Portraits_of_Andrea_Palmer

 

Genre : drame, pornographie, trash, extrême (interdit aux - 18 ans)
Année : 2018
Durée : 1H14 min 

Synopsis : Andrea Palmer (Katrina Zova), une cam girl solitaire, passe ses journées à dormir, à se défoncer et effectue des shows sexuels en solo pour ses fans en ligne. Un de ses clients lui offre une offre une opportunité à Los Angeles. Andrea laisse tout derrière elle et s'envole pour Los Angeles et ce pour le PIRE…

 

La critique:

Tout d'abord, il convient de noter que ce film contient des scènes de sexe explicites, y compris de pénétrations, de bondage, triolisme, alors soyez prévenus (les enfants, au dodo !). Ce film est certes pornographique, mais ces scènes de sexe ne sont pas excitantes (oubliez tout onanisme ou bien revenez sur cam4, youporn et autres joyeusetés, j’ai nommé heavy-r (scatologie, urologie, tout est possible, demandez la carte !), ici, on pénètre (bande de coquins) dans l’obscur, la malaisante industrie du sexe (prostitution, tournage de porno …), rien ne sera épargné à cette pauvre Andrea convergeant vers un final anthologique qu’un certain GEORGES EASTMAN et son pote JOE d’AMATO (période « je tourne des films convenables donc d’horreurs ») auraient apprécié.

En préambule, présentons Katrina Zova de son vrai nom Katrina Kox, actrice se vouant intégralement dans le porno, notamment:

2015 : Sperm Diet (assurément une référence dans le genre !)

2014 : Hardcore Gangbang, TS PLAYGROUND et autres pitreries du genre…

Jusqu’au jour ou deux réalisateurs inconnus décident de narrer un portrait sans concession d’une certaine Andrea Palmer, donnant le rôle principal à une actrice x reconnue dans son milieu …

Combien d’actrices x ont réussi une reconversion vers un sage cinéma ? Traci lords (mon fantasme de jeune adolescent ! Je l’avoue) mais tournant dans des séries B, voire Z ; Brigitte Lahaie (quelques films de FRANCO, ROLLIN... et des apparitions ici et là dans d’obscures pellicules), Marylin CHAMBERS (Derrière la porte verte : un chef d’oeuvre absolu) tournera avec le grand CRONENBERG, trop peu et c’est injuste tant elles méritaient d’être considérées ACTRICES SANS X !

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Puis vint Katrina Zova, assumant son statut en transcendant son rôle, lui conférant une légitimité tant elle transfigure, porte Andrea : et Katrina devint Andrea. Le rôle ULTIME si je puis dire. En quelque sorte, nous voici revenu dans les années 70 où le porno pouvait accoucher d’une œuvre d’art (Derrière la porte verte, Café Flesh, les films de DAMIANO…), un temps où louer sa K7 SCHERZO était un gage d’entrevoir une porte permettant l’accession à un imaginaire voluptueux ; les années 80 et la vidéo annihileront tout espoir ; la Femme deviendra Femelle tout juste bonne à satisfaire L’HOMME dans ses besoins hygiéniques et fantasmatiques... Seule DESPENTES réussira avec son BAISE-MOI, une œuvre « nihiliste »... Et vint par la suite le NEANT…

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Nous revoici en 2018, et un putain de film nous ouvre ses noirs abîmes… Voici le récit troublant et ce, en six actes, d’une travailleuse du sexe qui se rend sur la côte ouest pour réaliser ses rêves, espérant un légitime bonheur, le doux soleil de LOS ANGELES promettant un radieux avenir.

« Que nenni, ma princesse, ton conte n’existera pas tant les sinueux chemins te perdront ; ce que tu sèmeras, tu le perdras, ô belle dulcinée, tu désirais tant... Mais la bête veillait… A chercher ton vaillant bonheur, tu rencontras moult adultes peu scrupuleux profitant de ta naïveté confondante, tes névroses te déchirant tel un animal égorgé fuyant son destin ».

La dure réalité rattrapera Andrea, son imaginaire royaume sombrera, l’enfer de DANTE s’ouvrira et seule confrontée aux innommables perversions de l’homme, Andrea plongera jusqu’au paroxystique final où sperme, sang et boyaux ponctueront l’oeuvre, Dante, je vous dis, neuf cercles …

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Tourné manifestement en 16 mm, le film retrouve le grain des années 70, alternant couleur et noir et blanc ; l’esthétisme réfléchi séduit tant le montage kaléidoscopique reflète la psyché d’Andrea. Jamais (ou rarement) dans un film à caractère pornographique un tel portrait n’avait pas été aussi malaisant, porté par une bande sonore et une chaotique musique délivrant une putride atmosphère convergeant fatalement à une tragédie irréversible. Film brut et dépravé, ne reculant devant aucun tabou, reflet d’une société égocentrique où le malheur de l’autre (notre frère, notre sœur) importe peu ; film rare et précieux, cathartique, un putain de film, je vous dis.

Merci Katrina…

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Le film existe en DVD et en vostf chez spasmo vidéo (les Iskanov aussi : ses trois chefs d’œuvres, dont Philosophy of a knife en vosfr donc…). Je ne peux décemment pas noter un tel film et ce, par respect pour KATRINA, mille excuses ou bien énoncer ceci :

 

KATRINA/ 20

 

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