retour à zombieland

Genre : horreur, épouvante, comédie 
Année : 2019
Durée : 1h39

Synopsis : Le chaos règne partout dans le pays, depuis la Maison Blanche jusqu’aux petites villes les plus reculées. Nos quatre tueurs doivent désormais affronter de nouvelles races de zombies qui ont évolué en dix ans et une poignée de rescapés humains. Mais ce sont les conflits propres à cette « famille » improvisée qui restent les plus difficiles à gérer… 

 

La critique :

Que les adulateurs de Cinéma Choc (mais enfin, qui êtes-vous ? Et si vous existez, merci de lever la main !) se rassérènent. A travers cette chronique fastidieuse (un pléonasme...), nous ne commettrons pas l'offense d'itérer la genèse ni l'historique de l'horreur "zombiesque" puisque nous l'avons déjà réitéré à moult reprises. Néanmoins, il sied tout de même de notifier que ce registre cinématographique a connu toute une kyrielle de mouvances et d'intempérances. Vers la fin des années 1960, George A. Romero apparaît comme l'une des figures proéminentes via La Nuit des Morts-Vivants (1968).
A l'époque, cette production dispendieuse rencontre à la fois les plébiscites et les acrimonies de circonstance. D'un côté, les thuriféraires adulent et divinisent une série B digressive et iconoclaste. De l'autre, les contempteurs brocardent et admonestent un long-métrage beaucoup trop virulent.

Pour George A. Romero, les zombies putrescents préfigurent avant tout cette déréliction dont est victime l'Oncle Sam depuis le début de la Guerre Froide. Pour la première fois dans l'histoire du cinéma d'horreur américain, c'est un comédien Afro-Américain, Duane Jones, qui tient le rôle principal. Non seulement l'acteur en déveine devra affronter les assauts incessants de morts-vivants affamés, mais il devra également ferrailler contre l'hostilité de ses propres congénères. A postériori, George A. Romero corroborera ce tropisme pour la parabole sociétale avec Zombie (1978), Le Jour des Morts-Vivants (1985), Le territoire des morts (2005), Chronique des morts-vivants (2008) et Le vestige des morts-vivants (2009). Mais, vers le milieu des années 1980, le public commence sérieusement à se lasser de toutes ces ellipses politiques et idéologiques.

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Ce dernier réclame et exige davantage de truculence. La requête est évidemment ouïe par les producteurs, et en particulier par Dan O'Bannon via Le Retour des Morts-Vivants (1985). Cette fois-ci, les zombies anthropophagiques oscillent davantage vers le gore et les rodomontades. Impression accréditée par la sortie, quelques années plus tard, de Braindead (Peter Jackson, 1992). Puis, six ans plus tard, le genre "zombie" adopte un point de vue anthropocentrique avec Moi, Zombie - Chronique de la Douleur (Andrew Parkinson, 1998). Puis, encore six ans plus tard, les morts-vivants optent pour le pittoresque et la comédie égrillarde avec Shaun of the Dead (Edgar Wright, 2004).
Sur ces entrefaites, le genre "zombie" reluque incessamment vers les facéties et les goguenardises. Les amateurs patentés de ce sous-registre du cinéma d'exploitation n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Dead Snow (Tommy Wirkola, 2009), Cockney vs Zombies (Matthias Hoene, 2012), Fido (Andrew Currie, 2006), ou encore Doghouse (Jack West, 2009) parmi les métrages notables et éventuellement notoires.

Vient également s'additionner Bienvenue à Zombieland (Ruben Fleischer, 2009). Au moment de sa sortie, Bienvenue à Zombieland devient la nouvelle égérie de la comédie version "zombies". Non seulement, le long-métrage toise les firmaments du box-office américain, mais devient la coqueluche des critiques, ainsi que de la presse spécialisée. Pourtant, rien de neuf à l'horizon si ce n'est une ixième contamination et une nouvelle apocalypse (toujours la même antienne...) qui a ravagé le monde et transformé les humains en zombies décrépits. Mais le film joue la carte de la bouffonnerie via la rencontre improbable entre des héros d'infortune et Bill Murray "himself".
Sans cette saynète, il est vrai rocambolesque, Bienvenue à Zombieland n'aurait probablement pas reçu de tels dithyrambes.

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Du surcroît, le film peut également escompter sur une bande de joyeux drilles, en particulier sur ce quatuor qui coalise Woody Harrelson, Jesse Eisenberg, Emma Stone et Abigail Breslin. Après le succès pharaonique de Bienvenue à Zombieland, les producteurs envisagent rapidement de financer une suite consécutive, mais le projet est plusieurs fois prorogé. Plusieurs scénarii sont alors augurés, mais les acteurs ne semblent guère enthousiastes à l'idée de tourner un second chapitre tautologique. Que soit. Après d'interminables louvoiements et atermoiements, Retour à Zombieland voit finalement le jour en 2019. Le film est toujours réalisé par la diligence de Ruben Fleischer.
Evidemment, Woody Harrelson et ses trois fidèles prosélytes répondent doctement à l'appel.

Viennent également s'agréger Rosario Dawson, Zoey Deutch, Avan Jogia, Thomas Middleditch et Luke Wilson. A noter aussi le caméo de Bill Murray. Contrairement à son auguste homologue, Retour à Zombieland reçoit un camouflet, que ce soit de la part des critiques, plutôt partagées en l'occurrence, ou d'un point de vue pécunier. Reste à savoir si cette suite justifie - ou non - qu'on s'y attarde. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! Le chaos règne partout dans le pays, depuis la Maison Blanche jusqu’aux petites villes les plus reculées.
Nos quatre tueurs doivent désormais affronter de nouvelles races de zombies qui ont évolué en dix ans et une poignée de rescapés humains. Mais ce sont les conflits propres à cette « famille » improvisée qui restent les plus difficiles à gérer…

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Pour ceux qui prisent et affectionnent les zombies anthropophagiques, ils auraient sans doute raison de gloser et de pérorer contre le premier volet. On omet souvent de le dire et de mentionner, mais Bienvenue à Zombieland n'a strictement rien inventé. Certes, le premier film de Ruben Fleischer se démarquait par sa bonhommie générale. Le metteur en scène s'échinait à décortiquer les relations entre ses divers protagonistes. Les morts-vivants ne sont, in fine, que des personnages subsidiaires. Rien n'a changé depuis Bienvenue à Zombieland. Opportuniste, Retour à Zombieland s'ingénie à psalmodier une formule qu'il espère gagnante.
Une hérésie... Certes, on a plaisir à retrouver Tallahassee (Woody Harrelson) et sa bande. Certes, cette suite peut toujours escompter sur les trouvailles et les finauderies de Ruben Fleischer.

Certes, on se surprend encore à s'esclaffer devant certaines péripéties à la lisière de l'amphigourie. Mais sur la forme comme sur le fond, Retour à Zombieland se contente de paraphraser son illustre devancier. Mieux, Ruben Fleischer évince Abigail Breslin et envoie l'actrice lutiner et s'acoquiner avec un toxicomane. Une chimère... Sur ces entrefaites, le cinéaste privilégie le duo formé par Woody Harrelson et Jesse Eisenberg. Indubitablement, le duo, très en forme pour l'occasion, éreinte le casting féminin, peu en verve pour l'occasion. Seule la présence, hélas élusive, de Rosario Dawson permet de redorer le blason à cette suite soporative. Retour à Zombieland souffre des mêmes carences que son antécesseur. Derechef, le chaos décrié est, in fine, peu explicité ; finalement à l'instar de ces zombies tonitruants et "affectueusement" susdénommés les T-800.
Mais au moins, contrairement au premier volet, Retour à Zombieland se montre un peu plus magnanime et inventif lorsqu'il s'agit d'estamper et de rudoyer les morts-vivants revanchards. C'est presque le seul changement prodigué par un Ruben Fleischer en mode pilotage automatique. En résumé, les zombies ont évolué. Telle pourrait être l'exégèse dilatoire de Retour à Zombieland. Certes, les amateurs de la première heure seront en terrain connu et quasiment conquis. Les autres n'y verront qu'un long-métrage aseptisé et formaté pour flagorner le plus grand nombre. Allez, par clémence et à l'aune d'une concurrence apoplectique en la matière, cette suite mérite - à peine - une mention passable.

 

Note : 10.5/20

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