Meurtres_a_la_Saint_Valentin 1981

Genre : horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 16 ans au moment de sa sortie, interdit aux - 12 ans aujourd'hui)
Année : 1981
Durée : 1h31

Synopsis : Dans un petit village de mineurs, les habitants préparent une fête pour la Saint-Valentin. Petit détail : c'est la première fois depuis 20 ans qu'une fête est organisée depuis qu'un grave accident décima des mineurs. 

 

La critique :

Comme une évidence... Lorsque l'on invoque le néologisme du slasher, on songe invariablement aux sagas Massacre à la Tronçonneuse, A Nightmare on Elm Street, Halloween et Vendredi 13. Pourtant, toutes ces franchises lucratives semblent faire voeu d'allégeance à un seul classique sérénissime et voluptuaire. Son nom ? Black Christmas (Bob Clark, 1974). Déjà, à l'époque, le réalisateur, Bob Clark, n'a jamais nié les corrélations matoises avec Psychose (Alfred Hitchcock, 1960) et Le Voyeur (Michael Powell, 1960), aka Peeping Tom.
Paradoxalement, Black Christmas passera relativement inaperçu lors de son exploitation dans les salles obscures. Trop obscur pour certains, trop avant-gardiste pour d'autres, Black Christmas rembourse péniblement le budget imparti.

Que soit. C'est Halloween, la nuit des masques (John Carpenter, 1978) qui remporte le précieux pactole. Opportuniste, John Carpenter réitère le syllogisme comminatoire de Black Christmas et ne cache même pas la duperie matoise. Seule dissimilitude et pas des moindres, les inimitiés se déroulent le soir d'Halloween. Le croquemitaine atrabilaire se nomme Michael Myers. Le forcené vient tout juste de s'évader de l'hôpital psychiatrique. "Le mal est en liberté" s'écrie son propre médicastre (le docteur Loomis). En outre, le célèbre "boogeyman" se tapit derrière un masque d'albâtre.
Une fois de retour dans la ville d'Haddonfield, Michael Myers poursuit, étrille et dilapide la caste estudiantine. Tous paieront cher pour leur outrecuidance et surtout pour avoir bravé certains interdits. Seule la jolie Laurie Strode, une jeune jouvencelle encore transie de pudibonderie, échappera de justesse au courroux de Michael Myers.

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A raison, John Carpenter jubile. Toutefois, le metteur en scène ne souhaite pas rempiler pour des suites consécutives et soporatives. Avec Halloween 2 (Rick Rosenthal, 1981) et Halloween 3 - La nuit des sorciers (Tommy Lee Wallace, 1983), le maître de l'épouvante officie en tant que scénariste et producteur. Corrélativement, vers l'orée des années 1980, un autre slasher caracole en tête de peloton lors de son exploitation dans les salles obscures. Contre toute attente, c'est une série B, Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), qui estourbit une concurrence pléthorique en la matière. Dans ce premier chapitre, c'est une matriarche acariâtre qui estampe et étrille nos chers adulescents.
Dans le second opus, Le tueur du vendredi (Steve Miner, 1981), c'est le fils de la maternelle furibonde, Jason Voorhees, qui semonce et lamine de jeunes éphèbes insouciants à la lisière du camp de Crystal Lake.

Indubitablement, la décennie 1980 est sans doute la période la plus faste et la plus prolifique pour le slasher. Le croquemitaine devient cette figure iconique et synonyme de terreur. En raison de leur succès pharaonique, Halloween, la nuit des masques et Vendredi 13 engendrent toute une kyrielle de productions peu ou prou analogiques. Les thuriféraires de slashers n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Carnage (Tony Maylam, 1981), Dément (Jack Sholder, 1982), Le bal de l'horreur (Paul Lynch, 1980), Massacre au camp d'été (Daniel Myrick  1983), Maniac (William Lustig, 1980), Jeu d'Enfant (Tom Holland, 1988), Massacres dans le train fantôme (Tobe Hooper, 1981), The Slumber Party Massacre (Amy Holden Jones, 1982), ou encore Douce nuit, sanglante nuit (Charles E. Sellier Jr., 1984) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires.

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Vient également s'additionner Meurtres à la Saint-Valentin, soit My Bloody Valentine dans l'idiome de Shakespeare, et réalisé par la diligence de George Mihalka en 1981. A la fois producteur et réalisateur québécois, George Mihalka fait presque office de noviciat à l'époque puisque Meurtres à la Saint-Valentin constitue seulement son second long-métrage juste après Pick-Up Summer (1980). A postériori, il sévira essentiellement dans les séries télévisées, notamment Le Voyageur (1983), The Blue Man (1985), Scoop (1992), ou encore Charlie Jade (2005).
A ce jour, Meurtres à la Saint-Valentin reste sans doute son métrage le plus proverbial. Ce métrage horrifique est souvent répertorié parmi les slashers les plus probants de la décennie 1980. Certains aficionados le considèrent également comme l'un des slashers les plus virulents de sa génération.

Ce n'est pas un hasard si My Blood Valentine a écopé d'une interdiction aux moins de 16 ans lors de sa sortie en salles. Reste à savoir si Meurtres à la Saint-Valentin mérite - ou non - une réputation aussi sulfureuse. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Toujours est-il que Meurtres à la Saint-Valentin n'échappera pas à la mode du remake via une nouvelle version éponyme, et réalisée par l'érudition de Patrick Lussier en 2009. La distribution du film se compose de Paul Kelman, Lori Hallier, Neil Affleck, Don Franks, Peter Cowper, Keith Knight, Cynthia Dale, Alf Humphreys et Larry Reynolds. Attention, SPOILERS ! (1) Il y a vingt ans, dans la ville minière de Valentine Bluffs, un drame est survenu le soir de la Saint Valentin. Deux surveillants, trop pressés de rejoindre le bal des amoureux qui battait son plein, quittèrent leur poste sans se soucier du niveau de méthane qui ne cessait d'augmenter. 

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Malheureusement, sept mineurs étaient restés sous terre en attendant la relève. L'explosion inévitable qui s'ensuivit les tua tous, sauf Harry Warden, qui sombra dès lors dans la folie. Après un an d'internement, il s'échappa, réendossa sa tenue de mineur, empoigna sa pioche et s'en alla arracher le coeur des deux surveillants responsables selon lui de l'accident. Dès lors, le bal du 14 février fut proscrit. Mais aujourd'hui, les notables de la ville décident de conjurer la malédiction en organisant un nouveau bal. Or, les boîtes de bonbons emplies de coeurs humains commencent à circuler, et les meurtres s'enchaînent. Pris de panique, le maire annule la fête. Déçus, les jeunes du coin décident alors de festoyer dans les locaux de la mine (1). Autant l'annoncer sans ambages.
On n'attendait pas grand-chose, ou alors peu ou prou, de cet ixième slasher.

De facto, Meurtres à la Saint-Valentin préempte le concept de Vendredi 13 et le transpose dans une mine. Le film renâcle aussi du côté d'Halloween, la nuit des masques. Cette fois-ci, les crimes se déroulent, comme l'intitulé le stipule, le soir de la Saint-Valentin. En raison des meurtres qui se succèdent, tous les coeurs sont de rouge et de sang, prévient dogmatique le serial killer insaisissable. Autrement dit, rien de neuf sous le soleil. Les amateurs les plus patentés de slashers seront ici en terrain connu et quasiment conquis. Pour l'innovation et l'originalité, Meurtres à la Saint-Valentin est prié de réviser sa copie. Pourtant, force est de constater que ce slasher fonctionne à couteaux tirés et qu'il se montre plutôt philanthrope dans ses saynètes de carnage. 
Au hasard, on retiendra cette séquence de boucherie massive durant laquelle le croquemitaine suspend et pourfend le crâne de sa victime à un tuyau de plomberie. Certes, My Blood Valentine n'est pas exempt de tout grief. On pourra légitimement tonner et clabauder contre des personnages falots et surtout contre un slasher beaucoup trop académique pour remporter les suffrages. Mais, au moins, George Mihalka connaît sa copie et applique doctement son office. Bref, sans être grandiose ni mirobolant, Meurtres à la Saint-Valentin devrait au moins satisfaire l'appétit pantagruélique des laudateurs de slashers. C'est déjà pas mal...

 

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film sur : https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/930-meurtres-a-saint-valentin