KT+Trilogy

Genre : Horreur, trash, extrême, hardcore (interdit aux - 18 ans)

Année : 2009

Durée : 1h11 (KT-602), 1h26 (KT-606), 1h43 (KT-610)

 

Synopsis :

Après m'être courageusement attaqué à la série des Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion, c'est vers un palier supplémentaire dans l'horreur que je vous emmène en chroniquant l'obscure trilogie KT. Au sein de ce projet ultra confidentiel, c'est dans les plus profonds tourments de l'âme humaine que vous voyagerez au péril de votre innocence (ou ce qu'il en reste). Des victimes dénuées de parole se soumettent à des actes impensables de tortures et de cruauté, sans le moindre quelconque trucage. Poussant la douleur acceptée à son paroxysme, les KT font vaciller la santé mentale du spectateur aventurier médusé par une telle violence graphique. 

 

La critique :

Lancez les serpentins, sabrez le champagne et débouchez les bières et allumez les feux d'artifice ! En ce jour, j'ai l'immense honneur de vous annoncer que Taratata a fièrement atteint le symbolique palier des 400 chroniques rédigées depuis les premiers balbutiements du blog. Qui l'aurait cru qu'un nouveau venu, timoré de 20 ans à peine, allait se transmuer en chroniqueur prolifique avec, désormais, un quart de siècle au compteur ? Même moi, je ne m'en serais jamais douté et pourtant le fait est là ! Le fait est que ce petit passe-temps de jadis a fait place à une passion de rédiger mes avis définitifs, mes dithyrambes, mais aussi mes déceptions et doutes.
Le chemin fut parfois long et laborieux, mais je suis toujours là, plus énervé que jamais pour vous affliger à intervalles, plus ou moins réguliers, de véritables engeances cinématographiques promptes à bousculer les estomacs les plus délicats, ainsi que le mien si je me place dans un contexte d'il y a 5 ans ; où Salo était pour moi le summum de la violence tant graphique que psychologique. Que de temps est passé ! Quelle évolution pour en arriver à cette année 2019 riche en intensité et beaucoup plus détraquée que mes ardeurs d'autrefois ! Les faits parlent d'eux-mêmes entre du simili snuff movie, du torture porn, du porno émétophile ou scatophile, du shockumentary/death movie, ainsi que de l'authentique film de torture. Mais attention, aucune analogie à faire avec le torture porn car ici les actes pratiqués sont absolument réels, dénués de quelconque trucage à des fins sensationnalistes. 

Certains préféreront parler de "démonstration de performances", mais tous s'accordent à dire que ce genre de niche très difficilement accessible peut se targuer d'être dans le haut du panier du Septième Art bestial. Ceci tient surtout d'une disponibilité quasi inexistante et surtout inédite dans nos contrées. Ainsi, pour accéder aux copies originales, jouer au loto me semblera être une meilleure alternative si vous tenez à remporter au moins un des deux lots. Mais si votre seuil de tolérance accepte les bootleg, alors la donne change drastiquement puisque certains éditeurs ont su braver vents et marées de polémiques bien-pensantes pour faire plaisir à un public marginal.
Dans ce e-commerce perverti, Putrid Productions est l'un de ceux qui ont osé braver l'ordre établi pour éditer des pellicules étant introuvables dans leur version d'origine. Bref, ce n'est pas la première fois que votre blog préféré s'est penché sur ce genre de chose. On en revient encore à saluer notre ex-thaumaturge Inthemoodforgore qui a asséné un uppercut avec son Pain Gate Scrum, rapidement dépassé par les impensables GSKD. Dans les deux cas, les débats furent ardents et, à l'heure de l'écriture de ces lignes, j'espère que cela sera aussi le cas avec les Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion. Car oui j'ai osé franchir le pas via cette énième prise de risque qui se sera avérée payante, puisque cette série représentait un choix de qualité évidente pour tous les friands de ces exercices de performances. Pour les hérétiques qui ne l'auraient pas encore lu, je ne peux que vous encourager d'y aller jeter un oeil si ça n'a pas déjà été fait !

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Dans ce billet amoureusement tapé au PC, je saluais ma prouesse d'avoir su, après des heures de recherches éprouvantes ponctuées de crises de nerf, obtenir gratuitement 3 des 5 métrages de la pentalogie. Le minimum qu'il fallait si je voulais que la chronique ressemble à quelque chose. La question qui se pose est pourquoi ne me suis-je pas arrêté victorieusement à ceux-là ? Quelle mouche m'a piqué pour que je replonge dans cette atmosphère sans nulle autre pareille ? Il faut dire que la découverte du génialissime tracker PornoLab n'a pas été étranger à cela puisque les conditions d'obtention furent d'une obscène simplicité. Il faut dire aussi que le prestigieux top 250 d'Inthemood (pour les intimes) ne l'était pas non plus et certainement pas cette oeuvre joliment classée à la 20e place de ce podium infernal, soit la (ou plutôt les) pellicule la plus élevée à avoir jamais été traitée par mes soins. Je peux sans l'ombre d'un doute dire que je n'irai pas plus haut, donc c'est un moment de tout premier choix pour vous, courageux cinéphiles, qui n'avez pas peur du sang, de la souffrance et de la mort.
Faites alors la place aux KT, une effroyable trilogie encore une fois venue de notre très charmant Japon, toujours à la pointe de la technologie de l'irrévérence ! Toutefois, KT ne se réfère qu'à l'inscription en bas de la bande du DVD japonais servant de repère pour les collectionneurs qui ne connaîtraient pas les titres exacts (un peu comme les GSKD ou les MKDD). Ses autres noms sont Ei Ten, pour son nom japonais, et Fragile pour son utilisation, à supposer, à l'international. Du moins, si on peut le dire !

Car les KT sont une anthologie incroyablement peu connue dont la réputation chez les rares à l'avoir vu fait office de véritable déflagration mentale. Une plongée sans précédent dans les milieux les plus sordides de l'underground qui envoie balayer à grand coup de rangers dans le croupion 99,9% des films sur le marché en termes de sauvagerie. Même des titres pourtant sévèrement secoués comme Pain Gate Scrum, les ATID et autres Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion ne peuvent soutenir la comparaison. Quant aux nombreux torture porns sur le marché, dites vous bien qu'ils se font tout simplement pulvériser dans les règles de l'art à un point que cela en deviendrait presque indécent.
A peu de choses près, on se rapproche férocement de l'agressivité des GSKD, certains (dont le site lui-même) martelant que les KT les dépassent. N'ayant bien évidemment pas vu ceux-là, je ne saurais corroborer les dires mais toujours est-il que selon notre démiurge inthemood les KT seraient tout de même quelque peu moins extrême. Cela n'euphémise toutefois pas leurs ardeurs et cette indéfinissable aura qui en émane. Pas de générique de début, pas de nom de réalisateur ou quelconque information à se mettre sur la dent. Voilà qui a de quoi tout de suite solliciter cette incoercible curiosité propre à nous, grands malades que nous sommes.

 

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Ne me demandez pas pourquoi ces segments sont notés 602, 606 et 610 car je n'en sais strictement rien, mais chacun tente à sa manière d'entraîner celui qui s'y risque vers le point culminant de l'acception de la souffrance d'autrui. Chaque partie voit de jeunes filles téméraires être à la merci d'une maîtresse SM affublée d'ailes d'ange dans le dos. Pour la petite info, si j'ai su visionner dans leur intégralité les chapitres 606 et 610 via le tracker ultraspécialisé PornoLab, ce ne fut pas le cas du 602, où je n'ai pu le voir que par de brefs extraits qui m'ont tout de même montré suffisamment de choses pour que je puisse en parler en comparaison des Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion. A la différence de ceux-ci, je ne détaillerai pas chaque segment, mais me contenterai de vous balancer les tristes réjouissances qui s'offriront à nous devant nos yeux ébahis. J'invite alors les plus sensibles à stopper là la chronique sous peine de repartir avec un fort arrière-goût en bouche.
Au menu des performances, vous pourrez noter l'utilisation d'énormes aiguilles qui sont la grande marque de fabrique des KT transperçant les bras, le ventre, les jambes, la poitrine, les seins, les lèvres ou la langue. Dans ces deux derniers cas, de superbes déstructurations faciales seront au programme.

Pour le reste : coutures de membres (d'une même personne ou de deux personnes entre elles), coutures de lèvres, maltraitances diverses allant de l'étranglement aux claques, étouffement dans un sac plastique, noyade, écrasement corporel par l'entremise de gros blocs de béton, superbes transformations en marionnettes humaines, scarifications extrêmes, créations de sculptures humaines, séances de cire de bougie dégoulinante. De nombreuses scènes, pour un spectateur lambda, font office d'un petit séjour cérébral dans le tambour d'une machine à laver. On pense dans le segment 610 à cette fille ligotée sur une croix et transpercée de part en part d'aiguilles.
A ce stade, cinq aiguilles de bonne taille traversent ses lèvres tandis que la maîtresse caresse et lèche son corps ensanglanté. Je défie quiconque de ne pas avoir une réaction de rejet quand elle piétinera la poitrine de la fille avec ses bottes compensées. Dans les trois cas, l'atmosphère lourde et pesante se charge de continuer à verser dans la surenchère. Si le 602 se déroule dans ce qui ressemble à l'antichambre de l'enfer, le 610 lui se fait dans un décor plus éclairé. En revanche, la palme du dérangeant est à attribuer à la partie 606, tout bonnement tétanisante, se déroulant dans un squat crasseux et abandonné où une actrice revêtant les oripeaux d'une simplette handicapée motrice subira les pires ignominies sur sa personne. La voir se tortiller les bras, les jambes et les lèvres cousus vaut son pesant d'or tandis que le finish la fera chuter du premier étage à travers le parquet, avec un fond noir de bonne tenue au moment de la chute. On doute fort qu'ils l'aient vraiment fait tomber de cette hauteur mais on peut s'attendre à tout.

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Au visionnage, nous ne pouvons qu'être à la fois stupéfaits et empreints d'empathie envers ces nymphes consentantes endurant les châtiments tout en faisant montre d'une véridique impassibilité, sans que ne s'échappe quelconque borborygme. Alors que le commun des mortels aurait déjà hurlé ou perdu connaissance à leur place, elles restent là, parfois très difficilement mais jusqu'au bout de leur objectif. Une admiration que nous ne pouvons nier face à une résistance hors norme à la douleur. On se montre donc bien loin de certaines greluches appelant le SAMU parce qu'elles se sont cassées un ongle ou d'un homme grand et fier admis aux urgences car il a le nez qui coule.
Si certains auraient tendance à dire que ces filles désirent se créer une éphémère popularité sur la Toile en participant à de tels concours, c'est faire l'impasse sur ce qui s'apparenterait à une passion au même titre que le fétichisme. Oui, ces filles aiment faire ça non pas par but égocentrique mais parce qu'elles aiment être les héroïnes de tels challenges. Je sais que mon point de vue peut mener à des débats divers mais je ne considère pas ces pellicules comme des oeuvres dérangées et déshumanisantes, mais comme la rencontre pacifique avec un microcosme caché et jusqu'au-boutiste qui n'a pas de velléités de propager un cauchemar absurde.

N'oublions pas que le supplice n'est jamais gratuit mais est toujours consentant. A mon sens, on a un peu trop tendance à porter au pilori ce genre d'expérimentations bafouant les principes moraux et les nombreux paradoxes de notre société occidentale adepte de la polémique sur la violence dans le milieu artistique mais fermant les yeux sur tous les désordres géopolitiques qu'elle engendre. C'est d'autant plus dérangeant que la trilogie KT pose insidieusement ce genre de questionnements. Reste le pourquoi de l'émergence de ce genre de pratiques à notre époque contemporaine. L'emprise beaucoup moins puissante de la religion ? Le rejet des moeurs puritaines (quoi que...) ? La recherche perpétuelle de la violence cinématographique la plus élevée ? Le voyeurisme inhérent à l'être humain ?
Autant d'hypothèses que nous avons ici-même déjà approché et tenté d'élucider, en vain. Mais, en fin de compte, c'est peut-être un peu tout ça ! Cependant, qu'on le veuille ou non, nous ne pouvons détourner le regard d'une réalisation de très bonne facture à plus d'un titre. Quoique moins recherché que les Sadistic Tragedy Of Blue Rose Mansion et leur esthétique tape-à-l'oeil amplifiant le désir charnel, les KT se montrent beaucoup plus austères, virulents, dépravés et sadiques. 

