scabrosité, Fearmakers n'est pas ce déluge de barbaque qu'il prétend être. Nonobstant une durée laconique (à peine une heure et quinze minutes de bobine, générique y compris), Fearmakers se montre curieusement volubile.
Ainsi, la première heure du film se polarise sur la psyché en déliquescence de Sarah, victimes d'élucubrations démonologiques. S'ensuit alors une enquête fastidieuse. La jeune femme alerte la police sur ces visions macabres qui seraient intrinsèquement reliées au meurtre horrible de sa soeur.

Mais Sarah essuie un camouflet poli. Vous avez baillé durant ces explicitations superfétatoires ? Rassurez-vous, c'est normal ! J'avoue rester bouche bée et en mode apathique tant Fearmakers se dispense de tout commentaire emphatique. Bien conscient de l'inanité et de la vacuité abyssale de son long-métrage qui louvoie entre l'épouvante, le gore et le paranormal, Timo Rose tente de palier à cette indigence narrative en se polarisant sur les protubérances plantureuses de son actrice principale, la jolie Debbie Rochon. Dès lors, Fearmakers nous inflige de longues réminiscences, ainsi que des effets spéciaux hideux et obsolescents. Indolent, le film souffre donc d'une certaine caducité et il faudra s'armer de patience avant de déceler une séquence furtive d'hémoglobine.
La faute incombe à cette enquête policière modique et à cette volonté d'obliquer vers les phénomènes parapsychologiques. Vous l'avez donc compris. 
C'est donc l'ennui pélagien qui règne sur Fearmakers. On exhortera alors Timo Rose à pivoter vers des scénarios beaucoup moins présomptueux. 

Côte : Navet

sparklehorse2 Alice In Oliver 

(1) Synopsis : https://cinemafantastique.net/Fearmakers.html