justice league

Genre : science-fiction 
Année : 2017
Durée : 2 heures

Synopsis : Après avoir retrouvé foi en l'humanité, Bruce Wayne, inspiré par l'altruisme de Superman, sollicite l'aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d'une attaque apocalyptique…  


La critique :

Ce n'est un secret pour personne. Cela fait désormais deux décennies que les super-héros prolifèrent dans la sphère cinématographique. C'est sans aucun doute le premier X-Men (Bryan Singer, 2000) qui relance l'engouement et l'effervescence de l'audimat pour ces "hommes" (parfois des extraterrestres), subrepticement nantis de pouvoirs pharaoniques. Sur ces entrefaites, les firmes Marvel et DC Comics peuvent entamer les belligérances. Désormais évincé de la course pour le podium, DC Comics tente d'ébranler l'hégémonie rogue de Marvel dans l'univers galvaudé des super-héros. Peine perdue, une autre firme omnipotente, Walt Disney, a déjà préempté la saga Star Wars pour la soudoyer vers de nouvelles trilogies, séquelles et spin-off.
Un jour ou l'autre, elle aussi viendra s'immiscer dans cette série de rixes et de martialités.

Paradoxalement, ce tropisme pour les super-héros traduit aussi l'anomie de l'industrie hollywoodienne actuelle. Entre les films de super-héros qui pullulent à tous crins, les gros films d'action aseptisés, les reboots, les séquelles, les spin-off et les remakes (bis repetita), le blockbuster américain s'illustre surtout par ses productions exsangues et analogiques. Heureusement dans cette ribambelle de super-héros (et héroïnes...), on relève tout de même quelques pellicules soyeuses. Les thuriféraires du genre n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Spider-Man (Sam Raimi, 2002), Avengers (Joss Whedon, 2012), Iron Man (Jon Favreau, 2008), The Dark Knight - Le Chevalier Noir (Christopher Nolan, 2008), Les Gardiens de la Galaxie (James Gunn, 2014), Kick-Ass (Matthew Vaughn, 2010), Logan (James Mangold, 2017), Captain America - First Avenger (Joe Johnston, 2011), ou encore Hellboy (Guillermo Del Toro, 2004) par les blockbusters notables et éventuellement notoires.

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Mais un jour ou l'autre, tous ces super-héros devaient se liguer et se coaliser afin de vaincre des forces machiavéliques et ineffables. Ainsi, la franchise Avengers affichait des scores mirobolants au box-office américain et à travers le monde. Iron Man, Thor, Captain America, Hulk et d'autres trublions devaient se concerter pour empêcher notre planète dans le chaos et sous le joug d'extraterrestres guerroyeurs, le tout sous l'assentiment ingénu de l'Oncle Sam. Toujours la même antienne... Evidemment, une production telle que Justice League, réalisée par les soins de Zack Snyder en 2017, a pour velléité de faire ciller l'impérium des Avengers, et plus précisément le césarisme de Marvel sur l'univers des super-héros. La justice league est donc pur produit de DC Comics.
Cette fois-ci, cette collusion associe Batman, Flash, Aquaman, Wonder Woman et Cyborg afin de combattre les forces du mal.

On ne présente plus Zack Snyder. En l'espace d'une quinzaine d'années, le producteur, scénariste et cinéaste chevronné est devenu l'un des parangons du blockbuster américain. 
On lui doit notamment L'armée des morts (2004), 300 (2007), Watchmen - Les Gardiens (2009), Sucker Punch (2011), Man of Steel (2013), ou encore Batman V Superman - L'aube de la justice (2016). La genèse de Justice League remonte au milieu des années 2000, au moment du tournage de Superman Returns (Bryan Singer, 2006). A l'époque, les scénaristes aspirent déjà à adjoindre une équipe à l'homme d'acier. Malencontreusement, Superman Returns se solde par un fiasco commercial et le projet est finalement différé. Puis, Christopher Nolan commence à griffonner plusieurs scénarii.
Quoi qu'il advienne, il sera le grimaud de Justice League.

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Le projet échoit entre les mains de Zack Snyder. Justice League sort sur nos écrans en 2017. Hélas, à l'instar de Superman Returns onze ans plus tôt, le long-métrage est un désastre commercial, tout du moins aux Etats-Unis. A l'étranger, Justice League se solde par des scores honorables. Une suite est alors envisagée, mais certains producteurs se montrent plutôt circonspects à l'idée d'itérer une nouvelle rebuffade commerciale. Même les critiques ne se montrent guère dithyrambiques et fustigent une production atone et inapte à revivifier un genre lui aussi moribond.
Surtout, Justice League souffre inévitablement de la métaphore avec la saga Avengers, une série beaucoup plus éloquente et luxuriante. Reste à savoir si Justice League est bel et bien la déconfiture annoncée.

Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de ce blockbuster plantureux (pléonasme !) se compose de Ben Affleck, Henry Cavill, Gal Gadot, Ezra Miller, Jason Momoa, Ray Fisher, Jeremy Irons, Connie Nielsen, Amy Admas, Diane Lane, J.K. Simmons, Ciaràn Hinds, Amber Heard et Joe Morton. Viennent également s'agréger les caméos de Robin Wright, Kevin Costner, Laurence Fishburne et Willem Dafoe. Justice League peut au moins s'enhardir de coaliser un casting sérénissime. Attention, SPOILERS ! Après avoir retrouvé foi en l'humanité, Bruce Wayne, inspiré par l'altruisme de Superman, sollicite l'aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite.

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Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d'une attaque apocalyptique… Autant l'annoncer sans ambages. Les Avengers peuvent dormir sereinement sur leurs deux esgourdes. Sur la forme, Justice League s'approxime à une sorte de vulgarisation crasse de son illustre antécesseur. Victime de son propre processus d'écriture, Justice League peine à mettre en exergue ses principaux protagonistes. Pour ce qui est des personnages secondaires, Aquaman en tête, ils sont expressément oblitérés.
Chaque rencontre d'infortune se déroule en toute hâte et élude tout enjeu dramatique et scénaristique. Flash passe pour une sorte d'histrion qui amalgame les facéties et les épigrammes.

Wonder Woman devient une justicière erratique qui finit par disparaître dans ce panorama sans relief. Batman est incarné par un Ben Affleck en mode apathique, visiblement encore encombré par ses kilos superflus. Mais la palme de l'indigence revient sans doute à Cyborg, dont la morphologie hideuse fait peine à voir à l'écran... Rarement, un blockbuster aussi opulent aura montré de telles carences. Même certaines images de synthèse sont approximatives et reflètent, bon gré mal gré, les innombrables défectuosités de ce blockbuster inconséquent. Alors que reste-t-il de Justice League ? Réponse : pas grand-chose, ou alors peu ou prou...
Si ce n'est que l'on relève parfois, çà et là, quelques fulgurations élusives. A condition de phagocyter le "bad guy" de service, un certain Steppenwolf. Ce dernier n'est pas le Thanos des deux derniers Avengers, loin de là. 
Il n'est pas cette figure antinomique ni ce grand prince belliqueux doté à la fois de robustesse, de paradoxes et de fringants oripeaux. Non, Justice League n'est pas ce "naveton" avarié et décrié par une presse un peu trop sarcastique. Mais le résultat final suinte le dilettantisme à plein nez. Zack Snyder ne s'en remettra pas, la ligue des justiciers non plus. On exhortera alors les studios à se dispenser d'une suite putative. Si le bilan final n'est pas forcément calamiteux, il s'en rapproche néanmoins allègrement...

 

 

Note : 06.5/20

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