inside man

Genre : policier 
Année : 2006
Durée : 2h10

Synopsis : Ce devait être le hold-up parfait, le chef-d'oeuvre d'un génie du crime. Le décor : une grande banque de Manhattan. Les protagonistes : un commando masqué, cagoulé, lunetté et des dizaines d'otages affolés, contraints de revêtir la même combinaison passe-partout que les braqueurs. L'enjeu : la salle des coffres et ses trésors ? Ou un vieux secret dont seuls deux personnes connaissent l'importance. Aujourd'hui, confiné dans une cellule, le cerveau de la bande s'explique. Mais attention, chaque mot compte, et aucun indice ne vous sera livré au hasard. Prêts ? Ce matin-là, donc, quatre peintres en bâtiment franchissaient le seuil de la Manhattan Trust Bank... 

 

La critique :

Il faut se rendre sur le site SensCritique et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.senscritique.com/top/resultats/Les_meilleurs_films_de_braquage_de_banque/212485) pour glaner et déceler la liste des meilleurs films de braquage de genre, un registre singulier dans cinéma en général et dans le polar notamment. A la première position, les thuriféraires du genre ne seront pas surpris de retrouver Un Après-Midi de Chien (Sidney Lumet, 1975, Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/09/15/33809874.html), un hold-up pittoresque qui s'inspire par ailleurs d'une histoire authentique.
Toutefois, d'autres classiques sérénissimes méritent également d'être mentionnés, entre autres Heat (Michael Mann, 1995), The Town (Ben Affleck, 2010), Braquage à l'anglaise (Roger Donaldson, 2008), ou encore Une Journée En Enfer (John McTiernan, 1995).

Vient également s'additionner Inside Man - L'homme de l'intérieur, réalisé par la diligence de Spike Lee en 2006. La carrière cinématographique du producteur, scénariste et réalisateur américain débute vers le milieu des années 1970 via un court-métrage, Last Hustle In Brooklyn (1977), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales. A postériori, le metteur en scène va essentiellement se polariser sur une communauté Afro-Américaine victime de paupérisation, d'ostracisation et d'une xénophobie latente. Toutes ces thématiques constituent les principaux leitmotivs du cinéma de Spike Lee. Les laudateurs du cinéaste n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Do the right thing (1989), Jungle Fever (1991), Malcolm X (1992), Girl 6 (1996), Summer of Sam (1999), La 25e Heure (2002), She Hate Me (2004), Miracle à Santa Anna (2008), Old Boy (2013), ou encore BlacKkKlansman - J'ai infiltré le Ku Klux Klan (2018) parmi les métrages notables et éventuellement notoires.

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Si Spike Lee provient d'un cinéma engagé, voire indépendant, le cinéaste s'est - peu à peu - laissé flagorner par l'industrie hollywoodienne. Aux yeux du réalisateur, Inside Man - L'homme de l'intérieur fait office de production plantureuse et surtout de film de commande. Le tournage ne part donc pas sous les meilleurs auspices. A vrai dire, il est même étonnant de retrouver derrière Spike Lee derrière un film de braquage, dans la pure tradition du genre. Toutefois, le metteur en scène n'a jamais caché sa dilection ni son effervescence pour Un Après-Midi de Chien, un classique qu'il révère et divinise. A l'origine, la réalisation d'Inside Man devait échoir entre les mains de Ron Howard, mais l'artiste omniscient vaque déjà à d'autres occupations. Consciencieux, Spike Lee s'affaire doctement à l'ouvrage. Inside Man ne sera pas seulement un simple film de commande.

Le métrage a même pour aspérité de faire ciller l'hégémonie rogue de Heat et d'Un Après-Midi de Chien, deux films qui vont office de véritables bréviaires. Pari réussi pour Spike Lee. Non seulement, Inside Man toise les premières places du box-office américain, mais le film est unanimement encensé par une presse dithyrambique. En sus, Inside Man s'arroge toute une pléthore de récompenses sérénissimes, notamment le Black Movie Awards du meilleur réalisateur pour Spike Lee et l'Australian Academy of Cinema and television arts awards du meilleur film (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inside_Man_:_L%27Homme_de_l%27int%C3%A9rieur). Reste à savoir si Inside Man - L'homme de l'intérieur mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique...

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La distribution du film se compose de Denzel Washington, Clive Owen, Jodie Foster, Christopher Plummer, Willem Dafoe, Chiwetel Ejifor, Carlos Andrés Gomez, Kim Director, James Ransone, Bernard Rachelle, Peter Gerety, Victor Colicchio et Cassandra Freeman. Pour l'anecdote superfétatoire, plusieurs comédiennes seront auditionnées pour le rôle de Madeleine White. Marcia Gross, Jennifer Lowe Hewitt et Jennifer Connelly seront approchées et même envisagées. Toutefois, c'est Jodie Foster qui écope des oripeaux de cette femme d'affaire fallacieuse et énigmatique. Mais trêve de palabres et de verbiages et passons à l'exégèse du film ! Attention, SPOILERS !
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Quatre braqueurs, dirigés par le mercenaire Dalton Russell, prennent d'assaut une des plus grandes banques de Manhattan.

Armés et cagoulés, Russell et ses trois complices barricadent toutes les issues et prennent en otage les clients de la banque et le personnel. Très vite, le SWAT, dirigé par le capitaine Darius, encercle la banque. L'inspecteur Keith Frazier et son adjoint Bill Mitchell sont chargés de négocier par radio avec les preneurs d'otages. Mais Frazier réalise vite que les braqueurs tentent de percer les coffres pour autre chose que de l'argent. De plus, Russell prétend avoir mis au point le plan parfait pour s'enfuir de la banque avec ses hommes malgré le blocus. 
Tandis que Frazier essaie de percer le mystère et de découvrir ce que cherchent vraiment les braqueurs, le propriétaire de la banque, le milliardaire Arthur Case, terrifié à l'idée que les braqueurs ouvrent son coffre et découvrent son terrible secret, engage une négociatrice privée, Madeleine White, pour traiter en sous-main et dans le dos de la police avec Russell.

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Frazier essaie de découvrir le secret du milliardaire Arthur Case et le plan de Russell pour s'enfuir avec ses hommes alors que la banque est encerclée (1). Certes, avec un scénario aussi tortueux, Inside Man aurait pu se contenter de n'importe quel tâcheron derrière la caméra. Ce n'est pas un hasard si, en première instance, les producteurs hollywoodiens ont obliqué vers Ron Howard. Mais, au moins, avec Spike Lee aux commandes, Inside Man reçoit l'entregent et toute la componction d'un réalisateur éminent. Sur ces entrefaites, Inside Man cherche constamment à surprendre et à égarer pertinemment le spectateur sur toute une multitude de routes aventureuses.
Car non, Inside Man n'est pas vraiment un film de braquage de banque, ni de hold-up, encore moins un polar acéré et à couteaux tirés.

Entre deux emphases et révélations matoises, Inside Man se polarise sur les mutineries de son protagoniste principal, tel un jeu du chat et de la souris qui révèle ses habiles finauderies au fil du récit. Indiscutablement, Spike Lee connaît ses classiques. Malicieux, le réalisateur évoque sciemment le cas d'Un Après-Midi de Chien (bis repetita...), une façon comme une autre d'inaugurer un film aux multiples collatérales et qui nécessite plusieurs niveaux de lecture, que ce soit sur le plan politique, idéologique et surtout stratégique. Le temps de quelques rixes et belligérances, le métrage fonctionne en trompe-l'oeil et nous fait croire ingénument au braquage de banque parfait.
Une pantalonnade... Au détour de ses sursauts et de ses pérégrinations, le film invoque tour à tour certaines obsessions de la doxa sécuritaire américaine. Entre deux échauffourées, c'est la menace terroriste et Ben Laden qui sont expressément invoqués. Mais, finalement, Spike Lee n'a cure des hantises et des lubies de l'Oncle Sam et préfère se focaliser sur cette intrigue qui se noue et se dénoue en filigrane, jusqu'à sa révélation finale ; hélas un peu trop malléable pour avaler le subterfuge, néanmoins narquois. Reste l'excellente partition des acteurs, Clive Owen en tête. Le comédien trouve ici d'excellents témoins à sa noble répartie via les présences concomitantes de Denzel Washington et Jodie Foster.

 

 

Note : 15.5/20

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Inside_Man_:_L%27Homme_de_l%27int%C3%A9rieur

sparklehorse2 Alice In Oliver