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Genre : Thriller, érotique (interdit aux - 16 ans)

Année : 1982

Durée : 1h38

 

Synopsis :

Une militante des droits humains, travaillant pour le compte de Amnesty International, passe sous couverture dans une prison pour dénoncer les fonctionnaires corrompus qui maltraitent les prisonniers. Elle découvre les abus, la torture et l'humiliation dont sont victimes les détenues, qu'elle reçoit également personnellement.

 

La critique :

Oui, je l'ai finalement fait ! Depuis un petit temps, quelques malicieux personnages sur ce blog qui se reconnaîtront m'ont incité à franchir le pas. Alors, oui j'ai exaucé leurs voeux après moult réflexions ! Outre le fait que le film dont je vais vous causer aujourd'hui, avec un malaise palpable, soit une fois de plus issu de la belle Italie, en fin de compte bien loin de la bienséance qu'on lui accorde ; et que ces derniers temps je me suis pris d'affection pour le pays de mes ancêtres, c'est un pur produit de série B que dont je vous gratifie. Derrière tout ce programme se cache une égérie, une référence absolue, voire même un thaumaturge pour tous les aficionados d'oeuvres torchées, risibles, mauvaises et mal foutues. Oui, je l'ai finalement fait de visionner du Bruno Mattei, au grand bonheur de certains.
Ai-je bien fait de mettre 1500 parenthèses de chaque côté dans mon programme de cinéphile en devenir, ainsi que mon exigence typée bobo ? Après tout, toute expérience est bonne à prendre et autant que celle-ci serve au blog en lui gratifiant d'une énième chronique de l'artisan du bis après une petite quantité de métrages dont je salue la prouesse d'Alice In Oliver d'avoir enduré ce genre de chose. Car si j'avais conscience que je n'allais pas me retrouver devant du Fellini ou du Visconti, le "choc" fut rude, intense, empreint d'une gêne paroxystique que je n'ai que rarement ressentie.

En dépit de sa médiocrité stratosphérique, sa réputation de cinéaste culte n'est pas à minorer et on comprend finalement bien pourquoi. Je ne reviendrai pas sur une exégèse complète du personnage que l'on connaît tous pour avoir réalisé de fausses suites à des grands succès tels Terminator ou Les Dents de la Mer. Il va sans dire que les procès au cul se succéderont dans la foulée. En parallèle, Mattei n'a jamais caché son extatisme pour le Septième Art d'exploitation borderline et impudent comme en atteste sa participation dans la Nazisploitation, le film de cannibales, le film de zombies, le Mondo, le péplum sadique, l'érotisme, le western et même le film de guerre. A l'instar du thaumaturge Stanley Kubrick, il multiplie les genres mais la comparaison s'arrête bel et bien là.
Vient s'additionner également le style WIP (Women In Prison) avec Violence In A Women's Prison (aussi appelé Pénitencier de Femmes) qui est, pour la petite info, la première pellicule que je connus de lui par l'intermédiaire du feu blog Naveton. Placé au même niveau que la Nazisploitation, le WIP est typiquement une pure création de son époque, proprement impossible à tourner à notre époque noyée de bien-pensance, de politiquement correct et de toute une série de groupuscules gueulards agissant sur les réseaux sociaux dont Twitter en particulier. La puissance de l'hashtag qui, semble-t-il, est la nouvelle arme pour révolutionner le monde a eu raison de l'irrévérence portée au pilori et rendue indésirable. 

 

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ATTENTION SPOILERS : Une militante des droits humains, travaillant pour le compte de Amnesty International, passe sous couverture dans une prison pour dénoncer les fonctionnaires corrompus qui maltraitent les prisonniers. Elle découvre les abus, la torture et l'humiliation dont sont victimes les détenues, qu'elle reçoit également personnellement.

Ceci dit, on ne va pas nier que le WIP recèle plus de purges que de bons films. En dehors de Portier de Nuit, souvent attribué au genre et devenu un noble classique du Septième Art, difficile que de trouver un autre résultat honorable, mis à part peut-être Ilsa la Louve des SS ou Ilsa la Tigresse du Goulag qui sont connus pour offrir le grand spectacle. Toutefois avec un nullard comme Mattei, on sait un peu à quoi s'attendre dans cette pseudo enquête avec cette journaliste du terrain adepte d'offrir le prochain scoop et affiliée à Amnesty International. En feintant d'être prostituée et vendeuse de drogues, elle se retrouve incarcérée dans une prison louche où il y aurait, semble-t-il, de sérieuses atteintes à la dignité humaine venant des gardes. Il ne faudra pas longtemps pour que, durant l'interrogatoire, Emanuelle soit vilipendée et frappée à plusieurs reprises.
Les choses ne s'arrêteront, cependant, pas là. Evidemment, pour les cinéphiles plus exigeants, n'espérez même pas avoir droit à quelques questionnements sur la nature humaine, le sensationnalisme journalistique, la parabole avec le fascisme, ou encore avec la toute-puissance d'êtres se plaisant à baigner dans la violence en usant de leur pouvoir dans une mise en scène façon Salo ou les 120 Jours de Sodome. Mattei n'en a cure et n'est là que pour offrir au spectateur une déferlante de violence absurde aux thuriféraires du bis.

Philanthrope, il gave le curieux de mauvais traitements absurdes, sonnant constamment faux. Cette barbarie ne provient pas seulement des fonctionnaires mais aussi des prisonnières qui ont souvent le don de péter un câble pour un rien. D'ailleurs, les prétendues accusations de misogynie qui pourraient surgir sont sans fondements puisque l'essentiel des gardiens sont des femmes s'acoquinant de tendances lesbiennes, se plaisant d'abuser de leur pouvoir. Leur but primordial est d'oppresser les victimes, parfois les forcer à avoir des rapports sexuels contre leur volonté pour se caresser devant la scène. Les coups pleuvent de chaque côté, ainsi que les meurtres se produisant parfois dans un contexte où l'assassinée est défigurée avant d'exhaler son dernier souffle de vie.
Néanmoins, les adorateurs de trash risqueront fort bien de bailler devant la chose car les séquences de torture se comptent sur les doigts d'une main. Ainsi, on pourra assister à une Emanuelle aux prises avec des rats mal foutus aux yeux rouges lui mordant les jambes ou être enfermée dans une sorte de cloche que les tortionnaires se feront plaisir à marteler pour lui briser les tympans. Pas de quoi bouleverser un gosse de 14 ans. Pareillement pour la dimension érotique assez pingre, voire même puritaine en son genre.

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Ne proposant aucune dose d'adrénaline dans son WIP bidon, Mattei construit (enfin façon de parler) une histoire bourrée d'incohérences, qui n'en est même pas une puisque l'objectif est de maltraiter, maltraiter, maltraiter ce conglomérat de femmes hystériques, le tout avec une bonne dose d'insipide, de mou et d'apathique. Et ce calvaire durera presque 1h40 ! Violence In Women's Prison aspirera 1h38 de votre vie où vous bénirez le Seigneur lors de l'apparition du générique de fin. N'ayez crainte, rien ne s'arrangera avec une image fade et des décors banals et parfois étranges. Mention à la cantine constituée de 6 tables pour une prison de grande taille n'accueillant qu'une quinzaine de détenues. Tout à fait logique ! Gros moment de solitude devant la bande son mêlant des musiques de séries Z passant l'après-midi sur AB4, de l'harmonica renvoyant au western ou du pseudo-Goblin rappelant Argento. Enfin, les acteurs délivrent une prestation de moule à l'unanimité, ne croyant pas une seconde à leur rôle.
Ceci dit, on appréciera les entrées en matière de policiers ou de soldats courant, avec panache, tels des kangourous dysplasiques vers leur lieu prédéfini. Magistral en son genre ! 

Quelle belle séance de torture que ce Violence In a Women's Prison pour arriver jusqu'au bout avec succès. Bon, je ne vous apprendrai pas que la moralité de cette histoire sera "une fois mais pas deux". Si j'avais déjà pris un peu cher plus tôt dans la journée avec Gebo et l'Ombre (qui peut au moins se vanter d'être un bon film), ici l'inanité et la vacuité pélagienne règnent en maître. Cette constatation se pose à partir du moment où je me balade un peu durant la séance sur Facebook, que je parle à des potes sur Messenger ou que je me décide à avancer un peu dans mon jeu Homescapes. Car rien ne tient en laisse un cinéphile rapidement exaspéré devant une débilité de tous les instants et portée au nu par des acteurs à la ramasse, que je n'ai même pas envie de citer par pure flemmardise.
Si je devais m'évertuer à chercher une qualité dans cette fosse septique cinématographique où l'on se fait royalement chier, je citerai la pochette vidéo d'un charme malsain ne laissant pas indifférent. Rien qui ne se rapporte donc à cette réalisation permettant un record de bâillements chez l'aventurier qui aura osé appuyer sur le bouton Play. Bref, je reconnais ne pas être le chroniqueur le plus adapté pour parler de Bruno Mattei, insensible au charme singulier de ses films. Vous pourrez, très certainement, vous fier plus aux hypothétiques commentaires qui suivront juste en-dessous de ce billet de désespoir. Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus accordé une pareille note finale mais que voulez vous, il fallait bien s'y attendre.

 

Note : Navet

 

 

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