urotsukidoji 2

Genre : horreur, gore, trash, extrême, pornographie (interdit aux - 18 ans)
Année : 1991
Durée : 1h22

Synopsis : Alors qu'Amano continue à chercher le Chojin, le démon dont le destin est de réunir le monde des humains, des hommes-bêtes (les Makais) et des démons (les Jiyujinkais), le jeune Nagumo reste fortement troublé par ses récentes expériences. Mais ce timide adolescent est-il réellement le Chojin ? Son cousin Takeaki agit curieusement depuis une transfusion de sang et intéresse de très près Myunhi Hausen Jr, un dangereux mégalo, fils d'un ancien dignitaire nazi. Amano réussira-t-il à terminer sa quête ? Les trois mondes seront-ils enfin réunis ?  

 

La critique :

Traduit du japonais, le terme "Hentai" signifie à la fois "métamorphose", "transformation" et "perversion". Dans la culture occidentale, ce néologisme renvoie à l'univers du manga et plus précisément à un genre qui amalgame sans fard trash, gore et pornographie ad nauseam. Généralement, le Hentai met en exergue une sexualité débridée (sans mauvais jeu de mots...), la plupart du temps non consentie et se déroulant sous les stridulations et les supplications de la victime. Saphisme, fétichisme, sadomasochisme (ou bondage), triolisme, viol et candaulisme sont les principaux apanages du Hentai. 
Mais ce genre rutilant n'est pas seulement un condensé de stupres, d'impudicités et de bacchanales à tous crins. Le Hentai s'accointe et s'acoquine également avec l'horreur, l'eschatologie, le gore et la science-fiction. Aux yeux du Hentai, l'Humanité est victime de ses propres vices et de son appétence pour l'hédonisme à satiété.

Dans tous les cas, le Hentai rime avec le "X", mais version japonaise. Le sexe est explicitement montré et les protagonistes sont généralement immatures et imberbes. Quant à la pénétration, elle est souvent floutée pour des raisons de censure et surtout inhérente à une culture nippone curieusement pudibonde vis-à-vis de cette même copulation. L'interdiction aux moins de 18 ans est évidemment de rigueur. Que soit. Les thuriféraires de ce sous-registre du cinéma underground n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Prison School (2011 - 2017), Shimoneta (2012 - 2016), Queen's Blade (2009), Shinmai Maou No Testament (2012 - 2019), ou encore Nee, Chanto Shiyou Yo ! (2005) parmi les métrages (ou séries) animés notables et éventuellement notoires.
Vient également s'agréger Urotsukidiki - La Légende du Démon, réalisé par la diligence d'Hideki Takayama en 1989.

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Adapté d'un manga de Toshio Maeda, c'est pourtant la version cinématographique qui va ériger la notoriété d'Urotsukidoji dans l'univers de l'animé en général, et dans le manga en particulier. Par son âpreté, sa virulence et son barbarisme à tous crins, Urotsukidoji - La Légende du Démon (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/06/27/31997627.html) marque cette rupture fatidique et fait office de long-métrage animé quasi révolutionnaire. Pourtant, l'oeuvre originelle est délestée de tout tropisme pour le sadisme et s'achemine sur plusieurs scénarii putatifs.
Opportuniste, Hideki Takayama voit dans ce matériel un immense potentiel, qu'il exploite et dérive vers les ignominies, les viols, les créatures sémillantes et autres impudicités de circonstance. Dans Urotsukidoji, ce sont des adulescentes qui sont copieusement assujetties à des démons lubriques et pervers.

Chaque coït se conclut par l'explosion (ou l'implosion...) de la malheureuse. A l'époque, les jeunes éphèbes en manque de sensations sanguinolentes exultent. Urotsukidoji - La Légende du Démon se solde non seulement par un succès pharaonique sur ses terres nippones, mais s'exporte aussi dans nos contrées hexagonales, au grand dam des associations parentales, sérieusement effarouchées pour l'occasion. Grisé par ce succès inopiné, Hideki Takayama va transmuter le premier chapitre en une saga lucrative et mercantiliste. Ainsi, Urotsukidoji 2 - L'Enfant Errant (Hideki Takayama, 1991), Urotsukidoji 3 - Le Retour du Démon (Hideki Takayama, 1994) et Urotsukidoji 4 - Apocalypse (Noboru Aikewa, 1996) seront produits et réalisés dans la foulée. 
Aujourd'hui, c'est le cas du second chapitre, soit Urotsukidoji 2 - L'Enfant Errant (au cas où vous n'auriez pas suivi...), qui fait l'objet d'une chronique dans nos colonnes éparses.

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Cette suite consécutive reprend donc là où les choses s'étaient arrêtées dans le premier volet. Pour souvenance, le premier Urotsukidoji s'acheminait sur le scénario suivant : selon la légende, trois univers coexistent sur notre planète : le monde des humains, le monde des hommes-bêtes (Jiyujinkai), et le monde cauchemardesque des démons (Makai), capables de se fondre dans le corps de jeunes filles. Tous les 3000 ans, naît Chojin, un démon qui a le pouvoir d'unir ces trois mondes en une Terre d'éternité. Mais qui est le Chojin ? Réponse, c'est un adolescent oisif et lascif (Nagumo) qui a pour responsabilité de coaliser les trois univers. Dans Urotsukidoji 2, Nagumo n'est plus ce thaumaturge censé sauver une humanité en décrépitude. C'est donc sur ce nouveau chemin escarpé que s'immisce cette seconde segmentation. Aux yeux des adulateurs de longue date, Urotsukidoji 2 fait évidemment référence et voeu d'obédience.

A raison, ces derniers sacralisent et déifient une suite toujours aussi brutale, déviante et violente. A l'instar de son auguste antécesseur, Urotsukidoji 2 - L'Enfant Errant est soumis à l'ultime réprobation, soit une interdiction aux moins de 18 ans. A contrario, certains contempteurs fustigent une suite tautologique et fastidieuse qui accumule les saynètes pornographiques à défaut d'un véritable scénario. Autant l'annoncer sans ambages. Cinéma Choc se situe clairement dans cette seconde catégorie. Mais trêve de palabres et de verbiages, et passons à l'exégèse du film.
Attention, SPOILERS ! 
Alors qu'Amano continue à chercher le Chojin, le démon dont le destin est de réunir le monde des humains, des hommes-bêtes (les Makais) et des démons (les Jiyujinkais), le jeune Nagumo reste fortement troublé par ses récentes expériences.

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Mais ce timide adolescent est-il réellement le Chojin ? Son cousin Takeaki agit curieusement depuis une transfusion de sang et intéresse de très près Myunhi Hausen Jr, un dangereux mégalo, fils d'un ancien dignitaire nazi. Amano réussira-t-il à terminer sa quête ? Les trois mondes seront-ils enfin réunis ? Vous l'avez donc compris. Rien n'a changé depuis Urotsukidoji premier du nom. Sur ce dernier point, Urotsukidoji 2 - L'Enfant Errant s'agence sur un script peu ou prou analogique. En résumé, les démons ont toujours soif de sexe et de vengeance.
Nos jeunes éphèbes sont toujours enkystés et inféodés à leurs pulsions archaïques et libidineuses. Mais ce qui faisait le charme du premier opus est ici dévoyé dans une série d'agapes et de priapées rutilantes. Certes, la pornographie franchit un palier supplémentaire dans la scabrosité et l'indécence.

Cependant, le gore, le trash et les morceaux de barbaque sont les grands absents de cette seconde forfaiture sur pellicule. Niveau scénario, Urotsukidoji 2 s'oriente vers le même syllogisme, à savoir cette quête éphémère d'une nouvelle figure omnipotente et tutélaire. Toutefois, même lors du prologue final, nous n'aurons pas plus d'informations sur l'identité de ce messie chimérique. Formellement, Urotsukidoji 2 - L'Enfant Errant réitère la même recette famélique que son illustre devancier, mais avec beaucoup moins de finauderie et de célérité. Quid de la fin du monde ? 
Quid de ces temps funestes et eschatologiques, ainsi que de ces démons qui fomentent de savants complots contre l'humanité ? Là aussi, Urotsukidoji 2 élude de se glisser sur cette route alambiquée, même si cette suite évoque promptement la transcendance des trois mondes. En l'état, Urotsukidoji 2 - L'Enfant Errant ne flagornera que les irréductibles de la première heure. Les autres gloseront et péroreront à raison contre la vacuité de ce second chapitre cataclysmique. Une sacrée gabegie en somme. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

 

 

Note : 07.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver