Le_Prestige

Genre : drame, thriller, fantastique (interdit aux - 12 ans) 
Année : 2006
Durée : 2h10

Synopsis : Londres, au début du siècle dernier... Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art. Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques...

La critique :

En l'espace d'une vingtaine d'années (oui, déjà...), Christopher Nolan est devenu l'une des nouvelles figures emblématiques du cinéma hollywoodien. Sa carrière cinématographique démarre vers la fin des années 1980 via un court-métrage, Tarentella (1989). Le metteur en scène enchaîne alors les formats élusifs, notamment Larceny (1996) et Doodlebug (1997). Mais c'est le court-métrage Following (1998) qui lui permet de glaner les satisfécits et les approbations de ses pairs, en particulier de l'oligarchie hollywoodienne. Désormais, il est temps de s'atteler à son tout premier long-métrage, le bien nommé Memento (2000). En outre, Christopher Nolan doit composer avec de maigres subsides, à savoir un budget dépassant péniblement les 4 millions de dollars.
Paradoxalement, le métrage rapporte dix fois plus que le budget imparti.

L'intelligentsia vante et sacralise les prouesses de ce thriller mémoriel, construit de façon épars, et qui relate les souvenirs en disgrâce d'un héros en déveine et à la recherche des meurtriers de sa femme. Impressionnés, les producteurs lui confient une pellicule beaucoup plus dispendieuse avec Insomnia (2002). Stakhanoviste, Christopher Nolan confirme les espoirs placés en lui. Il est temps de lui confier un blockbuster. La requête est évidemment ouïe par les producteurs mercantilistes. Christopher Nolan réalise alors Batman Begins (2005), un premier chapitre qui redore le blason de l'homme chauve-souris, alors en déliquescence après les sinistres Batman Forever (Joel Schumacher, 1995) et Batman § Robin (Joel Schumacher, 1997).
The Dark Knight (2008) et The Dark Knight Rises (2012) érigent la notoriété de Christopher Nolan, non seulement aux premières places du box-office américain, mais également dans le monde entier.

 

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A raison, le metteur en scène jubile. Impression corroborée par les succès concomitants d'Inception (2010), Interstellar (2014), Dunkerque (2017) et prochainement Tenet (2020). Christopher Nolan peut donc s'enhardir de posséder une filmographie éloquente, voire luxuriante. Mais, dans cette filmographie clinquante, certains longs-métrages sont sans doute moins connus du grand public. C'est par exemple le cas de Le Prestige, sorti en 2006. A l'origine, le long-métrage est l'adaptation d'un opuscule éponyme de Christopher Priest. Le cacographe est immédiatement approché par les producteurs hollywoodiens pour une adaptation de son célèbre roman.
Le célèbre grimaud enjoint alors les financeurs à obliquer vers Christopher Nolan, un réalisateur qu'il adule et divinise depuis la sortie de Memento.

Aux yeux du cinéaste, le scénario de Le Prestige doit respecter les trois actes qui composent un tour de magie, à savoir la promesse, le tour et... Evidemment le prestige. Conjointement, le projet est maintes fois différé puisque Christopher Nolan doit respecter les instigations et les délais imposés par les producteurs. Le cinéaste doit s'affaire aux tournages d'Insomnia et de Batman Begins, deux films sur la sellette depuis quelques années. Certes, Le Prestige ne se soldera pas par un succès mirobolant lors de son exploitation en salles. Toutefois, ce drame, à la fois teinté de thriller et de fantastique, rapporte suffisamment de prébendes et de pécunes pour appâter (derechef...) les producteurs hollywoodiens. Mieux, les critiques encensent et déifient un drame ésotérique et labyrinthique.
Christopher Nolan connaît une nouvelle fois la gloire et la consécration en s'octroyant l'Empire award du meilleur réalisateur (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Prestige_(film).

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Reste à savoir si Le Prestige mérite de tels plébiscites et de telles flagorneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Christian Bale, Hugh Jackman, Scarlett Johansson, Michael Caine, Rebecca Hall, David Bowie, Andy Serkis, Piper Perabo, Roger Rees et Edward Hibbert. Attention, SPOILERS ! Londres, au début du siècle dernier... Robert Angier et Alfred Borden sont deux magiciens surdoués, promis dès leur plus jeune âge à un glorieux avenir. Une compétition amicale les oppose d'abord l'un à l'autre, mais l'émulation tourne vite à la jalousie, puis à la haine. Devenus de farouches ennemis, les deux rivaux vont s'efforcer de se détruire l'un l'autre en usant des plus noirs secrets de leur art.
Cette obsession aura pour leur entourage des conséquences dramatiques...

On omet souvent de le dire et de le stipuler... Mais la même année, Le Prestige doit se débattre et se colleter avec L'illusionniste (Neil Burger, 2006), un autre thriller fantastique beaucoup moins probant. En l'occurrence, c'est Le Prestige qui remporte arrogamment la couronne du long-métrage le plus sérénissime... Il n'est pas surprenant de retrouver Christopher Nolan derrière un tel projet. Depuis ses tous premiers ânonnements dans le noble Septième Art, le cinéaste aime surprendre le spectateur et sonner le tocsin de la révélation finale.
En ce sens, la magie est sans aucun doute le thème idoine pour estourbir un audimat hélas coutumier des productions peu ou prou analogiques. Ainsi, tout le scénario du film s'échine à retranscrire cette lutte acharnée entre les deux plus grands magiciens de l'empire britannique.

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Le premier, Robert Angier (Hugh Jackman), est dépourvu du moindre talent. Mais le célèbre prestidigitateur peut au moins escompter sur de précieux capitaux et sur un réseau de collaborateurs pour flagorner la populace. Néanmoins, Robert Angier jalouse et envie un autre concurrent, Alfred Borden (Christian Bale). Certes, le second ne possède pas les mêmes arguties. Mais ses tours sont imparables et surtout indiscernables. Malicieux, Alfred Borden a mis au point un nouveau numéro de l'homme transporté. L'illusion est bluffante et surtout ineffable aux yeux d'un Robert Angier factieux et sévèrement courroucé. La compétition entre les deux hommes peut enfin commencer... Certes, on pourrait longuement disserter sur les thématiques abordées par Christopher Nolan, à savoir la cupidité, la perniciosité et l'obséquiosité... Entre autres... 

Comment nous l'avons déjà notifié, Le Prestige s'ingénie à étayer un scénario aux multiples collatérales. Les trois actes d'un tour de magie (donc, la promesse, le tour et le prestige... Bis repetita...) conditionnent tout le film, jusqu'à sa révélation finale en apothéose. Mais ce qui importe aussi, dans Le Prestige, ce sont les notions de sacrifice et de méthode. Un magicien chevronné doit littéralement se confondre avec son art, le sublimer et le promouvoir, quitte à s'immoler ou plutôt à se faire pendre via l'ultime pénitence. Ingénieux, Christopher Nolan nous présente deux personnages curieusement semblables, surtout dans cette rivalité qui s'engage. En outre, difficile de s'attacher à ces deux protagonistes en dissonance et capables de toutes les turpitudes pour soulever le trophée d'une gloire hélas éphémère.
Mais, nonobstant ses indéniables qualités, Le Prestige n'est pas exempt de tout grief. Ce drame, nimbé par les ténèbres, est sans doute trop explicatif, notamment dans son dénouement final. Mais il faudrait se montrer particulièrement rustre et vachard pour ne pas discerner l'immense potentiel de Christopher Nolan.

 

Note : 14.5/20

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