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Genre : horreur, gore, épouvante, slasher, fantastique, home invasion (interdit aux - 16 ans) 
Année : 1989
Durée : 1h30

Synopsis : Un fabricant de poupées trouve une formule égyptienne permettant d'insuffler la vie à des objets inanimés. Il la teste sur ses poupées qu'il nomme les Puppet Masters, avant de mourir. Mais quelques années plus tard, les Puppet Masters reviennent à la vie... 

 

La critique :

Lorsque l'on évoque les poupées démoniaques au cinéma, on songe invariablement à Chucky, la célèbre poupée sanguinaire. Durant les années 1980, la sortie de Jeu d'Enfant (Tom Holland, 1989) réinvente et renouvelle le slasher avec plus ou moins de méticulosité et de solennité. Le scénario est aussi simplissime que lapidaire. Charles Lee Ray, un sociopathe, est grièvement blessé suite à une rixe avec la police. Alors que le criminel exhale son dernier soupir, il invoque les forces occultes et lucifériennes pour transférer son esprit psychopathe à travers le corps mécanique d'un automate.
Chucky est né et appartient désormais à la culture populaire américaine. Grisés par ce succès inopiné, les producteurs avides et mercantilistes transmutent le premier chapitre en une saga redondante et interminable. 

Si Chucky, la poupée de sang (John Lafia, 1990) remplit doctement son office, les épisodes alternatifs et consécutifs signent la déréliction progressive de la poupée sanguinolente. Preuve en est avec un Chucky 3 (Jack Bender, 1991) de sinistre mémoire. Puis, la franchise s'oriente vers les rodomontades et les truculences via La fiancée de Chucky (Ronny Yu, 1998) et Le Fils de Chucky (Don Mancini, 2004). Chucky n'est donc plus cette poupée acariâtre et licencieuse de naguère. Impression corroborée par La Malédiction de Chucky (Don Mancini, 2013) et Le Retour de Chucky (Don Mancini, 2017). Seule exception notable, la sortie récente de Child's Play - La Poupée du Mal (Lars Klevberg, 2019) a permis à la poupée bilieuse de retrouver une once de verve et de luminescence.
Evidemment, un tel épiphénomène ne pouvait pas escarper bien longtemps au cinéma bis.

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Chucky n'est donc pas la seule poupée atrabilaire à attiser et à susciter les appétences du cinéma d'épouvante. Les thuriféraires de ce sous-registre du cinéma d'exploitation n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Dolls - Les Poupées (Stuart Gordon, 1987), Dolly Dearest (Maria Lease, 1991), la trilogie consacrée à Annabelle, Demonic Toys (Peter Manoogian, 1992), ou encore Trilogy of Terror (Dan Curtis, 1975) parmi les longs-métrages éventuellement notoires. Evidemment, le succès impromptu de toutes ces séries B incongrues inspire et influence toute une pléthore d'épigones, le plus célèbre se nommant Puppet Master, réalisé par la diligence de David Schmoeller en 1989. Cette bisserie impécunieuse est également produite par Charles Band, un autre parangon patenté du cinéma bis. Que ce soit en tant que cinéaste ou financeur, Charles Band va faire de la poupée démoniaque son principal leitmotiv.

On lui doit notamment Ghoulies (1985), Troll (1986), Hideous ! (1997), ou encore Blood Dolls (1999). Contre toute attente, Puppet Master va toiser les firmaments des oriflammes lors de son exploitation en vidéo. Extatique, Charles Band transmute ce premier chapitre en une dodécalogie interminable. Ainsi, Puppet Master 2 (Dave Allen, 1991), Puppet Master 3 - La revanche de Toulon (David DeCoteau, 1992), Puppet Master 4 (Jeff Burr, 1993), Puppet Master 5 - The Final Chapter (Jeff Burr, 1994), Puppet Master 6 - Le retour des Puppet Master (David DeCoteau, 1998), Puppet Master 7 - Retro Puppet Master (David DeCoteau, 1999), Puppet Master 8 - The Legacy (Charles Band, 2003), Puppet Master X - Axis Rising (David DeCoteau, 2010), Puppet Master Vs Demonic Toys (Ted Nicolaou, 2004) et Puppet Master - The Littlest Reich (Tommy Wicklund et Sonny Laguna, 2018) seront presque réalisés, griffonnés et produits dans la foulée.

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Selon les amateurs les plus invétérés de la franchise, seuls les volets 2 et 3 seraient probes et recommandables, la qualité de la saga étant plutôt erratique, voire famélique. Les aficionados considèrent également le premier opus comme une série B plutôt honorable. Mais, à priori, c'est le dernier chapitre en date - Puppet Master - The Littlest Reich - qui remporte arrogamment la palme du gore, de l'avanie et de l'indécence. Aujourd'hui, c'est le cas du tout premier épisode qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes éparses. A la fois acteur, monteur, producteur, réalisateur et scénariste américain, David Schmoeller fait partie des chantres de la série B.
Le metteur en scène n'a jamais caché sa dilection ni son effervescence pour le cinéma d'épouvante. On lui doit, entre autres, Tourist Trap - Le Piège (1979), Le jour de la fin des temps (1980), Fou à Tuer (1986), ou encore Ghost Town (1988).

Si Puppet Master s'est largement répandu dans la culture populaire américaine, la franchise n'a pas connu la même ferveur dans nos contrées hexagonales. Par exemple, les chapitres 4, 5, 9, 10, 11 et 12 restent inédits chez nous. La distribution de Puppet Master premier du nom se compose de Paul Le Mat, William Hickley, Jimmie F. Skaggs, Robin Frates, Irene Miracle, Matt Roe et Kathryn O'Reilly. Attention, SPOILERS ! Un fabricant de poupées trouve une formule égyptienne permettant d'insuffler la vie à des objets inanimés. Il la teste sur ses poupées qu'il nomme les Puppet Masters, avant de mourir. Mais quelques années plus tard, les Puppet Masters reviennent à la vie... 
L'air de rien, Puppet Master reste un véritable épiphénomène dans la culture du cinéma d'épouvante. Si ce premier opus compte désormais trente années au compteur, il s'adresse néanmoins à un public averti.

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Ce n'est pas aléatoire si ce premier volet est interdit aux moins de 16 ans. Certes, Puppet Master n'a pas vraiment pour velléité de coudoyer les impudicités du cinéma underground, loin de là... Formellement, ce tout premier essai s'approxime à une sorte de curieux maelström entre le fantastique, le slasher, le huis clos anxiogène, le home invasion et les poupées atrabilaires. Certes, Puppet Master n'est pas vraiment un home invasion dans le sens galvaudeux du terme. Ici, ce sont donc pas les automates criminels qui assaillent subrepticement les habitants d'une demeure opulente, mais plutôt l'inverse... En l'occurrence, ce sont des convives qui exhument les poupées de leurs sépulcres.
Tous - sans aucune exception - sont des individus avides et cupides qui cherchent à percer le mystère ineffable d'André Toulon.

Ainsi, la première segmentation de Puppet Master se polarise presque exclusivement sur des protagonistes humains sans grande envergure. Durant presque 45 minutes, les spectateurs médusés devront donc faire preuve de longanimité et composer avec de nombreux verbiages. Autant l'annoncer sans fard. Cette première partie est aussi soporative que fastidieuse et atténue considérablement l'impact - parfois viscéral - du film. Mais une fois les animosités mises en place, bienvenue dans un véritable festival de supplices, de stridulations et de tripailles !
C'est la seconde partie de Puppet Master, beaucoup plus affable que la première. Contre toute attente, ce sont les poupées spécieuses et fallacieuses qui chipent la vedette au reste du casting humain. Une certaine diligence a donc été apportée à la confection et à l'animation des automates. 
Sur ces entrefaites, Puppet Master requiert le concours et l'entregent de la stop-motion (image par image). Indubitablement, cette série B possède un certain potentiel qui, par ailleurs, sera totalement anéanti à postériori ; à l'exception des chapitres 2, 3 et 12. Toujours la même antienne...
Au moins, avec ce premier chapitre en guise de préambule, David Schmoeller et Charles Band créent une nouvelle mythologie. Malencontreusement, ce premier essai est parfois victime de ses propres louvoiements et atermoiements. Sans sa première partie sporadique, Puppet Master aurait pu toiser les firmaments de la turpitude. 
En l'état, Puppet Master premier du nom mérite - ni plus ni moins - qu'une mention convenable, une prouesse que ne réitéreront pas la plupart des chapitres consécutifs.

 

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver