naked vengeance

Genre : drame, rape and revenge, horreur (interdit aux - 16 ans)
Année : 1985
Durée : 1h37

Synopsis : (1) Détruite par la fin brutale de son mari exécuté en plein L.A. et devant ses yeux par une petite frappe, Carla retourne dans sa ville natale pour tenter d'oublier. Mais la tranquillité ne sera qu'éphémère lorsque la jeune femme, après avoir repoussé les avances d'une brute du coin subira un viol atroce mené par ce dernier et ses potes... En prime, Carla, décidément bien pestiférée, assiste au double-meurtre de ses parents par la bande de raclures. Internée dans un hôpital psychiatrique pour perte de raison aggravée, Carla s'échappe avec comme carburant de la vengeance. Avec plomb de préférence (1). 

La critique :

Ce n'est pas la première fois - loin de là - que Cinéma Choc, votre blog favori (oui, vous avez le droit de vous gausser et de vous esclaffer...), se polarise sur le rape and revenge. Pour souvenance, c'est le film La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972) qui acte et officialise la naissance de ce sous-registre du cinéma bis et d'exploitation. Ce dernier obéit - peu ou prou - à la même ritournelle. Une jeune femme frêle et pudibonde est victime des railleries, puis des satyriasis de voyous de passage. Laissée pour morte, cette dernière se relèvera de ses excoriations et de ses blessures. 
Elle se transmute alors une femme vengeresse et vindicative. La jeune femme furibonde qui a juré haro sur ses vils oppresseurs. Aucun de ses bourreaux ne sera épargné. Pis, tous périront dans d'abominables souffrances.

Pour l'anecdote superfétatoire, Wes Craven n'a jamais caché les corrélations matoises entre La Dernière Maison sur la Gauche et La Source (Ingmar Bergman, 1960), soit le film prodrome en matière de rape and revenge. Mais c'est pourtant The Last House On Dead End Street qui remportera l'accessit et le précieux pactole. En raison de son barbarisme et de sa virulence, le long-métrage écope, de prime abord, d'une interdiction aux moins de 18 ans et n'échappe pas au couperet acéré de la censure. A contrario, la polémique participe à ériger la notoriété de ce rape and revenge. Surtout, le film de Wes Craven s'inscrit dans cette doxa féministe, très en vogue durant les années 1970. La gente féminine se regimbe contre l'impérium du patriarcat.
C'est sans doute pour cette raison - entre autres - que La Dernière Maison sur la Gauche fait désormais voeu d'obédience dans le cinéma underground.

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Mieux, le métrage de Wes Craven influence et génère toute une pléthore d'épigones. Les thuriféraires du genre n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que L'été meurtrier (Jean Becker, 1983), Le Vieux Fusil (197), Oeil pour Oeil (Meir Zarchi, 1978), La Traque (Serge Leroy, 1975), Crime à froid (Bo Arne Vibenius, 1974), Irréversible (Gaspar Noé, 2002), L'ange de la vengeance (Abel Ferrara, 1981), ou encore The Horseman (Steven Kastrissios, 2008) parmi les longs-métrages notables. En l'occurrence, la décennie 1970 est marquée par toute une floraison de rape and revenge. Cette époque est bouleversée par la mutation des moeurs.
La phallocratie est priée de se phagocyter au profit d'une gente féminine sévèrement courroucée et qui réclame davantage de prégnance et d'émancipation.

Et c'est exactement ce que traduit, bon gré mal gré, le rape and revenge. Ce sous-registre du cinéma d'exploitation s'inscrit également dans le sophisme de la loi du Talion. En ce sens, on peut légitimement répertorier Un Justicier dans la Ville (Michael Winner, 1974) à la fois comme un vigilante movie et un rape and revenge. Ces deux registres cinématographiques vont continuer de pulluler et de proliférer durant la décennie 1980. Preuve en est avec Naked Vengeance, réalisé par la diligence de Cirio H. Santiago en 1985. Ce metteur en scène est un véritable orfèvre de la série B version philippine. Sa filmographie contient au moins une centaine de longs-métrages, rien que ça !
Autant dire que l'on trouve parfois du bon et souvent du "moins bon", voire du nanar en boîte. Un tel tâcheron... Pardon... Un tel artisan du cinéma bis se devait de figurer - un jour ou l'autre - dans les colonnes éparses de Cinéma Choc.

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Les laudateurs de Cirio H. Santiago (mais enfin, qui sont-ils ?) n'omettront pas de notifier des oeuvres telles que Scorpio (1964), Room 69 (1966), Savage ! (1973), Vampire Hookers (1978), Death Force (1978), Stryker (1983), Eye of the Eagle (1987), Equalizer 2000 (1987), Kill Zone (1993), Vulcan (1997), When Eagles Strike (2003), ou encore Bloodfist 2050 (2005) parmi les métrages "populaires" (si j'ose dire...) du cinéaste et producteur. A ce jour, Naked Vengeance reste sans aucun doute sa réalisation proverbiale. Si le film n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles françaises, il fait figure de véritable bréviaire pour les aficionados de bisseries patentées.
Naked Vengeance fait également voeu d'obédience auprès des collectionneurs et fait office de fameux Saint-Graal activement prisé et recherché sur certains sites spécialisés, entre autres Priceminister et EBay.

Reste à savoir si Naked Vengeance justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution de ce rape and revenge se compose de Deborah Tranelli, Kaz Garas, Rosemarie Gil, Carmen Argenziano, Nick Nicholson, Terrence O'Hara, Bill McLaughlin, Ed Crick et Don Gordon Bell. Attention, SPOILERS ! (1) Détruite par la fin brutale de son mari exécuté en plein L.A. et devant ses yeux par une petite frappe, Carla retourne dans sa ville natale pour tenter d'oublier. Mais la tranquillité ne sera qu'éphémère lorsque la jeune femme, après avoir repoussé les avances d'une brute du coin subira un viol atroce mené par ce dernier et ses potes...
En prime, Carla, décidément bien pestiférée, assiste au double-meurtre de ses parents par la bande de raclures. Internée dans un hôpital psychiatrique pour perte de raison aggravée, Carla s'échappe avec comme carburant de la vengeance. Avec-plomb de préférence (1).

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Dixit les propres aveux de Cirio H. Santiago, Naked Vengeance serait un remake officieux de Day of the Woman, aka I Spit On Your Grave première version (soit Oeil pour Oeil si vous préférez) et Un Justicier dans la Ville. Sur la forme comme sur le fond, Naked Vengeance serait donc un curieux maelström entre le vigilante movie et le rape and revenge. Ainsi, toute la première partie du film psalmodie sans fard le long-métrage de Meir Zarchi, avant d'obliquer vers Death Wish à postériori. Rien de neuf à l'horizon si ce n'est que Naked Vengeance accomplit doctement son office.
Les amateurs de rape and revenge et de vigilante movie seront en terrain connu et quasiment conquis. Si Naked Vengeance n'a pas pour velléité de raviver un genre déjà en déliquescence, il en respecte au moins les codes, les dogmes et les préceptes.

A l'instar de Day of the Woman, Naked Vengeance s'achemine sur une vindicte féminine. La belle effarouchée étrille et extermine - un par un - ses vils oppresseurs. Sur ce dernier point, on se demande comment la police peut sciemment éluder toute enquête à l'aune de toutes les tortures infligées, sans compter les déprédations, les incendies et les assassinats commandités. En sus, la mise en scène est plutôt académique et fait davantage songer à un téléfilm de luxe qui peut néanmoins escompter sur la précellence de sa vedette principale, une certaine Deborah Tranelli. La comédienne en verve porte sur ses épaules frêles et graciles ce rape and revenge subsidiaire.
Contrairement à Day of the Woman, Naked Vengeance s'approxime davantage à un drame plutôt qu'à un torture porn dans les règles de l'art. Toutefois, Naked Vengeance contient tout de même plusieurs séquences particulièrement érubescentes. La justicière a crié haro contre ses bourreaux. Non seulement, ces derniers seront suppliciés, mais ils seront également occis et exterminés. En outre, l'interdiction aux moins de 16 ans n'est pas usurpée. Pour le reste, on pourra légitimement tonner et maronner contre certaines approximations et certains impondérables. Pourtant, force est de constater que Naked Vengeance se montre suffisamment magnanime en termes d'hémoglobine pour satisfaire les amateurs de rape and revenge. Par miséricorde, on attribuera à cette bisserie adventice une mention passable, ni plus ni moins.

Note : 12/20

(1) Synopsis du film sur : http://cinemafantastique.net/Naked-Vengeance.html

 

sparklehorse2 Alice In Oliver