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Genre : Thriller, pornographie, trash (interdit aux - 18 ans)

Année : 1987

Durée : 1h15

 

Synopsis :

Une écolière japonaise est victime du suicide de son ami proche, se jetant du haut d'un bâtiment, et de l'indifférence de ses camarades de classe à ce triste spectacle. Plus tard, elle entre dans un groupe de voyous qui vont violer sa mère avant qu'elle ne reçoive le même traitement pour être ensuite contrainte à la prostitution.

 

La critique :

C'était il y a maintenant quelques mois, lors d'un énième voyage sur le site ultra spécialisé Wipfilms, je fis la rencontre par inadvertance d'un diptyque au détour des suggestions proposées. Captured For Sex était son nom et tout ce joyeux programme semblait laisser présager de l'outrecuidant, du scandaleux, de l'extrême. Si le premier opus s'illustrait par sa nullité et sa capacité record à causer cinq bâillements à la minute chez le spectateur, le deuxième répondit aux attentes en offrant des séances de torture dignes de ce nom qui ne semblaient pas être simulées. Ceci dit, si la révulsion était au rendez-vous, on restait loin encore des authentiques films de torture que Cinéma Choc, dans toute sa munificence, vous a chroniqué avec décharges d'adrénaline à la clef lors de la lecture.
Vous allez sans doute me demander pourquoi je parle de ce temps passé plus ou moins lointain. Tout simplement car une autre découverte était de la partie dans ces fameuses suggestions de films mais lassé par ce genre de cinéma que j'avais abordé avec un peu trop de radicalité, je m'en retournais au beau Septième Art, comédie sentimentale comme SF, thriller, horreur (etc), qui me faisait vibrer. Captured Mother And Daughter : She Beast, un nom à rallonge qui vous donne le temps de cuire vos pâtes avant de finir de le citer, s'engonçait dans ces pellicules lointaines à être sur ma liste, destinées à être chroniquées avant 2050. 

Il faut dire que la présentation sur le site laissait présager un film âpre pour le commun des mortels, sans oublier cette petite étincelle de curiosité inexplicable. Mais comme je vous me disais, je ne la perdis pas de vue pour un visionnage futur mais il n'était pas dans mes priorités. Seulement le dernier choc en date par mes soins via un MASD-004 d'une horreur sans nom se faisait lointain. Un petit métrage trash/extrême se devait de rentrer dans la danse. L'opportunité fut toute prouvée pour ce Captured blablabla She Beast. En raison d'un Web français totalement silencieux, c'était farfouiller sur des sites dans une langue étrangère que je me devais de faire pour obtenir quelques petits renseignements sur tout cela. Par l'intermédiaire d'un site polonais, j'appris que cette réalisation fauchée signée Nobuyuki Saito, prenant le pseudonyme de Mizumaru Saito pour l'occasion, était l'une des dernières grandes créations softcore de la Nikkatsu. L'homme n'est visiblement pas un inconnu et s'est vite spécialisé dans la cinématographie coquine, en dépit d'une carrière fort courte s'étalant de 1978 à 1989 avec, tout de même, 9 films à son actif. Effectivement, il ne faut pas disserter 300 ans sur le scénario de ce genre d'oeuvres peu ambitieuses, ni solliciter d'importants budgets pour les réaliser. Les notes ne sont toutefois guère élogieuses.
La note la plus haute est recensée par IMdb avec un 6,4/10. Ce qui peut potentiellement, et malgré tout, mettre en confiance.

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ATTENTION SPOILERS : Une écolière japonaise est victime du suicide de son ami proche, se jetant du haut d'un bâtiment, et de l'indifférence de ses camarades de classe à ce triste spectacle. Plus tard, elle entre dans un groupe de voyous qui vont violer sa mère avant qu'elle ne reçoive le même traitement pour être ensuite contrainte à la prostitution.

Je tiens à vous dire que Captured Mother And Daughter : She Beast ne va pas me faire faire un long billet, en comparaison du dernier pondu par mes soins, car il ne donne ni l'envie de s'éterniser dessus, ni n'a les moyens à ce que l'on développe un éventuel propos sous-jacent. Certains disant qu'il illustre la laideur de la vie et le malheur frappant certaines femmes. Effectivement, les réseaux de prostitution clandestine sont une cruelle réalité. Les victimes prises dans cet engrenage inhumain doivent subir contre leur volonté des maltraitances sexuelles et viols à répétition. L'homme n'est pas représenté sous son meilleur jour car tous les protagonistes masculins sont laids, amoraux et se complaisent dans des satyriasis dépravés où l'amour et la sensualité du coït sont une notion inconnue chez eux. Certes, Saito filme et semble dénoncer le destin incertain de cette gente féminine mais... Qu'est-ce qu'on fait chier p**ain ! Malgré une maigre durée de 75 minutes, le temps est long avant de voir le bout d'un tunnel de vacuité, où absolument rien ne tient en laisse le cinéphile. Bien que le film soit dénué de tout sous-titres, même anglais, on se demande bien où se trouve l'intrigue et si elle est présente.
On devine vite qu'elle est délaissée de toute saveur, de tout peps, préférant se focaliser sur un quotidien morne et sans surprise. Saito filme le vide : l'écolière mangeant des nouilles devant la TV, de longues facondes soporifiques étant l'apanage du film. Et à l'occasion, un petit rapport sexuel par-ci, par-là, vite expédié pour, à nouveau, se fourvoyer dans le néant.

J'inviterai alors les aficionados de cinéma extrême à ne surtout rien attendre de ce Captured blablabla en termes de sensations fortes. Les bacchanales sont d'une simplicité et d'une fadeur indécentes. On décèle çà et là quelques petits soubresauts. La fille forcée en train de crier qu'elle ne veut pas se faire pénétrer. Une ou deux claques, un téton brûlé à la cigarette ou l'écolière la tête noyée à plusieurs reprises dans la baignoire. Seule l'ultime séquence sexuelle, plutôt dérangeante par ailleurs, voit la jeune fille assister au viol collectif de sa mère. Désespérée face à l'innommable pour elle, elle cherche à fuir tout visuel, tout bruit jusqu'à s'enfermer dans le frigo. Et voilà c'est tout pour la partie déviance ! Si le film n'est nullement extrême, on a bien du mal à lui attribuer la mention trash ne provenant en fin de compte que de cette scène peu orthodoxe. C'est plutôt pingre !
Les séquences de pénétration sont floutées par un cercle blanc de 50 m2. Ce qui n'est pas vraiment esthétique. Le seul mérite de ce salmigondis de va-et-vient est ce que ça relève le rythme lancinant régissant l'histoire, le tout couplé à une atmosphère insipide où l'oppression se fait très rarement ressentir, sinon n'est ni plus ni moins que négligeable. 

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Et ne vous attendez pas à une petite remontada sur la question technique. L'image est d'une monotonie type et les décors sont insipides, se résumant à de piètres appartements et à quelques scènes bancales en ville. Pour le coup, le "Captured" qui est censé avoir une consonance négative semble bien loin de ce que l'on était en droit de s'attendre. Une fille "capturée" se baladant tranquillement en ville ? Mouais... Pour le reste, la mise en scène est conventionnelle. Bref rien de croustillant sous le soleil. Le son lui est quasi inexistant et est dans le meilleur des cas cliché au possible.
Enfin, pour ce qui est du casting, c'est de l'amateurisme, du bancal, du manque total de charisme qui fait que l'on y croit. Dans mon infinie mansuétude, je me permettrai de les citer : Asako Maekawa, Yoshihiro Kato, Yudo Yoshikawa, Yuko Chiba, Kikujiro Honda, Kiyomi Ishii, Ikumi Shimoida et Koichi Ueda. Faites-moi signe si vous en connaissez au moins un.

Et voilà, c'est déjà la fin de ce petit objectif merdique et sans saveur qu'il m'ait été donné de faire. Fainéantise de ma part de clôturer déjà ce boulot ? A vous de juger mais quand il n'y a rien à se mettre sous la dent en termes de sujet(s) intéressant(s) et quand en plus vous priez le ciel que le film se finisse pour retourner à d'autres occupations plus intéressantes, il ne faudra que rarement attendre de la chronique qu'elle remplisse 5 pages recto-verso. Encore que s'il était, indépendamment de sa volonté, amusant par sa nanardise, on pourrait développer et s'amuser à la rédaction, comme j'en ai eu le cas avec Slaughter Disc. Dans le cas présent, ça se prend un peu trop au sérieux pour ce qu'il y a à raconter. Une fois de plus, l'étincelle de curiosité me déçoit, m'amenant de nouveau sur le chemin inintéressant des somnifères mal torchés. Une pellicule pseudo-trash qui ne malmènera que les êtres les plus sensibles du système solaire, les autres pourront encaisser le sourire aux lèvres le """choc""". Captured Mother And Daughter : She Beast, un nom aussi long pour un fond aussi creux. Quelle ironie !

 

Côte : Navet

 

 

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