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Genre : science-fiction  
Année : 2019
Durée : 2h09

Synopsis : De nos jours à Mexico. Dani Ramos, 21 ans, travaille sur une chaîne de montage dans une usine automobile. Celle-ci voit sa vie bouleversée quand elle se retrouve soudainement confrontée à 2 inconnus : d’un côté Gabriel, une machine Terminator des plus évoluées, indestructible et protéiforme, un « Rev-9 », venue du futur pour la tuer ; de l’autre Grace, un super soldat génétiquement augmenté, envoyée pour la protéger. Embarquées dans une haletante course-poursuite à travers la ville, Dani et Grace ne doivent leur salut qu’à l’intervention de la redoutable Sarah Connor, qui, avec l’aide d’une source mystérieuse, traque les Terminators depuis des décennies. Déterminées à rejoindre cet allié inconnu au Texas, elles se mettent en route, mais le Terminator Rev-9 les poursuit sans relâche, de même que la police, les drones et les patrouilles frontalières… L’enjeu est d’autant plus grand que sauver Dani, c’est sauver l’avenir de l’humanité. 

 

La critique :

A l'origine, c'est l'histoire d'une série B, sobrement intitulée Terminator (James Cameron, 1984) et destinée à connaître un simulacre de gloire via le support vidéo. Formé par Roger Corman à qui il a fait voeu d'allégeance, James Cameron n'aurait pas misé le moindre dollar sur ce film de science-fiction. Pourtant, Terminator va expressément s'arroger la couronne sérénissime de film culte. Le scénario est à la fois nébuleux et lapidaire puisqu'il est question d'un avenir dominé par les machines et d'une humanité en péril, subrepticement sauvée par John Connor, le leader de la Résistance. Il faut donc éliminer cet individu retors et indésirable en envoyant un Terminator (le T-800) dans le passé pour effacer sa matriarche (Sarah Connor). Heureusement, la belle jeune femme pourra escompter sur la dévotion d'un protecteur (Kyle Reese), le père défunt de John Connor.

Ainsi, Terminator s'ébaudit de cette boucle temporelle, mais aussi d'un avenir condamné à dépérir sous les assauts répétés d'une nouvelle forme d'intelligence artificielle, Skynet. 
Matois, James Cameron décide de réaliser une suite, Terminator 2 - Le Jugement Dernier (1991). Cette fois-ci, John Connor a bien grandi et vit des jours pérennes avec sa famille adoptive. C'est un jouvenceau indocile et rebelle, bientôt menacé de mort par le T-1000, un cyborg en poly-alliage mimétique. James Cameron intervertit la dialectique. D'oppresseur, le T-800 se transmute en thaumaturge et même en une sorte de patriarche. Terminator 2 - Le Jugement Dernier n'a pas non plus les mêmes aspérités.
Désormais nanti du sceau de blockbuster, cette suite caracole en tête de peloton lors de son exploitation au box-office américain.

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A raison, James Cameron jubile. Mais le metteur en scène aspire désormais à de nouveaux desseins. La franchise est en marche, mais doit se séparer de son cinéaste démiurge. La saga ne s'en remettra pas... jamais... Ainsi, la série fonctionne peu ou prou sur la même rhétorique analogique en alternant les rixes et les courses poursuites. Formellement, Terminator 3 - Le Soulèvement des Machines (Jonathan Mostow, 2003) s'approxime à une sorte de remake dévoyé de son auguste devancier. Seule dissimilitude et pas des moindres, James Cameron n'est plus là, Linda Hamilton et Edward Furlong - qui multiplie les cures de désintoxication - non plus.
Ces absences concomitantes se font furieusement sentir. Heureusement, Arnold Schwarzenegger répond toujours doctement à l'appel, mais se contente de cabotiner dans ce troisième chapitre épars et délesté de tout enjeu scénaristique.

