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Genre : horreur, gore, trash, extrême, pornographie (interdit aux - 18 ans) 
Année : 2006
Durée : 1h36

Synopsis : (1) Un homme kidnappe une femme pour la tuer sauf qu'il s'agit d'une zombie qui va abuser sexuellement de lui. Une fille se réveille d'un rêve érotique et voit un zombie entre ses jambes. Des zombies pervers surgissent sur le tournage d'un film porno et abusent de "l'actrice". Un scientifique pratique des expériences sur une zombie dénudée. Un mec tente d'abuser d'une femme zombie, mais c'est la morte-vivante qui abuse de lui (1). 

 

La critique :

Vous l'avez sans doute compris, tout du moins renâclé, voire subodoré. Depuis quelques jours, quelques semaines, Cinéma Choc se polarise sur l'univers des zombies décrépits. Comme nous l'avions déjà stipulé lors de la chronique de Retour à Zombieland (Ruben Fleischer, 2019, Source :), le registre "zombiesque" s'achemine sur plusieurs mouvances et intempérances. Que les adulateurs du blog (mais enfin, qui êtes-vous ?) se rassérènent. Via ce nouveau billet chronophage, nous ne commettrons pas l'offense d'itérer la genèse ni l'historique de sous-registre du cinéma horrifique.
Néanmoins, 
il sied tout de même de notifier que ce registre cinématographique a connu toute une kyrielle de mouvances et d'intempérances. Vers la fin des années 1960, George A. Romero apparaît comme l'une des figures proéminentes via La Nuit des Morts-Vivants (1968).

A l'époque, cette production impécunieuse rencontre à la fois les plébiscites et les acrimonies de circonstance. D'un côté, les thuriféraires adulent et divinisent une série B digressive et iconoclaste. De l'autre, les contempteurs brocardent et admonestent un long-métrage beaucoup trop âpre et virulent. Pour George A. Romero, les zombies claudicants préfigurent avant tout cette déréliction politique et sociétale dont est victime l'Oncle Sam depuis le début de la Guerre Froide. Pour la première fois dans l'histoire du cinéma d'horreur américain, c'est un comédien Afro-Américain, un certain Duane Jones, qui tient le rôle principal. Non seulement l'acteur en déveine devra affronter les assauts incessants de morts-vivants affamés, mais il devra également ferrailler contre l'hostilité de ses propres congénères.
A postériori, George A. Romero corroborera ce tropisme pour la parabole sociétale avec la Trilogie des Morts.

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Ainsi, Zombie (1978), Le Jour des Morts-Vivants (1985) succèdent à La Nuit des Morts-Vivants. Opportuniste, George Romero poursuivra sur ce didactisme idéologique et sociétal via Le territoire des morts (2005), Chronique des morts-vivants (2008) et Le vestige des morts-vivants (2009). Mais, vers le milieu des années 1980, le public commence sérieusement à se lasser de toutes ces ellipses politiques et idéologiques. Ce dernier réclame et exige davantage de truculence. La requête est évidemment ouïe par les producteurs, et en particulier par Dan O'Bannon via Le Retour des Morts-Vivants (1985). Cette fois-ci, les zombies anthropophagiques oscillent davantage vers le gore et les rodomontades. A raison, George A. Romero fulmine.
Le Jour des Morts-Vivants est expressément phagocyté des salles obscures et en particulier par Le retour des morts-vivants, une série B qui toise les firmaments du box-office américain.

La métaphore sociologique ne fait plus recette et est sommée de s'évincer au profit de la fanfaronnade. Impression accréditée par la sortie, quelques années plus tard, de Braindead (Peter Jackson, 1992). Puis, six ans plus tard, le genre "zombie" adopte un point de vue anthropocentrique avec Moi, Zombie - Chronique de la Douleur (Andrew Parkinson, 1998). Puis, encore six ans plus tard, les morts-vivants optent pour le pittoresque et la comédie égrillarde avec Shaun of the Dead (Edgar Wright, 2004). Sur ces entrefaites, le genre "zombie" reluque incessamment vers les facéties et les goguenardises. Mais un autre courant alternatif surgit de cette pénombre évanescente. 
Il s'agit, entre autres, de coaliser les zombies et la pornographie ad nauseam, une mouvance qui avait déjà connu ses tous premiers ânonnements sous l'entregent de Joe d'Amato, un autre parangon du cinéma bis. 

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Pour souvenance, le cinéaste transalpin est l'auteur de Porno Holocaust (1981) qui, comme son intitulé l'indique, amalgame sans fard pornographie, lascivités et autres trivialités avec des morts-vivants satyriasiques. Dixit les propres aveux de Joe d'Amato lui-même, Porno Holocaust est un long-métrage de commande, tourné avec célérité et qui profite de la vague tonitruante et agencée par Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980). Contre toute attente, zombies et concupiscence constituaient de précieux alliés et pouvaient faire office de registres concomitants. Et figurez-vous que dans cette nouvelle catégorie, on trouve un certain nombre de productions adventices. Les aficionados n'omettront pas de mentionner des oeuvres telles que Dawna of the Dead (Laume Conroy, 2008), L.A. Zombie (Bruce LaBruce, 2010), World War XXX (?, 2015), Evil Head (Doug Sakmann, 2012), ou encore La fille à la fourrure (Claude Pierson, 1977). 

Vient également s'additionner Porn of the Dead, réalisé par la diligence (si j'ose dire...) de Rob Rotten en 2006. En outre, il est particulièrement ardu de glaner et de déceler des informations sur ce metteur en scène, si ce n'est que ce dernier est directement issu de l'univers pornographique, milieu dans lequel il a tout d'abord oeuvré en tant que performeur. A fortiori, Porn of the Dead constituerait sa toute première réalisation. A postériori, Rob Rotten réalisera The Texas Massacre Vibrator (2008) avant de disparaître subrepticement des écrans-radars. Pour ce dernier film susmentionné, il s'agit à la fois d'une parodie gore et d'une version alternative (et évidemment pornographique) de Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974). Vous l'avez donc compris.
De par ses influences, Rob Rotten semble avoir fait voeu d'obédience au "porno gore", une mouvance déjà amorcée par Joe d'Amato en son temps via l'inénarrable La Nuit fantastique des morts-vivants (1980) et poursuivie avec Porno Holocaust (déjà susdénommé dans ses lignes).

Ce tropisme pour le stupre et les bacchanales sera allègrement déployée par le cinéma trash germanique, en particulier par Andreas Bethmann. Des oeuvres telles que Rossa Venezia (2003), Exitus Interruptus (2006), Exitus 2 - House of Pain (2008), ou encore K3 - Prison of Hell (2009) sont autant de déclarations d'amour au "porno gore". Hélas, toutes ces productions subsidiaires n'ont guère convaincu les amateurs les plus patentés du cinéma déviant. Via Porn of the Dead, Rob Rotten a bien l'intention de rectifier cette tangente hélas descendante. Cette nouvelle forfaiture sur pellicule sera-t-elle apte - ou non - à coaliser porno, violence et autres lubricités de circonstance ? Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique...
La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Siera Sinn, Hillary Scott, Trina Michaels, Nikki Jett, Alec Knight, Trent Tesoro et Buster Good ; mais j'en doute... 

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Attention, SPOILERS ! (1) Un homme kidnappe une femme pour la tuer sauf qu'il s'agit d'un zombie qui va abuser sexuellement de lui. Une fille se réveille d'un rêve érotique et voit un zombie entre ses jambes. Des zombies pervers surgissent sur le tournage d'un film porno et abusent de "l'actrice". Un scientifique pratique des expériences sur une zombie dénudée. Un mec tente d'abuser d'une femme zombie, mais c'est la morte-vivante qui abuse de lui (1). Certes, via Porn of the Dead, Rob Rotten se montre tout de même un peu plus magnanime qu'Andreas Bethmann et sa pléthore de productions fastidieuses. Certes, Porn of the Dead accomplit doctement son office en matière de pornographie. Ici, toutes les positions sexuelles sont présentes, tel un catalogue ouvert.
Fellation, triolisme, gang bang, candaulisme et autre anulingus de circonstance font partie des tristes réjouissances.

Evidemment, la nécrophilie est de mise puisque le film expose sans fard des relations sexuelles (et consenties) entre un (ou une) zombie et un homme (ou une femme) nanti(e) de pulsions archaïques. Indubitablement, Porn of the Dead s'inscrit dans la grande tradition actuelle de la pornographie contemporaine, une vague déjà amorcée dès l'orée des années 2000, surtout avec l'essor d'Internet et des réseaux sociaux. Les copulations se déroulent invariablement dans la violence et sous les cris d'orfraie. Chaque éjaculation se conclut dans les orifices de la cavité buccale. Pour le reste, Porn of the Dead ne semble obéir à aucune direction artistique ni scénaristique.
Si, une fois de plus, le long-métrage de Rob Rotten se montre plutôt philanthrope en termes d'impudicités, Porn of the Dead se montre curieusement parcimonieux en termes de trash et d'érubescences exposées sur l'écran rougeoyant. Hormis une fellation virulente qui se termine par la castration d'un pénis turgescent, puis par une profusion d'hémoglobine qui éclabousse allègrement le faciès de la zombie gourgandine, pas grand-chose à se mettre sous la dent (façon de parler...). En l'état, Porn of the Dead ne ravira que les aficionados de pornographie brutale. 
Les autres n'y verront qu'un film extrême et supplémentaire, à peine sauvé par la vénusté de son casting féminin. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

 

 

Note : 07.5/20

(1) Synopsis du film sur : http://filmsdezombies.over-blog.com/2006/porn-of-the-dead.html

sparklehorse2 Alice In Oliver