Sexual_Parasite_Killer_Pussy

Genre : horreur, gore, trash, extrême, érotique (interdit aux - 18 ans)
Année : 2004
Durée : une heure

Synopsis : Une équipe d’explorateurs se retrouve sur les berges de la rivière Amazone et découvre un spécimen de poisson-reptile à priori inconnu. Un sorcier du village voisin leur conseille de tout de suite relâcher la bestiole, qui profite d’un moment d’inattention pour pénétrer dans le vagin d’une des femmes de l’équipe. Bien des années plus tard, un groupe de jeunes japonais se retrouvent pour faire la fête dans un bâtiment abandonné, dans lequel ils vont découvrir un corps congelé qui n’est autre que celui de l’exploratrice contenant le parasite. Les problèmes ne font que commencer… 

 

La critique :

On pourrait presque considérer la sexualité comme une thématique inhérente au cinéma d'horreur. Même les sagas horrifiques les plus populaires sont nimbées par le stupre, les lubricités et les impudicités circonstanciées. Prenons le cas du slasher. Même avec Halloween, la nuit des masques (John Carpenter, 1978), la dimension sexuelle est omniprésente. Michael Myers, le croquemitaine furibond et au masque d'albâtre, étrille et lamine la caste estudiantine, en particulier ces jeunes éphèbes impudents qui s'acoquinent et copulent le soir d'Halloween.
Tous, sans exception, subiront le courroux du terrible boogeyman. Seule la belle Laurie Strode parviendra à se départir du croquemitaine, elle qui symbolise justement ce prisme pour la chasteté et une pudibonderie habilement dissimulée.

On retrouve par ailleurs ce même attrait pour le péché de concupiscence dans la saga Vendredi 13, amorcée par Sean S. Cunningham dès l'orée des années 1980. Cette fois-ci, le croquemitaine se nomme Jason Voorhees. Lui aussi a jeté son dévolu sur ces adulescents impétueux et satyriasique. Ainsi, l'écervelé massacre et apostrophe carrément les jouvencelles dans les douches du camp de Crystal Lake ! Et ne parlons même pas du cas de Freddy Krueger. Cette fois-ci, l'onirisme et la sexualité sont étroitement associés. Après un premier chapitre en apothéose (Les Griffes de la Nuit, Wes Craven, 1984), la saga obliquera vers une homosexualité ostentatoire.
Tel est le principal leitmotiv du second volet, La revanche de Freddy (Jack Sholder, 1986), un chapitre qui fait régulièrement polémique auprès des thuriféraires de la franchise. 

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Et comment ne pas évoquer le cas de Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), un classique voluptuaire dans lequel le forcené (Leatherface) préempte la peau de ces malheureuses victimes pour arborer un autre visage et même un autre sexe ? Ce syllogisme morbide deviendra, par ailleurs, le principal apanage du film Le Silence des Agneaux (Jonathan Demme, 1991) presque deux décennies plus tard. In fine, certains essais horrifiques font directement référence et presque voeu d'allégeance à la cavité vaginale. C'est par exemple le cas de Teeth (Mitchell Lichtenstein, 2008) et de Sex Addict (Frank Henenlotter, 2008), deux métrages qui sortiront curieusement la même année.
Si Teeth est l'ouvrage qui présente le meilleur potentiel, c'est pourtant Sex Addict qui remporte la palme de l'indécence.

Il était donc logique que le cinéma d'horreur asiatique s'immisce (si j'ose dire...) - un jour ou l'autre - dans cette thématique spinescente. D'une façon générale, le continent asiatique entretient un rapport ambigu vis-à-vis de cette même sexualité. Si nos amis les Japonais (entre autres...) bravent régulièrement les tabous séculaires de la société, à contrario le sexe ithyphallique est régulièrement flouté, oblitéré et parfois même biffé, une façon comme une autre d'échapper au couperet bilieux de la censure. La culture manga et en particulier le Hentai n'ont jamais caché leur engouement ni leur effervescence pour la dimension sexuelle. A ce titre, la saga consacrée à Urotsukidoji est une démonstration éloquente. Dans cette franchise d'animation, subdivisée en plusieurs segmentations, ce sont des démons tentaculaires qui violent, séquestrent et martyrisent des jeunes femmes d'infortune. 

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En ce sens, Sexual Parasite - Killer Pussy, réalisé par la diligence de Takao Nakano en 2004, pourrait s'approximer à une version "live" d'Urotsukidoji, la légende du démon, la dimension eschatologique en moins. Il faut se rendre sur le site IMDb et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.imdb.com/name/nm0620315/) pour déceler et glaner quelques informations élusives sur Takao Nakano. A fortiori, selon nos sources, le metteur en scène nippon a essentiellement sévi dans le circuit érotique, voire pornographique, avant de réaliser Sexual Parasite - Killer PussyA postériori, il enchaînera avec Big Tits Zombie (2010), Daikaju Mono (2016), Ultraman X - The Movie : Here He Comes ! Our Ultraman (2016) et Ultraman Orb The Movie (2017).
Autant dire que l'on tient là un expert chevronné de la série B écervelée... Pour le meilleur et éventuellement pour le pire...

En outre, la distribution de Sexual Parasite - Killer Pussy risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Sakurako Kaoru, Natsumi Mitsu, Masanori Miyamoto, Tomohiro Okada, Tôgo Tasaki, Kanji Tsuchiya, Sachika Uchiyama et Yumi Yoshiyuki ; mais j'en doute... En raison de sa dimension sexuelle prégnante, voire omniprésente, de ses parties d'agapes et de priapées et de ses accointances avec le cinéma underground, Sexual Parasite - Killer Pussy a écopé de l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans. Mais trêves de palabres et de verbiages et passons à l'exégèse du film ! Attention, SPOILERS ! 
Une équipe d’explorateurs se retrouve sur les berges de la rivière Amazone et découvre un spécimen de poisson-reptile à priori inconnu. 

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Un sorcier du village voisin leur conseille de tout de suite relâcher la bestiole, qui profite d’un moment d’inattention pour pénétrer dans le vagin d’une des femmes de l’équipe. Bien des années plus tard, un groupe de jeunes japonais se retrouvent pour faire la fête dans un bâtiment abandonné, dans lequel ils vont découvrir un corps congelé qui n’est autre que celui de l’exploratrice contenant le parasite. Les problèmes ne font que commencer… A juste titre, les thuriféraires du cinéma trash verront, à travers les exactions de Sexual Parasite, un hommage à Braindead (Peter Jackson, 1992), une référence proéminente à laquelle le film semble faire voeu d'obédience. 
En effet, le scénario reste peu ou prou analogique. Seule dissimilitude et pas des moindres, les zombies sont supplantés par un monstre parasitaire.

La créature concupiscente a élu domicile dans la cavité vaginale de ses infortunées victimes et ne sustente du pénis turgescent d'individus un peu trop téméraires. Sur ces entrefaites, Sexual Parasite - Killer Pussy s'apparente quasiment à une campagne préventive contre les IST (infections sexuellement transmissibles). Et c'est parti pour le petit cours de médecine, voire de gynécologie ! Il existe plusieurs formes d'IST, le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) étant le plus tristement notoire. Mais il existe aussi des maladies vénériennes d'origine bactérienne et parasitaire. En l'occurrence, Sexual Parasite opte pour la troisième catégorie, à savoir les IST d'origine protozoaire, à priori beaucoup plus rares, tout du moins dans nos contrées hexagonales ! 
Voilà, ça c'était pour le petit cours d'anatomie sexuelle ! Pour le reste, Sexual Parasite ne risque pas d'estourbir vos persistances rétiniennes, à moins d'être totalement réfractaire au cinéma trash.

Comme un symbole, presque une évidence, cette série B (série Z...) subsidiaire décide de claustrer ses divers protagonistes dans une caverne, ce lieu lugubre et énigmatique préfigurant - justement - cette même cavité vaginale. Toujours la même antienne... Sous ses fausses allures de série Z anémique, Sexual Parasite n'est pas aussi candide qu'il en a l'air et multiplie à satiété saphisme, copulations et saynètes de castration. Le long-métrage se montre particulièrement probant lorsqu'il se polarise sur ce susdit parasite. En revanche, il perd de son âcreté et de sa célérité lorsqu'il se centre sur ses personnages faméliques. Par exemple, on fera fi d'une interprétation au mieux indigeste. Dès lors, merci de visionner Sexual Parasite pour ce qu'il est, à savoir une série B anecdotique mais curieusement sympathique, qui a au moins le mérite de ne jamais péter plus haut que son derrière.
En ces temps de disette cinématographique, notamment dans le cinéma horrifique, c'est déjà pas mal... Ma note finale fera donc preuve de miséricorde et de mansuétude.

 

Note : 11/20

sparklehorse2 Alice In Oliver