Claycat_s_The_Thing

Genre : horreur, épouvante, science-fiction, film d'animation 
Année : 2012
Durée : 2 minutes

Synopsis : "The Thing" revisité par les chats de Lee Hardcastle... 

La critique :

 

Indubitablement, John Carpenter n'a pas usurpé le substantif de "maître de l'épouvante", un titre honorifique qu'il va glaner au fil des décennies. Pourtant, le metteur en scène, scénariste et compositeur américain reste - plus que jamais - corrélé avec le cinéma de jadis. Dixit les propres aveux de John Carpenter lui-même, son film favori se nomme Rio Bravo (Howard Hawks, 1959). Par ailleurs, après Dark Star (1974), son tout premier long-métrage, John Carpenter signera une sorte de remake officieux de Rio Bravo via Assaut (1976). Rapidement, les producteurs hollywoodiens décèlent son immense potentiel. Toutefois, John Carpenter n'a cure des instigations, voire des objurgations de ses financeurs. Mais face à certaines pressions financières, l'artiste se doit de réaliser un succès commercial.
Ce sera Halloween, la nuit des masques (1978).

En outre, John Carpenter réitère les scansions comminatoires de Black Christmas (Bob Clark, 1974). Seule dissimilitude et pas des moindres, les déprédations et les belligérances se déroulent lors de la fête d'Halloween. Michael Myers, l'abominable "boogeyman" se tapit derrière un masque d'albâtre et préfigure ce mal absolu ; celui entre autres qui étrille et assassine la caste estudiantine. John Carpenter peut désormais couler des jours pérennes puisque Halloween, la nuit des masques obtient prestement la couronne de classique et même de film culte.
Le cinéaste enchaîne alors avec Fog (1980) et New York 1997 (1981). Derechef, John Carpenter caracole en tête de peloton au box-office américain. Sur la forme, New York 1997 s'approxime à son tour à une version débridée de Rio Bravo via ses apparats matois de western moderne.

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Entre temps, le cinéma a connu sa nouvelle figure iconique de l'horreur. Son nom ? Alien, la huitième passager (Ridley Scott, 1979). Corrélativement, le film de Ridley Scott doit ferrailler avec une autre figure antinomique, j'ai nommé E.T. L'Extraterrestre (Steven Spielberg, 1982). Derechef, le public s'ameute dans les salles et ne souhaite plus voir de vils aliens envahir et menacer notre vaste planète. La requête n'est pas vraiment (du tout...) ouïe par John Carpenter. Ce dernier n'entend pas les objurgations de ses détracteurs et signe son tout premier segment de sa franchise sur l'Apocalypse.
Ce sera The Thing, sorti en 1982. Adapté d'une nouvelle, Who goes there ? de John W. Campbell, The Thing se solde par une rebuffade commerciale. Pis, le long-métrage rembourse péniblement les sommes imparties.

Personne ou presque ne semble discerner cette métaphore sur une nouvelle forme d'inoculation virale. Certains thuriféraires du film y voient même une parabole sur les ravages du sida... D'autres le considèrent comme une oeuvre pessimiste et eschatologique. Par certaines accointances, la chose préfigure à la fois ce mal et cette figure démonologique qui condamnent l'humanité à plusieurs décennies (siècles...) de ténèbres... A contrario, le long-métrage de John Carpenter obtient enfin la reconnaissance au fil des années, à tel point qu'une préquelle, elle aussi intitulée The Thing (Matthijs van Heijningen Jr., 2011), est produite presque vingt ans après. 
Et à l'heure actuelle, les studios hollywoodiens envisagent de poursuivre les inimitiés via une séquelle alternative. 

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A l'origine, The Thing (la version de 1982) est lui-même un remake de La Chose d'un autre Monde (Christian Nyby, 1951). Que soit. C'est le métrage de John Carpenter qui remporte aisément les suffrages, à tel point que The Thing continue d'influencer plusieurs de générations de cinéphiles et de cinéastes. Preuve en est avec Lee Hardcastle et son long-métrage d'animation intitulé Claycat's The Thing, et sorti en 2012. Ce metteur en scène a créé son propre compte et surtout sa propre chaîne sur le site YouTube. L'auteur démiurgique prospère en cornaquant des versions alternatives et parfois très personnelles de longs-métrages à succès.
C'est donc avec l'entregent de John Carpenter que Lee Hardcastle nous présente son remake - en pâte à modeler - de The Thing

Le réalisateur remercie également James Gunn et Simon Pegg pour leur soutien indéfectible. Voilà pour l'anecdote superfétatoire ! Attention, SPOILERS ! "The Thing" revisité par les chats de Lee Hardcastle... Sinon, c'est tout pour l'exégèse de ce film d'animation ? Oui, c'est tout ! A raison, les contempteurs pourront gloser et objecter contre la présence, voire l'utilité d'un tel court-métrage dans les colonnes de Cinéma ChocMais, depuis ses premiers balbutiements, le blog a toujours encensé les métrages dénotatifs. Indiscutablement, Claycat's The Thing appartient à cette dernière catégorie, d'autant plus qu'il relate - sur une durée de deux minutes (chronomètre en main) - les principaux événements de The Thing, un classique voluptuaire qui amalgame sans fard horreur, science-fiction et fin du monde. Peu ou prou de surprises au programme, si ce n'est que l'on retrouve les principaux argumentaires du film des années 1980, à savoir un canidé infecté par la chose et qui ne tarde pas à assaillir le reste, puis l'intégralité de la meute.

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Puis, l'extraterrestre belliqueux étrille plusieurs membres d'une base scientifique américaine. Sur ce dernier point, Claycat's The Thing itère la séquence d'odontologie chirurgicale. La partie de réanimation s'achemine sur la naissance d'une sorte d'arachnide plantureuse. Pour les survivants, les prélèvements sanguins doivent servir de catalyseurs, voire de révélateurs pour déterminer qui est qui... Un jeu du chat et de la souris (c'est le cas de le dire...) s'engage jusqu'au pugilat final avec la chose elle-même... Oui et ce n'est pas une surprise, Claycat's The Thing fait voeu d'allégeance et d'obédience au chef d'oeuvre horrifique de John Carpenter. Mais, nonobstant ses apparats mutins, le film d'animation de Lee Hardcastle n'est pas exempt de tout grief, loin de là...
Premier bémol et pas des moindres, on pourra regretter que le résumé de The Thing soit aussi succinct. En sus, Lee Hardcastle n'ajoute pas vraiment (du tout...) d'éléments personnels. In fine, les décors et les animations (certes en pâte à modeler et avec les moyens du bord, soit la totalité d'un SMIC polonais) restent beaucoup trop rudimentaires. En résumé, Claycat's The Thing ne laissera pas un souvenir impérissable, loin de là... Toutefois, un tel effort mérite d'être salué, mais guère davantage. Que dire de plus ? Ah si, vous pouvez visionner le court-métrage ci-dessous.

Note : 12/20

sparklehorse2 Alice In Oliver