wolverine combat immortel

Genre : fantastique, action 
Année : 2013
Durée : 2h06

Synopsis : Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité. 

La critique :

Il serait sans doute futile, voire fastidieux de réitérer la genèse, ou plutôt la résurgence, de nos super-héros dans les salles de cinéma. Ce nouveau diktat du cinéma hollywoodien et consumériste remonte déjà à deux décennies via le succès pharaonique de X-Men (Bryan Singer, 2000) dans les salles obscures. Depuis, les super-héros ne cessent de pulluler et de proliférer dans les salles de cinéma. Depuis, les firmes Marvel et DC Comics se disputent la couronne de la société la plus lucrative et la plus hégémonique, un match aisément remporté par Marvel... Tout du moins pour le moment... 
Parmi les productions les plus éloquentes, les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles qu'Iron Man (Jon Favreau, 2008), Watchmen, les gardiens (Zack Snyder, 2009), The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008), Spider-Man (Sam Raimi, 2002), X-Men - Le Commencement (Matthew Vaughn, 2011), ou encore Logan (James Mangold, 2017).

Après vingt ans de bons et loyaux services au sein de Marvel ou de DC Comics, que faut-il retenir de cette profusion de super-héros sur nos écrans ? Réponse, pas grand-chose ou alors peu ou prou, tout du moins des pellicules analogiques qui tentent de coaliser un large public, soit de 7 à 77 ans. Mieux, nos justiciers dotés de pouvoirs faramineux (à l'exception de Batman et d'une petite poignée d'irréductibles...) ont formé des ligues pour lutter contre les forces du mal, le tout avec l'assentiment de la scène internationale et surtout de l'Oncle Sam. Le premier Avengers (Joss Whedon, 2012) a triomphé dans le monde entier et devait inéluctablement se muer en une franchise opulente et mercantiliste. Que ce soit Avengers - L'ère d'Ultron (Joss Whedon, 2015), Avengers - Infinity War (Anthony et Joe Russo, 2018), ou encore Avengers - Endgame (Anthony et Joe Russo, 2019), tous ces chapitres consécutifs corroboreront l'omnipotence de Marvel sur l'univers des super-héros.

 

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Que soit. Sévèrement effarouché, DC Comics répondra de façon timorée avec le piètre Justice League (Zack Snyder, 2017), un blockbuster plantureux (pléonasme...) et condamné à dépérir dans les affres de la désuétude. Marvel peut dormir placidement sur ses deux esgourdes. Il n'a rien à craindre - ou presque - de son plus farouche adversaire. Mais Marvel doit veiller à son édifice, désormais chancelant et menacé par une autre firme potentat, Walt Disney "himself". Après avoir racheté les droits de la saga Star Wars, la société fastueuse a pour velléité de préempter l'univers des super-héros. 
Dans cette série de rixes et de martialités, ce registre cinématographique a vu la gente féminine se regimber contre le (pseudo) diktat du patriarcat. Ainsi, Captain Marvel (Ryan Fleck et Anna Boden, 2019), Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017), Catwoman (Pitof, 2004) et autres Elektra (Rob Bowman, 2005) épousent les rudiments et les linéaments de la doxa féministe.

Puis, les super-héros ont obliqué vers davantage d'irénisme et d'oecuménisme en renâclant vers l'aspect communautaire. Preuve en est avec des longs-métrages tels que Black Panther (Ryan Coogler, 2018), Blade (Stephen Norrington, 1998), Hancock (Peter Berg, 2008), ou encore l'inénarrable Meteor Man (Robert Townsend, 1993). Toutes ces pellicules ont pour aspérité de vanter les prouesses et les mérites de la communauté Afro-Américaine au nom du pacifisme, du multiculturalisme et du "vivre ensemble". Oui, nonobstant certains apparats matois et des films à priori inoffensifs, se tapit une idéologie sous-jacente. Bien sûr, les super-vilains se devaient eux aussi de rétorquer, voire de transparaître dans cette kyrielle de productions peu ou prou analogiques. 
Récemment encore, ce sont Venom (Ruben Fleischer, 2018) et Joker (Todd Phillips, 2019) qui ont conquis - au moins pour le deuxième - les ferveurs d'un public extatique.

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Puis, de temps à autre, Marvel poursuit son classicisme formel. Preuve en est avec Wolverine - Le combat de l'immortel, réalisé par la diligence de James Mangold en 2019, soit le cinquième film de la franchise si l'on suit l'ordre chronologique, donc à partir de X-Men - Le Commencement (Matthew Vaughn, 2011). Wolverine - Le Combat de l'Immortel se situe donc après les événements de X-Men 2 (Bryan Singer, 2003). Pour souvenance, les volets intitulés X-Men Origins - Wolverine (Gavin Hood, 2009) et X-Men - L'affrontement final (Brett Ratner, 2006) n'ont pas spécialement laissé des réminiscences indélébiles, loin de là... La circonspection est donc de mise à l'aune de cet ixième chapitre. Quant à James Mangold, le cinéaste polymathique a débuté sa carrière cinématographique en tant que scénariste. Il signe sa toute première réalisation vers le milieu des années 1990 avec Heavy (1995).

A postériori, il enchaînera avec Copland (1997), Une vie volée (1999), Kate et Léopold (2001), Identity (2003), Walk the line (2005), 3h10 pour Yuma (2007), Night and Day (2010), Logan (2017) et Le Mans 66 (2019). En l'occurrence, la presse spécialisée se montre plutôt circonspecte sur ce nouvel épisode de la franchise. Si certains soulignent une mise en scène studieuse, voire précautionneuse, d'autres contempteurs se montrent beaucoup plus dubitatifs. Selon ces mêmes objecteurs, Wolverine - Le Combat de l'Immortel fait au mieux office d'épisode de transition.
Reste à savoir si cet énième chapitre justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose de Hugh Jackman, Ria Fukushima, Tao Okamoto, Svetlana Khotchenkova, Famke Janssen, Will Yun Lee, Hiroyuki Sanada, Brian Tee et Hai Yamanouchi.

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A noter aussi les caméos de Patrick Stewart et Ian McKellen. Attention, SPOILERS ! Wolverine, le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité. A l'aune de cette exégèse, on était légitimement en droit d'attendre un certain raffinement de la part de ce nouvel épisode de la saga X-Men.
Pour ce faire, la franchise peut escompter sur la componction de James Mangold, un réalisateur plutôt en verve, surtout depuis Walk the line.

Certes, le metteur en scène confirme ses prédispositions mutines. La réalisation fait donc preuve à la fois de solennité et de sobriété, un peu trop sans doute... L'intérêt de Wolverine - Le combat de l'immortel consiste à projeter le héros le plus charismatique (emblématique...) de la franchise dans le pays du soleil levant (donc, le Japon) et ses preux samouraïs. Hélas, le film est victime de ses propres démons. Le long-métrage est invariablement rattrapé par la pénombre et surtout par l'aura incandescente de Jean Grey. A force de faire voeu d'allégeance à son auguste antécesseur (donc X-Men 2), Wolverine - Le Combat de l'Immortel finit par s'enliser dans les méandres de la fastidiosité.
En outre, le film de James Mangold se suit avec un ennui poli. Ce nouveau chapitre pourrait presque se résumer ainsi : ni bon, ni réellement mauvais. Ni chaud ni froid. Même pas tiède en fait. Juste un opus assez anecdotique et à peine sauvé par son interprète fétiche, l'infatigable Hugh Jackman. Le principal écueil réside dans cette kyrielle de protagonistes falots et subsidiaires, auxquels on ne parvient jamais à s'attacher ni à s'identifier. Surtout, on ne reconnaît jamais le style - pourtant raffiné - de James Mangold. C'est donc le désappointement qui émane lors du générique final. Par mansuétude, on accordera à cet épisode adventice une mention passable, ni plus ni moins.
Heureusement, par la suite, James Mangold retrouvera davantage de ferveur et de luminescence avec Logan en 2017.

Note : 10/20

 

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