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Genre : horreur, science-fiction, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 1998
Durée : 1h31

Synopsis : Craig Barton, chirurgien, fait l'amour à sa femme Sherry. Une lumière bleue aveuglante surgit. Le couple reprend conscience deux heures plus tard sans aucun souvenir de ce qui s'est passé. Craig commence alors à souffrir d'insomnies, de troubles du comportements... Et quand Sherry, enceinte de deux mois, se met à ressentir d'étranges douleurs dans l'abdomen, elle décide faire une séance d'hypnose : elle revoit la lumière bleue, des visages étranges et l'intérieur d'un vaisseau... 

La critique :

Le cinéma de science-fiction a toujours prisé et encensé l'invasion extraterrestre, qu'elle soit explicite ou insidieuse. Au tout début de sa carrière, Steven Spielberg imagine des êtres affables, amènes, pacifistes et anthropomorphes. Impression corroborée par Rencontres du Troisième Type (1977) et E.T. L'Extra-Terrestre (1982). Mais le réalisateur thaumaturgique sera marqué par les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Désormais, le monde entier ne scrutera plus les cieux de la même manière. Nos chers aliens ne sont plus des êtres avenants et croquignolets, mais des entités nanties d'intentions spécieuses et belliqueuses. Steven Spielberg adoptera un point de vue antagoniste avec La Guerre des Mondes (2005), un remake éponyme d'un vieux film de science-fiction de 1953.

Durant cette même décennie, l'invasion extraterrestre est corrélée avec les relents nucléaires de la Guerre Froide. Sur le fond, les aliens préfigurent cette menace rougeoyante et communiste. Des films tels que Le jour où la Terre s'arrêta (Robert Wise, 1951), La chose d'un autre monde (Christian Nyby, 1952), Les survivants de l'infini (Jack Arnold et Joseph M. Newman, 1955), ou encore Les envahisseurs de la planète rouge (William Cameron Menzies, 1953) sont autant de longs-métrages iniques et propagandistes. Mais parfois, cette menace extraterrestre se retrouve corrélée à notre xénophobie immanente, à savoir cette peur ancestrale de l'étranger, de cet individu indésirable.
Et ce qu'avait parfaitement compris Ridley Scott en son temps avec Alien - Le Huitième Passager (1979), un long-métrage qui amalgame savamment épouvante, huis clos et science-fiction. 

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Cette fois-ci, l'invasion extraterrestre s'approxime à un huis clos anxiogène et surtout à l'arrivée inopinée d'un intrus dans un vaisseau spatial. Vous l'avez donc compris. Nos chers aliens ourdissent secrètement de savants complots contre notre humanité exsangue. Nous devons donc faire preuve de vigilance et scruter un ciel désormais en dissonance. Dans tous les cas, l'invasion extraterrestre prise et affectionne le cinéma bis. Au hasard, les thuriféraires du genre n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que District 9 (Neil Blomkamp, 2009), The Thing (John Carpenter, 1982), Starship Troopers (Paul Verhoeven, 1997), Invasion Los Angeles (John Carpenter, 1988), L'invasion des profanateurs de sépultures (Don Siegel, 1956), The Faculty (Robert Rodriguez, 1998), Dark Skies (Scott Charles Stewart, 2013), ou encore Le Dernier pub avant la fin du monde (Edgar Wright, 2013) parmi les séries B notables et éventuellement notoires.

Il était donc logique que Brian Yuzna s'acoquine, un jour ou l'autre, avec nos chers aliens bellicistes. Pour souvenance, le producteur, scénariste et réalisateur américain fait partie des parangons les plus éminents du cinéma bis. A l'orée de sa carrière, Brian Yuzna fait office de cacographe et scénarise le script de From Beyond - Aux portes de l'au-delà (Stuart Gordon, 1986). Il s'accointe alors avec Stuart Gordon, un metteur en scène qu'il sacralise et divinise. Au niveau de sa filmographie, on retrouve une certaine appétence pour le cinéma gore et horrifique.
Impression accréditée par des oeuvres telles que Society (1988), Re-Animator 2 (1990), Douce Nuit, sanglante nuit 4 - L'initiation (1990), Le retour des morts-vivants 3 (1993), Necronomicon (1993), Le Dentiste (1996), Le Dentiste 2 (1998), Beyond Re-Animator (2003), ou encore Rottweiler (2004).

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Vient également s'additionner Progeny - L'enfant du futur, sorti en 1998. En l'occurrence, Progeny reste le seul ouvrage science-fictionnel du cinéaste, en sachant que le film louvoie allègrement vers l'horreur. Dixit les propres aveux de Brian Yuzna lui-même, Progeny s'apparenterait une séquelle librement inspirée d'Inseminoid (Norman J. Warren, 1981), un vieux film de science-film qui renâclait déjà vers Alien - Le Huitième Passager. Toujours la même antienne... Progeny - L'Enfant du futur est donc un pur produit du cinéma bis.
Une fois encore, Brian Yuzna requiert l'omniscience de Stuart Gordon derrière la production du film. Magnanime, ce dernier accepte sans sourciller la requête de son fidèle comparse. Toutefois, le film ne porte pas vraiment le sceau de Stuart Gordon.

Pis, pour certains laudateurs du cinéma bis, Progeny ferait partie des crus mineurs de Brian Yuzna. A contrario, certaines critiques - davantage dithyrambiques - évoquent une série B plutôt sympathique, à défaut de renouveler un genre souvent rébarbatif. Reste à savoir si Progeny - L'Enfant du Futur justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose d'Arnold Vosloo, Brad Dourif, Jillian McWhirter, Lindsay Crouse, Wilford Brimley, David Wells, Willard E. Pugh, Jan Hoag et Don Calfa.
Attention, SPOILERS ! Craig Barton, chirurgien émérite, fait l'amour à sa femme Sherry. Une lumière bleue aveuglante surgit. 
Le couple reprend conscience deux heures plus tard sans aucun souvenir de ce qui s'est passé. Craig commence alors à souffrir d'insomnies, de troubles du comportement... 

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Et quand Sherry, enceinte de deux mois, se met à ressentir d'étranges douleurs dans l'abdomen, elle décide faire une séance d'hypnose : elle revoit la lumière bleue, des visages étranges et l'intérieur d'un vaisseau... Au moins, Progeny peut s'enorgueillir d'un scénario plutôt captivant. Pour nous envahir, semer le trouble et la zizanie, nos chers extraterrestres kidnappent et séquestrent des jeunes femmes sur lesquelles ils diligentent de terribles expériences. Sur ce dernier point, la scène de fécondation in vitro n'est qu'une copie éhontée d'une séquence analogue dans Inseminoid (déjà susdénommé dans cette chronique), mais alors exactement la même !
Si on se surprend à tressauter de temps à autre, Progeny se montre étrangement timoré. Les amateurs patentés de gore et de tripailles sont priés de quitter expressément leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates !

Un comble pour un film de Brian Yuzna, surtout pour un réalisateur qui nous avait habitués à davantage d'hémoglobine et de barbaque. En outre, le metteur en scène se polarise davantage sur la psyché d'un couple en mal d'enfant et en déliquescence. Hélas, Brian Yuzna est loin d'être un expert chevronné lorsqu'il s'agit de se polariser sur cette horreur psychique et psychologique ; d'où cette impression de tournicoter après une petite heure de bobine. Dommage car le film gagne davantage en somptuosité lorsqu'il met en exergue cette fameuse menace extraterrestre, hélas beaucoup trop timorée pour convaincre sur la durée. En l'état, Progeny - L'enfant du futur ne flagornera que les aficionados d'invasion fomentée par de vils aliens, en particulier ceux qui adulent les séries B désargentées.
Les autres n'y verront qu'une série B désuète et victime de ses interminables facondes. 
Non, Progeny n'est pas un navet, loin de là... Hélas, le film n'exploite jamais - ou alors peu ou prou - son immense potentiel scénaristique. Pour cette raison susmentionnée, il ne mérite pas la moyenne...

 

Note : 09/20

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