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Cette constatation passe par un rapport beaucoup plus tumultueux entre la victime et la maîtresse qui ne se gêne pas de malmener ces femmes en les étranglant avec son pied, en les frappant ou encore en les traînant sur le sol. Une plus grande brutalité est au rendez-vous dans ces actes semblant être éloignés du respect de l'intégrité humaine. De plus, l'esthétique se pare d'un panel de couleurs beaucoup plus sombre, mat et froides. Il y a donc moins de détails à susciter notre attention, beaucoup moins de sensualité (même pas du tout) ressortant des décors assez variés. Des interludes se feront en extérieur en suivant ces filles se baladant dans les décors tokyoïtes, parfois en se scarifiant même seules à la vue de tous. Pas de quoi bercer nos rétines mais il y a du professionnalisme là-dessous et quand vous avez un cinéaste qui sait manier la caméra, on a les ingrédients suffisants pour statuer sur le résultat définitif positif. On peut alors apprécier ce choix judicieux de filmer en plongée le périple, dans l'épisode 606, de la fille à la merci du cinéphile mal à l'aise, renvoyé à sa propre bestialité voyeuriste de contempler d'en haut cet être décharné, comme s'il était tout puissant et comme si ces tortures lui étaient offertes.
Pour le reste, la bande son composée d'une playlist rock funky utilisée avec parcimonie est appréciable et enfin ne désignons pas les personnages comme des actrices mais comme des performeuses, et des excellentes qui plus est. On peut citer Geka, Yamio et Furato Natsume qui sont les seuls noms que j'ai su obtenir.

Qu'il est loin le temps de la 100ème chronique dont le nom "escroquerie" serait le terme le plus adéquat pour qualifier ces Sadi-Scream que j'eus l'absurdité de chroniquer. Mais que cela est surtout gratifiant d'arriver jusqu'au bout d'une telle atrocité et de fêter dignement un grand événement en offrant sur un plateau de diamant l'une des oeuvres les plus mentalement insoutenables chroniquées à ce jour sur le blog. Car cette anthologie est, et je pèse mes mots, à réserver à un public extrêmement averti composé de vétérans n'ayant pas froid aux yeux. Oubliez les Saw, Hostel, Penance et tutti quanti, les KT propulsent le trash et l'extrême à des niveaux très difficilement atteints depuis lors et demeurent toujours une référence indiscutable en matière de choc frontal.
Il ne fait alors aucun doute que les rares thuriféraires des pratiques BDSM en auront pour leur argent car le réalisateur-dont-on-ne-connaît-pas-le-nom n'y a pas été avec le dos de la cuillère pour faire monter votre taux d'adrénaline en flèche. Car à l'hostilité des pratiques perpétrées, c'est à une réalisation tout ce qu'il y a de plus recommandable que nous y avons droit. On pourra toutefois pester sur une première demi-heure harassante du segment 610 mais cela est bien peu de chose face à cette plongée plus ou moins unique dans les géhennes de l'humanité. Une plongée une fois de plus inédite sur le web français où Cinéma Choc ne perd jamais sa fougue pour vous proposer des raretés jamais abordées auparavant. Dans le cas des KT, c'est tout simplement une première tout court sur l'Internet pour un billet car... il se passe toujours quelque chose sur Cinéma Choc. En dépit de ses objectifs succincts, il y aurait encore beaucoup à dire sur cette création en provenance de la Pandemonium. Cela est pourtant dommage de voir que les KT nous laissent pétrifiés sans savoir lâcher ne serait-ce qu'un soupir.

 

Note : KT/10

 

 

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