dracula 1992

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans) 
Année : 1992
Durée : 2h08

Synopsis : En 1492, le prince Vlad Dracul, revenant de combattre les armées turques, trouve sa fiancée suicidée. Fou de douleur, il défie Dieu, et devient le comte Dracula, vampire de son état. Quatre cents ans plus tard, désireux de quitter la Transylvanie pour s'établir en Angleterre, il fait appel à Jonathan Harker, clerc de notaire et fiancé de la jolie Mina Murray. La jeune fille est le sosie d'Elisabeta, l'amour ancestral du comte... 

 

La critique :

A l'origine, "Dracula est un roman épistolaire de Bram Stoker qui narre les pérégrinations du comte Dracula, un vampire immortel qui se repaît du sang des vivants" (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula), ces derniers se transformant à leur tour en créatures incubes et assoiffées par l'odeur de l'hémoglobine. En outre, le célèbre opuscule de Bram Stoker n'est pas la première oeuvre littéraire à évoquer le thème du vampirisme. Mais par sa stature, son passé, son histoire et son aura démoniaque, le comte Dracula devient - bon gré mal gré - une figure populaire.
Ce personnage n'est pas seulement une entité luciférienne qui se sustente du sang de ses malheureuses victimes, mais aussi une sorte de pestiféré, non seulement indésirable aux yeux de la société, mais également au jugement final, celui décrété par des forces indicibles et expiatoires.

Evidemment, un tel personnage ne pouvait pas escarper bien longtemps à l'oeil avisé et chevronné du noble Septième Art. Selon certaines sources, ce serait Nosferatu, le vampire (Friedrich Murnau, 1922) qui ferait figure de long-métrage d'avant-garde, même si certains thuriféraires évoquent une adaptation hongroise en guise de prélude, hélas non reconnue par la fille de Bram Stoker et malheureusement perdue dans les affres de la désuétude. Même l'oeuvre de Friedrich Murnau sera vouée à l'opprobre et aux gémonies au moment de sa sortie. Dépité, le metteur en scène germanique se doit d'oblitérer l'intitulé du film. Ainsi, Dracula se transmue en Nosferatu.
Dans le film de Murnau, le vampire est à la fois synonyme de malheur et de peste noire, annonçant des jours peu cléments pour notre Humanité en décrépitude.

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A l'époque, l'Allemagne ressort d'une défaite cinglante après la Première Guerre mondiale. Quelques décennies plus tard, le chef d'oeuvre de Friedrich Murnau fera l'objet d'un remake, Nosferatu, le vampire de la nuit (Werner Herzog, 1979). On ne compte même plus les adaptations de Dracula au cinéma. Sous l'aval des studios Universal, le vampire connaît plusieurs adaptations cinématographiques, notamment le bien nommé Dracula (Tod Browning, 1931), La Marque du Vampire (Tod Browning, 1935), La maison de Dracula (Erle C. Kenton, 1945), ou encore Deux nigauds contre Frankenstein (Charles Barton, 1948). Puis, la firme britannique la Hammer produit toute une pléthore de versions cinéphiliques, entre autres Le cauchemar de Dracula (Terence Fisher, 1958), Les maîtresses de Dracula (Terence Fisher, 1960), Dracula, prince des ténèbres (Terence Fisher, 1966), Dracula et les femmes (Freddie Francis, 1968), ou encore Dracula vit toujours à Londres (Alan Gibson, 1973).

Mais vers le milieu des années 1970, la Hammer a perdu de sa verve et de sa luminescence. Ainsi, le célèbre comte vampirique se retrouve dévoyer et fourvoyer sous toutes les coutures, que ce soit sous l'angle de la parodie ubuesque (Les Charlots contre Dracula, Jean-Pierre Vergne, 1980), la Blackexploitation (Dracula, le vampire noir, William Crain, 1972), ou encore sous le versant lascif voire érotique (Du sang pour Dracula, Paul Morrissey, 1974). Parfois encore, on décèle, çà et là, quelques adaptations qui font voeu d'allégeance au matériel originel.
C'est par exemple le cas de Les Nuits de Dracula (Jesùs Franco, 1970). Enfin, dans le film Dracula et ses femmes vampires (1974), le réalisateur, Dan Curtis, attribue au vampire une idylle amoureuse, hélas condamnée à disparaître dans la pénombre (Source : https://www.cineclubdecaen.com/analyse/draculaetlesvampiresaucinema.htm).

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C'est cette ixième version, en l'occurrence, que va retenir Francis Ford Coppola pour son célèbre Dracula, sorti en 1992. Pour l'anecdote superfétatoire, le projet remonte à 1977. Déjà, à l'époque, le scénariste James V. Hart envisage de conférer une dimension à la fois esthétique, romantique et érotique au célèbre vampire (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dracula_(film,_1992). Mais le projet est différé à maintes reprises. Aucun studio n'est intéressé par ce scénario sur fond d'historiette amoureuse. Puis, vers l'orée des années 1990, Francis Ford Coppola tombe aléatoirement sur le script de James V. Hart et souhaite l'adapter au cinéma. Bonne pioche pour le cinéaste !
Non seulement, Dracula se solde par un succès pharaonique lors de son exploitation en salles, mais le film est également encensé, voire adoubé par des critiques unanimement panégyristes.

Certains laudateurs évoquent déjà un film culte, voire même un classique de l'épouvante en devenir. Mieux le long-métrage s'octroie plusieurs récompenses sérénissimes, notamment les Oscars des meilleurs costumes, du meilleur montage sonore et des meilleurs maquillages. Reste à savoir si Dracula mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique. La distribution du film se compose de Gary Oldman, Keanu Reeves, Winona Ryder, Anthony Hopkins, Richard E. Grant, Sadie Frost, Cary Elwes, Billy Campbell, Tom Waits, Jay Robinson et Monica Bellucci.
Attention, SPOILERS ! En 1492, le prince Vlad Dracul, revenant de combattre les armées turques, trouve sa fiancée suicidée. Fou de douleur, il défie Dieu, et devient le comte Dracula, vampire de son état. Quatre cents ans plus tard, désireux de quitter la Transylvanie pour s'établir en Angleterre, il fait appel à Jonathan Harker, clerc de notaire et fiancé de la jolie Mina Murray. La jeune fille est le sosie d'Elisabeta, l'amour ancestral du comte... 

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Indubitablement, cette version des années 1990 possède un certain nombre d'arguties dans sa besace. Déjà, ce long-métrage peut s'enorgueillir de la présence de Francis Ford Coppola derrière la caméra, un éminent cinéaste qui compte déjà la trilogie de Le Parrain et surtout Apocalypse Now (1979). De facto, il serait parfaitement futile de revenir ou de s'appesantir sur la filmographie de ce réalisateur voluptuaire. Selon certains thuriféraires, Dracula constituerait sa dernière absoute, voire son ultime oraison funèbre, tout du moins son dernier grand film en l'honneur du Septième Art. Depuis, Coppola est retombé - plus ou moins - dans ses travers.
En sus, cette adaptation peut à la fois s'enhardir d'un budget dispendieux et d'un casting mirobolant. Certes, en tant que maestro, voire virtuose de la caméra, Francis Ford Coppola fait montre de componction et d'un certain raffinement.

Rien à redire sur la photographie sublime, ainsi que sur la somptuosité des décors. Mais une telle esthétique, aussi clinquante ou remarquable soit-elle, ne fait pas nécessairement un bon film. En l'état et nonobstant des critiques unanimement dithyrambiques, Dracula n'est pas exempt de tout grief. Force est de constater que le film de Coppola soudoie le matériel d'origine et qu'il n'entretient presque aucune corrélation avec l'opuscule de Bram Stoker. Néanmoins, Coppola aspirait à davantage de romantisme et transmute son vampire en monstre vindicatif, désireux de préempter celle qu'il a aimé jadis. Sur ces entrefaites, Dracula souffre de nombreuses chutes de rythme, hélas préjudiciables à la qualité erratique du film. Si Gary Oldman fait vaguement illusion dans le rôle du comte vampirique, les seconds rôles sont à la peine. Mention spéciale à Keanu Reeves et à Winona Ryder, dont les simples présences suintent l'inanité et la vacuité. Et même sur le plan esthétique (bis repetita), Francis Ford Coppola joue la carte de l'outrance. Devant cette adaptation cinématographique, Bram Stoker se retournerait sans doute dans ses propres sépulcres. In fine, Francis Ford Coppola omet d'étayer et d'affiner certaines thématiques pourtant captivantes, notamment sur ce sang à la fois synonyme de vie et d'ultime trépas.
Vous l'avez donc compris. Si Cinéma Choc reconnaît les qualités indubitables et esthétisantes de cette version des années 1990, votre site favori (rires !) ne prise guère cette version. La note finale fera sans doute polémique...

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver