paramedics 2

Genre : shockumentary, "Mondo", death movie, documentaire, "documenteur", horreur, gore, trash, extrême (interdit aux - 18 ans) 
Année : 1997
Durée : 52 minutes

Synopsis : Paramedics 2 est un shockumentary, mâtiné de death movie, qui s'immisce à travers le quotidien des médecins urgentistes aux Etats-Unis. Ces professionnels sont notamment confrontés à des carambolages et autres accidents de la route. Si, au détour d'opérations parfois hasardeuses et interminables, ces derniers parviennent à sauver les victimes d'un sort funeste, d'autres individus infortunés n'échappent pas à la mort.  

 

La critique :

Oui, je sais ce que vous devez songer, gloser, pérorer et déclamer à juste titre... Encore un "Mondo" dans les colonnes éparses de Cinéma Choc ! Toujours la même antienne... Pourtant, votre blog favori (rires !) n'avait plus évoqué de "Mondo", de shockumentary ni de death movie depuis quelques semaines. Il était donc temps de rectifier cette carence. Oui, il est encore question de Mondo Cane (Gualtiero Jacopetti, Franco Prosperi et Max Cavalara, 1962), puisqu'il s'agit - derechef - d'un long-métrage novateur et avant-gardiste dans le shockumentary en général et dans le "Mondo" en particulier.
Présenté en compétition au festival de Cannes, Mondo Cane révulse et estourbit les persistances rétiniennes. Formellement, ce "documenteur" repose sur un panorama de l'horreur. En l'occurrence, il s'agit de sonder, d'analyser et de scruter les us et les coutumes de peuplades séculaires à travers le monde. 

Tantôt virulentes, tantôt truculentes, tantôt outrecuidantes, les saynètes licencieuses se centralisent sur les prismes de l'ethnologie et de l'anthropologie. En résumé, l'humanité est à la fois turpide, fielleuse et obséquieuse. Ce n'est pas aléatoire si l'intitulé du long-métrage, donc Mondo Cane (au cas où vous n'auriez pas suivi...) signifie, traduit de l'italien, "un monde de chiens". Pourtant, tout est faux, factice, falsifié et savamment fomenté par Gualtiero Jacopetti et ses prosélytes. Les séquences brutales et iconoclastes sont en réalité interprétées par des comédiens amateurs et anonymes.
Les trois journalistes se parent des précieux atours de cinéastes pour signer le tout premier "Mondo" de l'histoire du noble Septième Art. 
En ce sens, Mondo Cane fait donc office de documentaire d'avant-garde (bis repetita). 

A raison, Gualtiero Jacopetti et ses ouailles jubilent. L'année suivante, ils réitèrent le même syllogisme fatidique via Mondo Cane 2 - L'incroyable vérité (1963). A l'instar de son auguste antécesseur, cette suite est présentée au festival de Cannes. Nouveau scandale sur la Croisette. Désormais, c'est le diptyque formé par Mondo Cane et Mondo Cane 2 qui fait référence et voeu d'obédience dans le cinéma underground. Que soit. Ce diptyque devient la nouvelle égérie du cinéma trash et influence toute une pléthore d'épigones. Les thuriféraires de ce sous-registre du cinéma d'exploitation n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que Shocking Asia (Rolf Olsen, 1974), L'Amérique Interdite (Romano Vanderbes, 1977), Africa Ama (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1971), Mondo Magic (Alfredo et Angelo Castoglioni, 1975), Addio Ultimo Uomo (Alfredo et Angelo Castiglioni, 1978), ou encore The Killing of America (Leonard Schrader et Sheldon Renan, 1982) parmi les shockumentaries les plus notables et éventuellement notoires. 

De leur côté, Gualtiero Jacopetti et Franco Prosperi rempilent en se centrant sur la paupérisation du continent africain. Africa Addio (1966) et Les Négriers (1971) franchissent un palier supplémentaire dans l'obscénité et l'indécence. Cette fois-ci, le "Mondo" oblique vers le snuff animalier et la pornographie ad nauseam. Puis, quelques années plus tard, le "Mondo" se transmute en périple mortuaire via Faces of Death (John Alan Schwartz, 1978), soit Face à la Mort dans l'idiome de Molière. Sur la forme comme sur le fond, Faces of Death fait office de digne donataire de Mondo Cane, dont il reprend - peu ou prou - la même rhétorique. 
L'horreur, l'abjection et les abominations ont rendez-vous avec la mort et la putréfaction. Ainsi, la saga Arquivos Da Morte, Traces of Death (Damon Fox, 1993), Inhumanities (Harvey Keith, 1989), Faces of Gore (Todd Tjersland, 1999), True Gore (M. Dixon Causey, 1987), ou encore Orozco The Embalmer (Kiyotaka Tsurisaki, 2001) s'inscrivent dans le sillage et le continuum de Faces of Death, avec néanmoins plus d'outrecuidance et de scabrosité.

