shocking asia 3

Genre : "Mondo", "documenteur", shockumentary, horreur, gore, trash, extrême, érotisme, pornographie (interdit aux - 18 ans) 
Année : 1995
Durée : 1h42

Synopsis : Troisième et ultime volet de la trilogie consacrée à Shocking Asia avec davantage de lascivités, de tortures et de turpitudes. Ce troisième chapitre explore les facéties, les lubricités et les anecdotes qui nimbent certains rituels, à la fois âpres, dissonants et extravagants. Bienvenue dans Shocking Asia 3 - After Dark !

 

La critique :

Lorsque l'on invoque le "Mondo", on songe invariablement au film Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), soit le long-métrage prodrome en matière de shockumentary. Pour souvenance, le "Mondo" a pour velléité d'explorer, d'analyser et de sonder les us et les coutumes de peuplades séculaires, le tout corseté sous la forme d'un documentaire "vérité". Mais cette authenticité n'est qu'un leurre et une habile duperie fomentée par des auteurs transis d'irénisme et d'opportunisme. Bon gré mal gré, le "Mondo" se nimbe donc de dimensions anthropologiques et oecuméniques. Ce registre impertinent nous convie également à ergoter sur toutes les turpitudes et les hâbleries commises et proférées par l'humanité.
Certes, les siècles et les millénaires se sont égrainés. Pourtant, l'homme reste toujours cet Homo Sapiens enkysté et assujetti à ses pulsions primitives.

Nonobstant ses apparats matois, le "Mondo" flagorne et enjôle notre tropisme pour l'égotisme et le consumérisme. Le "Mondo" flatte et réverbère notre scopophilie obsessionnelle, voire maladive. Ce n'est pas aléatoire si le "Mondo" connaîtra son effervescence lors de l'explosion de la société de consommation. Et c'est ce qu'ont parfaitement compris Gualtiero Jacopetti et ses sbires. Grisés par le succès pharaonique de Mondo Cane, les auteurs démiurgiques réitèrent leurs affabulations digressives via une suite consécutive, Mondo Cane 2 (1963).
Puis, sans fard, le "Mondo" devient le nouveau leitmotiv pour dénoncer les effets délétères du capitalisme, et en particulier la paupérisation de l'Afrique, un continent intrinsèquement victime d'une globalisation exponentielle.

Africa Addio (Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1966) et Les Négriers (Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi, 1971) réactivent les plaies béantes et algiques d'une Afrique exsangue et à la dérive. Mondo Cane et la décrépitude du continent africain vont inspirer et engendrer toute une pléthore d'homologues. Qu'ils se nomment Africa Ama (Angelo et Alfredo Castiglioni, 1971), Mondo Magic (Angelo et Alfredo Castiglioni, 1975), Addio Ultimo Uomo (Angelo et Alfredo Castiglioni, 1978), L'Amérique Interdite (Romano Vanderbes, 1977), This Violent World - Savana Violenta (Antonio Climatti et Mario Morra, 1976), ou encore The Killing of America (Sheldon Renan et Leonard Schrader, 1981), toutes ces pellicules transgressives ne sont, in fine, que des palimpsestes de Mondo Cane. Mais c'est sans doute Shocking Asia (Rolf Olsen, 1974) qui reste l'un des avatars les plus célèbres de Mondo Cane.

Certains thuriféraires du shockumentary invoquent même une sorte de Mondo Cane version asiatique. D'un point de vue formel, Shocking Asia s'approxime davantage à un "documenteur" érotique. A défaut de verser dans le gore et les diverses érubescences, ce "Mondo" explore surtout la facette transgenre, un transformisme en vogue sur le continent asiatique, en particulier en Thaïlande. Paradoxalement, il n'en faut pas davantage pour que ce "documenteur" caracole en tête de peloton lors de son exploitation en vidéo. Grisé par ce succès inopiné, Rolf Olsen réitère les mêmes scansions libidineuses via un Shocking Asia 2 - The Last Taboos (1985).
Cette fois-ci, cette suite soporative amalgame davantage les séquences virulentes via plusieurs extractions chirurgicales. 

Toutefois, rien de grave ni de dissonant dans l'univers du "Mondo". Pourtant, un troisième et ultime volet, Shocking Asia 3 - After Dark, est produit et réalisé par la diligence de Sung-Jiu Kuang et Takafumi Nagamine en 1995. Ce troisième opus est censé clore la saga en apothéose. Reste à savoir si Shocking Asia 3 - After Dark remplit - ou non - son office. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Sur la Toile, on ne décèle presque aucune information sur ce troisième épisode, à peine relaté sur le site IMDb (Source : https://www.imdb.com/title/tt0114431/).
En raison de quelques saynètes scabreuses, dont le "Mondo est généralement coutumier, Shocking Asia 3 a logiquement écopé d'une interdiction aux moins de 18 ans. Autant l'annoncer sans ambages. 
Si cette troisième forfaiture se révèle plus âpre et véhémente que ses sinistres devanciers, il reste plutôt pondéré à l'aune d'une concurrence apoplectique en la matière.

Quant aux deux réalisateurs, on ne glane presque aucune information à leur sujet. Concernant Sung-Jiu Kuang, le metteur en scène a déjà signé Black Kung-Fu contre Hong Kong Connection (1978) par le passé. Même remarque concernant son congénère, Takafumi Nagamine, inconnu au bataillon. Mais trêve de palabres et de verbiages et revenons à l'exégèse de Shocking Asia 3 - After Dark ! Attention, SPOILERS ! Troisième et ultime volet de la trilogie consacrée à Shocking Asia avec davantage de lascivités, de tortures et de turpitudes.
Ce troisième chapitre explore les facéties, les lubricités et les anecdotes qui nimbent certains rituels, à la fois âpres, dissonants et extravagants. Bienvenue dans Shocking Asia 3 - After Dark ! 
On n'avait pas forcément conservé de Shocking Asia premier du nom un souvenir impérissable, loin de là... 

Beaucoup trop pondéré, ce "Mondo" souffrait également d'une certaine obsolescence, une carence partiellement gominée avec Shocking Asia 2 - The Last TaboosCependant, le constat restait - peu ou prou - analogique. Nonobstant certaines fulgurations de circonstance, cette suite - assez soporifique dans l'ensemble - suintait derechef la caducité à plein nez. Alors, qu'en est-il de Shocking Asia 3 - After Dark ? Certes, cette troisième prévarication sur pellicule franchit encore un palier supplémentaire dans l'inconvenance et oblique ostensiblement vers les facéties et les lubricités du continent asiatique. Niveau gore, ce "Mondo" se montre toujours aussi pingre et parcimonieux.
Hormis quelques saynètes de snuff animaliers, notamment une oie déplumée, étrillée et tortorée par un asiatique à l'appétit pantagruélique, pas grand-chose à signaler concernant les belligérances. 

En revanche, d'un point de vue stylistique et formel, Shocking Asia 3 se pare de précieux atours et s'apparente à un documentaire transi de véracité. Sung-Jiu Kuang et Takafumi Nagamine ne sont pas des manchots, ni de vulgaires gourdiflots derrière la caméra. Le duo nous affuble de quelques belles saynètes panoramiques. Shocking Asia 3 s'acoquine davantage avec les bacchanales et les parties d'agapes et de priapées via plusieurs séquences explicites. Urophilie, copulation avec des êtres hermaphrodites et autres digressions transgenres font partie des tristes réjouissances.
Ainsi, Shocking Asia 3 louvoie incessamment entre l'érotisme hard, le sadomasochisme et une pornographie soft, de quoi sustenter les amateurs patentés d'impudicités. Néanmoins, à l'aune de certains "Mondo" et autres death movies beaucoup plus virulents, Shocking Asia 3 se montre beaucoup trop pusillanime. 
Certes, niveau hardcore, c'est bien ce troisième chapitre qui remporte la palme - peu luxuriante - de l'indécence. A raison, les contempteurs tonneront et pesteront contre l'inanité abyssale de ce troisième épisode adventice. En résumé, rien de neuf sous le soleil nippon (si j'ose dire...). Mais au moins, Shocking Asia 3 - After Dark se montre suffisamment philanthrope, surtout lorsqu'il s'agit de flagorner notre propre appétence pour la concupiscence.
Bref, un "documenteur" à réserver exclusivement aux aficionados du "Mondo", tout du moins si ces derniers existent encore...

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver