aquaman

Genre : science-fiction, fantastique, super-héros
Année : 2018
Durée : 2h24

Synopsis : Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers. 

La critique :

Comme une évidence, presque une lapalissade. Lors de la chronique de Black Panther (Ryan Coogler, 2018, Source : ), nous avions déjà évoqué l'omnipotence des super-héros sur le monde hollywoodien en général et dans le genre fantastique (science-fictionnel...) en particulier. Pour souvenance, ce diktat irréfragable débute avec le succès pharaonique de X-Men (Bryan Singer, 2000) dans les salles de cinéma. Depuis le film de Bryan Singer, les super-héros n'ont eu de cesse de pulluler et de proliférer dans les salles obscures. Depuis, les firmes Marvel et DC Comics se disputent la couronne de la société la plus lucrative et la plus hégémonique, un match aisément remporté par Marvel.
Mais la guerre ne fait que commencer... Au grand dam d'un public inféodé et abreuvé de longs-métrages rébarbatifs, voire tautologiques, même si on relève, çà et là, quelques pellicules probantes, voire luxuriantes.

Parmi les productions les plus éloquentes, les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles qu'Iron Man (Jon Favreau, 2008), Watchmen, les gardiens (Zack Snyder, 2009), The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008), Spider-Man (Sam Raimi, 2002), X-Men - Le Commencement (Matthew Vaughn, 2011), ou encore Logan (James Mangold, 2017) parmi les métrages les plus notables et éventuellement les plus notoires. Après vingt ans de bons et loyaux services au sein de Marvel ou de DC Comics, que faut-il retenir de cette profusion de super-héros ? 
Réponse, pas grand-chose ou alors peu ou prou, tout du moins des pellicules analogiques qui tentent de coaliser un public épars, soit de 7 à 77 ans. Mieux, nos justiciers dotés de pouvoirs faramineux (à l'exception de Batman, d'Iron Man et d'une petite poignée d'irréductibles...) ont formé des ligues pour lutter contre les forces du mal.

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Le premier Avengers (Joss Whedon, 2012) a triomphé dans le monde entier et devait inéluctablement se muer en une franchise lucrative et mercantiliste. Que ce soit Avengers - L'ère d'Ultron (Joss Whedon, 2015), Avengers - Infinity War (Anthony et Joe Russo, 2018), Avengers - Endgame (Anthony et Joe Russo, 2019), tous ces chapitres consécutifs corroboreront l'impérium de Marvel sur l'univers des super-héros. Que soit. Sévèrement effarouché, DC Comics répondra de façon timorée avec le piètre (et décevant) Justice League (Zack Snyder, 2017), un blockbuster plantureux (pléonasme...) et condamné à dépérir dans les affres de la désuétude. 
Marvel peut dormir placidement sur ses deux esgourdes. La firme hiératique n'a rien à craindre - ou presque - de son plus farouche adversaire.

Mais Marvel doit veiller à son édifice, désormais chancelant et menacé par une autre firme potentat, Walt Disney "himself". Après avoir racheté les droits de la saga Star Wars, la société fastueuse a pour velléité de préempter l'univers des super-héros. Dans cette série de rixes et de martialités, ce registre cinématographique a vu la gente féminine se regimber contre le (pseudo) diktat du patriarcat. Ainsi, Captain Marvel (Ryan Fleck et Anna Boden, 2019), Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017), Catwoman (Pitof, 2004) et autres Elektra (Rob Bowman, 2005) épousent les rudiments et les linéaments de la doxa féministe. Courroucé, DC Comics n'a pas dit son dernier mot et tente de rétablir cette amorce avec un public hétéroclite. Preuve en est avec Aquaman, réalisé par la diligence de James Wan en 2018. Est-il absolument opportun de s'appesantir sur la carrière de ce metteur en scène américain ?

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Oui, un peu tout de même... Il sied tout de même de rappeler que le cinéaste s'est arrogé le titre du nouveau chantre du torture porn avec la sortie de Saw en 2004. Mais James Wan prise davantage l'épouvante de naguère. Impression corroborée par les sorties concomitantes de Dead Silence (2007), Insidious (2011), Conjuring - Les Dossiers Warren (2013), Insidious - Chapitre 2 (2013) et Conjuring 2 - Le cas Endfield (2017). De temps à autre, les producteurs hollywoodiens requièrent l'omniscience de James Wan pour signer un blockbuster opulent. Le réalisateur s'était déjà affairé à l'ouvrage via Fast and Furious 7 (2015). Il doit désormais rempiler avec Aquaman.
La genèse du film remonte à 2004, mais le projet est différé à maintes reprises, essentiellement pour des raisons de budget.

Dix ans plus tard, le long-métrage prend de l'ampleur. James Wan est désigné pour s'atteler à l'ouvrage. Non seulement, Aquaman se solde par des scores probants lors de son exploitation dans les salles, mais le film reçoit également les dithyrambes et les satisfécits des critiques spécialisées. Reste à savoir si Aquaman mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Temuera Morrison, Ludi Lin, Michael Beach, Randall Park, Djimon Hounsou, Laura Harrier, Leigh Whannell et John Rhys-Davies.
En l'occurrence, le synopsis est plutôt élusif. Attention, SPOILERS ! Les origines d’un héros malgré lui, dont le destin est d’unir deux mondes opposés, la terre et la mer. Cette histoire épique est celle d’un homme ordinaire destiné à devenir le roi des Sept Mers.

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Certes, à l'origine, Aquaman ne possède pas l'entregent ni la même notoriété que d'autres super-héros estampillés "DC Comics". Autant dire que, pour James Wan, la gageure était loin d'être aisée. Pour atténuer le manque de charisme de ce super-héros subalterne, James Wan opte pour le surplus d'aventures. D'une durée de 2h25 (approximativement...), Aquaman batifole et papillonne dans tous les sens. Le long-métrage est une sorte de salmigondis filmique qui amalgame à la fois le blockbuster écervelé, l'humour égrillard, ainsi que toute une litanie de révélations et de belligérances.
Ainsi, le long-métrage aborde sans fard l'enfance de ce super-héros d'infortune, sa période juvénile, la perte de sa matriarche puis la résurgence de cette dernière, la conquête d'un trône, la recherche d'un trident ancestral, l'unification de nos deux mondes (marin et terrestre) et, in fine, cette lutte fratricide qui oppose Aquaman à un adversaire farouche et atrabilaire.

Rien que ça ! Gare à l'indigestion ! Rarement, un blockbuster de super-héros n'aura autant épousé les frasques de la série B dissonante. Et tant pis pour les impondérables, les approximations et les redondances. Au moins, James Wan folâtre derrière sa caméra et entraîne avec lui une véritable équipe de bras cassés, Jason Momoa en tête. A l'instar du réalisateur, le comédien semble lui aussi baguenauder et marivauder dans toute cette série de rixes et de pérégrinations inopinées. La bonhommie est "presque" communicative sauf que... Aquaman s'approxime à une sorte de marmelade un peu foutraque, dont on ne sait plus trop quoi penser lors du générique final...
Toujours est-il que ce blockbuster se montre beaucoup plus affable et magnanime que certaines pellicules DC Comics déjà surannées. On songe notamment aux sinistres (voire fastidieux) Batman V Superman - L'aube de la justice (Zack Snyder, 2016), ou encore au calamiteux Justice League (Zack Snyder, 2017). Indubitablement, Aquaman flagornera, de prime abord, un public prépubère, soit la cible idoine qu'il vise en priorité. 
Les cinéphiles plus intransigeants n'y verront qu'une série B éparse et décomplexée, dans laquelle James Wan s'est sciemment empêtrée. 
On exhortera alors le cinéaste à revenir vers l'épouvante et surtout vers davantage de finauderie et de sagacité.

 

Note : 11.5/20

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