Fantom-Kiler-3-2003-movie-Roman-Nowicki-6

Genre : horreur, gore, trash, extrême, érotique, pornographie, slasher (interdit aux - 18 ans) 
Année : 2003
Durée : 1h36

Synopsis : Les prostituées, strip-teaseuses et autres représentantes de l'industrie du sexe vivent dans la terreur depuis qu'elles sont les proies d'un mystérieux psychopathe sanguinaire. Pour les deux inspecteurs chargés de l'enquête, ces meurtres terrifiants sont de nouveau l'oeuvre de celui que les médias ont surnommé le tueur fantôme. Le célèbre maniaque se révèle plus déterminé que jamais et désormais prêt à toutes les atrocités pour éliminer celles qui vivent dans la luxure ! 

 

La critique :

Non, nous ne commettrons pas l'offense de réitérer l'historique du snuff movie puisque nous l'avons déjà stipulé à maintes reprises lors de nos chroniques éparses et disparates. Pourtant, il sied de rappeler que la genèse de ce sous-genre du cinéma d'exploitation remonte sans doute à l'excellent Le Voyeur, aka Peeping Tom (Michael Powell, 1960), un thriller horrifique tancé et rabroué en son temps, probablement en raison de la sortie concomitante de Psychose (Alfred Hitchcock, 1960). Certes, d'un point de vue formel, Le Voyeur n'est pas vraiment un snuff movie, à savoir un film clandestin filmant les exactions d'un tueur en série via une caméra anonyme.
Mais le long-métrage de Michael Powell préfigure déjà cette dilection pour cette scopophilie obsessionnelle, voire maladive.

Ainsi, le spectateur hébété est sommé de suivre les pérégrinations de Mark Lewis, un opérateur-caméra, obsédé par l'image, et en particulier par cet instant fatidique qui vient assaillir une malheureuse victime. A l'aide de sa caméra scoptophile, Mark se polarise sur cet ultime trépas, la personne martyre exhalant son ultime soupir. En l'occurrence, Le Voyeur influencera et générera toute une pléthore d'épigones. Indubitablement, des films tels que Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980) et la série des Guinea Pig (notamment les segments intitulés Devil's Experiment et Flesh of Flowers and Blood) ne sont, in fine, que des palimpsestes de Peeping Tom, un chef d'oeuvre morbide auquel ils empruntent ce didactisme morbide ; à savoir cette appétence pour cette frontière ténue entre la fiction et la réalité. Tel est le principal leitmotiv du cinéma underground.

24118-fantom-kiler-3-14

 

Et c'est ce qu'a parfaitement compris Roman Nowicki via Fantom Killer, sorti en 1998. Certes, à l'instar de ses sinistres antécesseurs, Fantom Kiler n'est pas vraiment un snuff movie, mais il en épouse à la fois les rudiments et les linéaments puisqu'il est question, là aussi, d'un tueur en série qui filme de jolies femmes dépoitraillées avant de les séquestrer, de les mutiler et de les supplicier. Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Oui, par certaines contiguïtés, Fantom Kiler n'est qu'un lointain cousin de Peeping Tom, le raffinement et l'entregent en moins...
Hélas, et vous vous en doutez, la métaphore s'arrête bien là. A contrario, Fantom Kiler n'a pas du tout les mêmes présomptions ni velléités. En outre, Fantom Kiler s'approxime davantage à une série B (série Z...) désargentée, mais qui aura connu les firmaments de la gloire via le support vidéo.

Contre toute attente, cette bisserie adventice flagorne et enjôle les laudateurs du cinéma trash. Plus qu'un snuff movie, Fantom Kiler s'accointe davantage avec le "porno gore", un néologisme qu'un certain Andreas Bethmann s'est accaparé. Le cinéaste germanique s'est autoproclamé comme le chantre du "porno gore" et n'a jamais caché son extatisme pour le cinéma de Joe d'Amato. Indiscutablement, Roman Nowicki a beaucoup apprécié les films d'Andreas Bethmann (Demon Terror, K3 - Prison of Hell, Exitus Interruptus et Exitus 2 - House of Pain) et de Joe d'Amato (Anthropophagous, Horrible, La nuit fantastique des morts-vivants et Blue Holocaust), un peu trop sans doute...
Pourtant, nonobstant son budget famélique, Fantom Kiler se montrait suffisamment philanthrope pour satisfaire l'appétit pantagruélique des amateurs patentés du cinéma underground.

24123-fantom-kiler-3-19

Interdit aux moins de 18 ans, Fantom Kiler s'acoquine davantage avec la pornographie, les impudicités et les parties d'agapes et de priapées. Paradoxalement, le film se montrait plutôt pingre en termes d'érubescences et d'insanités. Grisé par ce succès inopiné, Roman Nowicki transmute le premier chapitre en tétralogie lubrique et rutilante. Fantom Killer 2 (1999) s'immiscera dans les affres de la désuétude et de la fastidiosité. Il nous reste donc à chroniquer Fantom Kiler 3 (2003) et Fantom Kiler 4 (2008) dans nos colonnes diffuses. Aujourd'hui, c'est le cas du troisième opus qui fait l'objet d'une rubrique dans les coursives sporadiques de Cinéma Choc.
En l'occurrence, la distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Eliza Borecka, Andrej Jass, Magda Szymborska et Katarzyna Zelnik ; mais j'en doute... 

Attention, SPOILERS ! Les prostituées, strip-teaseuses et autres représentantes de l'industrie du sexe vivent dans la terreur depuis qu'elles sont les proies d'un mystérieux psychopathe sanguinaire. Pour les deux inspecteurs chargés de l'enquête, ces meurtres terrifiants sont de nouveau l'oeuvre de celui que les médias ont surnommé le tueur fantôme. Le célèbre maniaque se révèle plus déterminé que jamais et désormais prêt à toutes les atrocités pour éliminer celles qui vivent dans la luxure ! Alors, quid de neuf dans l'univers corseté de Fantom Kiler ?
Réponse : pas grand-chose, ou alors peu ou prou. Après un second volet anémique, Roman Nowicki se doit de toiser derechef les firmaments de la turpitude et de l'indécence. En outre, Fantom Kiler 3 remplit partiellement son office. 

24124-fantom-kiler-3-20

Via ce troisième chapitre, le metteur en scène roumain élude la profusion de palabres et de verbiages. Même la mise en scène a gagné en diligence, en dépit d'une certaine pingrerie dans la photographie et certains effets stylistiques un peu trop appuyés. Mais au moins, Fantom Kiler 3 se montre plutôt munificent pour étaler la barbaque et la tripaille. Pour le moment, on tient sans doute le volet le plus sanguinaire de la franchise (en attente de visionner le quatrième épisode...). Certes, Fantom Kiler 3 ne brille guère par sa courtoisie ni sa bienséance.
Au programme, ce sont toujours de jolies gourgandines qui se déhanchent et aguichent la gente masculine. Mais cette fois, les mijaurées se regimbent contre leurs vils oppresseurs. 
Au détour d'une saynète rougeoyante, c'est une gourgandine qui s'empare d'une tronçonneuse et s'insurge contre le serial killer de service. On pourrait presque invoquer une sorte de Massacre à la Tronçonneuse, version misogyne. Toutefois, il serait sans doute temps de cesser les belligérances.
A défaut de se renouveler, Fantom Kiler 3 itère peu ou prou les mêmes séquences analogiques et s'adresse, de facto, aux louangeurs invétérés de la franchise ; tout du moins si ces derniers existent encore... Ma note finale fera donc preuve de miséricorde. Chronique succincte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film.

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver