Alerte ! 1995

Genre : catastrophe, action, thriller
Année : 1995
Durée : 2h08

Synopsis : A la suite de plusieurs négligences et de mauvaise volonté, les habitants d'une petite ville américaine sont victimes d'un virus, venu d'Afrique, particulièrement dévastateur. Pour enrayer l'épidémie, un général sans scrupule décide, avec l'accord du président, de rayer de la carte la bourgade en larguant une bombe incendiaire.

 

La critique :

Indubitablement, le genre catastrophe dénote par son exhaustivité. Que ce soit sous le joug d'une pandémie, de l'invasion inopinée d'insectes en dissidence contre l'espèce humaine, d'un accident nucléaire au niveau local voire international, d'un avion qui tombe à la dérive, de désastres climatiques hétéroclites, voire carrément de la fin du monde, les films "catastrophe" se nimbent ponctuellement de velléités eschatologiques, menaçant et même anéantissant tout une frange de la population. En l'occurrence, il faut se rendre sur le site SensCritique et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.senscritique.com/top/resultats/Les_meilleurs_films_catastrophe/331866) pour déceler le Top 100 des meilleurs films "catastrophe".
Les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que La Tour Infernale (John Guillermin, 1974), L'Aventure du Poséidon (Ronald Neame, 1972), Gravity (Alfonso Curon, 2013), Tremblement de Terre (Mark Robson, 1975), ou encore Les Survivants (1993) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires.

Parfois même, le genre catastrophe épouse les rudiments et les linéaments du fantastique et de la science-fiction. A ce sujet, les laudateurs de ce registre cinématographique notifieront également Armageddon (Michael Bay, 1998), Volcano (Mick Jackson, 1997), Sunshine (Danny Boyle, 2007), Vol 93 (Paul Greengrass, 2006), Le Pic de Dante (Roger Donaldson, 1997), Twister (Jan de Bont, 1996), ou encore Independence Day (Roland Emmerich, 1996) parmi les productions les plus rutilantes. Toutes ces oeuvres protéiques sont parfois nimbées d'une certaine once de patriotisme et flirtent allègrement avec la partialité et le propagandisme.
Pour souvenance, dans Independence Day, Roland Emmerich envoyait nûment le Président des Etats-Unis dans un avion de chasse se départir et se colleter avec des extraterrestres bellicistes. 

284451

 

Dans le cas d'Alerte !, réalisé par la diligence de Wolfgang Petersen en 1995, ce film catastrophe s'accointe et s'acoquine avec le fléau viral. Ce sous-genre du cinéma catastrophe est bien connu par les aficionados du genre. Alerte ! doit donc s'empoigner avec une concurrence apoplectique en la matière. Que ce soit le bien nommé Contagion (Steve Soderbergh, 2011), Virus (Kinji Fukusaku, 1980), Blindness (Fernando Meirelles, 2008), ou encore Pontypool (Bruce McDonald, 2009), tous ces films ont connu les faveurs et les ferveurs de critiques pour le moins dithyrambiques.
Issu de l'univers du court-métrage, Wolfgang Petersen est un metteur en scène germanique qui va ériger sa notoriété dès l'orée des années 1980, avec Das Boot (1981), un film de guerre qui le propulse subrepticement au faîte de sa gloire.

A postériori, il enchaînera avec L'histoire sans fin (1984), Enemy (1985), Dans la ligne de mire (1993), Air Force One (1997), En pleine tempête (2000), Troie (2004), Poséidon (2006), ou encore Braquage à l'allemande (2016). Nonobstant certaines exceptions édifiantes, Wolfgang Petersen fait donc figure de petit tâcheron et n'est pas exempt de choix malencontreux. Preuve en est avec Air Force One et Troie qui n'ont pas laissé un souvenir inoubliable, loin de là... Autant l'annoncer sans ambages, avec Air Force One, Alerte ! est sans doute le métrage le plus modique et le calamiteux de sa filmographie. Même les critiques, plutôt clémentes à l'égard du genre catastrophe, font preuve de pondération. Nous sommes dans les années nonante et les incidents climatiques, la menace virale, voire extraterrestre sont de retour sur nos écrans, pour le plus grand désarroi du spectateur médusé.

téléchargement (1)

Pour les amateurs patentés de nanars, Volcano, Le Pic de Dante, Independence Day et Armageddon auront au moins pour appétence de divertir ingénument leur audimat via des trames scénaristiques amphigouriques et un discours partial, voire ultra patriotique. Mais au moins, le public en avait pour sa pécune via plusieurs saynètes d'action, certes outrageantes, mais à minima divertissantes. Avec Alerte !, Wolfgang Petersen ne mise aucunement sur le spectaculaire, mais sur une tension palpable, ineffable et permanente.
Reste à savoir si Alerte ! remplit au moins doctement son office... Et la réponse est évidemment négative... A tel point que l'on est légitimement en droit de se demander comment cette production exsangue et falote a pu coaliser un tel casting, à savoir Dustin Hoffman, Morgan Freeman, Rene Russo, Donald Sutherland, Kevin Spacey, Cuba Gooding Jr., J.T. Walsh, Zakes Dye, Patrick Dempsey et Malick Bowens.

Indubitablement, Alerte ! mériterait de figurer sur Nanarland, un site avisé et pittoresque qui répertorie les mauvais films sympathiques. Attention, SPOILERS ! (1) Un virus hémorragique mortel, le virus Motaba, est introduit en Californie par un singe importé du Zaïre, se propage à la vitesse de l'éclair dans la ville de Cedar Creek, menaçant ainsi le continent américain. Premier à pressentir le terrible danger, le colonel Sam Daniels se démène pour empêcher que ce virus anéantisse la totalité de la population, tandis que l'armée se prépare à raser la petite ville. 
Le singe porteur de la maladie, qui a développé une résistance, est capturé peu avant la destruction de la ville. Un antisérum est rapidement mis au point ce qui permet de sauver les personnes atteintes (1). Pour l'anecdote superfétatoire, Le virus fictif Motaba s'inspire des ravages (bien réels) du virus Ebola. 

téléchargement

 

C'est sans doute la raison pour laquelle Alerte ! a eu un certain impact au moment de sa sortie dans les salles obscures. Corrélativement, la République démocratique du Congo doit lutter et se débattre avec une nouvelle épidémie d'Ebola. Hélas, les qualités médiumniques de Wolfgang Petersen s'arrêtent bien là. Certes, contrairement à Volcano, Armageddon et leur kyrielle de consortiums, Alerte ! élude la moindre profusion d'action. Malencontreusement, c'est aussi la principale carence de ce film catastrophe, fastidieux de la première à la dernière minute.
D'une durée exponentielle de deux heures et huit minutes, Alerte ! se polarise presque exclusivement sur la recherche chimérique d'un primate. Sur ces entrefaites, le long-métrage tergiverse continûment sur les relations éparses entre divers protagonistes.

Dans ce salmigondis filmique, seul Dustin Hoffman surnage. Le comédien en déveine doit se réconcilier avec Robby, son ex-épouse. Il doit également convaincre ses oligarques de la menace que constitue l'expansion du virus Motaba. Il s'empoigne alors avec une oligarchie aux intentions belliqueuses. Le virus Motaba constitue l'arme biologique idoine pour de futures guerres et d'éventuelles belligérances. Vous avez baillé et même soupiré durant ces explicitations fastidieuses ? Rassurez-vous, c'est normal ! Bienvenue dans Alerte !, un long-métrage catastrophe qui fonctionne (dysfonctionne...) sur un rythme un peu trop peinard, des figures archétypales (entre les scientifiques investis et les militaires soudoyés), des dialogues ineptes et surtout cette absence de toute tension narrative. 
Le ton se veut solennel via toute une salve de péripéties inconséquentes et au mieux insignifiantes. 

A juste titre, on pourrait aisément qualifier Alerte ! de "naveton" avarié. En l'occurrence, il serait davantage préférable d'évoquer un petit nanar enkysté par ses propres comédiens. Mention spéciale à Rene Russo qui ne sert strictement à rien, à Donald Sutherland qui campe un oligarque militaire à la fois retors et fallacieux et surtout à Morgan Freeman, d'une rare indigence. Indiscutablement, ce long-métrage catastrophe suinte le manque, voire l'absence de toute direction d'acteurs. Même Dustin Hoffman, qui s'en sort plutôt honorablement, a toutes les peines du monde à faire valoir son personnage de scientifique opiniâtre. La faute incombe à des dialogues ineptes et à la limite du funambulesque.
Par ailleurs, le film de Wolfgang Petersen échappe de justesse à noter courroux fatidique, justement à cause de son scénario convenu et prévisible des kilomètres à l'avance ! Filmé avec le pied gauche du cinéaste, Alerte ! tente bien de s'illustrer via cette poursuite poussive en hélicoptère. Hélas, rien n'y fait. Ce long-métrage suinte le dilettantisme à plein nez. Bref, si vous voulez faire une bonne farce à un ami pour son anniversaire, offrez-lui ce nanar frelaté. 

 

 

Côte : Nanar

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alerte_!