dead ant

Genre : horreur (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017
Durée : 1h27

Synopsis : Le groupe de glam-metal Sonic Grave est l'auteur d'un seul succès. Alors que ses membres embarquent pour Coachella dans l'espoir de réaliser un come-back, ils sont confrontés à une menace d'un autre monde. 

 

La critique :

Retour à l'agression animale. Que les adulateurs de Cinéma Choc (mais enfin, qui sont-ils ?) se rassérènent. A travers cette chronique indolente et fastidieuse, nous ne commettrons pas l'offense d'itérer la genèse ni l'historique de ce sous-registre du cinéma d'exploitation. Pour souvenance, c'est avec Les Oiseaux (Alfred Hitchcock, 1963), puis avec Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975) que ce genre carnassier connaît ses premiers rudiments et linéaments. Dans Les Oiseaux, la terreur survient du ciel et plus précisément d'un néant à la fois invisible et indicible.
En l'occurrence, Alfred Hitchcock ne fournit aucune explication rationnelle sur ces assauts subreptices qui assaillent les habitants d'une petite communauté américaine. Une décennie plus tard, Steven Spielberg s'inspirera de ce syllogisme pour réaliser Les Dents de la Mer.

Cette fois-ci, la terreur est aquatique et surgit des tréfonds des océans. Mais pour "Spielby", le vrai requin, ce n'est pas ce poisson plantureux qui tortore quelques infortunés touristes de passage, mais ces édiles politiques qui sacrifient la populace au nom du lucre et de la saison estivale. Certes, Les Oiseaux et Les Dents de la Mer sont des productions dispendieuses et luxuriantes. Mais en raison de leur succès inopiné, ces blockbusters soyeux vont davantage s'accointer avec l'univers de la série B. Preuve en avec Piranhas (Joe Dante, 1978), le seul film d'horreur d'agression aquatique à rivaliser avec Les Dents de la Mer, dixit les propres aveux de Steven Spielberg "himself".
Bientôt, les requins, les volatiles et les piranhas doivent s'évincer et s'oblitérer au profit d'agressions beaucoup plus exotiques.

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Les abeilles (L'inévitable catastrophe, Irwin Allen, 1978), les guêpes (Deadly Swarm, Paul Andresen, 2003), les mouches (Infested, Josh Olson, 2002), les moustiques (Skeeter, Clark Brandon, 1994), les cafards (Voyage au bout de l'horreur, Terence H. Wickless, 1988), les mantes religieuses (La chose surgit des ténèbres, Nathan Juran, 1957) et même les sauterelles furibondes (Beginning of the End, Bert I. Gordon, 1957) deviennent les principaux apanages du cinéma bis. Viennent également s'additionner nos "amis" (si j'ose dire...) les fourmis. Evidemment, nos chers formicidés ne pouvaient pas échapper bien longtemps au cinéma horrifique.
Ainsi, les thuriféraires du genre n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Them ! - Des Monstres Attaquent la ville (Gordon Douglas, 1954), Phase IV (Saul Bass, 1974), L'empire des fourmis géantes (Bert I. Gordon, 1977), ou encore Insects (Fred Olen Ray, 2005).

Dans toute cette litanie de productions impécunieuses, c'est évidemment Them ! - Des Monstres Attaquent la Ville qui fait référence et voeu d'obédience. Mais depuis les années 1950, la Guerre Froide et la menace nucléaire ne font plus vraiment recette et n'ameutent plus les spectateurs dans les salles. Avec Dead Ant, sorti en 2017, Ron Carlson a pour aspérité de faire ciller l'hégémonie rogue de cette série B désormais obsolescente. En l'occurrence, le nom de Ron Carlson ne doit pas vous grand-chose et pour cause, puisque le cinéaste est issu du circuit indépendant.
Humoriste et spécialiste de la rodomontade, il signe plusieurs sketches "diffusés lors de la cérémonie de remise des ESPY Awards sur la chaîne ESPN" (Source : http://festival-gerardmer.com/2019/project/dead-ant/). 

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Après avoir réalisé plusieurs courts-métrages, il s'affaire à son tout premier film, Tom Cool (2009), et enchaîne avec Midgets Vs. Mascots (2009) et All American Christmas Carol (2013). Carl Carlson apparaît donc presque comme un noviciat dans l'univers cinématographique. Le metteur en scène n'a jamais caché son engouement, ni son effervescence pour le cinéma bis. En ce sens, Dead Ant fait évidemment voeu d'allégeance à ce cinéma de naguère. Contre toute attente, cette production désargentée se solde par des critiques plutôt dithyrambiques.
Certes, ce n'est pas Dead Ant qui revivifie un genre en désuétude. Mais, au moins, cette série B adventice s'illustre par sa truculence et sa promptitude, de quoi ravir les laudateurs du cinéma horrifique. Preuve en est.

Si le film ne bénéficie pas d'une distribution dans les salles obscures, il se distingue dans les festivals, notamment à Gérardmer. Reste à savoir si Dead Ant justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution du film se compose de Tom Arnold, Sean Astin, Martin Blasick, Natasha Blasick, Jake Busey, Michelle Campbell, Angelica Cassidy et Ewart Chin. Attention, SPOILERS ! Les membres de Sonic Grave, un groupe de rock has been, veulent tenter un comeback au festival de Coachella qui a lieu chaque année dans le désert californien. 
En chemin, ils décident de faire un rapide détour pour acheter des substances hallucinogènes auprès d’un vieux chef indien. Ce dernier les avertit qu’ils doivent impérativement respecter la nature lorsqu’ils seront sous l’emprise de ces drogues car sinon les conséquences seraient désastreuses. 

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Faisant fi des consignes, ils vont devenir la cible de fourmis surdimensionnées très affamées… Encore une fois, ce n'est pas Dead Ant qui risque de faire vaciller l'omnipotence de certains classiques sérénissimes. Them ! et Beginning of the End (déjà susdénommés dans cette chronique) peuvent dormir tranquillement sur leurs deux esgourdes ! Certes, à l'instar de ces glorieux antécesseurs, Dead Ant réactive la rhétorique comminatoire des radiations nucléaires et de fourmis nanties d'incroyables rotondités. Toutefois, il n'est pas question ici d'exhumer l'ère atomique.
Bien conscient de l'inanité et de la vacuité de sa série B, Ron Carlson lorgne vers le hard rock, l'accoutumance aux opiacés et surtout la gaudriole. En ce sens, Dead Ant fait office de pur plaisir coupable. 

Les divers protagonistes sont au mieux des crétins patentés. Tous sont de parfaites caricatures ambulantes. Dès le préambule, Dead Ant affiche ses aspérités matoises. Une jeune femme entièrement dénudée court dans le désert, inlassablement poursuivie par une fourmi gargantuesque. Vous l'avez donc compris. Dead Ant ne brille pas vraiment par sa bienséance ni son raffinement stylistique. A contrario, le métrage de Ron Carlson n'a pas de telles velléités. Mais, au moins, Dead Ant ne pète pas plus haut que son arrière-train. Sur ces entrefaites, les comédiens en disgrâce se font chiper la vedette par les formicidés de service, très en forme pour l'occasion.
Certes, derechef, ce n'est pas Dead Ant qui risque de bouleverser ni d'imprimer le noble Septième Art, en particulier le cinéma horrifique. Pourtant, force est de constater que cette série B, à la fois triviale et béotienne, remporte aisément les suffrages, ne serait-ce que par sa bonhommie communicative... 
Et rien que pour cela, Dead Ant mérite au moins les congratulations de Cinéma Choc, tout du moins une mention "assez bien", ni plus ni moins.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver