Fantom_Kiler

Genre : horreur, gore, trash, extrême, érotisme, pornographie, slasher (interdit aux - 18 ans) 
Année : 1998
Durée : 1h22

Synopsis : Un mystérieux tueur, vêtu et ganté de noir, sème la terreur au sein d'une petite vile de l'Europe de l'est. Ce dangereux maniaque choisit ses victimes parmi les jeunes femmes les plus belles et les plus sexy de la région qu'il tue après avoir amplement abusé de leurs charmes. Qui se dissimule derrière le masque fantomatique du tueur fou ? 

 

La critique :

Le cinéma underground est vraiment surprenant, ne serait-ce que par ses arguties et son exhaustivité. Certes, les laudateurs de Cinéma Choc (mais enfin, qui sont-ils ?) n'omettront pas de notifier la profusion de "Mondo", de death movies et de shockumentaries sur le blog. Il faut reconnaître que ce sous-registre du cinéma bis et d'exploitation ne dénote guère par ses affabilités et ses convenances, et pour cause... Puisque le "Mondo" et ses sinistres consortiums s'illustrent essentiellement par leur primitivisme, leur âpreté et leur scabrosité. Que soit.
Le cinéma trash peut également escompter sur le splatter et le snuff movie, deux autres sous-genres du cinéma bis. Dans cet exercice, c'est surtout le cinéma germanique qui caracole en tête de peloton. Durant les décennies 1980 et 1990, ce sont des auteurs démiurgiques qui nous ont infligé des excoriations indélébiles.

Ainsi, Olaf Ittenbach (Black Past, The Burning Moon et Beyond the Limits), Timo Rose (Mutation, Barricade et Space Wolf), Andreas Schnaas (la saga Violent Shit et Anthropophagous 2000), ou encore Heiko Fipper (Ostermontag et Das Komabrutale Duell) ont imposé leurs monogrammes rougeoyants via toute une pléthore de pellicules gore et iconoclastes. Quant à Andreas Bethmann, plutôt connu pour son incompétence crasse, le metteur en scène allemand se veut être le chantre du "porno gore", un néologisme qui consiste à claustrer de jolies gourgandines dans un pénitencier de haute surveillance. Narguées, conspuées et rudoyées, ces dernières doivent subir les satyriasis infrangibles de leurs tortionnaires. Et puis, il convient également de ne pas phagocyter la proéminence du cinéma bis italien. Lui aussi compte plusieurs figures de proue, notamment Dario Argento (Suspiria, Les Frissons de l'Angoisse et Ténèbres), Lucio Fulci (L'enfer des zombies, L'au-delà et Frayeurs), ou encore Lamberto Bava (La maison de la Terreur, Démons et Shock - Les Démons de la Nuit).

 

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Entre vampirisme, anthropophagie, nécrophilie, sadomasochisme et morts-vivants décrépits, le cinéma underground revêt les oripeaux d'un art anthropoforme. Et ce qu'a parfaitement compris l'éditeur Uncut Movies qui recèle de vidéos rarissimes et dénotatives. A défaut de toiser les firmaments du noble Septième Art, cet éditeur propose toute une litanie de longs-métrages déviants, avec toutefois une prédilection pour les productions Troma. Les sociopathes ne sont pas en reste. Preuve en est avec Fantom Kiler, réalisé par la diligence de Roman Nowicki en 1998.
Contre toute attente, cette pellicule impécunieuse va remporter les satisfécits unanimes des thuriféraires du cinéma trash. Certes, en raison de sa violence ostentatoire, Fantom Kiler n'a pas bénéficié d'une sortie dans les salles obscures.

Pour cette production infortunée, le passage en DTV (direct-to-video) paraît presque obligatoire, mais suffisamment probant pour édifier sa réputation sulfureuse. Ce n'est pas aléatoire si le long-métrage a écopé de l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans. Grisé par ce succès inopiné, Roman Nowicki transmutera son premier chapitre en tétralogie mercantiliste via Fantom Kiler 2 (1999), Fantom Kiler 3 (2003) et un inévitable Fantom Kiler 4 (2008). A postériori, le metteur en scène enchaînera avec Fantom Seducer (2005), Fantom Seducer 2 (2005), Abducted by the Daleks (2005), Mark of the Wip (2006) et Mark of the Whip 2 (2010).
Norman Nowicki n'a jamais caché son engouement ni son effervescence pour le cinéma horreur, en particulier pour Joe d'Amato, un réalisateur qu'il adoube, sacralise et divinise.

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Aujourd'hui, c'est le cas de Fantom Kiler qui fait l'objet d'une chronique dans les colonnes éparses de Cinéma Choc. Pour l'anecdote superfétatoire, Fantom Kiler est un long-métrage roumain, aisément disponible sur la Toile, à condition d'aller renâcler sur certains sites érotiques et pornographiques. Si Fantom Kiler premier du nom bénéficie d'une réputation aussi harangueuse, c'est probablement à cause de ses fausses appétences avec le snuff movie. Que ce soit le premier chapitre et les autres épisodes consécutifs, tous obéissent à la même ritournelle.
Un maniaque ganté, nanti d'un chapeau noir et d'un voile immaculé sur le faciès, tourmente et assassine de belles mijaurées. S'ensuivent alors toute une salve de lubricités, d'ignominies et d'impudicités. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

Sur ces entrefaites, il est donc opportun de prendre Fantom Kiler pour ce qu'il est, à savoir une série B (une série Z...) adventice et délestée de toute construction plausible et narrative. La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Eliza Borecka, Andrej Jass, Magda Szymborska, Katarzyna Zelnik ; mais j'en doute... Le synopsis de Fantom Kiler est aussi simplissime que lapidaire. Attention, SPOILERS ! Un mystérieux tueur, vêtu et ganté de noir, sème la terreur au sein d'une petite vile de l'Europe de l'est.
Ce dangereux maniaque choisit ses victimes parmi les jeunes femmes les plus belles et les plus sexy de la région qu'il tue après avoir amplement abusé de leurs charmes. Qui se dissimule derrière le masque fantomatique du tueur fou ? 

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Vous l'avez donc compris. L'ingéniosité de Fantom Kiler ne repose pas vraiment (du tout...) sur son didactisme scénaristique, mais davantage sur son concept fuligineux. Matois, Roman Nowicki propose un film gore et déviant qui louvoie incessamment entre l'érotisme hard, la pornographie soft, le sadomasochisme et un humour scabreux et épris de diverses trivialités. Au moins, Fantom Kiler a le mérite de ne pas trop se prendre au sérieux. Impossible de croire - même ingénument - à un snuff movie dans les règles de l'art, tant la mise en scène suinte l'amateurisme et le dilettantisme.
Les actrices ? A priori, ces dernières sont de jeunes femmes affriolantes et sélectionnées aléatoirement dans des revues érotiques, hâtivement dépoitraillées, puis dénudées après trente petites secondes (chronomètre en main) de présentation liminaire.

La rhétorique de Fantom Kiler est donc aussi simplissime que lapidaire. Une femme anonyme se balade dans les coursives d'un métro ou effectue les tâches ménagères tout en arborant des formes gracieuses et généreuses. Il n'en faut pas davantage pour attiser les concupiscences du forcené de service. Si le long-métrage flirte allègrement avec les lascivités, il se montre beaucoup plus avaricieux en termes d'érubescences et de barbaques sanguinolentes. Certes, le fétichisme et le sadomasochisme sont ici de mise via plusieurs saynètes explicites.
Certes, les néophytes seront probablement ulcérés et estomaqués par cette série de débauches et d'agapes et de priapées. A contrario, les aficionados du cinéma trash risquent probablement de tonner et de clabauder après l'inanité de cette pellicule impertinente. 
Indubitablement, Fantom Kiler ne courroucera - au mieux - que les associations et les mouvements féministes pour sa misogynie ostentatoire et revendiquée, mais guère davantage. En l'occurrence, si l'on fait fi de certaines séquences lubriques, l'interdiction aux moins de 18 ans est plutôt usurpée.
De surcroît, on peut légitimement maronner contre l'aspect tautologique du film. Cependant, nonobstant ses carences et ses défectuosités, Fantom Kiler remplit doctement son office et mérite, in fine, une mention passable. Ni plus, ni moins...

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver