chevaliers du zodiaque légende du sanctuaire

Genre : fantastique, action, animation  
Année : 2015
Durée : 1h33

Synopsis : Au commencement, il y avait une Déesse chargée de protéger la Terre, Athéna. Gardienne de l'équilibre, elle fut cachée des Forces du Mal. Quand sa vie est menacée, Seiya et les Chevaliers de Bronze endossent leurs armures. Ce sont les Protecteurs d'Athéna, les Chevaliers du Zodiaque. Pour sauver leur Déesse et l’avenir de la Terre, ils vont devoir atteindre le Sanctuaire du Grand Pope et y affronter sa légendaire armée des 12 Chevaliers d'Or. La plus grande bataille des Chevaliers du Zodiaque débute aujourd'hui. 

 

La critique :

Saint Seiya, soit Les Chevaliers du Zodiaque dans l'idiome de Molière, un nom qui rimaille avec Le Club Dorothée, un programme télévisé désormais désuet, mais plutôt magnanime en termes de mangas animés. Qu'ils se nomment Goldorak (Go Nagai, 1975), Dragon Ball (Akira Toriyama, 1994), Nicky Larson (Kenji Kodama, 1987 - 1988), Olive et Tom (Yoichi Takahashi, 1983 - 1986), Ranma 1/2 (Tomomitsu Mochizuki, 1989 - 1992), ou encore Ken le Survivant (Toyoo Ashida, 1987), toutes ces séries d'animation japonaises érigeront la notoriété, voire la quintessence du Club Dorothée
Sous la direction de Kozo Morishita (épisodes 1 à 73) et de Kazuhito Kikuchi (épisodes 74 à 114), 
Les chevaliers du zodiaque s'auréolera lui aussi de gloriole et de popularité. Adapté d'une série de mangas, Les chevaliers du Zodiaque devient même l'égérie du Club Dorothée.

A l'instar de Ken le Survivant, la série d'animation nippone ne badine avec la violence et propose toute une kyrielle de saynètes virulentes. En raison de ce même barbarisme, le Club Dorothée sera sommé d'euphémiser ses ardeurs. Mais, au-delà de cette âpreté qui ulcère la parentèle, Les chevaliers du Zodiaque s'appuie sur une mythologie singulière et émaillée par des entités divines et des protecteurs fidèles à leur dévotion d'origine. D'une façon générale, Saint Seiya s'appuie sur une trame narrative plutôt laconique, où il est question - derechef - de cette lutte incessante entre le bien et le mal. Les qualités que doit revêtir un chevalier sont la pugnacité et la vaillance au combat. Ainsi, la série se fragmente en plusieurs sections bien distinctes.
La première conduira nos preux chevaliers de bronze (Seiyar, Shiryu, Hyôga, Shun et Ikki) à se colleter avec le sanctuaire, en particulier avec les chevaliers d'or.

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Pour vaincre et terrasser ces adversaires redoutables, ils devront s'éveiller, puis maîtriser le septième sens. L'arc suivant nous transportera dans le froid sibérien via l'arc d'Asgard. Puis, la série perdra peu à peu de sa verve et de sa luminescence avec l'arc de Poséidon. Les martialités deviennent poussives et tautologiques. Quant au chapitre Hadès, il fait régulièrement polémique auprès des thuriféraires de longue date. Si certains avis sont plutôt panégyristes, d'autres se montrent beaucoup plus pondérés. A l'unanimité générale, c'est l'arc du sanctuaire qui remporte les acclamations et les suffrages unanimes. Il était donc temps de transposer cette segmentation via un film d'animation, intitulé Les Chevaliers du Zodiaque - La Légende du Sanctuaire, réalisé par la diligence de Keeichi Sato en 2015. Comme l'indique le titre du long-métrage, Les chevaliers du Zodiaque - La légende du Sanctuaire est censé reprendre (résumer...) la première partie de la série animée en seulement une heure et demie de bobine.

Au moment de sa sortie, La légende du sanctuaire n'échappe pas aux quolibets et aux acrimonies de circonstance. Les laudateurs de la première heure ne pardonnent pas certains choix approximatifs et surtout toute une pléthore de raccourcis scénaristiques. A contrario, le public apprécie plutôt cette transposition des tribulations de Seiyar et de sa bande en images de synthèse. Reste à savoir si Les Chevaliers du Zodiaque - La Légende du Sanctuaire justifie -ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique. Par décence, nous éluderons de citer les comédiens japonais qui prêtent leurs voix à cette série de belligérances.
Au niveau des vois françaises, on relève les noms de Maxime Donnay, Pierre Lognay, Alexandre Crepet, Olivier Premel, Laurent Bonnet, Sophie Frison, Bruno Mullenaerts et Philippe Résimont.

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Mais trêve de palabres et de verbiages et passons à l'exégèse du film ! Attention, SPOILERS ! (1) Lors d'une bataille entre Aiolos et Saga, le premier cherchant à protéger le bébé Athéna et le second à la tuer, finiront sur un point d'égalité, Athéna restant en vie. Un peu après, lors d'une expédition au Tibet, Mitsumasa Kido trouve Aiolos (en train d'agoniser) et un bébé qu'il lui présente comme la réincarnation d'Athéna. Celui-ci lui confie Athéna en lui demandant de la protéger et d'attendre ses protecteurs qui seront prêts dans 16 ans. Seize ans plus tard, Athéna a été appelée Saori Kido par Mitsumasa qui l'a élevé en prétendant être son grand-père, elle se rend à l'aéroport où elle est conduite par son majordome Tokumaru Tatsumi qui lui révèle qu'elle est la réincarnation d'Athéna et quel est son destin.
C'est alors qu'une attaque ayant pour but de la tuer éclate, puis Seiya surgit et frappe son agresseur, accompagné de Shiryu, Hyoga et Shun… (1)

Indubitablement, cette transposition de l'arc du sanctuaire risque de diviser les aficionados originels. D'un côté, certains esprits affables salueront peut-être (probablement...) cette adaptation pour sa munificence en termes de martialités. Force est de constater que l'on ne s'ennuie jamais... Une certaine éruditiona été apportée aux effets digitaux et visuels, ainsi qu'à l'animation. Les armures ont été remaniées et nos célèbres protagonistes ont subi un relooking. Oui, on a plaisir à retrouver Seiyar et sa bande. Seul bémol et pas des moindres, le manga a perdu cette causticité de naguère.
Pour souvenance, la série originale se montrait plutôt avenante en termes d'hémoglobine et de pugilats rutilants. Si on retrouve momentanément cette fulgurance, le sang est étrangement absent des belligérances. 

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Hélas, ce n'est pas la principale carence de Les Chevaliers du Zodiaque - La Légende du SanctuaireEn raison de son format élusif, le long-métrage d'animation fait sciemment fi de l'enfance de Seiyar et de ses fidèles prosélytes. De facto, on ne parvient jamais à s'attacher à nos héros de bronze, et encore moins à faire voeu d'ingérence à leur cause. Bien conscient de la vacuité et de l'inanité de cette transposition sur pellicule, le réalisateur, Keeichi Sato multiplie les rixes à une vitesse astronomique. Là où certains combats de la série s'échelonnaient sur trois, voire quatre épisodes.
Ici, les animosités s'échelonnent sur deux ou trois minutes de bobine. Le long-métrage s'évade parfois dans un humour approximatif et digressif. Ainsi, le chevalier du Cancer se transmute subrepticement en danseur de cabaret orfèvre. 
On croit fabuler... Le prologue final est expressément expédié. Cette adaptation côtoie donc les affres de l'indigence. Keeichi Sato s'échine à retranscrire l'arc du sanctuaire, une gageure impossible à tenir sur une durée aussi laconique. En l'occurrence, il aurait été préférable de proposer une toute autre aventure via de nouveaux oppresseurs et adversaires.
En résulte une adaptation beaucoup trop académique et superficielle. Seule la transposition en images de synthèse mérite un coup d'oeil évasif. Allez, par miséricorde, on accordera à Les Chevaliers du Zodiaque - La Légende du Sanctuaire une mention passable, mais ce long-métrage mérite sans doute moins, beaucoup moins...

 

 

Note : 10/20

sparklehorse2 Alice In Oliver