annabelle 2

Genre : horreur, épouvante (interdit aux - 12 ans)
Année : 2017
Durée : 1h50

Synopsis : Elle est de retour ! Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d'un orphelinat dévasté. Mais ce petit monde est bientôt la cible d'Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon… 

La critique :

On pouvait aisément l'augurer, le prédire et même le supputer. Un jour ou l'autre, le cinéma d'épouvante réactiverait l'effroi, les frissons et les cris d'orfraie via la thématique ineffable du paranormal. C'est par l'entremise d'une série B impécunieuse que les activités parapsychiques retrouvent un peu de verve et de luminescence. Pourtant, aucun producteur - ou presque - n'aurait gagé sur le succès pharaonique de Paranormal Activity (Oren Peli, 2009). A l'origine, cette bisserie impécunieuse n'a jamais nié ses contiguïtés matoises avec le film Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999), un found footage auquel Paranormal Activity semble faire voeu d'obédience.
Mieux, en l'espace de quelques semaines (quelques mois...), Paranormal Activity devient un phénomène populaire.

Il était donc logique, voire inhérent, que ce premier chapitre se transmute en une franchise lucrative et mercantiliste. Ainsi, Paranormal Activity 2 (Todd Williams, 2010), Paranormal Activity 3 (Henry Joost et Ariel Schulman, 2011), Paranormal Activity 4 (Henry Joost et Ariel Schulman, 2012), Paranormal Activity - The Marked Ones (Christopher Landon, 2014) et Paranormal Activity 5 - Ghost Dimension (Gregory Plotkin, 2015) seront produits et réalisés dans la foulée. Le cinéma d'épouvante asiatique vient lui aussi s'ajouter aux inimitiés via un Paranormal Activity - Tokyo Night (Toshikazu Nagae, 2010), qui fait office à la fois de remake et de séquelle.
Corrélativement, un autre auteur démiurgique renâcle à son tour vers l'horreur de naguère. Son nom ? James Wan, le célèbre réalisateur de Saw (2004) premier du nom.

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En l'espace d'une petite décennie, le metteur en scène devient le nouveau chantre de l'épouvante. Des films tels que Dead Silence (2007), Insidious (2011), Conjuring - Les dossiers Warren (2013), Insidious - Chapitre 2 (2013) et Conjuring 2 - Le Cas Endfield (2016) lui permettent de toiser les firmaments du box-office américain. Evidemment, les succès concomitants des sagas Paranormal Activity et Conjuring inspirent et engendrent toute une pléthore d'épigones. Les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Sinister (Scott Derrickson, 2012), Dark Skies (Scott Charles Stewart, 2013), Grave Encounters (The Vicious Brothers, 2011), Mister Babadook (Jennifer Kent, 2014), ou encore Hérédité (Ari Aster, 2018) parmi les métrages notables et éventuellement notoires. Toutes ces productions tentent de profiter de l'essor du paranormal, que ce soit dans les salles de cinéma ou par l'entremise du support vidéo.

Et c'est ce qu'ont parfaitement compris les producteurs hollywoodiens. Après le succès faramineux des deux premiers Conjuring, l'univers fomenté par James Wan se transmute en nouvel antre des phénomènes parapsychiques. Ainsi, La Nonne (Corin Hardy, 2018), La malédiction de la dame blanche (Michael Chaves, 2019), Annabelle (John R. Leonetti, 2014), Annabelle 2 - La Création du Mal (David F. Sandberg, 2017) et Annabelle - La Maison du Mal (Gary Dauberman, 2019) ont réactivé l'appétence du public pour les spectres, les poupées et autres émanations démoniaques... En attendant Conjuring 3 - Sous l'emprise du Diable (Michael Chaves, 2020).
Aujourd'hui, c'est le cas d'Annabelle 2 - La Création du Mal qui requiert l'attention et éventuellement les appétences de Cinéma Choc

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Pour souvenance, le premier chapitre n'avait pas spécialement laissé un souvenir indélébile, loin de là... Flanqué d'un réalisateur tâcheron derrière la caméra, Annabelle premier du nom s'est paradoxalement soldée par un succès pharaonique en salles, suffisamment pour engendrer une trilogie, en attendant - derechef - de nouveaux chapitres putatifs, voire consécutifs. John R. Leonetti est prié de vaquer à d'autres occupations. Il est donc évincé et supplanté par David F. Sandberg. Sa carrière cinématographique débute vers le milieu des années 2000.
A l'époque, David F. Sandberg accumule les courts-métrages. Mais c'est surtout le film Dans le Noir (2016), son tout premier long-métrage, qui lui ouvre les portes d'Hollywood. Comme de coutume, le scénario d'Annabelle 2 est cornaqué par l'érudition de James Wan. 

Non seulement, cette suite corrobore l'engouement du public pour l'univers Conjuring ("le Conjuring verse"), mais contrairement à son sinistre antécesseur, il s'octroie les ferveurs et les satisfécits des critiques spécialisées. Mieux, Annabelle 2 constituerait le volet le plus probant de la trilogie. Reste à savoir si ce deuxième opus mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Stephanie Sigman, Talitha Bateman, Anthony LaPaglia, Mirando Otto, Lulu Wilson, Philippa Coulthard, Grace Fulton, Lou Lou Safran et Samara Lee. Attention, SPOILERS ! Elle est de retour !
Encore traumatisés par la mort tragique de leur petite fille, un fabricant de poupées et sa femme recueillent une bonne sœur et les toutes jeunes pensionnaires d'un orphelinat dévasté. 

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Mais ce petit monde est bientôt la cible d'Annabelle, créature du fabricant possédée par un démon… Autant l'annoncer sans ambages. Annabelle 2 - La Création du Mal se révèle allègrement supérieur à son calamiteux devancier. Mieux, on tient probablement là le métrage le plus éloquent du fameux "Conjuring verse", à l'exception bien sûr du diptyque réalisé par James Wan "himself". En se délestant de John R. Leonetti, Annabelle 2 gagne en promptitude et explore la genèse de la poupée luciférienne. Sur ces entrefaites, Annabelle 2 s'approxime à une sorte de huis clos anxiogène qui claustre ses jeunes protagonistes (principalement des enfants) dans un orphelinat, bientôt métamorphosé en antre de l'épouvante. Surtout, Annabelle 2 n'hésite pas à sacrifier certains de ses personnages éminents et prend son temps pour planter le décor.

Certes, sur la forme comme sur le fond, David F. Sandberg se contente de psalmodier la recette déjà éculée des deux premiers
Conjuring, non sans convoquer certains classiques voluptuaires. On songe notamment à Amityville - La Maison du Diable (Stuart Rosenberg, 1979), parfois à L'Exorciste (William Friedkin, 1973) et surtout (et encore...) à Poltergeist (Tobe Hooper, 1982). Hélas, et vous vous en doutez, la métaphore s'arrête bien là. Toutefois, nonobstant certaines arguties et finauderies de circonstance, Annabelle 2 n'est pas exempt de tout grief. Si l'effort est salutaire, David F. Sandberg affectionne cette mode usitée pour les jump scares. Cette suite n'élude pas les poncifs ni les archétypes habituels. In fine, la fameuse poupée acariâtre est exploitée avec beaucoup trop de parcimonie.
Sans doute trop consensuel et formaté pour flagorner un large audimat, Annabelle 2 reste beaucoup trop pingre et timoré pour susciter entièrement nos dithyrambes. Reste un second chapitre probe et honorable, mais beaucoup trop académique. 
Mais que David F. Sandberg et ses sectateurs se rassérènent. La formule, en mode analogique, appâtera derechef un public peu exigeant en termes de qualités cinéphiliques. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

 

Note : 11.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver