golden glove film

Genre : horreur, gore, trash, thriller (interdit aux - 16 ans)
Année : 2019
Durée : 1h50

Synopsis : Hambourg, années 70. Au premier abord, Fritz Honka, n’est qu’un pitoyable loser. Cet homme à la gueule cassée traîne la nuit dans un bar miteux de son quartier, le « Gant d’or » (« GoldenGlove »), à la recherche de femmes seules. Les habitués ne soupçonnent pas que Honka, en apparence inoffensif, est un véritable monstre.  

 

La critique :

Il faut se rendre sur le site Topito et en particulier sur le lien suivant (Source : http://www.topito.com/top-serial-killers) pour dénicher et déceler le Top 10 des serial killers américains les plus flippants de l'histoire des Etats-Unis. Bien triste recensement par ailleurs... Que soit. D'Albert Fish à Jeffrey Dahmer, en passant par Ted Bundy et John Wayne Gacy, toutes ces personnalités psychopathologiques ont fait voeu d'allégeance à la nécrophilie, l'anthropophagie et l'ignominie. Indubitablement, les tueurs en série les plus populaires et les plus médiatiques se tapissent chez l'Oncle Sam.
Si, à raison, la société exècre et abhorre ce genre d'individu, paradoxalement leur personnalité déviante passionne aussi bien la presse spécialisée que les experts les plus chevronnés. Par exemple, Stephen King, le célèbre grimaud de la littérature d'épouvante, n'a jamais caché sa dilection pour John Wayne Gacy.

Pour l'anecdote superfétatoire, ce sociopathe se grimait en clown et en saltimbanque pour appâter et enjôler les enfants hospitalisés en service d'oncologie. Corrélativement, cet individu replet, unanimement décrit comme un bon père de famille, séquestrait, ligotait et suppliciait ("Blind, torture, kill") des hommes dans sa cave. La police découvrira, effarée, plus d'une vingtaine de cadavres. En l'occurrence, Stephen King s'inspirera de ce renégat pour son roman Ca. Hélas, les serial killers ne sévissent pas seulement aux Etats-Unis. En France, les psychopathes les plus tristement notoires se nomment Henri Landru, Emile Louis, Jacques Fruminet, Guy Georges ou encore Michel Fourniret.
Hélas, l'Allemagne n'est pas en reste et possède elle aussi son florilège de maniaques, d'aliénés et de décérébrés. 

 

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Des noms tels que Karl Denke, Volker Eckert, ou encore Jurgen Bartsch ont hélas imprimé la population, ainsi que les médias germaniques. Ce n'est pas aléatoire si ces individus écervelés ont suscité les appétences, non seulement de la littérature, mais aussi du noble Septième Art. Preuve en est avec Fritz Honka, un tueur en série allemand, qui a essentiellement sévi entre 1971 et 1974. Evidemment, ce serial killer ne doit pas vous évoquer grand-chose. Pourtant, cet homme falot, insignifiant et de petite taille (1.65 m environ) étrillera plusieurs prostituées dans la ville de Hambourg.
On lui connaît au moins quatre meurtres épouvantables. Fritz Honka conservait précieusement les cadavres chez lui, les tronçonnait, puis collectait les "denrées" (si j'ose dire) dans son appartement vétuste. C'est de façon totalement aléatoire qu'il sera appréhendé par la police.

Le film Golden Glove, réalisé par la diligence de Fatih Akin en 2019, retrace enfin son histoire et ses ignobles forfaitures. Ne cherchez pas. En raison de sa brutalité et de son âpreté, Golden Glove n'a pas eu l'heur de connaître une exploitation dans les salles obscures. A juste titre, le long-métrage est interdit aux moins de 16 ans. Dixit les propres aveux de certaines critiques médusées, on tient là l'un des thrillers les plus sadiques de ces dix dernières années. A contrario, ces mêmes critiques se montrent plutôt dithyrambiques et acclament ce nouvel effort de Fatih Akin.
Reste à savoir si Golden Glove mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... 
A la fois acteur, scénariste, cinéaste et producteur, Fatih Akin démarre sa carrière cinématographique via plusieurs courts-métrages, notamment Sensin - Du bist es ! (1995) et Getürkt (1996), par ailleurs inconnus au bataillon et inédits dans nos contrées hexagonales.

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Il enchaîne alors avec son tout premier long-métrage, L'Engrenage (1998). Viennent également s'additionner Julie en juillet (2000), Solino (2002), Head-On (2004), Crossing the Bridge - The Sound of Istambul (2005), De l'autre côté (2007), Soul Kitchen (2009), Polluting Paradise (2012) et In The Fade (2017). Fatih Akin est donc un metteur en scène issu du cinéma indépendant. Toutefois, le réalisateur s'est déjà illustré dans divers festivals. A travers sa filmographie, Fatih Akin explore des thématiques telles que l'immigration, mais aussi les plaies encore béantes et douloureuses du nazisme, notamment en Allemagne où les fêlures restent omniprésentes. Et c'est exactement ce que traduit son dernier film en date, Golden Glove.
La distribution de ce thriller horrifique se compose de Jonas Dassler, Margarethe Tiesel, Katja Studt, Dirk Böhling, Hark Bohm, Uwe Rohde, Lars Nagel et Greta Sophie Schmidt.

Attention, SPOILERS ! Hambourg, années 70. Au premier abord, Fritz Honka, n’est qu’un pitoyable loser. Cet homme à la gueule cassée traîne la nuit dans un bar miteux de son quartier, le « Gant d’or » (« GoldenGlove »), à la recherche de femmes seules. Les habitués ne soupçonnent pas que Honka, en apparence inoffensif, est un véritable monstre. Son modus operandi ? Fritz Honka invite des mijaurées dans son appartement, les alcoolise, les viole, puis les mutile jusqu'à ce que mort s'ensuive. Dès le préambule, Fatih Akin annonce les animosités. Fritz Honka, interprété par l'excellent Jonas Dassler (par ailleurs méconnaissable), découpe à la scie une prostituée qui gît encore sur le sol de son appartement.
Aucun détail ne nous épargné. Toutefois, l'équarrissage et l'écurage de la malheureuse sont davantage suggérés...

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Cette scène d'ouverture (presque un incipit en fin de compte...) est à la fois brutale, nihiliste et viscérale. Pas de doute, avec Golden Glove, Fatih Akin a pour vocation de nous retourner l'estomac. Dans cet exercice, le cinéaste germanique accomplit doctement son office. La suite des belligérances ? La vie morose et monotone de Fritz Honka obéit peu ou prou au même syllogisme oisif. Le serial killer mène une vie de farniente. Ainsi, ses journées débutent et se terminent dans un bar, endroit dans lequel il s'isole, s'abandonne et s'avine. Au détour de ce quotidien monocorde, Fatih Akin brosse le portrait d'une Allemagne amorphe et exsangue, que ce soit l'ancienne génération encore imprimée par les perniciosités du nazisme, ou cette nouvelle jeunesse poltronne et débonnaire.
Toutefois, ces cicatrices essaimées par les fantômes du Troisième Reich auraient mérité un bien meilleur étayage.

Pendant presque deux heures de bobine, Golden Glove louvoie et tournicote dans tous les sens pour chercher une quête d'espoir ou une forme de résilience. Une chimère... Tout condamne son protagoniste principal à se liquéfier et à se tuméfier... Inexorablement... Indubitablement, Golden Glove est un long-métrage particulièrement misanthrope. Fatih Akin n'épargne personne, que ce soit son serial killer de service ou les pauvres gueux qui l'entourent. Cependant, ce thriller horrifique n'est pas exempt de tout grief. Sans l'immense performance de Jonas Dassler, Golden Glove ne vaudrait pas grand-chose. Pis, le film est victime de ses propres louvoiements et atermoiements.
Ainsi, on note çà et là quelques chutes de rythme et de tension, hélas préjudiciables au film. Toutefois, Golden Glove parvient tout de même à estourbir durablement les persistances rétiniennes, ne serait-ce que par cette virulence qui se dissout à la fois dans une once de truculence et de condescendance.

 

Note : 12.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver