ZombieStrippers

Genre : horreur, gore, trash (interdit aux - 16 ans)
Année : 2008
Durée : 1h34

Synopsis : Dans un futur proche, Kat, une jeune strip-teaseuse de Sartre, une ville tranquille du Nebraska est infectée par un mystérieux virus. Elle devient un zombie assoiffé de sang lui donnant des allures de tueuse lorsqu'elle fait ses shows. Elle devient l'attraction le plus populaire du club, rendant par cette occasion les autres filles terriblement jalouses. Mais le virus commence alors à se répandre... 

 

La critique :

Que les adulateurs de Cinéma Choc (mais enfin, qui êtes-vous ?) se rassérènent. Via cette chronique fastidieuse, nous ne commettrons pas l'offense de réitérer la genèse des films de zombies. Néanmoins, une petite piqûre de rappel s'impose. C'est à la fin des années 1960 que ce sous-registre du cinéma horrifique connaît ses premières lettres de noblesse via La nuit des morts-vivants (George A. Romero, 1968). A l'époque, cette production indépendante fait office de série B impécunieuse et destinée à sombrer dans les affres de la désuétude.
Pourtant, le long-métrage estourbit par sa violence rédhibitoire. Une matriarche est assaillie, puis tortorée par sa propre fillette transmutée en zombie carnassier. Les saynètes anthropophagiques s'amoncellent sur l'écran rougi et mettent à rude épreuve une horde de survivants, obligés se claustrer dans une demeure vétuste pour repousser les assauts répétés de zombies.

Pour la première fois à l'écran, un acteur Afro-Américain (Duane Jones) tient le haut de l'affiche dans un long-métrage horrifique. Ce personnage en déveine devra non seulement s'empoigner avec des morts-vivants affamés, mais aussi ferrailler contre l'hostilité de ses propres congénères. Chez George A. Romero, l'arrivée massive de zombies dans une contrée paumée des Etats-Unis ne tient pas la stochastique, loin de là... Ces êtres hideux et claudicants ressortent de leurs sépulcres et préfigurent des temps funestes, voire eschatologiques pour notre humanité en dissonance.
Chez Romero, l'horreur revêt des dimensions politiques, sociétales et idéologiques. Par ailleurs, le metteur en scène réitérera ses appétences sociologiques via Zombie - Dawn of The Dead (1978), Le Jour des Morts-Vivants (1985), Le territoire des morts (2005), Chronique des morts-vivants (2008) et Le vestige des morts-vivants (2008).

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Mais vers le milieu des années 1980, le public commence sérieusement à se lasser et à maronner contre toutes ces métaphores, paraboles et ellipses sur notre société consumériste et en décrépitude. L'audimat réclame davantage de gaudriole et de rodomontade. La requête est ouïe par les producteurs et en particulier par le réalisateur Dan O'Bannon via Le retour des morts-vivants (1985). Ce long-métrage sardonique écrase à plate couture Le jour des morts-vivants qui sort dans la foulée. Il est donc possible, voire même recommandé d'amalgamer comédie et horreur.
Impression accréditée par la sortie de Braindead (Peter Jackson, 1992) quelques années plus tard. Les comédies "zombiesques" caracolent en tête de peloton... Cette nouvelle effervescence constitue la manne providentielle pour les vidéoclubs de l'époque, au grand dam de Romero qui s'échine à verser dans les apologues politiques.

Les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Shaun of the Dead (Edgar Wright, 2004), Bienvenue à Zombieland (Ruben Fleischer, 2009), Dead Snow (Tommy Wirkola, 2009), Cockney Vs Zombies (Matthias Hoene, 2012), Doghouse (Jake West, 2009), Goal of the Dead (Thierry Poiraud et Benjamin Rocher, 2014), Fido (Andrew Currie, 2006), ou encore l'inénarrable Zombie Ass - The Toilet of the Dead (Noboru Iguchi, 2011) parmi les métrages notables et éventuellement notoires.
Vient également s'agréger Zombie Strippers, réalisé par la diligence de Jay Lee en 2008. En outre, difficile de trouver des informations - même élusives - sur ce cinéaste issu de la scène indépendante. Selon nos sources, sa carrière cinématographique débute vers l'orée des années 2000 via Noon Blue Apples (2002), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales.

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Il enchaîne alors avec Alyce (2011), House with 100 Eyes (2013) et dernièrement Primal Rage (2018). Pas besoin d'être un extralucide pour subodorer les accointances du réalisateur avec la série B, et plus précisément avec le cinéma horrifique. A ce jour, Zombie Strippers reste - sans aucun doute - son long-métrage le plus proverbial. En outre, Zombie Strippers jouit d'une réputation plutôt flatteuse auprès des amateurs les plus patentés de zombies décérébrés. Reste à savoir si cette production, issue du cinéma bis, mérite -ou non - de tels dithyrambes.
Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Jenna Jameson, Robert Englund, Roxy Saint, Joey Medina, Shamron Moore, Penny Drake, Jennifer Holland, Tito Ortiz, John Hawkes et Jeannette Sousa.

Attention, SPOILERS ! Dans un futur proche, Kat, une jeune strip-teaseuse de Sartre, une ville tranquille du Nebraska est infectée par un mystérieux virus. Elle devient un zombie assoiffé de sang lui donnant des allures de tueuse lorsqu'elle fait ses shows. Elle devient l'attraction le plus populaire du club, rendant par cette occasion les autres filles terriblement jalouses. Mais le virus commence alors à se répandre... Certes, Zombie Strippers possède de solides arguties dans sa besace. Certes, le film de Jay Lee n'a aucune présomption, si ce n'est de satisfaire l'appétit pantagruélique des aficionados en manque de barbaque. Certes, Zombie Strippers ne badine pas avec le gore ni la tripaille.
Ainsi, démembrements, énucléations, équarrissages, tripes et boyaux dilacérés s'enchaînent dans un festival d'agapes et de priapées sanguinolentes.

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Le long-métrage n'a donc pas usurpé son interdiction aux moins de 16 ans. Le film expose sans fard d'affriolantes jeunes femmes allègrement dépoitraillées pour l'occasion. Dans cet exercice, Jenna Jameson, une actrice issue du cinéma pornographique, remplit doctement son office via toute une litanie de séquences de striptease. Certes, Zombie Strippers n'a pas vraiment pour aspérité de jouer la carte du raffinement ni de la bienséance. Certes, les comédiens cabotinent. Mention particulière à Robert England qui accumule les pitreries et les goujateries dans une sorte de bonhommie généralisée. Sur le fond comme sur la forme, Zombie Strippers semble faire voeu d'allégeance aux pellicules Grindhouse, soit autant de productions que Zombie Strippers sacralise, déifie et divinise.
De facto, le long-métrage de Jay Lee s'achemine mordicus sur le même didactisme, à savoir du gore, des nichons... Et des zombies putrescents ! 
Hélas, une fois toutes ces excentricités relatées, Zombie Strippers peine à convaincre sur sa durée pourtant évasive (environ une heure et demie de bobine). Si on retire au film ses saynètes de striptease ainsi que ses litrons d'hémoglobine, force est de constater qu'il ne reste plus grand-chose de Zombie Strippers, ou alors peu ou prou. Le film de Jay Lee pâtit, entre autres, d'un scénario exsangue et d'un aspect fortement rébarbatif.
On se consolera en prenant ce Zombie Strippers pour ce qu'il est, à savoir une série B gore, narquoise et philanthrope. Allez, par miséricorde, nous attribuerons une note légèrement supérieure à la moyenne... Mais le film mérite sans doute moins, beaucoup moins...

 

Note : 10.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver