soleil de minuit

Genre : fantastique
Année : 1961
Durée : 25 minutes

Synopsis : (1) Dans la ville de New York désertée, deux femmes tentent de survivre à un terrible fléau : la Terre se rapproche de plus en plus du Soleil et on annonce sa destruction. Réfugiées dans leur immeuble vide, elles résistent à cette atmosphère de plus en plus invivable. À minuit, il fait jour comme à midi, et la toile que peint Norma ne peut retenir la peinture, qui dégouline. Un homme de passage les rejoint et leur vole de l'eau, avant de repartir. La chaleur écrasante vient finalement à bout de leur corps et les deux femmes meurent l'une après l'autre. C'est alors que Norma se réveille : cette canicule n'était qu'un cauchemar causé par sa fièvre, car en réalité la Terre est en train de s'éloigner du Soleil, et c'est un froid de plus en plus glacial qui se répand sur la Terre (1).

 

La critique :

"Il existe une dimension au-delà de ce qui est connu de l'Homme ; c'est une Dimension aussi vaste que l'Univers et aussi éternelle que l'Infini : elle est à la croisée de l'ombre et de la lumière, de la science et de la superstition, elle est le point de rencontre des ténèbres crées par les peurs ancestrales de l'Homme et de la lumière de son savoir, c'est la dimension de l'imagination, un domaine que nous avons baptisé... La quatrième dimension"Telle est la longue emphase liminaire de la série La Quatrième Dimension, soit The Twilight Zone dans l'idiome de Shakespeare.
Produite entre 1959 et 1964, cette série télévisée fantastique et d'épouvante, réalisée par la diligence de Rod Serling, sera diffusée pour la première fois sur la chaîne de télévision américaine CBS. Dixit les propres aveux de son auteur démiurgique, La Quatrième Dimension a pour principal leitmotiv "de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière de chacune de ces histoires". 

C'est désormais inscrit dans le marbre, presque comme une évidence. De temps à autre, Cinéma Choc consacre quelques chroniques dilatoires sur la série télévisée La Quatrième Dimension. Aujourd'hui, on ne compte plus les avatars de cette série télévisée notoire. Vers le milieu des années 1980, Steven Spielberg, Joe Dante, George Miller et Joe Dante se coalisent pour réaliser une version cinéma, un film homonyme qui se subdivise lui aussi en plusieurs courts-métrages et qui réitère certains épisodes de la série susdénommée. Autant l'annoncer sans fard. Le long-métrage de "Spielby" et ses fidèles prosélytes n'a pas laissé un souvenir impérissable, loin de là...
Puis, vers le milieu des années 1990, c'est un téléfilm, La Quatrième Dimension - L'ultime Voyage (Robert Markowitz, 1994) qui fait voeu d'obédience et d'allégeance au matériel originel.

D'autres séries peu ou prou analogiques verront le jour dans la foulée. C'est par exemple le cas de La Cinquième Dimension (Rod Serling, 1985 - 1989) et de La Treizième Dimension (Rod Serling, 2002 - 2003), deux nouvelles versions qui ne réitéreront pas le climat anxiogène de leur auguste antécesseur. Soixante ans après le premier épisode de la série télévisée (le bien nommé "Solitude"), La Quatrième Dimension renaîtra subrepticement de ses cendres via une nouvelle série éponyme et prodiguée par les soins de Marco Ramirez et sous l'aval de Jordan Peele, le célèbre réalisateur de Get Out (2017) et Us (2019). Vous l'avez donc compris.
On n'a pas fini de parler de La Quatrième Dimension ! Désormais, cette série appartient à la culture populaire, en particulier aux Etats-Unis, où elle a imprimé plusieurs générations de cinéphiles et de cinéastes.

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Naguère, Cinéma Choc s'était déjà attelé à la chronique de plusieurs épisodes de la série originelle, notamment La petite fille perdue, Le Menteur, Le petit peuple, Le géant qui vient du ciel, Personne Inconnue, C'est une belle vie et Pour les angesAujourd'hui, le blog vous propose une critique et une analyse de l'épisode intitulé Le Soleil de Minuit (Episode 10, saison 3). La réalisation est diligentée par l'érudition d'Anton Leader, un metteur en scène plutôt éclectique, et qui a sévi dans plusieurs registres, que ce soit la comédie (Sally and Saint Anne, 1952), la romance sentimentale (It happens every thursday !, 1953), le western (The Cockeyed cowboys of Calico County, 1970), le film d'action (Go, Man ! Go !, 1954) et même dans le genre épouvante (A ce jour, Les Enfants des Damnés, la suite de Le Village des Damnés, reste son long-métrage le plus proverbial).

Pour le reste, le casting de Le Soleil de Minuit se compose de Lois Nettleton, Betty Garde, Tom Reese, William Keene et June Ellis. Attention, SPOILERS ! (1) Dans la ville de New York désertée, deux femmes tentent de survivre à un terrible fléau : la Terre se rapproche de plus en plus du Soleil et on annonce sa destruction. Réfugiées dans leur immeuble vide, elles résistent à cette atmosphère de plus en plus invivable. À minuit, il fait jour comme à midi, et la toile que peint Norma ne peut retenir la peinture, qui dégouline. Un homme de passage les rejoint et leur vole de l'eau, avant de repartir.
La chaleur écrasante vient finalement à bout de leur corps et les deux femmes meurent l'une après l'autre. C'est alors que Norma se réveille : cette canicule n'était qu'un cauchemar causé par sa fièvre, car en réalité la Terre est en train de s'éloigner du Soleil, et c'est un froid de plus en plus glacial qui se répand sur la Terre (1).

Il serait parfaitement vain, voire futile, d'itérer toutes les thématiques abordées par La Quatrième DimensionD'une façon générale, on peut aisément affirmer que cette série préfigure, une décennie auparavant, toutes les tares de l'homme moderne. Il est aussi question de la fin de la Seconde Guerre mondiale et d'un monde encore endeuillé par les plaies béantes laissées par les exactions du Troisième Reich. Hélas, cette guerre technologique est bien supplantée par la Guerre Froide. La peur du nucléaire est omniprésente, à l'instar de cette angoisse indicible pour une invasion d'extraterrestres. Hélas, nos chers aliens ne sont pas animés par des intentions pacifiques.
D'une façon générale, cette quatrième dimension pourrait correspondre à une sorte de zone ineffable, à la fois emplie par les ténèbres et qui doit faire office de purgatoire (et/ou de lieu expiatoire) pour un ou plusieurs personnages condamnés à errer parmi des émanations incandescentes.

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Le Soleil de Minuit ne déroge pas à la règle. Pour une raison que l'on ignore, la Terre est sortie de son orbite et se rapproche progressivement de son étoile-mère. Le préambule de cet épisode eschatologique a le mérite de présenter les inimitiés. Tous les personnages entrevus sont hélas condamnés à une mort certaine. Dans quelques jours, au mieux d'ici deux semaines, la surface de notre vaste planète aura été éradiquée par les radiations mortelles du soleil. Il est donc bien question ici de la fin du monde. Certes, par le passé, Rod Serling a parfois présenté sa série sous de meilleurs auspices.
Mais pour l'auteur thaumaturgique, il s'agit d'ergoter et de ratiociner sur cet équilibre fébrile et sur lequel repose notre Humanité. Nous devons notre seul et unique salut à cette étoile (le Soleil) qui se tapit quelque part dans notre voûte céleste et à plusieurs dizaines de millions de kilomètres.

Mais cet astre, à priori salvateur, pourrait - un jour ou l'autre - devenir notre propre tombeau. Le Soleil de Minuit s'apparente alors à une réflexion sur la condition humaine. Même s'il règne sur notre planète une chaleur de braise, l'Humanité ne s'est pas complètement éteinte. On tente encore d'établir une communication soporifique avec son voisinage. Evidemment, dans cette canicule mortifère, le pillage, les larcins et les déprédations sont de rigueur. On s'étonne par ailleurs que les habitants ne soient pas approvisionnés ou restreints dans leur consommation en eau... Une hérésie... Vous l'avez donc compris. Le Soleil de Minuit aurait mérité un bien meilleur étayage.
Après une introduction en apothéose, l'épisode adopte un rythme un peu trop (beaucoup trop...) indolent et repose uniquement sur cette idée matoise de l'inversion des pôles.

Car oui... Toute cette fournaise n'est - en réalité - qu'un mauvais cauchemar... Mais un cauchemar en supplante un autre... Puisque l'héroïne, Norma, s'éveillera parmi les ténèbres, en particulier dans un univers antinomique. Cette fois-ci, l'épisode se conclut sur un didactisme antagoniste. La Terre vit désormais dans le froid glacial, presque sibérien suite à l'éloignement progressif et irréfragable de notre planète de son étoile-mère... Rarement, un épisode de La Quatrième Dimension se sera montré aussi fatidique. Quelle que soit l'extrémité des pôles, quelle que soit sa place dans l'univers, l'homme est condamné - un jour ou l'autre - à dépérir et à disparaître de la surface de la Terre et de la Mémoire stellaire... Rod Serling prodiguera, à postériori, des épisodes un peu plus probants...
Toujours est-il que Le Soleil de Minuit reste un chapitre tétanisant et pour le moins étouffant, ne serait-ce que par cette frigidité qu'il génère...

 

Note : 13/20

(1) Synopsis de l'épisode sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Saison_3_de_La_Quatri%C3%A8me_Dimension#%C3%89pisode_10_:_Le_Soleil_de_minuit

sparklehorse2 Alice In Oliver