Un jour ou l'autre, le death movie devait tangenter vers les oraisons funèbres, en particulier dans les coursives de la morgue et de l'odontologie médicale. Preuve en est avec Paramedics 2, réalisé par la diligence de Lorenzo Munoz Jr. en 1997. Certes, le nom de ce nouveau trublion (si j'ose dire...) ne doit pas vous évoquer grand-chose... Et pour cause... Puisqu'il s'agit probablement d'un pseudonyme ou d'un nom factice. Pourtant, le producteur et metteur en scène est un nom bien connu du cinéma underground, tout du moins si on se polarise sur les death movies.
On lui doit notamment The Ultimate Death Experience (1996), Faces of Death 2000 (1996), le premier Paramedics (1997) et Hip Hop Locos (2001). En raison de ce qu'il montre et de son aspect outrancier, Paramedics 2 a écopé de l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans.

Aux yeux des collectionneurs, Paramedics 2 fait office de fameux Saint-Graal pour son indicible rareté. A la fois transi par le "Mondo", le death movie et le shockumentary, Paramedics 2 doit sa réputation sulfureuse grâce à son réalisme brut de décoffrage. Reste à savoir si Paramedics 2 justifie - ou non - cette même réputation harangueuse. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... Attention, SPOILERS ! Paramedics 2 est un shockumentary, mâtiné de death movie, qui s'immisce à travers le quotidien des médecins urgentistes aux Etats-Unis. Ces professionnels sont notamment confrontés à des carambolages et autres accidents de la route.
Si, au détour d'opérations parfois hasardeuses et interminables, ces derniers parviennent à sauver les victimes d'un sort funeste, d'autres individus infortunés n'échappent pas à la mort ni à la sentence fatidique de la faucheuse.

En l'état, difficile de se prononcer sur le premier Paramedics puisque ce premier volet reste totalement introuvable, à moins de déverser l'intégralité de sa pécune sur EBay. Mais, à fortiori, Paramedics 2 s'achemine sur le même didactisme médical, voire mortifère puisque ce death movie suit les pérégrinations de diverses équipes médicales et urgentistes sur les routes des Etats-Unis. Indubitablement, Paramedics 2 n'a pas usurpé sa réputation irrévérencieuse. Pour une fois, ce death movie ne paraît pas falsifié, truqué ni éhontément dénaturé. A priori, toutes les saynètes seraient bien réelles. D'un point de vue formel, Paramedics 2 se veut être un concentré de tous les soins et de toutes les interventions prodiguées par les urgences. Donc, pour ceux qui sont totalement réfractaires aux carambolages, particulièrement impressionnants pour l'occasion, à des corps qui gisent sur le sol et à la vue du sang, merci de quitter prestement leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates.

Certes, pour ceux qui sont coutumiers de death movies et autres insanités sur pellicule, ils ne seront guère impressionnés par les belligérances. Non, Paramedics 2 ne réitère pas les ignominies ni les impudicités morbides de The Act of Seeing With Own Eyes (Stan Brakhage, 1971) ou de A Certain Kind Of Death (Blue Hadaegh et Gorver Babcock, 2003). Toutefois, si Paramedics 2 se départit de l'ornière, c'est par cette polarisation sur le travail de ces médecins et de ces soignants, voués corps et âme au serment d'Hippocrate. Alors certes, Paramedics 2 n'élude pas l'écueil de la complaisance ni de la redondance, mais révulse en se centrant, par exemple, sur les sanglots d'un enfant, dont le corps entier est emmaillotté afin d'éviter la profusion d'hémoglobine.
In fine, Paramedics 2 se conclut sur le crash d'un hélicoptère, l'accident faisant apparaître plusieurs dépouilles calcinées. En résumé, la vie comme la mort ne tiennent qu'à un fil. 
Telle est la leçon dogmatique et emphatique à retenir de Paramedics 2. D'une durée élusive (à peine 50 minutes de bobine), Paramedics 2 dénote par son impartialité, son cynisme et son côté radical. Evidemment, les contempteurs pourront légitimement tonner et clabauder contre la vacuité et l'inanité de ce programme plutôt soporifique dans l'ensemble.

 

Note : 10.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver