contracted phase 2

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2015
Durée : 1h18

Synopsis : Après les événements du premier ContractedRiley commence à montrer des symptômes inquiétants et souffre des mêmes symptômes de Samantha, une jeune femme transmutée en zombie. Paniqué, Riley se met à la recherche de la personne qui a infecté Samantha, un certain BJ, dans l'espoir de trouver un remède. Hélas, l'entourage de Riley présente lui aussi la même symptomatologie. L'inoculation est en marche. Riley sera-t-il en capacité d'éradiquer cette nouvelle forme de contamination ?  

 

La critique :

Certes, il faut sans doute remonter aux années 1940 pour glaner et déceler les tous premiers balbutiements de nos chers zombies claudicants, via Vaudou - I Walked With A Zombie (Jacques Tourneur, 1943), un chef d'oeuvre horrifique que Cinéma Choc compte bien - un jour ou l'autre, chroniquer dans ses lignes. Les créatures putrides et cannibales s'éveilleront réellement sous la diligence de George A. Romero avec La Nuit des Morts-Vivants (1968). Sans raison apparente, des cadavres surgissent de leurs sépulcres et assaillent les humains encore vivants.
Pour la première fois à l'écran, un film d'horreur montre explicitement des séquences anthropophagiques et même une fillette estourbir et tortorer sa propre matriarche. Bien qu'affublé d'un budget de série B (voire de série Z), Night of the Living Dead culmine en tête de peloton lors de sa distribution en salles.

A raison, George A. Romero jubile. Toutefois, attention à ne pas vulgariser Night of the Living Dead à un simple film de zombies. Pour la première fois à l'écran, un comédien Afro-Américain (Duane Jones) tient le rôle principal dans un film d'horreur. Hélas, son personnage doit incessamment lutter contre l'hostilité de ses congénères. Alors qu'il repousse vaillamment les assauts récurrents des zombies, il sera manu militari abattu par un groupe de chasseurs. Ainsi, La Nuit des Morts-Vivants se conclut sur quelques lithographies mortuaires et se nimbe d'une rhétorique à la fois politique et idéologique. George A. Romero corroborera cette intempérance pour ces mouvances sociales avec la trilogie de la mort. 
Zombie - Dawn of the Dead (1978) et Le Jour des Morts-Vivants (1985) concluent cette triade en apothéose. 

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Mais, vers le milieu des années 1980, le public commence sérieusement à se lasser de ses paraboles sociologiques. L'audimat aspire à davantage de gore et d'érubescence. La requête est immédiatement ouïe par Dan O'Bannon via Le retour des morts-vivants (1985). Ce film d'horreur potache devient la nouvelle égérie du cinéma d'horreur, au grand dam de George A. Romero qui voit Le jour des morts-vivants tomber peu à peu en pâmoison. Les zombies obliquent alors vers davantage de gaudriole. Les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Bad Taste (Peter Jackson, 1992), Bienvenue à Zombieland (Ruben Fleischer, 2009), Shaun of the Dead (Edgar Wright, 2004), Dead Snow (Tommy Wirkola, 2009), Zombie Strippers (Jay Lee, 2008), ou encore Doghouse (Jake West, 2009) parmi les métrages notables et éventuellement notoires.

Corrélativement, certaines oeuvres font encore preuve de résilience et de dissidence. Preuve en est avec Moi, Zombie, Chronique de la Douleur (Andrew Parkinson, 1998) qui ravive un genre souvent anémique, au mieux rébarbatif. Moi, Zombie, Chronique de la Douleur adopte le point de vue de son personnage principal et s'apparente à une introspection douloureuse sur le deuil et l'acceptation de notre propre décrépitude. Dans Moi, Zombie, Chronique de la Douleur, il est aussi question d'une inoculation qui va transformer un individu lambda en zombie cannibale.
Si le film d'Andrew Parkinson ne bénéficie pas d'une sortie dans les salles, il marque plusieurs générations de cinéphiles et de cinéastes. Preuve en est avec Contracted (Eric England, 2013) qui relatait l'agonie d'une jeune femme, condamnée à se transmuer en zombie carnassier, puis à exhaler son dernier soupir sous les yeux ulcérés de son entourage. 

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Sur la forme comme sur le fond, Contracted n'est qu'une relecture opportuniste de Moi, Zombie - Chronique de la Douleur, avec néanmoins un simulacre de réflexion sur la nocuité des maladies sexuellement transmissibles (MST). Mais force est de constater que le film d'Eric England faisait preuve d'entregent et de déférence. En raison de son succès inopiné, il était donc logique qu'une suite, Contracted - Phase 2 (Josh Forbes, 2015), soit produite dans la foulée. Quant à Josh Forbes, le metteur en scène provient de l'univers des clips vidéo.
A fortiori, Contracted - Phase 2 constituerait son tout premier long-métrage. Concernant cette suite, les avis sont plutôt pondérés. Si certaines critiques encensent la folie et les extravagances de ce deuxième chapitre, d'autres fustigent sa vacuité et son inanité.

Reste à savoir si Contracted - Phase 2 mérite - ou non - qu'on s'y attarde. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Matt Mercer, Marianna Palka, Morgan Peter Brown, Anna Lore, Laurel Vail, Peter Cilella, John Ennis, Najarra Townsend, Richard Riehle et Suzanna Voss. Attention, SPOILERS ! Après les événements du premier Contracted, Riley commence à montrer des symptômes inquiétants et souffre des mêmes symptômes de Samantha, une jeune femme transmutée en zombie. Paniqué, Riley se met à la recherche de la personne qui a infecté Samantha, un certain BJ, dans l'espoir de trouver un remède. 
Hélas, l'entourage de Riley présente lui aussi la même symptomatologie. L'inoculation est en marche... Inexorablement... 

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Riley sera-t-il en capacité d'endiguer cette nouvelle forme de contamination ? Contracted - Phase 2 commence là où les événements s'étaient arrêtés dans le premier chapitre. Après avoir adopté un point de vue féminin dans le premier opus, cette suite se polarise sur les tribulations d'un homme à l'agonie et condamné à dépérir sous les yeux ulcérés de son entourage. Consciencieux, Josh Forbes peaufine davantage les martialités. Ainsi, la matriarche et la propre soeur de Riley se liquéfient à leur tour. Cette fois-ci, Contracted - Phase 2 abandonne le prisme de l'autoscopie mentale pour aborder - sans fard - les prémices d'une nouvelle forme d'inoculation. 
Il est donc bien question ici de la fin du monde et d'un virus qu'il faut à tout prix éradiquer. Les intentions de Josh Forbes sont matoises, voire éloquentes.

Via cette nouvelle dialectique comminatoire, Contracted - Phase 2 est appelé à se muer en une franchise lucrative et mercantiliste. Autant l'annoncer sans ambages. Contracted - Phase 2 n'hésite pas à jouer la carte de la complaisance et de la surenchère. Les amateurs patentés de gore et de tripailles seront en terrain connu et quasiment conquis. Sur ce dernier point, Contracted - Phase 2 remplit doctement son office et se montre beaucoup plus cinglant que son auguste antécesseur. Malencontreusement, cette suite est victime de ses propres louvoiements et atermoiements.
L'enquête policière se montre à la fois fastidieuse et beaucoup trop académique pour susciter nos appétences sur la durée. 
En revanche, le film se montre plutôt crédible lorsqu'il se focalise sur la déréliction de ses divers protagonistes. Josh Forbes s'échine à vouloir explorer la genèse d'un virus ineffable et qui se tapit entre les mains d'un scientifique obnubilé par le complexe d'Icare. Toujours la même antienne... Ce que Contracted - Phase 2 gagne en âpreté, il le perd en sobriété et parfois même en crédibilité. Nonobstant ces griefs circonstanciés, Contracted - Phase 2 reste une série B légèrement supérieure à la moyenne habituelle. Mais la saga aurait sans doute intérêt à stopper les martialités sur ce second chapitre. 

 

Note : 12/20 

sparklehorse2 Alice In Oliver