Sans être foncièrement honteux, Terminator 3 ne réédite pas les fulgurations des deux premiers chapitres et s'avoisine à une série B clinquante et dispendieuse. Nonobstant ses carences et ses approximations narratives, Terminator 3 - Le Soulèvement des machines peut au moins s'enhardir d'un prologue final contristé et mélancolique. Le Jugement Dernier est inévitable... Retour à la case départ. Toutefois, il est temps pour la saga d'obliquer vers un tout autre didactisme. Via Terminator Renaissance (2009), le réalisateur McG nous propose un périple qui se déroule enfin dans un futur gouverné par les machines. Hélas, McG n'est pas ce cinéaste orfèvre et idoine pour redorer le blason d'une franchise en déliquescence.
Terminator Renaissance se solde par un fiasco commercial lors de son exploitation dans les salles de cinéma. 

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Cette fois-ci, même Arnold Schwarzenegger fait partie des abonnés absents. Que le comédien se rassérène. Les producteurs le somment d'effectuer sa résurgence dans le pitoyable Terminator Genisys (Alan Taylor, 2015). Victime de son processus d'écriture et de son statut de blockbuster écervelé, Terminator Genisys est souvent considéré comme le chapitre le plus modique de la franchise... Et pour cause... Puisque le film louvoie dans tous les sens. Derechef, le film se solde par une rebuffade commerciale. Comment relancer la saga Terminator et retrouver cette verve de naguère ? La réponse est aussi simplissime que laconique.
Il faut rappeler James Cameron, cette fois-ci affublé de la casquette de scénariste pour Terminator - Dark Fate, et réalisé par la diligence de Tim Miller en 2019.

Cette fois-ci, c'est dit, craché et même abjuré. Terminator - Dark Fate est censé réitérer les luminescences de jadis. Seul bémol, James Cameron avait déjà loué les prouesses (sic...) de Terminator Genisys. Toutefois, sa seule présence derrière le scénario de Terminator - Dark Fate permet de calmer les acrimonies de circonstance. Puis, la première bande annonce du film tombe deux ou trois mois avant la sortie du film. Encore une fois, il est question d'un nouveau cyborg, le Rev-9, plus évolué que le T-1000, capable même de se dupliquer, et qui s'échine à étriller une jeune femme mexicaine, Dani Ramos. Une question se pose alors en filigrane. Qu'est devenu John Connor ? 
Toutefois, lors de ce trailer, Linda Hamilton et Arnold Schwarzenegger semblent se coaliser pour éradiquer la menace préfigurée par le Rev-9. 

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A raison, les thuriféraires de la première heure fulminent. Sur la forme, Terminator - Dark Fate s'apparenterait à un nouvel avatar de Terminator 2 - Le Jugement DernierDe surcroît, lors d'une interview, James Cameron reconnaît qu'il a juste griffonné le scénario, mais sans superviser le tournage du film. On apprend également que le script de Terminator - Dark Fate a été modifié, rectifié et corrigé à maintes reprises, passant finalement entre les mains de divers cacographes, notamment celles de David S. Goyer. Les craintes des aficionados de la franchise sont légitimes et bientôt corroborées par certaines critiques sarcastiques.
D'une façon générale, la presse spécialisée se montre plutôt dubitative. Au mieux, Terminator - Dark Fate ne serait qu'un remake officieux et éhonté de Terminator 2.

Au pire, ce sixième opus se confinerait dans les affres de la fastidiosité et de la désuétude. Reste à savoir si ce blockbuster mérite - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Hormis Arnold Schwarzenegger et Linda Hamilton (déjà mentionnés dans nos colonnes), la distribution du film se compose de Gabriel Luna, Mackenzie Davis, Natalia Reyes et Diego Boneta. Attention, SPOILERS ! De nos jours à Mexico. Dani Ramos, 21 ans, travaille sur une chaîne de montage dans une usine automobile. Celle-ci voit sa vie bouleversée quand elle se retrouve soudainement confrontée à 2 inconnus : d’un côté Gabriel, une machine Terminator des plus évoluées, indestructible et protéiforme, un « Rev-9 », venue du futur pour la tuer ; de l’autre Grace, un super soldat génétiquement augmenté, envoyée pour la protéger. Embarquées dans une haletante course-poursuite à travers la ville, Dani et Grace ne doivent leur salut qu’à l’intervention de la redoutable Sarah Connor, qui, avec l’aide d’une source mystérieuse, traque les Terminators depuis des décennies. 

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Déterminées à rejoindre cet allié inconnu au Texas, elles se mettent en route, mais le Terminator Rev-9 les poursuit sans relâche, de même que la police, les drones et les patrouilles frontalières… L’enjeu est d’autant plus grand que sauver Dani, c’est sauver l’avenir de l’humanité. Autant l'annoncer sans ambages. Terminator - Dark Fate ne se contente pas seulement de piller Terminator 2, mais amalgame sans fard tous les épisodes de la franchise, Terminator Genisys y compris. Ce sixième opus ressemble presque - trait pour trait - à Terminator 3 - Le Soulèvement des machines, ne serait-ce que par cette velléité de mimer incongrument les deux premiers volets.
Oui, il est encore une fois question d'un Terminator encore plus évolué (bis repetita...), le Rev-9, d'une poursuite entre un cyborg belliciste (toujours le Rev-9...) et sa nouvelle proie (Dani Ramos), élue nouvelle sauveuse de l'Humanité dans un futur en décrépitude.

On prend les mêmes et on recommence... Inexorablement... Sauf que Skynet s'est copermuté en Légion, que John Connor n'est plus d'actualité et qu'il se retrouve oblitérer après 3 minutes d'introduction laconique. Mais, pour le reste, le scénario de Terminator - Dark Fate n'a pas évolué un iota et ne révolutionne absolument pas un script en disgrâce. Le retour de James Cameron aux commandes n'aura servi à rien. Une chimère, une fois de plus. Quant à Tim Miller, le réalisateur de Deadpool (2016) se contente de signer un blockbuster bourrin et jubilatoire, certes plutôt magnanime et philanthrope en termes de belligérances.
Toutefois, rien de neuf à l'horizon, si ce n'est que Terminator - Dark Fate symbolise, à lui seul, l'anomie d'une autre machine, l'industrie hollywoodienne, elle aussi en déperdition.

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Il faut à tout prix évincer la figure masculine au profit d'une gente féminine courroucée et guerroyeuse. John Connor éliminé, c'est donc une figure féminine qui diligente les assauts futurs de la Résistance humaine. Même sa protectrice fidèle, Grace, est une femme. Désormais, le destin, le fatum de l'Humanité et surtout le blockbuster américain s'écriront au féminin, le tout corseté par l'égalitarisme à tous crins. Quant à Arnold Schwarzenegger, le comédien désormais chenu, est prié de revêtir des rôles et des personnages subsidiaires. Sur ce dernier point, Terminator - Dark Fate ne recule derrière aucune excentricité. Ainsi, le Terminator belliqueux de naguère se transmue subrepticement en individu affable et transi d'humanité, désormais bon père de famille. On croit fabuler...
A cela, viennent également s'additionner certaines digressions narratives. Puisque John Connor n'est plus, pourquoi diantre s'échiner à envoyer de nouveaux Terminators ?

Surtout, par qui ces machines peuvent-elles être envoyées puisque Sarah Connor et son fils ont empêché le Jugement Dernier ? Pour le reste, qui aurait gagé sur le discours politique et minimaliste de Terminator - Dark Fate ? Indubitablement, le long-métrage de Tim Miller abhorre et brocarde les saillies récurrentes de Donald Trump à l'égard des Mexicains. En visionnant Terminator - Dark Fate, cette communauté trouvera dans ce blockbuster sa nouvelle félicité puisque Dani Ramos est mexicaine, à l'instar de son passeur qui lui permet de franchir la frontière.
Même le Rev-9 adopte l'idiome local pour étriller et estamper ses adversaires en disgrâce. Bref, rien de neuf sous le soleil. 
Nonobstant le retour de ses figures antédiluviennes, Terminator - Dark Fate ne permettra pas de réconcilier ses innombrables contempteurs. Ce sixième chapitre se suit donc avec un ennui poli, à condition de le prendre pour ce qu'il est, à savoir un blockbuster écervelé qui pétarade dans tous les sens et qui se gausse impérialement de son scénario nébuleux. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout.

 

Note : 10.5/20

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